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Un F.H.A.R. dans la nuit…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la basse-Bretagne et de la haute voltige réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 14 avril 2021, 25è jour de Germinal dédié au pigeon. Ce qui, bien entendu, n’a rien à voir avec ce qui suit. Simplement, le 14 avril est la date anniversaire de la disparition d’un bonhomme qui mérite bien de faire partie de notre galerie de portraits; Daniel Guérin, militant infatigable et qui ne s’est jamais trompé de combat.

Il est né le 19 mai 1904, à Paris. Militant libertaire et homosexuel, historien et écrivain. Issu de la bourgeoisie (son père était un riche collectionneur d’art) il devient socialiste révolutionnaire, et anticolonialiste à la suite de séjours en Syrie et en Indochine en 1930. Daniel-Guerin-1-300x210Exclu de la SFIO, on le disait proche de Trotsky avec qui il correspondait, il va d’ailleurs créer ce qui deviendra plus tard Lutte Ouvrière (vous vous souvenez: Arlette). En 1933, il voyage dans l’Allemagne nazie dont il tirera le livre « Fascisme et grand capital ». Durant le front populaire, il est un membre actif des occupations d’usines, et aussi co-fondateur des Auberges de jeunesse. En 1937, il dénonce les agissements des staliniens en Espagne. Envoyé à Oslo pour créer un secrétariat international contre la guerre, il est arrêté en avril 40 par l’armée allemande et interné civil jusqu’en 1942. Aux U.S.A en 1946, il prend part aux luttes des ouvriers et des noirs, avant d’être expulsé en 1949.

L‘écrasement des conseils ouvriers hongrois en 1956 confirme son orientation libertaire. En 1960, il signe « l’appel des 121″ pour le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie. Il est inculpé. Il soutient ensuiteguerin-2-300x278 l’indépendance algérienne. Il prend part aux événements de mai 68 puis crée, avec Georges Fontenis, en 1969, le Mouvement Communiste Libertaire, avant de rejoindre l’U.T.C.L en 1980. Puis il participera aux actions des antimilitaristes, et militera également au F.H.A.R (Front homosexuel d’Action Révolutionnaire). Historien, il est l’auteur de « Ni Dieu, ni Maître, anthologie du mouvement libertaire » (1965), mais aussi de plusieurs essais traitant de politique ou de sexualité. Il meurt le 14 avril 1988. C’est ce que l’on appelle une ligne de conduite.

Allez, merci d’être passé par ici, déconfinez vous vivement et à bientôt peut-être.

C’est pas des salades…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du cinémascope et de la cotriade réunis, bonjour !  Nous sommes le Mardi 13 avril 2021, 24è jour de Germinal, et, c’est pas des salades, roquettec’est le jour de la roquette qui est une plante annuelle de la famille des Brassicacées, à fleurs blanches ou jaunâtres veinées de brun ou de violet; ses feuilles ressemblent à celles des radis et des navets, botaniquement très proches, et ont une saveur piquante et poivrée. Le calendrier du facteur nous suggère de fêter les Ida (bonne fête Ida, fidèle lectrice.) qui fut, chacun le sait, la maman de Godefroi de Bouillon…

Le 13 avril 1949 voit la disparition d’une grande figure de l’anarchisme, Marie-Louise Berneri, militante et propagandiste anarchiste. Fille aînée marie-louisedu militant et penseur anarchiste italien Camillo Berneri, elle est née le 1er mars à Arezzo (Toscane). Suite aux persécutions de son père par la police fasciste, la famille émigre en France en 1926, où Marie-Louise va faire ses études en psychologie infantile à la Sorbonne. Elle commence à militer avec des anarchistes français à la même époque. En avril 1936, elle part s’installer à Londres. Elle retourne ensuite en France, avant d’aller rendre visite à son père en Espagne. Elle retournera à Barcelone pour assister aux funérailles de celui-ci, assassiné en mai 1937.

