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Mujeres libres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 11 février 2021, 23è jour de pluviôse dédié au Queneauchiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de l’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par exemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Profitez des longues soirées d’hiver pour relire le premier roman de Queneau: « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles !  »

Aujourd’hui, parlons d’une militante anarchiste espagnole, Mercedes Comaposada. Fille de l’écrivain et militant socialiste José Comaposada et compagne depuis 1933 du sculpteur libertaire Baltasar Lobo. Mercédès Camaposada avait commencé à travailler très jeune comme monteuse lucia_sanches_de_saornildans l’industrie du cinéma et avait adhéré au syndicat CNT des spectacles publics. Puis elle avait poursuivi des études à Madrid où elle allait rencontrer V. Orobon et surtout Lucia Sanchez Saornil (ici en photo) avec laquelle elle se lançait très vite dans une campagne pour la libération de la femme. Et puis tiens, avant de poursuivre, pour le plaisir, quelques notes entonnées par Paco Ibanez. « A galopar », merveilleux poème de Rafael Alberti qui devint l’hymne des républicains espagnols. Las tierras, las tierras, las tierras de Espana…

 

Pendant les années de la République elle collaborait à de nombreux titres de la presse libertaire (dont Ruta, Tiempos Nuvos, Umbral, Tierra y Libertad) et en avril 1936, de sa rencontre avec Lucia Sanchez Saornil naît l’idée de créer un groupe de femmes spécifique, au sein du Mercédèsmouvement libertaire. Le groupe « Mujeres Libres » (MM.LL) est créé en avril 1936; mouvement qui a compté plus de 20 000 membres, ainsi que la revue du même nom dont elle allait être rédactrice en chef pendant la guerre. Elle est illustrée par le sculpteur Baltasar LOBO (compagnon de Mercedes). Lorsque éclate la révolution, en juillet 1936, elle se rend à Barcelone et y rejoint un autre groupe de femmes, avec lequel elle travaille à la création d’une fédération nationale. Exilée en France après la guerre civile, elle parvenait avec son compagnon à s’installer à Paris avec l’aide de Pablo Picasso dont elle allait devenir la secrétaire. Dans les années 1960-1970 elle participait aux activités du groupe Mujeres Libres en exil. Mercedes Comaposada est morte à Paris le 11 février 1994.

Et voila pour ce frisquet jeudi, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Anne, ma soeur Anne…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des sciences occultes et des coups de pied au cul réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 25 janvier 2021, sixième jour de Pluviôse dédié au Laurier-tin et non au laurier-thym comme on le rencontre parfois orthographié. On le nomme aussi, Viorne-tin voire lauretin. En Bretagne certains vont célébrer les Konhouarn? Un prénom très ancien et très peu usité que l’on doit au vieux breton Kon (guerrier) et Houarn (le fer). Il s’agirait d’un moine ayant été le compagnon de Konwoïon en l’abbaye de Redon…

Le 25 janvier 1477 à Nantes, naissance d’Anne de Bretagne. Fille et héritière de François II, dernier duc de Bretagne, Anne est mariée par procuration à l’empereur Maximilien 1er dans l’espoir de soustraire le duché à l’avidité du gouvernement de Charles VIII, roi de France. Elle n’en est pas moins contrainte d’épouser celui-ci en 1491, au château deAnnedeBretagnereduit-196x300 Langeais. Le couple aura cinq ou six enfants dont aucun ne survivra. Après son veuvage, redevenue duchesse de plein droit, elle négocie chèrement son remariage avec le successeur de Charles VIII, son cousin Louis d’Orléans, devenu Louis XII. Le couple aura cette fois huit enfants dont survivront seulement deux filles. Anne voudrait que l’aînée, Claude, épouse l’empereur Charles Quint (le petit-fils de son ex-fiancé Maximilien !). C’est toujours pour préserver l’indépendance de son cher duché, dans lequel, depuis son premier mariage, elle n’a eu l’occasion de séjourner que quelques mois au total. Mais sitôt après sa mort (O9 janvier 1514 à Blois), le 8 mai 1514, Claude épouse François d’Angoulême, cousin et héritier légitime de Louis XII, qui deviendra roi le 1er janvier suivant sous le nom de François 1er.

