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Il est encore fécond…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des mystères de l’Ouest et du crabe mayo réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 26 avril 2021, 7è jour de Floréal dédié au Muguet. Le Lundi c’est le jour du marché à Lesneven; faut pas que je tarde.

Le lundi 26 avril 1937 était aussi jour de marché à Guernica. Quatre escadrilles de la Légion Condor allemande ainsi que l’escadrille VB 88 de bombardement Guernica-1expérimental, escortées par des bombardiers italiens et des avions de chasse allemands, procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. Le bombardement de Guernica, fut un événement majeur de la guerre d’Espagne, qui contribua à internationaliser la médiatisation du conflit, par l’intermédiaire notamment du célèbre tableau de Pablo Picasso représentant la scène. Cependant, d’après certains historiens, Guernica aurait été un objectif militaire de première importance. Pío Moa affirme que trois bataillons (7.000 hommes) des forces républicaines y stationnaient le jour du bombardement.

Depuis, les controverses ne se sont jamais vraiment éteintes. Responsabilité unique des nazis de la légion Condor commandée par Von Richthofen de sinistre mémoire ou complicité de Franco. Les historiens estiment le nombre de victimes entre quelques centaines et quelques milliers… Macabre comptabilité qui n’enlève rien à la force du symbole. Avec mon pote asturo-espagnol, lors d’un débat amical, nous étions tombé d’accord sur le arturofait que si Franco est bien mort, le franquisme lui, il bande encore. Les nostalgiques sont là, guettant les faiblesses de nos démocraties et prêts à ressortir les griffes.  « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » On se souvient que ce sont les derniers mots d’une farce tragique de Bertolt Brecht, « La Résistible Ascension d’Arturo Ui » pièce rédigée dès 1941, mais célèbre bien plus tard, qui met en scène un Hitler maffieux, mâtiné d’Al Capone. On oublie souvent une phrase qui précède la formule finale : « Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester les yeux ronds. ». Plutôt que de ratiociner sur un improbable islamo-gauchisme; apprenons à voir l’ombre du fascisme se glisser sournoisement dans le lit de nos démocraties.

Allez, merci d’être passé, déconfinez mémé et à bientôt peut-être.

Hey Joe !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tradition et du café-cognac sans café, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 avril 2021, c’est vous dire que les choses ne traînent pas et c’est le cinquième jour de Floréal dédié au rossignol. Ah, Rossignol philomèle Luscinia megarhynchos Common NightingaleLuis Mariano ! Vous vous souvenez: il était une fois, une fille de roi, au cœur plein de tristesse… Pour l’heure, en Bretagne on célèbre (où pas) les Felan (Phelan en irlande). J’ai bien connu un Phelan-Ségur du côté du bordelais qui faisait la part belle au Merlot et au Cabernet-Sauvignon. On dit qu’à l’origine de ce domaine il y a un irlandais du nom de Bernard Phelan au début du XIXè siècle. Aujourd’hui on écrit Phélan-Ségur avec un accent allez savoir pourquoi. A n’en point douter c’est bien un saint-Estèphe dans toute sa splendeur alors que le St Felan de Bretagne se distingue par sa discrétion et son absence totale de notoriété.

Tout à fait autre chose.