En 1945, les autorités anglaises désirant mettre un terme à ces « activités séditieuses » (antimilitaristes) intentent un procès à Marie-Louise, Vernon Richards, Philip Sansom et John Hewetson, mais alors que ses compagnons sont condamnés à 9 mois de prison, elle est Berneri-G-acquittée (grâce un article de la loi anglaise qui dit qu’une femme ne peut conspirer avec son mari (sic). Son action ne se limite d’ailleurs pas à la stricte propagande militante; passionnée par la psychologie, elle popularisera en Angleterre les ouvrages de Wilhelm Reich, et s’intéressera avec son compagnon à la photographie. Après sa mort, se constituera un Comité en sa mémoire, lequel éditera ses ouvrages posthumes: « A tribute » (1949), » Journey through Utopia  » (Voyage à travers l’Utopie) 1950, « Neither East nor West »(1952) anthologie de ses articles de 1939 à 1948. A noter également que son nom sera donné, de 1951 à 1957, à une Colonie libertaire d’enfants (Colonia Maria Luisa Berneri), créée par sa mère Giovanna et Cesare Zaccaria, à Piano di Sorrento (Italie).

« Nous ne bâtissons pas notre mouvement sur d’obscures idées. Peut-être que nous devrions produire moins d’idées, mais nous devrions être capables de les comprendre complètement et de les expliquer aux autres à tout moment. » j’en connais qui devraient s’en inspirer.

Allez, voila pour aujourd’hui, merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

T’es Rock coco…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des Penn-Sardinn et du thé au jasmin réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 12 avril 2021, 23è jour de Germinal dédié au marronnier. Le Penn-sardinn désigne l’habitant de Douarnenez (29) tandis que la penn-sardinn désigne la coiffe que portaient les belles douarnenistes.

Tiens, à propos de Douarnenez. Je me souviens que dans les années 60, sur le jukebox de «chez Marie-rose», sur le port du Rosmeur, il y avait surtout de la chanson française: Brel, Brassens, Aznavour… Mais on y trouvait quelques perles made in USA: Bill Haley, Little Richard, Elvis Presley. C’était avant que la pop music débarque. Ah, le jukebox de Marie rose…Chacun se souvient du fameux « Rock around the clock » et de la reprise tout aussi fameuse que l’on doit à Bill Haley et qui fit sa réputation après la sortie du film « graine de violence » en 1955.

le port DZ

Ce morceau, emblématique de la série « Happys days » a été enregistré en 1952 et marque sans doute le début du succès que va connaître le Rock. En France à la même époque, Boris Vian et son ami Henri Cording (qui deviendra célèbre sous le nom de Henri Salvador) tente d’implanter le rock face à la variété. Nous on écoutait « dans le port d’Amsterdam » en buvant un rouge lim’ tout en refaisant le monde. Parfois passait Georges Perros à peine débarqué de son invraisemblable moto et on se rapprochait de lui comme dans le cercle des poètes disparus. En règle générale ça se terminait à cinq mètres de là, chez « Micheline ». Hier soir, sur la chaine finistérienne Tébéo, je regardais une émission consacrée à l’ami Yann Kersalé qui évoquait avec nostalgie ces moments bénis où notre jeunesse s’efforçait d’imaginer un autre Monde entre bar et banquette.

Allez, déconfinez vous avant qu’il ne soit trop tard. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Tampa RED: The guitar wizard…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la guitare sèche et de la potée léonarde réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 10 Avril 2021, 21è jour de Germinal dédié au gainier, encore nommé arbre de Judée.

Hudson Woodbridge est né au début du siècle dernier (probablement en 1904) à Smithsville, Géorgie. Mais orphelin très tôt il sera élevé partampa-red.jpe tampa redla famille de sa grand-mère, Mme Whittaker, dont il adoptera le patronyme, et qui vit dans les faubourgs de Tampa, en Floride. Très tôt il apprend la guitare et accompagne sur scène un ami de la famille. À l’adolescence, il devient musicien itinérant et parcourt le Sud des États-Unis à vélo. En 1922, déjà affublé du surnom de « Tampa Red », il arrive à Chicago. Sa carrière débute véritablement lorsqu’il s’associe avec le pianiste Georgia Tom Dorsey. Ils enregistrent ensemble, pour la première fois, en mai 1928, des pièces essentiellement tirées du music-hall.

 

Le blues devenant à la mode à Chicago, « Tampa Red » décide de s’y mettre lui aussi. Au début des années 30, il se marie et sa femme décide de prendre en mains sa carrière. En 1934 elle négocie pour lui un contrat avec le célèbre producteur Lester Melrose qui lui permettra d’enregistrer ses disques sous le grand label blues Bluebird. C’est pour RED-disque-300x300cette maison de disques qu’il enregistrera ses plus grands titres, toujours accompagné d’un pianiste. Dans les années 40 il ouvre sa formation à des saxophones ainsi qu’à un bassiste, une batterie ou encore un joueur d’harmonica, comme Sonny Boy Williamson ou Big Walter Horton. C’est à cette époque qu’il deviendra une des références du Chicago blues électrique et qu’il enregistrera avec Elmore James lorsque celui-ci se trouve à Chicago. Malheureusement sa femme décède en 1956 et « Tampa Red » ne s’en remet pas. Il sombre dans la démence et doit être interné. Il parviendra cependant à encore enregistrer deux albums au début des années 60 pour le label Bluesville : Don’t Tampa with the Blues et Don’t Jive Me. Il disparaît ensuite de la circulation et meurt dans un relatif oubli en 1981. Surnommé the « guitar wizard » (le sorcier de la guitare), Tampa Red a certainement été un des plus grands guitaristes slide du blues des années 30 et 40.

Allez, passez un bon dimanche, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est nous les Canuts…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la vertu outragée et du canard laqué réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 09 avril 2021, vingtième jour de Germinal dédié à la ruche.

Le 9 avril 1834, à Lyon, début de la seconde insurrection des Canuts. Après l’échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 09 avril, révolte canutsmet le feu aux poudre. L’armée occupe la ville et les ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d’assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C’est le début de la « Sanglante semaine ». Trois ans plus tôt, Le 21 novembre 1831, éclatait sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle allait se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique, interprétée ici par Marc Ogeret.

Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela métier à tisserpour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisée avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation. ». Et alors, 180 ans plus tard, où en sommes nous… A vous de juger !

Allez, (dé)confinez vous, faites les fous, et à bientôt peut-être.

Ah, si seulement !

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’Uchronie et des regrets affectés réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 08 avril 2021, 19è jour de Germinal dédié au radis dans notre calendrier républicain, mais en réalité, en pataphysique, ce jour est le Mardi 17 Clinamen 148 St Hiéronymus Bosch, démonarque.

Si j’évoque l’uchronie, quoique ce mot, cher au philosophe Charles Renouvier, soit tombé en désuétude et même disparu des dictionnaires, c’est sous l’inspiration de ce qu’il est convenu d’appeler « la crise». Car en effet, si le nez de Cléopâtre… Et vous connaissez la suite, c’est un Cléopatrerésumé de l’Uchronie. Il s’agit d’une forme littéraire permettant de présenter l’histoire telle qu’elle n’a pas été mais telle qu’elle aurait pu être. C‘est ainsi que me suis imaginé que les français, en 2017, avaient voté avec leur tête et non pas leurs pieds. Ce jour là ils auraient choisi l’humanisme, la justice sociale, l’équité, la solidarité, la fin de la république des copains, des coquins, des potes de leur promo à l’ENA, des prébendes, des passe-droits, des cumulards. Ce jour là, le peuple souverain aurait délégué ses pouvoirs à des représentants qui étaient tenu d’en faire bon usage sous peine d’être débarqués séance tenante. Ils se seraient en effet engagés à privilégier le mieux être des citoyens au détriment des marchés, des banksters, des actionnaires et des oligarchies régnantes.

