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Comme on fait son lit…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce Mardi O4 mai 2021 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi… En Bretagne on célèbre les menhirEneour, Enewyr en gallois, qui était, nous dit la chronique, un supposé saint homme venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle. Il fait partie de cette cohorte de saints que les évangélisateurs de la Bretagne ont imposé pour christianiser à marche forcée cette terre de païens. Un certain nombre de communes lui doivent leur nom à l’instar de Ploneour-Menez, Ploneour-Trez ou Ploneour-Lanvern, toutes dans le Finistère.

La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de galles vous en conviendrez. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries… Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps un prénom très porté en pays thumetteegliseplomeur-135x300bigouden, est aujourd’hui encore la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. L’église de Nevez regorgeait d’ex-votos de trois-mats et autres navires. Mais, revenons à son frangin Eneour. La légende toujours, le veut enterré dans l’église de Ploneour-Menez. Là, on prend de la hauteur. Dans les monts d’Arrée, à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, par temps clair et avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales de Eneour ainsi que la marque de son corps (photo de droite en haut). A propos de saints, si l’on en croit l’almanach des PTT (oui, je sais, je date un peu) c’est aujourd’hui la St Sylvain qui faisait dire à mon aïeule: c’est à la St Sylvain que vend son vin le malin… Bonne fête donc à Sylvain qui se reconnaîtra.

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui. Repassez quand vous voulez, c’est ouvert tous les jours.

La gavotte romaine…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 avril 2021, onzième jour de Floréal dédié à lescenobitestranquilles carte postalela rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin 148- Explosion du Palotin-vacuation qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 4994è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie. En Bretagne armoricaine, certains vont célébrer (ou pas) santez Onenn.

Onenne était la fille du roi de Domnonée (Armorique septentrionale) Hoël le troisième qui, marié à Pritelle, lui fit seize garçons et six filles. Elle fut canonisée par le peuple et devint patronne de la paroisse de Tréhorenteuc. Connaissez vous l’histoire du recteur de Tréhorenteuc ? Henri Gillard est nommé en 1942 et entreprend de restaurer l’église à  1024px-Tréhorenteuc,_ancienne_egliseses frais, et au prix de nombreuses privations. Moins qu’un lieu de culte, l’église devient un centre culturel, « faute d’habitants ». En 1945, l’abbé est aidé par deux prisonniers allemands.Sur le chemin de croix, l’abbé fait représenter les maisons du village, ses habitants, le Graal. A cela s’ajoutent, deux petites mosaïques qui représentent une queue de poisson d’une part et un fer à cheval d’autre part représentent en fait des lettres de l’alphabet grecque l’Alpha & l’Oméga.

Mais, revenons à Onenn. Considérée comme une « sainte celtique », elle provient vraisemblablement d’une déesse-oiseau comparable à la déesse Ana, d’où son lien avec les canes et les oies. Jean Markale rapprochait son nom d’origine celtique de celui du « frêne » mais bon, il n’a pas dit que des bêtises… Il en écrit aussi. Vivant à la fin du sixième siécle et au début du septième, elle connut un destin extrêmement SteOnnennmodeste en dépit de ses origines. Elle fit vœu de pauvreté et devint gardienne d’oies. Ce sont d’ailleurs ses oies qui, par leurs cris, alertèrent la population et la sauvèrent des agissements d’un agresseur. Aujourd’hui, elle est encore honorée dans le Morbihan, à Tréhorenteuc (canton de Mauron) où l’église et une fontaine sont placées sous son vocable. Les pèlerins se rendent dans l’église construite à l’emplacement du lieu de sa sépulture. Ils demandent guérison de leurs maladies d’yeux. La fontaine, située sur un terrain privé, n’est accessible que deux fois l’an, lors de pèlerinages organisés. Autrefois, la procession vers la fontaine guérisseuse champêtre était précédée d’un petit groupe d’oies. Cet usage tendrait à reprendre de nos jours. Elle est aussi invoquée contre l’Hydropisie, maladie très fréquente chez les poissons rouges et, apparemment chez les saintes. Étonnant, non !

Allez, merci encore pour vos visites fréquentes, déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Passant par Plestin-les-Grèves…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la rubrique à brac et du fourre-tout réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 19 avril 2021, trentième et dernier jour de Germinal. Nous allons entrer dans Floréal qui devrait permettre au jardin de se parer de toutes ses couleurs. Déjà, le cerisier du Japon en rosit de bonheur, les camellias avaient pris de l’avance et les « roz-kaouled » (hortensias en bas breton) s’apprêtent à étaler leur bleu iroise.