Joe Henderson naît à Lima dans l’Ohio dans une famille de 15 enfants. C’est à celle-ci qu’il dédiera son premier album pour les remercier « d’avoir été aussi compréhensifs et tolérants » pendant ses années de formation.  Joe accomplit deux ans (1960–1962) de service militaire : d’abord à Fort Benning, où il participe à un concours des jeunes talents militaires et remporte le premier prix et à Fort Belvoir, où il est choisi pour faire partie d’une tournée mondiale destinée à distraire les  Joe-Henderson-Tony-4-201x300troupes. Alors qu’il se trouve à Paris, il rencontre Kenny Drew et Kenny Clarke. Il est ensuite envoyé dans le Maryland. Après son service militaire, il s’installe à New York où il est pris en main par le trompettiste Kenny Dorham. Chaque soir, ils vont écouter Dexter Gordon jouer au Birdland, le club mythique de la 52ème rue où le prince du ténor dirige la « jam session » tous les lundis.  Un soir, Gordon lui demande de jouer avec son groupe et c’est évidemment avec joie que Joe accepte l’invitation. Joe Henderson fait un carton ce soir la et partage les applaudissements du public au même titre que Dexter Gordon lui-même. De 1963 à 1968, il enregistre en sideman sur une trentaine d’albums du mythique label Blue Note. Début des années 70, l’engouement pour le jazz commence à fléchir, les séances deviennent moins nombreuses pour la plupart des jazzmen. Joe Henderson se plonge dans l’enseignement à San José en Californie, mais est toujours fréquemment demandé dans les grands festivals internationaux.

C’est en 1985 que Blue Note décide de mettre Joe Henderson en première ligne, avec le merveilleux The State Of The Ténor-Live avec Ron Carter à la basse et Al Foster à la batterie, considéré par la chronique comme le meilleur album de trio avec ténor depuis le Night At The Village Vanguard de Sonny Rollins en 1957. Du be-bop au hard-bop, au jazz d’avant-garde, aux rythmes sud américains, au latin jazz, en passant joe_henderson-300x264par la soul, le jazz fusion, le smooth et le funk, on peut certainement citer le nom de Joe Henderson comme celui d’un très grand saxophoniste ténor au service de la musique, d’un professionnel philosophe au service des artistes, comme d’un poète ou d’un écrivain au service de l’art en lui même. Si le son très personnel de Joe Henderson, entre John Coltrane, Lester Young et Dexter Gordon a discrètement bercé le jazz tout entier, aux aléas des modes de ces dernières décénnies pour finalement venir exploser au grand jour sur la fin de sa vie et juste avant l’an 2000, c’est que Joe Henderson mérite véritablement son statut du dernier des « titans ». Joe Henderson décède le 30 juin 2001 à 64 ans d’une insuffisance cardiaque après une longue lutte. Il est enterré au Dayton National Cementery, dans l’Ohio, parmi plus de 44 000 autres vétérans de l’Armée des États-Unis. Sources: Arnaud Syllard.

Allez, merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Littérature & contrepets…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des lendemains qui chantent et du vin chaud réunis, bonjour! Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous aubc3a9pine-de-bouquetot-carte-postale-ancienne-1907-300x192sommes le Vendredi 23 avril 2021, autrement dit le quatrième jour de floréal dédié à l’aubépine. Comme celle-ci à Bouquetot dans l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour célébrer le rattachement de la Normandie à la France….

Ah l’aubépine, celle la même qui vient souvent au secours des mauvaises contrepèteries; vous savez, cet art qui consiste à décaler les sons que débite notre bouche. Qui se souvient  de la sélection hebdomadaire de contrepèteries dans la rubrique intitulée Sur l’Album de la Comtesse dans le Canard enchainé; rubrique créée par Yvan Audouard en 1951. Quant au terme contrepet, il fut forgé par Luc Étienne (autre rédacteur de l’Album de la Comtesse) pour petits_rats_apero_le_chat_contrepeterie-300x226désigner l’art de résoudre et d’inventer des contrepèteries, ainsi le contrepet est à la contrepèterie ce que la littérature est au livre. On retrouve notamment ce mot en 1957 dans le titre de l’ouvrage de référence en la matière : L’art du contrepet ; il est entré depuis dans le dictionnaire. Par abus de langage, le mot contrepet est parfois synonyme de contrepèterie. Ceci est un clin d’œil à Glenn, maitre es contrepets. Tiens, le saviez-tu ?  William Shakespeare est mort il y a quatre siècles, le 23 avril 1616 (ou peut-être le 22, les chroniques étant imprécises à ce propos) et, on trouve traces de contrepèteries dans son œuvre. Les anglophones utilisent le terme « spoonerism » qui vient du Révérend William redoute-211x300Archibald Spooner qui, nous dit-on, en commettait souvent, volontairement ou non, dans ses sermons. Le dernier exemple en date de  «spoonerism» est: Happy rotter pour le héros de J. K. Rowling. On doit à Louis Perceau, dont le militantisme socialiste révolutionnaire lui valut six mois de prison, La Redoute des Contrepèteries ( 1934-Éditions Briffaut), ce qui lui fit dire: « Avez-vous lu Perceau ? Avez-vous l’air puceau ? » Quand à Jacques Antel, il est régent de la chaire de contrepet du Collège de ‘Pataphysique depuis le 20 avril 2000. Il est l’auteur du classique Le tout de mon cru présentant plus de 500 contrepèteries inédites. Etonnant, non !