Ce jour là, des hommes et des femmes conscients de leur responsabilité et soucieux du mandat impérieux que leur avait donné le peuple, décidèrent que l’alternative existait et, appliquant rigoureusement le Talion républicain, ils ont tranché la main invisible du marché qui poursuivait sa sinistre besogne dans la culotte des zouaves. Tous les millionardaires qui s’étaient déguisés en migrants nécessiteux et réfugiés au Luxembourg pour échapper à la vindicte populaire furent conduit au camp Uchronies-223x300de rééducation de Kergrist-Moëlou où ils devaient compter, à la main, les milliards récupérés dans les paradis fiscaux pour financer la politique de rénovation hospitalière décrétée par l’assemblée. Le congrès réuni à Versailles adopta le changement de constitution et la sixième République proclama que: l’éducation, l’eau, la santé, l’énergie étaient des biens inaliénables qui à aucun moment ne pourraient se retrouver dans le domaine marchand. Quelques mois plus tard, devant le succès rencontré, les grecs, les espagnols, les portugais et les italiens suivirent le même chemin. Au début de l’année 2018, presque tous les États avaient rejoint la fédération des peuples européens et adoptés une législation unique en matière sociale et économique. Au mois de Juin, de Brest à Athènes, de Lisbonne à Hambourg, l’ancienne fête de la musique fut transformée en Fiesta Utopia. Une amnistie générale fut déclarée, le camp de Kergrist-Moëlou transformé en colonie de vacances, Jules-Edouard Moustic fut nommé gouverneur général de l’Europe et Siné-Mensuel devint le journal officiel de la sixième République.

Ah, le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court…Si les socialistes étaient de gauche, si les Républicains étaient démocrates, si les marcheurs marchaient droit, si ma tante… Allez, confinez vous bien et à bientôt peut-être.

Toussaint Louverture…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 07 avril 2021, 18è jour de Germinal dédié à la cigüe et ce qui suit n’a rien à voir… Quoique. Socrate, grand parmi les grands philosophes mourut lui même par la cigüe et les sorcières de220px-Cicuta_virosa MacBeth en font bel usage:  « … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. » Vous remarquerez qu’avant la réforme de l’orthographe, on mettait le tréma sur le ë et les points sur les i; mais ceci est un autre histoire. Pour l’heure, rendons hommage à une grande figure de la révolution haïtienne; née esclave dans la colonie française de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) et décédée un 07 avril en 1803 à Fort de Joux: François Toussaint.

C’est un 07 Avril en 1803 que disparait Toussaint Louverture. En août 1791, les esclaves de la plaine du Nord se révoltent suite à la cérémonie de Bois-Caïman (voir les dernières BD de Bourgeon). Toussaint Bréda Général_Toussaint_Louverturedevient aide-de-camp de Georges Biassou, commandant des esclaves qui, réfugiés dans la partie orientale de l’île, s’allient aux Espagnols qui l’occupent pour renverser les Français esclavagistes. Toussaint est initié à l’art de la guerre par les militaires espagnols. À la tête d’une troupe de plus de trois mille hommes, il remporte en quelques mois plusieurs victoires. On le surnomme dès lors « Louverture ». Le 29 août 1793, Toussaint lance sa proclamation où il se présente comme le leader noir : « Frères et amis. Je suis Toussaint Louverture ; mon nom s’est peut-être fait connaître jusqu’à vous. J’ai entrepris la vengeance de ma race. je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint-Domingue. Je travaille à les faire exister. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage. »

Toussaint Louverture est souvent présenté comme le créateur de la première République noire au monde. C’était néanmoins un furieux opportuniste qui s’allia dans un premier temps avec les Espagnols puis avec les Français, dénonçant l’esclavage puis, en 1800, reconduisant le cellule_louverture-a396travail forcé des noirs sur les plantations. Deux années plus tard, Bonaparte organise l’expédition de Saint-Domingue, 20 000 hommes sont envoyés dans les iles, l’ordre est rétabli et… L’esclavage aussi ! Toussaint Louverture est emprisonné au fort de Joux dans le Doubs ou il mourra en avril 1803. (à droite sa cellule) «  Quand Toussaint Louverture vînt ce fût pour prendre à la lettre la Déclaration des Droits de l’Homme, ce fût pour montrer qu’il n’y a pas de race paria, qu’il n’y a pas de pays marginal, qu’il n’y a pas de  peuple d’exception. »
Aimé Césaire

Allez, que la force soit avec vous, je vous salue et vous remercie de votre visite. Portez vous bien et, à bientôt peut-être si le Covid nous prête vie.