La reine Claude, chère au cœur des Français, mourra en 1524, à 24 ans statue-Rennes-203x300après avoir donné le jour à sept enfants et laissé son prénom à… une prune. L’avenir de la Bretagne sera définitivement scellé lors de la signature du traité de 1532, que l’on qualifie de traité d’union et qui cache en réalité une annexion. L’Union de la Bretagne et de la France (photo de gauche), monument conçu par Jean Boucher en 1911, représentait la Duchesse Anne et le roi Charles VIII. Situé dans une niche de la façade de l’hôtel de ville de Rennes, il fut détruit par des séparatistes bretons en 1932, et depuis lors jamais remplacé. Et voila pourquoi, Anne, ma sœur Anne, je ne vois toujours rien venir que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du stoïcisme et de la médecine par les plantes réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi vingt-deux Janvier 2021 c’est à dire le 3è chatsjour de Pluviôse du calendrier républicain français. Pour les puristes, je précise que le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois « pluviose », sans accent circonflexe. Ce jour était dédié au fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Pluviôse évoque toujours pour moi ce proverbe qu’utilisait mon aïeule: Glav da Sul, glav da Lun, Ha glav e-pad ar sizhun ( Pluie le dimanche, pluie le lundi, et pluie toute la semaine.) Cela ne devait pas s’appliquer à la Bretagne…

22 Janvier 1905: funérailles de Louise Michel.

Louise Michel est morte le 9 janvier 1905 à Marseille où elle s’était rendue pour donner l’une de ses innombrables conférences en faveur de la cause libertaire; victime d’une congestion pulmonaire. La dépouille de la « Vierge rouge » fut ramenée à Paris. À la gare de Lyon, d’importantes forces de police avaient été déployées pour contenicommune-louise-michel-funeraillesr le cortège funèbre qui devait accompagner jusqu’au cimetière de Levallois-Perret le corbillard de septième classe, dit « des pauvres », recouvert d’un drap rouge et bordé de noir. Ses funérailles rassemblent une foule de plusieurs milliers de personnes à Paris, le dimanche 22 janvier 1905… le même jour que la première révolution russe. L’égérie de la Commune de Paris sera inhumée au cimetière de Levallois, au nord-ouest de la capitale. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son cercueil.

Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie Louise-Michel-14s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. De nombreux orateurs donc, parmi lesquels le Vénérable de la Loge « La Fraternité Universelle » (Grande Loge Symbolique Ecossaise mixte et maintenue) où elle avait été initiée quelques mois auparavant. D’ailleurs, des emblèmes maçonniques seront déposés sur le cercueil… (Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.) Ce que l’on sait moins c’est que Louise était née en Mai 1830 des amours ancillaires d’un châtelain, Charles, Étienne Demahis (plus vraisemblablement de son fils) et de sa jeune servante Marianne Michel.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, de longs et difficiles travaux m’attendent encore si je veux terminer mon ouvrage dans les temps. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

L’eau ferrugineuse…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la vérité historique et du vin de paille réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 16 janvier 2021, 27è jour de Nivôse, dédié au Plomb.

Un siècle déjà. C’est le 16 janvier 1920 qu’officiellement les États-Unis d’Amérique sont devenus dry. La fin d’un long processus, d’un long et saint combat pour les ligues de tempérance, les clubs puritains, les associations prohibitionhygiénistes afin que soient interdites les « liqueurs toxiques ». Le 16 janvier 1920 entre en application le XVIIIe amendement à la Constitution des États-Unis d’Amérique.Voté un an plus tôt, le 16 janvier 1919, l’amendement interdit la vente mais aussi la consommation d’alcool sur toute l’étendue du pays. Cette « Prohibition » marque le t riomphe des ligues de vertu, soucieuse de régénérer l’Amérique ! Paradoxalement, il s’ensuit une explosion des trafics illégaux d’alcool. Ils sont le fait de « bootleggers », ainsi appelés parce qu’ils cachent les bouteilles dans leurs bottes.

https://youtu.be/YcuE54E9coI

 

Arrivées aux États-Unis avec la dernière vague d’immigration, les organisations mafieuses d’origine sicilienne sautent sur l’occasion pour étendre leurs activités et accroître leurs 1panneau-avant-Prohibition-1024x1024profits. Chicago, sous la férule d’Al Capone, s’attire la douteuse réputation de capitale du crime. Dans le même temps, à New York, Lucky Luciano organise un véritable syndicat du crime organisé. La corruption gangrène la police et l’administration. Devant un pareil échec, le gouvernement américain choisit sagement de reculer. Le 17 février 1933, au tout début de la présidence de Franklin Delano Roosevelt, est voté le Blaine Act, du sénateur John J. Blaine. La nouvelle loi autorise la vente de bière. Enfin, le 5 décembre 1933, est voté le XXIe amendement qui, tout simplement, annule le XVIIIe. C’est la seule fois qu’un amendement constitutionnel est ainsi annulé par un autre amendement. La Prohibition va cesser dès lors de ronger la société américaine. Elle ne va plus  devenir qu’une source d’inspiration pour le cinéma. Etonnant, non !

