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DIEU ET LA GALETTE-SAUCISSE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition et de la galette au lait ribot réunies, bonjour !

En ce 17è jour de thermidor, dédié au Lin, comment ne pas évoquer la Bretagne.

Ces jours derniers je vilipendais les fondamentalistes de tous poils qui n’ont de cesse de vouloir imposer leurs dogmes à tout un chacun y compris par des moyens violents. Il existe en Bretagne une cérémonie tout à fait unique dont ces va-t-en-guerre feraient bien de s’inspirer.

Dans les années 1950, Louis MASSIGNON, célèbre orientaliste, se mit à rechercher en France les signes qui balisent les voies d’évangélisation dans les premiers siècles de notre ère. Il releva notamment le long de la rivière de Lannion, le Léguer, escale sur la route maritime entre Irlande et Proche Orient :
Le Pardon des Sept Dormants d’Ephèse au hameau du Stiffel en Vieux Marché. A droite, Louis Massignon au Caire.

Venu au Pardon des Sept Saints en 1953 pour la première fois, Louis Massignon fut touché par la ferveur des participants et intrigué par les paroles de la vieille gwerz* chantée en breton pendant le Pardon. En effet, les versets 6 à 31 de cette gwerz sont très voisins des récits des Sept Dormants d’Ephèse chez les Chrétiens d’Orient et des versets 9 à 26 de la sourate 18 du Coran, « Gens de la Caverne ».

*François-marie Luzel en donne la définition suivante :« chants sombres, fantastiques, tragiques, racontant des apparitions surnaturelles, des assassinats, des infanticides, des duels à mort, des trahisons, des enlèvements et des violences de toute sorte ; mœurs féodales et à demi-barbares qui rappellent généralement les XIe, XIIe et XIIIe siècles, et qui se sont continuées en Bretagne jusqu’au XVIIIe siècle. » Yan-fanch Kemener s’en est fait un ardent défenseur tout comme Denez Prigent.

Sans doute, ce culte a pu parvenir en Bretagne par l’intermédiaire de commerçants orientaux, qui suivaient la route maritime de l’étain, et de missionnaires grecs. Ayant un jour accosté en baie de Lannion, ils auraient transformé le village de Stivel et son dolmen en un lieu de culte des Sept Dormants martyrs. Des moines de l’église celte, alors indépendante de Rome, auraient pris le relais. Durant la procession du Pardon des Sept Saints à Vieux Marché, un chant est psalmodié en breton, la « Gwerz des sept saints » qui conte l’histoire de 7 frères chrétiens sous l’empereur Dèce en 250, qui s’étaient réfugiés dans une grotte pour fuir la persécution romaine. Ils y furent emmurés, puis réveillés deux siècles plus tard par un berger, et enfin rendormis pour l’éternité. Ce chant évoque ces martyrs de la foi, ces témoins de la résurrection promise aux serviteurs de Dieu ainsi que les miracles qui ont eu lieu par leur  intercession à la fontaine des 7 sources proche. Il faudra attendre la fin du 19e siècle pour que le lien soit fait entre ce chant et les « Gens de la caverne » évoqués dans la 18e sourate du Coran. A droite: le tombeau des 7 saints d’Ephèse.

Ainsi, chrétiens et musulmans se retrouvent ils sur la vieille terre bretonne sans leur kalachnikov pour partager la galette-saucisse (heu, non peut-être pas la saucisse…)

 

Pour le mécréant que je suis l’idée est originale quand bien même je serai tenté d’y ajouter quelques sans-culottes chantant la carmagnole afin que l’œcuménisme soit total. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.