A Biribi…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la quadrature du cercle et du carré Hermès réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 06 avril 2021, 17è jour de Germinal dédié au guillotineMélèze et c’est la St Marcellin. Je me souviens d’un ministre de l’intérieur qui répondait à ce doux patronyme et qui avait la matraque aussi facile que Darmanin le LBD. Le 6 avril 1871, lors de la Commune de Paris, un bataillon de la Garde Nationale dépose devant la statue de Voltaire deux guillotines qui sont brulées devant une foule en liesse, aux cris de: « A bas la peine de mort »! Il faudra attendre un siècle, le mois d’octobre 1981 pour que celle-ci soit définitivement abolie en France.

Aujourd’hui est aussi le jour anniversaire de la naissance de Georges Hippolyte Adrien qui vit le jour en 1862. Je vois à vos mines dubitatives que sa renommée n’est pas parvenue jusqu’à vous. Il est plus connu (disons, moins inconnu) sous le nom de Georges Darien. Cet écrivain, quasiment oublié de tous fut redécouvert dans les années 1950 avec la Georges-Darien-Dréédition de son roman le voleur dont Louis Malle fit une magnifique adaptation cinématographique en 1967. Rappelez vous de Belmondo, de Charles Denner, de Julien Guiomar, de Bernadette Laffont, Marlène Jobert… Que du beau linge. Le 16 mars 1881 (dix années après la Commune), devançant l’appel, il s’engage à l’armée, dans le deuxième escadron du Train. Le 23 mai 1883, son insoumission l’envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie. C’est le nom qu’il donnera à son roman, dans lequel il dénonce les difficultés de sa condition et celles de ses compagnons. Mais ce roman là, comme les autres, ne connut guère de succès. Écoutez cette magnifique chanson interprétée par Mouloudji « Biribi », musique de Théodorakis.


 

Admiré par Alfred Jarry et Alphonse Allais, plus tard par André Breton, Georges Darien devient un auteur prisé des milieux libertaires. En dépit d’une seconde biographie récente, peu de choses de sa vie sont affiche-Le-voleurconnues, ce qui laisse libre cours aux fantasmes qui associent la vie de l’écrivain à celle du héros de son roman, Randal. En effet de 1891 à 1897, il disparaît, voyage en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, Londres en particulier, d’où il revient avec le manuscrit de son roman, Le Voleur. Redécouvert en 1955, c’est ce dernier qui lui assure la postérité. En plus de ses romans, Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L’Escarmouche (dont, soi dit en passant, il fut l’unique rédacteur), L’Ennemi du peuple et L’en dehors, où il côtoie Zo D’Axa (voir mon billet du 24 mai 2010).

Encore un sacré bonhomme que l’histoire, décidément bien ingrate, a décidé de passer par pertes et profits. Allez, confinez bien, vivez en ermite; à la limite en cénobite; les mauvais jours finiront…

La Marseillaise de la paix…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la philosophie et des paupiettes de veau réunies, bonjour ! Nous sommes le Samedi 03 Avril 2021, quatorzième jour de Germinal dédié au Hêtre; et, comme disait le poète: un seul hêtre vous manque et…

Le 3 avril 1837, naissance de Paul ROBIN à Toulon (Var). Pédagogue anarchiste injustement oublié. Il participe à la première internationale en Belgique, avant d’être expulsé de ce pays en 1869. Il se réfugie alors en Suisse où il se lie avec Michel Bakounine. Après 10 années passées à Londres, il prend, en 1880, la direction de l’Orphelinat Prévost à Cempuis (Oise). Il y insuffle toute son énergie et met en pratique une paul-Robin-Gpédagogie libertaire tout à fait originale. A Cempuis, Paul Robin va mettre en œuvre un certain nombre de principes qui sont pour lui fondamentaux, notamment celui de l’éducation intégrale ; « Tout enfant a droit de devenir en même temps un travailleur des bras et un travailleur de la tête ». L’école communale a pour objectif de donner une formation générale ; la formation à un métier particulier ne doit intervenir qu’après cette initiation globale. L’apprentissage doit reposer en priorité sur l’observation :« Laissez l’enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante ». Les enfants de Cempuis (photo ci-dessous) composèrent une « Marseillaise » qui débute ainsi:

De l’universelle patrie
Puisse venir le jour rêvé !
De la paix, de la paix chérie
Le rameau sauveur est levé ! (bis)
On entendra vers les frontières
Les peuples se tendant les bras
Crier : il n’est plus de soldats !
Soyons unis, nous sommes frères!