Or donc, profitons en pour fêter comme il se doit les Yestin.  Évolution du vieux breton Iostin, emprunté au latin Justinus, dérivé de Justus, « juste ; intègre », dont procède le français Justin. D’origine insulaire, il aurait installé son ermitage non loin de la Lieue de Grève, près de la-croixPlestin-les-Grèves (22). Entre Finistère et Côtes-d’Armor, admirez Saint-Michel en grèves et sa jolie baie. Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre, la croix de la lieue de grève ( photo de droite). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interroger la croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte. On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ».

Mais revenons à notre Jestin. Parti en pèlerinage à Rome, il trouve sa cellule squattée à son retour par Eflamm qui voulut la lui rendre. Iostin s’y opposa, et les deux saints anachorètes vécurent ensemble à partir de ce moment.  Et voila comment d’anachorètes on devient cénobites… Iostyn serait, nous disent les annales, le fils de Geraint, roi de Domnonée, et le descendant de Constantin. Il est l’éponyme de Plestin-les-Grèves (22). Dans la statuaire bretonne il est figuré en ermite, bourdon-collec-300x300portant un bourdon à tête de chien dans la main droite. Le bourdon est ce bâton fidèle ami des pèlerins et/ou des compagnons. Voici comment, en Lozère, on décrivait sa préparation: « Cueillez le lendemain de la Toussaint une forte branche de sureau que vous aurez soin de ferrer par le bas ; ôtez-en la moelle ; mettez à la place les yeux d’un jeune loup, la langue et le cœur d’un chien, trois lézards verts et trois cœurs d’hirondelle, le tout réduit en poudre par la chaleur du soleil entre deux papiers saupoudrés de salpêtre. Placez par-dessus, dans le cœur du bâton sept feuilles de verveine cueillies la veille de la Saint Jean Baptiste ; puis une pierre de diverses couleurs qui se trouve dans le nid de la huppe ; bouchez ensuite le bout du bâton avec un pommeau de votre fantaisie et soyez assuré que ce bâton vous garantira des brigands, des chiens enragés, des animaux venimeux ou féroces et vous procurera la bienveillance de ceux qui vous logeront ».

Et voila comment en partant de Plestin-les-grèves on arrive à St-Jacques-de-Compostelle. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Saint-Malo chantait…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’ésotérisme et de la soupe de cresson réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 29 Mars 2021, neuvième jour de Germinal dédié à l’aulne. C’est une date qui mériterait un jour férié: Le 29 mars 1880, le crucifixministre de l’Instruction publique Jules Ferry prend deux décrets par lesquels il ordonne aux Jésuites de quitter l’enseignement dans les trois mois. Fervent républicain athée et franc-maçon issu d’une famille de libres penseurs de Saint-Dié (Vosges), Jules Ferry donne aux enseignants des congrégations catholiques le même délai pour se mettre en règle avec la loi ou quitter aussi l’enseignement. Ces mesures viennent en réaction aux excès de la loi Falloux, votée trente ans plus tôt sous la IIe République, qui accordait aux congrégations religieuses une liberté totale d’enseignement.

On ne sait pas exactement en quelle année mais, c’était un 29 mars, dans le comté de Clamorgan au pays de Galles, naissance de celui qui allait devenir Saint Malo ou Saint Maclou si vous préférez mais son paternel trouvait que cela faisait un peu moquette. C’est un des sept saints fondateurs de la Bretagne d’après le syndicat d’initiatives du Cézembre (ELC)diocèse; beaucoup moins d’après la police. Vous vous souvenez, c’était le trophée Jules Verne de l’époque. Ils arrivaient d’Irlande ou du pays de Galles sur leurs multicoques en granite de Landéda pour évangéliser les armoricains. Les brittons avaient inventé la route du cidre bien avant celle du rhum. Les skippers étaient tous des saints (aujourd’hui, on peut pas en dire autant…). Malo lui, il a débarqué à Cézembre. Vous connaissez Cézembre ? En face de Saint Servan, c’est la seule plage de la côte Nord exposée plein Sud, avec les Ebihens peut-être… C’est l’endroit d’Europe le plus bombardé de toute la Seconde guerre mondiale. En quatre semaines, pendant l’été 1944, près de 20 000 bombes ont été déversées sur l’île. Beaucoup sont toujours enfouies dans le sol et peuvent à tout moment exploser. C’est pour cela que 90% de l’île est interdite au public. Mais ce site idyllique va (hélas) s’ouvrir davantage aux touristes. La marine nationale y termine une opération de déminage consistant a aménager un sentier avant que les militaires ne transmettent l’île au conservatoire du littoral.

 

Mais revenons à notre Malo à nous qu’on a… Il grandit puis il devint grand, travailleur et intelligent, il fait le petit séminaire et il devient l’évêque d’Aleth. Plus tard, beaucoup plus tard, pour améliorer les Malo.jperecettes de la paroisse et face à la baisse inquiétante du denier du culte, il donnera son nom à une marque de yaourt. Avec son copain  Aaron, plus cénobites qu’anachorètes, il partage une vie érémitique du coté de la cité d’Aleth. C’est à dire qu’ils vivaient du RMI que leur versait les paroissiens sous forme de dons en nature. Il serait décédé pieusement un 15 novembre vers 620 à moins que ce ne soit 640; on ne sait pas exactement mais, il est mort depuis longtemps. Aujourd’hui sa statue, réalisée par Patrice Le Guen, a rejoint l’armée des saints de Bretagne dans la vallée éponyme de Carnoët.

Bon allez, je vous quitte car les jardins de l’ermitage réclament ma présence. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

La quète du saint Goal…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Vendredi 26 mars 2021, sixième jour de Germinal dédié la-betteà la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Tout à fait autre chose.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet et même Jean 220px-W1067-LocoalMendon_Plec_QuenouilleSteBrigitte_74419-200x300Cocteau: Locoal-Mendon. Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec, resté depuis à la presqu’île voisine. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques compagnons, Gudual, dit aussi Gurval, Goal ou Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à droite, Kegil-Brehet, la quenouille de sainte Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui.

 

 

Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188 (c’est précis), vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule stele-de-prostlon-locoal-mendon-154x300l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. Plus tard, son corps, disputé entre sa famille d’une part, et ses disciples de l’autre, fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal. A gauche ce magnifique menhir phallique qui a été transformé en stèle gravée d’une croix pattée, avec de part et d’autre de la hampe l’inscription verticale : « Crouxx Prostlon » en caractères onciaux (Écriture romaine composée de capitales arrondies ). Elle semble honorer une femme du nom de Prostlon, fille du roi Salomon de Bretagne et épouse du comte de Vannes, Pascuethen..

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le loup, le renard et la belette…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de la divine comédie et de la poule-au-pot réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 05 mars 2021, 15è jour de ventôse dédié à la chèvre. Je dois absolument profiter de ce miracle de la météorologie moderne qui offre bis-repetita-300x77au pays d’Iroise un jour sans pluie pour terminer les travaux agricoles que requièrent les jardins de mon ermitage. En conséquence de quoi, bis repetita placent pour ce billet; car, si l’on en croit Horace, les choses répétées plaisent…

Or donc, en Cornouailles et en Léon, on célèbre (ou pas) Piran, ou Péran qui serait selon certains historiens le Kiéran de Saighir évêque Oratoire-de-saint-peran-trezilide-188x300d’Ossory à qui on attribue l’introduction du christianisme en Irlande en compagnie de son pote Patrick… Beaucoup de légendes parlent de Kieran de Saighir comme ayant ressuscité plusieurs personnes. Il avait dit-on apprivoisé un loup, un blaireau et un renard. Le loup et le blaireau étaient devenus très obéissant mais le renard était resté espiègle. Il dérobait les chaussures de saint Kiéran et les cachait dans sa tanière. Pour un peu on l’entendrait chanter « j’entends le loup, le renard et la belette » Ci-dessous une version des plus emballantes par le groupe Blue railroad train. Saint Kieran de Saighir serait décédé en 530 de cause naturelle et non pas du Coronavirus comme l’affirment certaines gazettes.

 

Notre bonhomme a laissé de nombreuses traces en Bretagne : Il est le patron de la paroisse de Trézélidé en Léon, non loin de Morlaix. Dans Paulel’Est de la Bretagne il est l’éponyme de Saint-Peran, une trêve de Paimpont, jadis un prieuré , et de Lopéran dans la paroisse de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines; et dans le Sud nous trouvons Loperan au Port-Louis près de Lorient; au Nord il y a un Saint-Peran en Plédran (22) et une forteresse “vitrifiée” toute proche, appelée Camp de Peran (sans doute une forteresse Viking) un Prat-sant-Peran en Paule, et un bois, un château, et une lande, de Saint-Peran en Glomel, avoisinant Paule ainsi que le manoir (en photo ici).

Voilà pour la petite histoire, en attendant les prochaines, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Et Riec fut sauvé du dragon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des froidures hivernales et du lait d’poule réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 12 février 2021 c’est à dire le 24 de pluviôse. Oui bon, ben, faut suivre aussi. Or donc, dans le calendrier républicain, c’est trainasse-300x224le jour de la « traînasse » ; et n’allez pas imaginer que Fabre d’Eglantine pensait à quelqu’une en particulier. IL s’agit d’une plante herbacée de la famille des polygonacéés dont les graines sont particulièrement appréciées des petits oiseaux et des merles moqueurs en particulier. On la connait aussi sous le nom de « renouée des oiseaux ». Si vous en avez dans votre jardin, il paraît que c’est très joli mais très envahissant ; d’où le nom peut-être. Mon aïeule, qui se piquait de quelques connaissances médicinales, affirmait qu’en décoction c’est très efficace contre la goutte…

Aujourd’hui donc, par ici, on fête les Rioc. On trouve son nom dans les communes de Lanriec, Riec et Saint-Rieux. La légende dit que Riog Elorn fut sauvé de la mort, alors que son père allait le sacrifier dans la rivière au dragon qui hantait la région. L’Elorn porte aujourd’hui son nom. Fils d’un seigneur païen de la région de Landerneau, il devait être roche-mauricesacrifié à un dragon. Sauvé par Derrien et Néventer, il se convertit et se retira près de Camaret où il vécut en ermite pendant 41 ans. Mais, il semble bien que les personnages de  Néventer et de  Derrien soient nés de l’imagination d’un recteur ennuyé de n’avoir aucune légende à raconter à ses paroissiens ce qui était fort dommageable lorsqu’il s’agissait d’évangéliser tous ces mécréants de basse-Bretagne… Quand à Rioc, le seigneur du patelin, sauvé des griffes du dragon, il a laissé son nom à la jolie petite commune de Riec-sur-Belon. Ah, une douzaine de Belon et une bonne bouteille de muscadet de chez Cherreau et Carré. Je vous conseille le « vieilles vignes »  le comte de Chasseloir, c’est un vrai délice qui donne au Muscadet ses lettres de noblesse. A droite: le château de La-Roche-Maurice.

Ah, la belle époque où existaient des chevaliers errants pour chasser les malfaisants… Aujourd’hui, ils (les malfaisants) se retrouvent à l’Assemblée pour jouer au bridge et se goinfrer de homards. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de l’anarchisme éclairé et de la patate douce réunis, bonjour ! Ça file à une allure, j’vous dis pas. Nous voici déjà le Mardi 05 du mois de janvier 2021, qui est le 16è jour de Nivôse dédié au silex; de quoi allumer le feu car il ne fait pas chaud. Mais, comme disait mon aïeule, c’est normal, à la saint Simon, la neige et le tison…

En Bretagne c’est la saint Konvoïon, premier higoumène (abbé) de l’abbaye de saint sauveur de Redon. Il fut le conseiller de Nominoë quand celui-ci décida de ne plus faire allégeance à Charles le chauve vers 840. Quelques années plus tard, Nominoë remporta la célèbre bataille deNominoe Ballon face aux troupes Franques du même chauve qui y trouva pourtant de quoi se faire des cheveux… Oyez ce qu’en disait Albert Le Grand dans sa Vie des saints d’Armorique (1636). Son Pere s’apelloit Conon, Senateur, homme de grande autorité et credit dans le païs, descendu de la race des parens de St. Melaine, Evesque de Rennes. Il nasquit en la paroisse de Comblessac (35) prés la Ville-de-Guer, Diocese d’Aleth, à present S. Malo, où ayant passé les années de son enfance, il fut envoyé à Vennes, lors une des plus renommées & florissantes Villes de Bretagne, à cause que les Lieutenants de l’Empereur Louys le Debonnaire (qui dés l’an 817 avoit mis les Bretons en son obeïssance, ayant assisté en propre personne aux Estats) y demeuroient avec leur Cour ; là il étudia aux Humanitez, Philosophie & Theologie, menant une vie modeste & exemplaire, s’éloignant des occasions d’offenser Dieu, fuyant les compagnies vicieuses, s’adonnant à l’Oraison, lecture des saints Livres & à aprendre le Chant pour servir à l’Eglise.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Bref, vous l’aviez compris, déjà à l’époque, le sabre et le goupillon s’entendaient comme larrons en foire pour berner le manant. Allez, portez vous bien, je m’en va faire mon bois et à bientôt peut-être.