Bon, allez, j’m’en vas m’faire couler une p’tit’ goutte moi (merci à Sylvain de m’avoir fait découvrir le Benriach, un Speyside de dix ans vieilli dans des futs de rhum jamaïcain -excellent). Merci pour la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Rosae, rosa, rosam…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis du célibat pour tous et du mariage pour chacun réunis, bonjour ! En ce Vendredi 15 janvier 2021, 26è jour de Nivôse dédié à l’étain; je sacrifie à la tradition en saluant le jour anniversaire de la naissance de Proudhon. Néanmoins j’ai choisi d’évoquer Rosa Luxembourg, étonnant, non!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht (48 ans l’un et l’autre)  sont assassinés dans leur prison par des groupes paramilitaires anticommunistes, les Freikorps (« corps-francs »). Ex-animateurs du 250px-RLuxemburgCpWzgroupe révolutionnaire Spartakus, ils avaient fondé le 30 décembre 1918 le Parti communiste allemand (KPD) et tenté d’importer en Allemagne la Révolution russe à la faveur des troubles consécutifs à la défaite de leur pays et à l’armistice. Ayant déclenché une grève générale le 6 janvier 1919, leur tentative de soulèvement est écrasée par le ministre de la Défense, le social-démocrate Gustav Noske, au cours de la « Semaine sanglante » du 11 au 15 janvier 1919. C’est à Rosa que l’on doit cette pensée: « Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaines. » Elle fut assassinée par des officiers des corps francs, dont sont issus les premiers nazis, pendant la Révolution allemande, lors de la répression de la Révolte spartakiste de Berlin.

Contrairement à Lénine qui mise sur la discipline d’un parti bien structuré, elle défend l’idée que la grève de masse est le principal moyen d’action révolutionnaire. Rosa Luxemburg s’oppose à la dérive guerrière de l’Allemagne. Une campagne pacifiste lui vaut d’être arrêtée en 1915. Zetkin_luxemburg1910En 1916, la crise du SPD la conduit à fonder avec Karl Liebknecht, Franz Mehring et Clara Zetkin, la Ligue des Spartakistes, mouvement révolutionnaire et antimilitariste, ancêtre du Parti Communiste Allemand. Enthousiasmée par la Révolution russe de 1917; elle se montre cependant très lucide et clairvoyante sur l’autoritarisme et le manque de liberté du régime bolchevique. Mais si elle est proche de Clara Zetkin -théoricienne du féminisme- (photo de droite) Rosa Luxemburg ne s’exprime pas dans les schémas féministes de l’époque. Elle ne s’intéresse pas spécifiquement aux droits des femmes, c’est toute l’humanité qui l’intéresse. Pour elle le statut inférieur des femmes, tout comme l’antisémitisme, disparaîtra quand viendra le socialisme.

Cette pacifiste croit en l’Internationalisme, les ouvriers allemands ne se battront pas contre leurs frères français. Elle appelle à la fraternité entre les peuples, milite contre la guerre, dont elle dénonce le caractère impérialiste, en donnant des conférences. Son engagement antimilitariste lui vaut d’être jugée et incarcérée, pendant presque toute la guerre; elle continue d’écrire des articles, qu’elle fait sortir rosa_luxemburgclandestinement par ses visiteurs, rédige aussi des livres. Femme de conviction, après la «trahison» du Parti social-démocrate allemand (qui vote les crédits de guerre en Aout 1914), elle se rapproche de Karl Liebknecht. Et ensemble ils fonderont la Ligue Spartakiste -du nom de Spartakus à l’origine de la révolte des esclaves à l’époque romaine- puis le Parti communiste allemand (en janvier 1919), dont elle rédige les statuts. Jusqu’au dernier moment Rosa Luxemburg sera une indéfectible combattante. Ainsi le jour de sa mort, cachée dans un appartement bourgeois berlinois, elle compose son dernier article intitulé «L’ordre règne à Berlin!»: « Sbires stupides! Votre “ordre” est bâti sur le sable. Dès demain la révolution “se dressera de nouveau avec fracas” proclamant à son de trompe pour votre plus grand effroi. J’étais, je suis, je serai!»