Voila de quoi rigoler pendant que le circus virule tout en feuilletant le catalogue de la Déroute. Allez, confinez gaiement et à bientôt peut-être.

Un phare breton…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la révoltation et de la rebellitude réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 22 avril 2021, troisième jour de Floréal dédié à la fougère.

Un peu d’histoire.

Nous sommes en Avril 1809, l’armée autrichienne profitant du bourbier espagnol et poussée par l’Angleterre, décide de reprendre la lutte contre Napoléon. Elle envahit la Bavière et pénètre dans le Grand-Duché de Varsovie. À la tête d’une armée de 200 000 hommes, Napoléon partDavout à la rencontre de l’armée autrichienne commandée par l’archiduc Charles, frère de l’empereur François II d’Autriche. La bataille d’Eckmühl devait être pour Napoléon la bataille décisive qui devait précéder la prise de Vienne. Les troupes de Lefebvre et de Davout sont chargées de repousser les Autrichiens sur la route d’Eckmühl à Ratisbonne, tandis que Vandamme avance sur Eckmühl et repousse les troupes adverses vers le défilé d’Hagelstadt. Le maréchal Davout et le général Vandamme se distinguent particulièrement au cours de cette bataille. Davout est nommé prince d’Eckmühl par Napoléon peu après. Mais, nom d’un petit bonhomme, pourquoi est-ce que je vous raconte cela !

Ah, oui, ça me revient. Dernièrement, au cours d’une conversation à propos des phares qui parsèment la côte bretonne; du Créac’h à La Vieille en passant par la Jument, on me demandait ce que signifiait Eckmühl en breton… Il me semble bien, dis-je, avoir écrit un billet la dessus. Et donc, bis repetita. En vérité, le fameux phare de Penmarch dans le non moins fameux pays bigouden, doit son nom à une phares-de-bretagne-escalier-du-phare-deckmuehl-8ce4c49d-0b2a-408d-aa94-ff1ec83c822e-300x194donatrice qui n’était autre que la petite fille (précision que je dois  à un fidèle lecteur) du maréchal Davout, prince d’Eckmühl, la marquise Adélaïde-Louise d’Eckmühl de Blocqueville qui légua par testament la somme de 300 000 francs pour la construction d’un phare. Celui-ci devrait se nommer « phare d’Eckmühl » en l’honneur de son père. La marquise voulait que ce nom de triste mémoire, car rattaché à une bataille qui fit beaucoup de morts, soit racheté par les vies sauvées grâce à un phare… Elle désirait également que ce phare soit situé sur la côte bretonne en un lieu sûr pour résister au temps. Voila donc pourquoi ce phare bigouden porte un nom bavarois alors qu’en d’autres circonstances, on l’eut nommé Larzul ou Hénaff. En attendant, libre à vous de tenter de battre le record de l’escalade des 307 marches qui mènent à la lanterne et qui est détenu par un jeune quimpérois en 47 secondes 02.

Allez, merci encore de vos visites, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ne me quitte pas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 21 avril 2021, deuxième jour de Floréal dédié au chêne.

Il y a un peu plus d’un siècle, le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine guillotined’André Soudy, de Raymond Callemin, et d’Elie Monier , tous les trois membres de la bande à Bonnot. « C’est fini. La société a fait justice. Justice? Cette opération odieuse, dans ce décor de deuil, sous ce ciel bas et impavide? Justice, ce triple meurtre, préparé dans tous ses détails, réglé, ordonné avec précision, parmi tous ces soldats, ces pelotons de gendarmes et de gardes? Justice, cette méthode sournoise de suppression? Mais à quoi bon philosopher ? Les hommes n’ont encore découvert d’autres moyens que de punir le meurtre par le meurtre. »  Il faudra attendre l’année 1981 pour voir disparaître ce « type d’humanisme français ». Victor Méric dans « Les bandits tragiques » (1926). La litho est de Steinlein.

Et puis tiens, pour ne pas rester sur une note d’amertume, souvenons de cette voix magnifique qui nous a quitté un 21 avril en 2003. Large, grande, magnifique (j’aime bien cette photo avec sa coupe à la Angéla Davis), Nina Simone jouait du piano habillée en peau de panthère ou coiffée d’un turban. Femme noire longtemps exploitée par les hommes de son entourage, traitée par le milieu musical comme il se devait à Ninal’époque de ses débuts, c’est-à-dire très mal. Nina Simone avait changé les paroles du classique de Jacques Brel, Ne me quitte pas, car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ». Nina, portée sur l’alcool et les paradis artificiels, fut lâchée et lâcha tout le monde, entama un chemin de croix solitaire, borné d’humeur et d’envies, de petits escrocs amoureux qui partaient avec la caisse. Des humeurs, des envies… Elle eut de brusques illuminations qui la faisaient abandonner les salles de concert au désespoir de tous. D’autres, belles et profondes, qui lui firent porter des stades et des salles vers le swing et la chaleur. Nina Simone était aussi une voix, spéciale, inimitable, grave, avec laquelle elle pouvait chanter aussi bien My Way, I Love’s You Porgy, ou un classique du blues.

Nina Simone avait chanté Brel, mais aussi Brassens  Il n’y a pas d’amour heureux, évidemment. Dans les années 1980, un ami lui avait offert une cassette de Jacques Brel. « J’étais à New York, je l’écoutais et à chaque fois que Brel disait : « Ne me quitte pas », je pleurais. Puis, je suis parti en Suisse et j’ai appris la chanson avec un professeur. Je l’ai répétée pendant trois ans avant d’oser la chanter. Nina avait changé les paroles de ce monument de l’œuvre de Brel,  car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ».

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Je suis fou du chocolat Poulain…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour ! En ce Mardi 20 avril 2021, premier jour de floréal, dédié à la rose, autorisez moi à évoquer ce grand artiste qu’était Francis Lemarque. C‘est la chanson-albumrançon de l’âge, il arrive un moment où vous avez toujours, surgissant du fond de la mémoire, une madeleine qui vous renvoie un tas d’années en arrière. Alors que je préparais ce petit billet sur Francis Lemarque, je me suis revu, enfant, collectionnant les « bons points » dans les tablettes de chocolat. Lorsque le compte y était, on renvoyait tout cela à monsieur Poulain ou madame Suchard et, quelques semaines plus tard on recevait une jolie boite en fer blanc qui servait plus tard à ranger le sucre. Dans cette boite, outre le chocolat, il y avait toujours un album de chansons françaises qui permettait d’y coller les photos que l’on trouvait dans les fameuses tablettes. Et voilà ma madeleine, dans chaque album il y avait immanquablement une ou plusieurs chansons de Francis Lemarque. Marjolaine, le p’tit cordonnier, à Paris…

Francis Lemarque, de son vrai nom Nathan Korb, naît le 25 novembre 1917 dans un petit deux pièces au second étage du 51 de la rue de Lappe à Paris au-dessus du bal des Trois colonnes. Fasciné par les bals musette depuis son enfance, Nathan et son frère Maurice intègrent lemarqueaprès une rencontre avec Sylvain Itkine en 1934 le groupe « Mars » que ce dernier a créé dans l’esprit du groupe « Octobre », affilié à la Fédération des Théâtres ouvriers de France. Il a alors dix-sept ans. Sur les conseils de Louis Aragon, les deux frères créent un duo, « Les frères Marc » qui profitera des événements du Front populaire pour se produire dans les usines et se faire connaître. Ils rencontrent Jacques Prévert, et Joseph Kosma qui est un temps leur pianiste. En 1940 il passe en zone libre et s’installe à Marseille. C’est là qu’il rencontre Jacques Canetti, qui deviendra par la suite son agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord dont une semaine de récitals avec le guitariste gitan Django Reinhardt. Sa mère déportée en 1943 meurt à Auschwitz. Il rejoint le maquis puis s’engage dans le régiment du douzième Dragon.

Après la guerre, Lemarque chante dans des cabarets de Saint-Germain-des-Prés. L’année 1946 sera décisive : il rencontre Ginny Richès qui deviendra son épouse, et il voit pour la première fois Yves Montand sur une scène parisienne. Il fait sa connaissance par Lemarque-G-l’intermédiaire de Jacques Prévert. Montand, séduit par ses compositions, choisit immédiatement des titres : Je vais à pied, Ma douce vallée, Bal petit bal…Leur collaboration durera de longues années pendant lesquelles Francis Lemarque lui écrira près de trente chansons. Il compose la musique du film Playtime de Jacques Tati, sorti en 1967. Lemarque a été censuré dans les années 1950 avec sa chanson Quand un soldat. Sa carrière sera celle d’un auteur et d’un chanteur profondément attaché au Paris populaire et à la chanson française. Il s’éteint brutalement le 20 avril 2002 (il est alors dans sa quatre-vingt cinquième année) dans sa maison de la Varenne Saint Hilaire et il repose à côté d’Yves Montand dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Allez, c’est pas tout mais j’ai mon lait qu’est su’l’feu…Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Passant par Plestin-les-Grèves…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la rubrique à brac et du fourre-tout réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 avril 2021, trentième et dernier jour de Germinal. Nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre au jardin de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, le cerisier du Japon en rosit de bonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à étaler leur bleu iroise.

Or donc, profitons en pour fêter comme il se doit les Yestin.  Évolution du vieux breton Iostin, emprunté au latin Justinus, dérivé de Justus, « juste ; intègre », dont procède le français Justin. D’origine insulaire, il aurait installé son ermitage non loin de la Lieue de Grève, près de la-croixPlestin-les-Grèves (22). Entre Finistère et Côtes-d’Armor, admirez Saint-Michel en grèves et sa jolie baie. Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre, la croix de la lieue de grève ( photo de droite). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte. On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ».

Mais revenons à notre Jestin. Parti en pèlerinage à Rome, il trouve sa cellule squattée à son retour par Eflamm qui voulut la lui rendre. Iostin s’y opposa, et les deux saints anachorètes vécurent ensemble à partir de ce moment.  Et voila comment d’anachorètes on devient cénobites… Iostyn serait, nous disent les annales, le fils de Geraint, roi de Domnonée, et le descendant de Constantin. Il est l’éponyme de Plestin-les-Grèves (22). Dans la statuaire bretonne il est figuré en ermite, bourdon-collec-300x300portant un bourdon à tête de chien dans la main droite. Le bourdon est ce bâton fidèle ami des pèlerins et/ou des compagnons. Voici comment, en Lozère, on décrivait sa préparation: « Cueillez le lendemain de la Toussaint une forte branche de sureau que vous aurez soin de ferrer par le bas ; ôtez-en la moelle ; mettez à la place les yeux d’un jeune loup, la langue et le cœur d’un chien, trois lézards verts et trois cœurs d’hirondelle, le tout réduit en poudre par la chaleur du soleil entre deux papiers saupoudrés de salpêtre. Placez par-dessus, dans le cœur du bâton sept feuilles de verveine cueillies la veille de la Saint Jean Baptiste ; puis une pierre de diverses couleurs qui se trouve dans le nid de la huppe ; bouchez ensuite le bout du bâton avec un pommeau de votre fantaisie et soyez assuré que ce bâton vous garantira des brigands, des chiens enragés, des animaux venimeux ou féroces et vous procurera la bienveillance de ceux qui vous logeront ».

