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Gwerz St Jorand…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la botanique pour les nuls et du foie de veau aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble serpolet-150x150jusqu’à ce Dimanche 28 mai 2017, 9è jour de prairial, que nos amis républicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit… Allez, célébrons les Jorant.
L‘histoire de saint Jorand de Plouëc, nous est connu grâce à Anatole LE BRAZ, qui conte dans la « Légende de la mort », un récit fait en 1903 par le sacristain de la Belle-Église sur sa mort. On trouve encore de traces de saint Jorand à Plouëc, puisque la chapelle (à droite) Saint Jorand de la Belle-Église existe toujours. Il s’agit d’un ancien oratoire dédié à la Trinité. En effet, Dans la « Légende de la mort », Anatole le Braz rapporte un récit sur la mort de saint Jorand que lui a fait le sacristain de la fontainechapelle en 1903. « Saint Jorand n’a son nom dans aucun calendrier: c’était un trop pauvre homme. Mais il n’en possède pas moins une chapelle à lui, et qui n’est pas à mépriser, puisqu’elle a mérité d’être appelée la Belle-Église, tout près de la gare de Plouec. Saint Jorand mourut dans le temps où se célébraient à Tréguier les fêtes de la canonisation de saint Yves. Comme les gens de Plouec s’en revenaient à cheval de ces fêtes, ils entendirent sonner à toute volée les cloches de la Belle-Église sans qu’il y eût personne pour les mettre en branle. Et, dès qu’ils furent auprès de la chapelle, leurs chevaux s’agenouillèrent d’eux-mêmes sur le chemin.
Alors, ils se dirent: Quelqu’un de saint à dû mourir en ce lieu.
Ils poussèrent la porte et aperçurent Jorand étendu de son long à la place où est aujourd’hui son tombeau. Ses mains étaient jointes sur la poitrine et, à la hauteur du cœur, une magnifique rose rouge avait StJorandfleuri, qui exhalait un parfum délicieux. Ils ensevelirent le saint pieusement et, dès le lendemain, les miracles commencèrent autour de sa tombe. Saint Jorand est invoqué par les « Kloers » ou séminaristes, et aussi par les bergers, pour la préservation de leurs troupeaux. Il est représenté en la chapelle de la Belle-Eglise, à Plouëc, près Pontrieux (22), couché sur son tombeau, en longue robe, avec capuce abritant sa tête, jambes nues chaussées de brodequins, un bâton à la main droite, à la main gauche, une aumônière renfermant un livre. Un singe est couché à ses pieds. Le tout en granit du pays. Sur un panneau peint sur bois, lequel occupe le tympan de la porte méridionale de la chapelle, le nom est écrit Jorhant.

https://youtu.be/Bf23r9EaWR4

François-Marie Luzel a recueillit une gwerz retraçant sa vie.
Selaouet holl, Ilis-Kaeris,
Buhe sant patron hoc’h ilis,
Buhe Sant Jorant, ho patron ;
Pedet-han gant devosion…
Il y a quarante deux couplets comme celui la. Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas coutumier de l’univers des gwerziou, j’en ai glissé une interprétée par Denez Prigent. Si l’on en croit Albert Poulain: «Encore, avant la dernière guerre mondiale, on venait nombreux au pardon de St Jorand et la fontaine était prise d’assaut. On remplissait des bouteilles d’eau que l’on versait dans la nourriture des animaux.»

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

LE POIDS DES MOTS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la vérité historique et du chouchen chaud réunis, bonjour!

Nous voici le 28 novembre qui correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel.

Au jour d’aujourd’hui nous célébrons,sainte Eodez. Celle-là même qui perdit la tête sous l’épée de son propre frère, Tangi, qui n’en finit pas moins saint lui même. Tous deux étaient enfants du seigneur de Trémazan. Comme disait mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif: « Plût au ciel que ces choses là ne fussent point advenues.»

Des légendes comme celle là, il y en a plein par chez nous. Elles sont toutes plus gore que n’importe quel film de Brian de Palma et font passer Carrie pour une aimable bluette. Je vous la fait courte :A droite, les ruines du chateau de Trémazan

Donc, envoyé à la cour du roi des francs Childebert, Tangi laissait à sa solitude Eodez lorsque leur mère mourut. Drame de la décohabitation déjà!
Passé le temps du veuvage, leur père prit en seconde noce une femme qui haïssait plus que tout Eodez (mauvais choix). Elle accusa de tous les maux la pauvre fille et fit parvenir de fausses informations à Tangi quant à la pureté et aux vertus de sa soeur. Revenant de France et face aux faux-propos qui lui avaient été rapportés, Tangi décapita sa soeur afin de laver l’affront fait à l’honneur de la famille (non mais, ça rigolait pas de c’temps là). Celle-ci prit ses jambes à son cou et sa tête sous le bras et s’en retourna à la maison familiale affronter la méchante belle-mère… Il existe encore dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende. On me demande souvent ce qu’est une gwerz, en voici une Gwerz Ar Vezhinerien, autrement dit, la complainte des goëmoniers, interprétée par Denez Prigent.

 

 

 


Et les paroles de la notre de gwerz:

A Castel Tremazan, e parrez Landunvez   

Galon, eun digentil euz ar c’haëra lignez,

A zeuas da eureugi, evit quenta pried,

Merc’h ar Prins euz a Vrest Florence voa hanvet, 

Bugale o dévoé, mez oll n’hon hanvon quet :

Unan eo sant Tangi, eun ail santez Eodet. 

 

Du château Trémazan, en paroisse Landunvez

Galon, un gentilhomme de la plus belle lignée

Vint à se marier, et pour première épouse

A fille du Prince de Brest, Florence était appelée.

Des enfants ils avaient, mais tous ne les connaissons pas

Un était saint Tanguy, une autre sainte Haude.

Et vous trouverez toujours quelqu’un dans le bourg de Landunvez pour vous assurer que les lieux ont gardé la mémoire de l’évènement par les fleurs rouges qui y poussent. L’oeillet de Sainte Haude (Jenofl Santez Eodez) rappelle son sang versé et le géranium sanguin (bouzellou an itron) rappelle la mort affreuse de la marâtre. A gauche, la chapelle St Sansom à landunvez.

Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée…Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poid des mots et du choc des photos…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.