Fonctionnant comme un internat, plus de 600 enfants y séjournèrent entre 1880 et 1894. L’enseignement y était basé sur l’observation, le développement du sens artistique de l’enfant et la prise en compte de ses désirs.Éducation physique, manuelle et intellectuelle ; il existait 19 ateliers différents qui donnaient à chacun une formation complète d’un OrphelinsMusiciensJEAdrmétier (de la boulangerie à l’imprimerie, en passant par la photographie ou la maçonnerie). Ces ateliers procuraient également à l’école une certaine autonomie financière. La mixité était de règle, les enfants étaient emmenés pour deux mois au bord de la mer, chaque été, etc. Mais les attaques répétées contre cette école libertaire finiront par avoir raison d’elle. Paul Robin est révoqué le 31 août 1894. Il prend alors une part très active au combat néo-malthusien, que rejoindra un temps Eugène Humbert. Fatigué et usé par la vie, il se suicidera le 1er septembre 1912. Cempuis aura une grande influence sur deux autres pédagogues libertaires : Francisco Ferrer et Sébastien Faure, on peut supposer que Célestin Freinet y a été sensible.

Sources:L’excellent bouquin de Nathalie BREMANT « Cempuis, une expérience d’éducation libertaire à l’époque de Jules Ferry » c’est aux éditions du Monde libertaire.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Buddy à la batterie…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la cuiller en bois et de la ficelle du même métal, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 02 Avril 2021, treizième jour de Germinal dédié à la morille.

Contrairement au Rock peut-être, on délaisse souvent les batteurs et les percussionnistes du Jazz au profit des joueurs de saxo et autres clarinettes. Chacun connait ou a entendu parler de Charlie Parker ou de Stan Getz mais peu peuvent citer le nom d’un batteur. Écoutez et Buddy-Rich-G-observez « Buddy » dans ses œuvres… Bernard « Buddy » Rich est né à Brooklin, USA, et est décédé un 2 avril en 1987. C’était un batteur de jazz et, je prends le risque de dire que c’était le plus grand batteur qu’on ait jamais connu. Cet autodidacte était connu pour sa technique, sa puissance, sa vitesse et son habileté à improviser. Il est né dans une famille juive de New-York (avez vous remarqué que l’on ne dit jamais: dans une famille athée de …). Son père découvrit que Buddy était familier avec le rythme, car il était capable de battre de façon rythmée à l’âge d’un an. Sa plus grande qualité était son habileté et sa rapidité sur des doigtés frisés comme disent ceux qui connaissent la musique. (alternance : un coup main gauche, un coup main droite).


 

En 1937, il commence à jouer du jazz avec Joe Marsala, puis avec Bunny Berigan (1938), Artie Shaw, Tommy Dorsey, Benny Carter (1942), Harry James (1953-1956), Les Brown, Charlie Ventura, Jazz at the Philharmonic, tout comme dans son propre groupe, tout en accompagnant de célèbres groupes de musique. Il assiste aux débuts de Frank Sinatra, avec qui il fait un temps partie du Tommy Dorsey denis-williams-buddy-rich-in-concert-at-the-forum-theatre-hatfield-hertfordshire-march-1980_a-L-14133474-14258389Orchestra. Il va aussi jouer avec Art Tatum, au début des années 1950. À partir de 1966 jusqu’à sa mort, il menait un big band, alors que leur popularité était déclinante depuis les années 1930. Sa pièce la plus connue est l’arrangement de West Side Story. En tant que meneur de groupe, il était réputé pour son caractère explosif. Sur son lit de mort, une infirmière lui aurait demandé s’il était allergique à quoi que ce soit. Il aurait répondu : « Oui, à la musique country ! » Il est enterré au Westwood Village Memorial Park Cemetery à Los Angeles, Californie. Avant sa mort Buddy Rich légua sa batterie à Armand Zildjian le directeur de la célèbre marque de cymbales Zildjian. M.Zildjian vient rendre visite a Buddy sur son lit de mort et il lui dit : « j’ai ta batterie Buddy. » Buddy lui répondit : « Tu en prendras soins Zildj’. » Il mourut le lendemain.

Allez, portez vous le mieux possible et à bientôt peut-être.