Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Gradlon”

Page 1 de 1

La légende du roi Marc’h…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , , , ,

Amis de l’ésotérisme et de la lessive St Marc réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 25 avril 2020, sixième jour de Floréal dédié à l’ancolie dans le calendrier républicain. Aquilegia pour les savants et qui provient du ancolie-des-jardins-300x225latin aquila qui signifie « aigle ». Les anciens botanistes appliquaient ce nom à l’ancolie commune des jardins dont ils comparaient les éperons aux serres et au bec de ce rapace. Nos joviaux jardiniers la nomment aussi les gants de Notre-Dame c’est d’actualité, mais attention si vous comptez l’utiliser dans vos salades, elle contient de l’acide cyanhydrique. Néanmoins soyez indulgent envers ceux qui vous diront qu’en réalité nous sommes le vendredi 6 Palotin 147 – Ste Oneille, gourgandine; ce sont des pataphysiciens. Quand aux bretons bretonnants de Cornouaille et de Léon, ils sont persuadés qu’aujourd’hui marque la St Gourloez…

Mais, le calendrier du facteur lui, indique bien St Marc. Il faisait partie de la bande des quatre évangélistes et on le trouve représenté par le lion sur l’arcane 21 du tarot: Le Monde. En breton c’est Marc’h. Oyez son histoire: Il était une fois un roi qui appartenait à la tribu royale du Cheval et portait le nom tout à fait approprié de Marc’h. 300px-StMarc'hMarc’h signifie, comme vous le savez, cheval en langue bretonne. Ce roi Marc’h avait son palais à Poulmarc’h, près de Douarnenez. On dit aujourd’hui  » Plomarc’h « . Ce roi là possédait un cheval comme jamais on n’en a vu et jamais on en verra de semblable en ce bas monde. Crinière au vent, il faisait des bonds si légers à travers les landes , par dessus les montagnes, et d’un bord à l’autre des vallées, que ses sabots ferrés d’argent ne laissaient même pas de trace dans le sol. Il galopait aussi bien sur l’eau que sur la terre ferme et les vagues de la mer en furie ne l’arrêtaient pas. C’est pourquoi le cheval de Marc’h, roi de Poulmarc’h, était appelé Morvarc’h ce qui, vous ne l’ignorez pas si vous avez un peu d’instruction, signifie Cheval Marin.

 

Un brave homme, dont je tairais le nom, mais qui fut maire de Douarnenez et féru d’archéologie sous-marine, m’a affirmé qu’il avait vu de ses yeux au fond de la baie, les fondations dont il disait qu’elles étaient celles du palais du roi Marc’h. La légende affirme que ce roi était affublé bois gravé de René Quillivicd’oreilles de cheval, dissimulées sous un bonnet et que la divulgation du secret entraînait inévitablement la mort. Un de ces barbiers, pour qui le secret étant trop lourd à porter, se confia à la terre, un roseau poussa à cet endroit qui fut coupé par un sonneur pour en faire un biniou. Quand il se mit à jouer, l’instrument chanta « Le roi Marc’h a des oreilles de cheval ». Il convient de noter que dans La Légende de la ville d’Ys, Morvac’h est le nom du cheval de la reine du Nord, Malgven, épouse du roi Gradlon et mère de Dahud (l’illustration est un bois gravé de René Quillivic). Vous dirai-je enfin que Marc’h n’était autre que l’oncle de Tristan qui s’éprit de la blanche Iseut alors même que celle-ci était destinée au roi. Ma Doue beniged !

Tout cela pour débuté un samedi d’avril confiné; je m’en vais donc éteindre mon ordi et essayer de reprendre une activité normale. Allez, merci d’être passé, confinez gaiement et à bientôt peut-être.

Tous les paresseux ne sont pas des fainéants…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , , ,

Amis de l’histoire bretonne et de la randonnée pédestre réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi premier jour de juin 2015 mais 13è jour de Prairial dédié au Pois. En Bretagne on célèbre (ou pas) les Ronan, ce qui, convenez-en, n’a strictement rien à voir… Il pleut sur Brest ma chère Barbara et 220px-Braised_Hearts_of_Lettuce_with_Green_Peasje n’ai guère l’âme travailleuse. Comme de coutume dans ces cas là «bis pepetitat placent» je fais comme la télé: rediffusion. Mon aïeule, qui avait une vision toute particulière de la pédagogie, attendait toujours les soirs d’hiver noirs et orageux pour nous conter l’histoire de « la Kében de Lokorn » et de Ronan. Cette légende retranscrit typiquement la lutte d’influence que se livrèrent la religion chrétienne, catholique et romaine et la vieille et très ancienne tradition druidique sur la terre armoricaine.  Je ne résiste pas au plaisir de vous la narrer à mon tour.

Or donc, Ronan, copain comme cochon avec Patrick quitta sa terre d’outre-Manche pour s’installer en Armorique et plus précisément dans le bois de Névet, non loin de Quimper. Il vivait là en anachorète seulement assisté de temps à autre par un brave fermier. La femme de celui-ci Kében (qui dit-on fricotait avec le Diable, qui lui, avait sa résidence au Juch), Keben gauchedénonça le saint homme l’accusant de sorcellerie et d’avoir fait mourir sa fille. Voici ce qu’en dit Albert le Grand (1636) « Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan. »

Vous imaginez la suite, le saint, en deux temps, trois mouvements et un signe de croix ressuscita la fille, pardonna à la mère et se retira dans sa forêt avec la bénédiction du roi Gradlon. A sa mort, pour savoir où l’enterrer, on mit son retour-du-corps-de-saint-ronan-locronan-228x300cercueil sur une charrette tirée par deux bœufs, et on les laissa aller. Sur le chemin la charrette rencontra Kében, qui lavait des vêtements, elle en profita pour se moquer du saint. Alors la terre s’ouvrit et aspira Kében dans les flammes et la fumée dans un lieu désormais dénommé « la tombe de Kében ». Il est quand même ajouté que Kében brisa la corne d’un buffle du convoi funéraire et la corne tomba en haut de la montagne en un lieu qui existe encore et désigné comme : Plas-ar-Horn, la place de la Corne.

Depuis, on fête saint Ronan en la commune à qui il a donné son nom Locronan: Sa fête fait l’objet d’un pèlerinage  en juillet de chaque année. Ce jour-là, en mémoire du saint, les fidèles en procession font le tour des limites de l’ancien prieurétal-ar-variken-5WEB bénédictin fondé au XIe siècle et qui était lieu d’asile (minic’hi en breton). Cette procession est appelée la « troménie », (du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée). J‘ai souvenance d’un estaminet (photos ci-dessus) sis à l’entrée de Locronan et qui s’appelait « Tal ar varrikenn » et dont le patron, après quelques verres de chouchenn, faisait semblant de se faire prier pour raconter (en breton) l’histoire de la Kében. Je crois bien qu’ils n’existent plus, ni le bistrot ni son patron.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.