Bon, ben, j’ai comme l’impression que le moule est cassé. Des comme ça, y’en a plus beaucoup. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Dinard, Dinard, trois minutes d’arrêt…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la prosopopée et du marron d’Inde réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 13 janvier 2021 et malgré vos bonnes résolutions, vous êtes encore devant votre ordinateur… C’est le 24è jour de nivôse dédié au Cuivre. nous fêtons (ou pas) Enogat, patron de Dinard, on retrouve sa trace au monastère de Saint-Méen, où il futdinard abbé, comme à Alet, où il fut évêque au VIIe siècle. Il a donné son nom à la commune de Saint-Enogat (35). La paroisse de Saint-Énogat  était jusqu’en 1858 le centre de la commune actuelle de Dinard. Originellement, Dinard faisait partie de la paroisse de Saint-Énogat. Puis, à la fin du XIXe siècle, les Britanniques commencèrent à y venir en villégiature et y firent bâtir de somptueuses villas sur la côte. Dinard se développa alors rapidement et devint la station de bord de mer la plus prisée d’Europe. Mais elle connut une désaffection à partir des années 1930, lorsque la haute société partit plutôt sur la Côte d’Azur.

Aujourd’hui, Dinard est, sans nul doute, la station balnéaire la plus « british » de France avec ses 407 villas classées. A l’époque où j’y résidais il y avait même un Consul de sa très gracieuse majesté qui y tenait salon. La villacommune est aussi connue pour son célèbre festival du film britannique.Voilà pour la petite histoire. Dinard, simple village de pêcheurs jusqu’à l’arrivée des Britanniques, tire son origine mythique du légendaire Roi Arthur: Din (colline / fort) – Arz/Ar (ours / Arthur) ; l’ours, dans la mythologie celtique, symbolise la souveraineté. Les Acta Sanctorum prétendent que « Saint Énogat était le cinquième successeur de saint Malo : il fut sacré au commencement de l’année 628, sous le règne d’Hoël III et le pontificat d’Honorius Ier, il mourut le 13 janvier 631, et l’article qui lui est consacré se termine par cette phrase « Nihil de eo aliud comperimus » (Nous ne savons rien de plus à son sujet). Dont acte…

Bon, je vous laisse, je dois me faire tester, vacciner, isoler, confiner… Naaaan, j’déconne ! Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Blancs bonnets et bonnets rouges…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de l’anacoluthe et de l’endive braisée réunies, bonjour! Nous sommes déjà le Lundi 11 janvier 2021, 22è jour de nivôse dédié au sel… aujourd’hui donc, le st-hernincalendrier des postes voudrait nous faire croire que c’est la saint Paulin; en vérité, c’est la St hernin. Hernin serait venu de Grande-Bretagne pour établir son ermitage à Locarn. Le nom vient du vieux breton Harn, d’ou Loc Harn. La tradition locale prétend qu’il déserta ensuite ce lieu pour venir à Saint-Hernin, soutenu par le seigneur de Kergoat. Ce sont là deux charmants bourgs de la Bretagne centrale. A droite, un détail du calvaire de kerbreudeur à Saint-hernin.

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges. Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de bonnets-rouges-300x192murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L’intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. La marquise parvient à s’échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. Le propriétaire est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Par ailleurs les révoltés craignent l’imposition de la gabelle. Enfin le seigneur du lieu a la réputation d’être dur avec ses vassaux. Il se racontait alentour que le château avait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Ah, on savait s’amuser à l’époque…

Bon, allez, haut les cœurs; et comme disait mon aïeule: A la saint Hernin, le cénobite va bien ! Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de l’anarchisme éclairé et de la patate douce réunis, bonjour ! Ça file à une allure, j’vous dis pas. Nous voici déjà le Mardi 05 du mois de janvier 2021, qui est le 16è jour de Nivôse dédié au silex; de quoi allumer le feu car il ne fait pas chaud. Mais, comme disait mon aïeule, c’est normal, à la saint Simon, la neige et le tison…

En Bretagne c’est la saint Konvoïon, premier higoumène (abbé) de l’abbaye de saint sauveur de Redon. