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Pissarro ci, Pissarro là…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des postes et télécommunications et du Paris-Brest réunis, bonjour !

Ce lundi 12 novembre 2012, 22è jour du mois de Brumaire, est dédié à l’azérole… Ah, vous ne connaissez pas l’azérolier ? C’est un joli petit arbre fruitier du même genre que l’aubépine que l’on trouve dans le bassin méditerranéen. Dans le sud de la France, ils appellent cela la pomette. On dit qu’en décoction c’est excellent pour lutter contre l’hypertension artérielle, personnellement je préfère le Lagavulin. Ses fruits sont généralement utilisés en gelée ou en confiture. A propos de décoction, je lance un appel à tous ceux qui voudraient m’en conseiller une contre le mal de dos. A l’heure où je poste ce billet, vous me voyez ci, plié en deux par une vieille lombalgie qui a brusquement décidé de se rappeler à mon mauvais souvenir. C’est aussi le jour ou jamais pour souhaiter une bonne fête aux « Christiane »; voilà qui est fait, elle se reconnaîtra.

Tout à fait autre chose.

Le 12 novembre 1903 voit la disparition de Camille PISSARROPeintre de talent de l’école impressionniste et anarchiste de convictions.

Son enfance se passe dans les Antilles. En 1855, il est à Paris pour suivre les cours des Beaux-Arts. Passionné par le dessin et la peinture, il devient l’ami de Monet, Renoir et Cézanne. En 1863, il expose au « Salon des Refusés ». Durant la guerre de 1870, il se réfugie en Angleterre, mais il est contraint d’abandonner de nombreuses toiles qui seront détruites par la soldatesque. De retour en France, il participe dès 1874 aux premières expositions des impressionnistes (qui ne rencontrent qu’incompréhensions).

En 1884, une exposition de ses toiles aux U.S.A, est couronnée de succès. Il se lie avec Signac et Seurat, découvre les idées anarchistes (comme bon nombre de néo-impressionnistes) et fait la connaissance de Pouget et de Grave, à qui il apporte un soutien financier, aidant également les familles d’anarchistes emprisonnés ou des compagnons italiens en exil. Mais après l’assassinat de Sadi Carnot par Caserio, il est recherché par la police. Il se réfugie en Belgique, et y rencontre Elisée Reclus.

Pissarro partage avec l’avant-garde littéraire et artistique de la fin du XIXe siècle l’esprit de pitié, de générosité et de révolte sociales – la mal-pensance, pour l’époque… Il n’en laisse passer que des traces discrètes dans ses paysages, ruraux et urbains. Mais en novembre – décembre 1889, dans le secret, il compose vingt-huit dessins à la plume sur le thème du malheur des pauvres et de la cupidité indifférente des nantis : Turpitudes socialesRestés inconnus jusqu’en 1972, conservés à Genève dans la collection Jean Bonna. Aux ed. PUF, coll. Sources.(cliquez sur le lien pour voir ces dessins)

Lecteur de Kropotkine et de Jean Grave, ami de Mirbeau et de Fénéon, Pissarro se fait ici le continuateur de Daumier, et se rapproche de Steinlen, Vallotton, Luce, comme du Zola de L’Assommoir. De retour en France, il participe à la parution des « temps nouveaux », et s’engage contre l’antisémitisme lors de « l’affaire Dreyfus ».

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du symbolisme et du canard laqué réunis, bonjour !

Le 1er avril est le douzième jour de germinal dans notre calendrier républicain et, ce n’est pas le jour du poisson mais du charme. Le mot charme est issu du nom latin du charme commun, carpĭnus. Ce mot viendrait des racines celtiques, car, désignant le bois et pen désignant la tête, car le bois de charme servait à fabriquer les jougs. Lorsque nos jeux remuants insupportaient mon aïeule, celle-ci se laissait aller à utiliser le breton et nous traitait de torr-pen (casse-tête, casse pieds).

Le 1er avril 1856, naissance de Charles MAURIN au Puy (Auvergne).
Peintre graveur et anarchiste, il mérite une petite place dans notre galerie de portraits.Et d’auto-portraits comme celui que l’on voit ici à droite.
En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Ami de Toulouse-Lautrec, ce dernier fera sa première exposition particulière avec lui en 1893. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme.
Il meurt à Grasse, le 22 juillet 1914.


C‘est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol que l’on voit ici à gauche, le torse nu, entre les montants de la guillotine.

Maurin met parfois la perfection de son dessin au service de l’idée et celà explique qu’un tel artiste ait pu à la fois fréquenter les milieux anarchistes et exposer au Salon de la Rose+Croix en 1892. Sa virtuosité atteint un sommet dans le fameux triptyque de l’Aurore, exposé au salon de la Rose+Croix et dont on a souvent raillé la présence dans cette exposition. 

 


La fascination du peintre pour l’enfance, dont la pureté serait à ses yeux un antidote à la laideur sociale d’un monde qu’il réprouve, se trouve amplement illustrée ; on ne peut certes qu’être charmé par ces images gracieuses tant peintes que gravées, mais il faut aller au-delà de l’amabilité du sujet pour reconnaître en Maurin un artiste solide. La fillette à la poupée que l’on voit ici à droite est visible au musée d’Orsay. Enfin, le tableau, pas la fillette, gros dégoutants !

Maurin fait partie de ces anarchistes qui étaient plus habiles au maniement du pinceau que de la bombinette et c’est fort heureux pour nous.

 

Bon, et bien voila un billet plus léger que les précédents. Je fais remarquer au passage que c’est le 571è billet des « cénobites tranquilles » blog d’humeur et d’humour qui poursuit son bonhomme de chemin cahin-caha et qui vient de franchir la barre des 17 000 visiteurs; merci à vous pour votre fidélité et votre indulgence à l’égard de l’auteur. Aussi sur Twitter: #erwandekeramoal.

En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.