Et voila comment en partant de Plestin-les-grèves on arrive à St-Jacques-de-Compostelle. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Une pensée pour un poète…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 17 avril 2021. Le 28è jour de germinal (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à la pensée (la fleur). Dans la mythologie, la nymphe Io (bien connue des cruciverbistes) fut aimée de pensées-150x150Jupiter; mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement, comme une confinée dans son douze mètres carrés, lorsqu’elle vit sortir de terre (oui, elle avait quelques pots sur le balcon) de petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. C’est pas mignon ça, madame Michu ?

Le 17 avril 1989 Eugène Bizeau, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète, nous quittait à près de 106 ans. 15 ans Bizeau-D-plus tôt, j’avais accompagné un ami, poète lui aussi et journaliste au « Courrier de l’Ouest », pour une interview du vieil anarchiste. Je me souviens de la petite maison aux volets vert et de la bouteille de Vouvray qu’il avait des difficultés à ouvrir. N’eut été sa fraicheur d’esprit et sa liberté de langage, il avait un côté professeur Tournesol indéniablement. Issue d’une famille de vignerons socialistes et anticléricaux, il découvre très tôt les idées libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse anarchiste, c’est tout naturellement qu’il y donnera ses premiers poèmes, qui seront publiés dans le journal « L’anarchie » fondé par Libertad. Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux jours des chansonniers de « La Muse Rouge ».

 

En 1914, Eugène est réformé pour « faiblesse de constitution », il n’en poursuivra pas moins sa dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et collaborant à la presse anarchiste dont « La Mêlée ». En 1921 pour sauver Sacco et Vanzetti, il exhorte dans « Le Libertaire » :Bizeau-G- « Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique, aille exiger pour eux justice et liberté ». En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et enregistrés, ils passeront même, durant la révolution espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En 1980-81 le cinéaste libertaire Bernard Baissat lui à consacré un film émouvant : « Ecoutez Eugène Bizeau ». On peut par ailleurs trouver certains de ses textes sur un disque de 1985 « Les Cent Printemps des Poètes » Gérard Pierron, Alain Meilland et Michel Grange sont les interprètes des textes et chansons des Cent Printemps des Poètes, spectacle créé le 30 mars 1985 au Printemps de Bourges.

Allez, haut les cœurs les amis, comme dit la Bolduc: ça va v’nir pi ça va v’nir vous découragez donc pas ! Et à bientôt peut-être.

La sirène de Pézenas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du grand Nord et du p’tit salé réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 Avril 2021, 27è jour de Germinal dédié à l’anémone.

Ah, les petites fleurs, le printemps, cela me fait à chaque fois penser à cette fameuse pochette de disque de Boby Lapointe, pull marin, le nez dans les pâquerettes ; dessin naïf que l’on doit à l’artiste Maurice Green. « Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques Boby-1camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé. Cependant, son rêve est de voler : il ambitionne de devenir pilote d’essai, et se montre bon en sciences (notamment en mathématiques) à l’école tout en se révélant casse-cou avec des engins (plus ou moins) volants qu’il conçoit, réalise et essaie, sans se soucier des fractures qu’il accumule ni des hospitalisations subséquentes. Après avoir obtenu son baccalauréat, il commence à préparer le concours d’entrée à deux grandes écoles françaises : l’École centrale et Supaéro pour assouvir sa passion de l’aviation et des maths. Son génie technique le conduit aussi à inventer dans cette même décennie un système d’embrayage automatique pour automobile qu’il présente aux principaux constructeurs, mais ceux-ci estiment cette invention sans avenir. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de mathématiques, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche.