Dans les jardins de l’abbaye…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis des sports de glisse et de la cuisine au thé réunis, bonjour ! Le 02 Décembre correspond au 12è jour de frimaire que nos amis Républicains avaient dédié au Raifort. Ce cousin du radis noir, très apprécié en Alsace, est aussi appelé Cran de Bretagne ou Moutarde des inhalationAllemands. Utilisée crue râpée comme condiment (substitut à la moutarde), elle a une saveur très forte piquante et poivrée. Bon pour les pot-au-feu et tous les aliments bouillis. C’est le horseradish des anglais qui tire des larmes tant elle  est forte. Elle est également l’ingrédient principal du wasabi japonais. Mon aïeule, pour qui la pharmacopée n’avait aucun secret, en faisait même une mixture qu’elle nous imposait en inhalation en cas de gros rhume. Le nez au dessus d’un bol de cette préparation improbable, un linge par dessus la tête… Je vous assure que ça vous dégageait les canalisations en deux temps trois mouvements.

Pour les brittophones, le 02 Décembre c’est la saint Tadeg dont je vous ai déjà conté l’histoire. Retenez simplement qu’il fut tué en compagnie de Judulus, père abbé de Landévennec par le seigneur du Faou qui, plus tard, pour pénitence, créa l’abbaye de Daoulas (en breton, Daou Laz, deux meurtres). Les légendes ont de ces arrangements avec l’histoire abbaye_daoulas__3_-300x224qui parfois prêtent à sourire. L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de « Daou glaz », deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune. Retenez que l’abbaye et son magnifique cloitre Roman, accueille à longueur d’année nombre d’expositions sur des sujets très variés. Le parc de l’abbaye  offre de nombreuses découvertes, les vestiges restaurés de l’abbaye romane, l’oratoire et sa fontaine et pour les passionnés, le jardin de simples : Inspiré des jardins monastiques du Moyen Âge, ce jardin des plantes médicinales regroupe sur deux terrasses surplombant l’abbatiale et le cloître près de 250 espèces représentatives des pharmacopées traditionnelles des cinq continents. L’ensemble invite au voyage et à la découverte des qualités médicinales, aromatiques, condimentaires ou encore tinctoriales de ces plantes.

Voila donc une idée de sortie; puisque il semblerait que avant longtemps, nous pourrons re-sortir. allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Savez-vous planter les choux ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 novembre 2020 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur quiFILLE-D-OUVIER-AGRICOLE-JAMES-GUTRIE-1859-1930-ÉCOSSAIS-253x300 est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord) où réside votre serviteur. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et la Dedion-Bouton à la bande à Bonnot. Mon aïeule, qui ne manquait jamais une occasion d’étaler sa culture, s’empressait de traiter de Pav kaol skornet ! (traduire par: pied de chou gelé) le gougnafier qui s’autorisait à manquer de savoir vivre devant elle. (joli tableau de James Guthrie – peintre écossais)

C’est aussi, le jour ou jamais de célébrer les Goustan, tous les Goustan, et pas seulement les gros des Goustan (humour). Le saint homme est né en Cornouailles britannique en 974. Sant Sten, en breton, tient son nom de l’étain et il a laissé son nom à Saint-Goustan, le très joli petit port d’Auray (56).  A 18 ans, Goustan est enlevé par saint-goustan-225x300des pirates et au cours d’un de leurs voyages, se blesse au pied. Abandonné sur l’île d’Ossa ( peut-être Ouessant, enez Eussa), il doit son salut, d’abord à la Providence qui lui fournit des poissons, ensuite à Saint Félix qui le soigne puis le convertit au christianisme et le v’la radicalisé. Saint-Goustan est souvent représenté avec un poisson à la main; c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement. Mon aïeule, qui connaissait autant les cantiques que les chansons à boire, me récitait cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents » étonnant, non ! Bien évidemment il est visible dans la vallée des saints (Carnoët) grâce aux burins de Kito.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être…