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Les vêpres des grenouilles…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 juin 2017, premier jour de Messidor dédié au seigle dans notre calendrier républicain. *Pour les amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa polysémie.messidor Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ? Si j’évoque Blaise Pascal c’est qu notre Blaise était né un 19 juin en 1623 du côté de Clermont; aujourd’hui on dit Clermont-Ferrand; mais il est vrai que Ferrand a acquis pas mal de notoriété ces temps ci. Mais bon, je ne vous invite pas à parier sur l’existence ou non de Dieu car, comme disait mon aïeule, qui avait la sentence à la bouche comme d’autres ont le cœur sur la main: dans un pari il y a toujours un con et un perdant… Non car, disait Bakounine par la bouche de Léo Ferré: si vraiment Dieu existait ? Il faudrait s’en débarrasser…

Aujourd’hui donc, en notre basse-Bretagne, ceux qui n’ont rien de plus urgent à faire, vont célébrer santez Riwanon. Elle, elle avait parié depuis fort longtemps sur l’existence du grand architecte; il faut dire qu’elle était la  sœur de saint Urfol et de saint Rivoaré et la Houarvian-213x300bienheureuse maman de Houarneau (Hervé), né aveugle et devenu saint, et dont je vous ai parlé il y a quelques temps. Après la mort de son époux, Houarvian le barde, (ici paparazzité au télé objectif) elle renonça à ses biens, et, accomplissant une résolution prise depuis longtemps, elle alla s’ensevelir dans la solitude, avec de ferventes compagnes, parmi lesquelles était sa nièce sainte Christine (ils étaient tous saints dans la famille). C’est à cela que l’on distingue les cénobites des anachorètes; ils veulent bien s’ensevelir dans la solitude mais, pas tout seul… Faut pas déconner non plus. J’ai d’ailleurs retrouvé trois de ces ferventes compagnes qui interpretent Gousperou ar Raned (les vêpres des grnouilles):

Or donc, elle s’y forma un ermitage avec des rameaux d’arbres, et y persévéra dans l’abstinence et l’oraison. Elle mourut saintement (evel just) le 19 juin de l’an 535 vers 17h selon le médecin légiste. Son fil Hervé qui était revenu pour l’occasion, l’inhuma avec piété et respect dans l’oratoire où elle avait passé tant d’heures dans la prière. C’est maintenant l’église paroissiale de Lanhouarneau. Ceci étant, si vraiment vous êtes à court d’idées, rappelez vous que Le 19 Juin 2017 est en réalité le Jeudi 5 Gidouille 144 St Ugolin, mansuet d’après le calendrier de pataphysique.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Dans Plinn…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du petit patrimoine et du riz au lait réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 18 juillet 2014 c’est à dire le 30è et dernier jour de Messidor et c’est le jour de la chalemie. La chalemie est un instrument à Jossic chalemievent et anche double, de la famille de la bombarde et du hautbois, très répandu au Moyen-Âge et à la Renaissance, originaire de l’Espagne musulmane et cousin des Mizmars, Zurna, Rajtas et autre Ghaitas. C’est un instrument à tonalité haute, que l’on utilisait le plus souvent en plein-air, parfois accompagné d’une cornemuse, à l’image d’un couple bombarde et biniou. Au XVIe siècle, on commence à l’utiliser en consort (ensemble de plusieurs tailles du même instrument), mais aussi avec des saqueboutes ou des bassons. Aujourd’hui, cet instrument ne reste utilisé que par des instrumentistes abordant le répertoire spécifique du Moyen Âge et de la Renaissance; comme sur cette photo, le petit père Jossic des tri Yann.

Et puis tiens, à propos de biniouseries, heu pardon, de culture bretonne; ils ont fini par les couler dans le bronze… Qui ça ? Les sœurs Goadec pardi. Les voici statufiées en place publique dans la bonne ville statuede Carhaix, fief du marquis au bonnet rouge Troadec et des vieilles charrues réunies. Les statues à l’effigie de Maryvonne, Anastasie et Eugénie Goadec,  originaires de Treffrin (22), sont l’œuvre figurative de l’artiste rennaise Annick Leroy. J’ai maintes fois dansé le Plinn et le Fisel au rythme de leur fameux Kan ha diskan.

C‘est leur père, chanteur réputé, qui va transmettre naturellement sa passion à ses treize enfants. Aujourd’hui, c’est la fille d’Eugénie, Louise EBREL, qui perpétue la tradition (en vidéo avec Ifig Flatrès). En 1973, les soeurselles se produisent à Bobino, mythique temple du music-hall de Paris Montparnasse, pour un récital exceptionnel, Elles se produisent trois soirs de suite dans une salle plus habituée à recevoir Georges Brassens que Glenmor, et le succès est au rendez-vous, malgré le scepticisme de certains. Pour ma part, j’étais assez d’accord avec René Abjean qui, dans un article paru dans la revue Autrement en 1979, déclarait: « cette mis en spectacle du fest-noz touche à l’absurde et qu’en faisant venir à Paris « les trois vieilles paysannes de Carhaix [...] le folk est redevenu folklore ». Le temps a passé et nous, nous sommes passé dans le temps. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.