On oublie injustement qu’en 1968, aux frontières du surréalisme et du génie, il invente le système bibi-binaire, système de numération qui préfigure une voie que suivra l’évolution de l’informatique. Ce système sera publié en 1970 dans le livre Les Cerveaux non humains, introduction à l’Informatique (S.G.P.P.), de Jean-Claude Quiniou, Jean-Marc Font. Avant cela, il y eu la guerre, il a 20 ans, il est envoyé en Autriche au titre du STO, il s’évade et rejoint sa région natale. Une anecdote veut qu’il ait sirène-de-lapointe-207x300utilisé le pseudonyme de Robert Foulcan pendant son périple qui le voit revenir à La Ciotat comme scaphandrier. Il fait ses grands débuts au « Cheval d’or » célèbre cabaret parisien dans lequel il croisera Brassens, Anne Sylvestre ou Raymond Devos. A partir de 1960, il se produit « aux trois baudets » et c’est le début du succès. Souvenez vous de: Ta Katie t’as quitté – La maman des poissons – Marcelle – Framboise… Plus tard on le retrouvera au cinéma dans « Max et les ferrailleurs » ou « Les choses de la vie ». Sa dernière apparition en public se fera en première partie d’un concert de Pierre Perret à Bobino. Boby Lapointe est décédé au mois de juin 1972 à Pézenas (c’est moins loin que Caracas…). A droite cette sculpture fait référence à la chanson de Boby Lapointe, natif de la ville, « La fille du Pêcheur » monument à sa mémoire réalisé par l’artiste Salem à Pézenas.

Allez, ça sent la fin de semaine, d’habitude, dans une vie normale par ici, on prépare la « Tro bro Léon » le Paris-Roubaix Breton, et, il y a du monde dans les ribinous (petits chemins) du coin, l’aber-Ildut est tout ému, l’aber-Benoist est en émoi, l’aber-Wrac’h est en vrac et l’aber Bichel a berdu son chat. Cette année, rien de tout cela. Allez, déconfinez vous, faites les fous et à bientôt peut-être.

Toute la musique que j’aime…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la relativité et du p’tit gris de Bourgogne réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 15 avril 2021, 26è jour de Germinal dédié au lilas SANT-PATERN-3-NB-200x300et jour de la Saint Patern. Patern austère en ce qui me concerne car, on sait peu de choses du personnage si ce n’est qu’il fut (sans doute) le premier évêque de Vannes et qu’il fait partie des sept saints fondateurs de Bretagne. C’est grâce à l’auteur de la Vita Paterni, que de nombreux points d’ombres s’éclaircissent. Patern ou Padern, fils de Petran et  Guean, est un gallo-romain qui aurait immigré de Grande-Bretagne, plus exactement du Pays de Galles, au cours de la seconde vague de l’émigration bretonne en Armorique. Inutile de préciser qu’il trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët.

Si vous aimez le blues, vous ne pouvez pas ne pas aimer Bessie SMITH. Bessie Smith est née le 15 avril 1894 à Chattanooga dans le Tennessee, elle est morte en 1937, elle fut surnommée « l’impératrice du blues ». Bessie-SmithÉlevée par une famille d’une pauvreté extrême, elle commença très tôt à gagner sa vie en chantant dans les rues de Chattanooga avec son frère Andrew. Devenue une jeune femme, elle rejoint le spectacle ambulant de William et Gertrude Rainey, connus sous le nom de « Ma and Pa ». Le soir du 26 septembre 1937, Bessie Smith est tuée dans un accident d’automobile en traversant Clarksdale dans le Mississippi avec son ami Richard Morgan (oncle du musicien de jazz Lionel Hampton). Bessie Smith a eu une influence musicale importante sur des chanteuses comme Billie Holiday, Sarah Vaughan, Dinah Washington, Nina Simone, Janis Joplin et Norah Jones. Sa voix puissante et son style de chant sont une contribution importante à l’histoire de la musique populaire.

Hé oui, toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du Blues… Allez, déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.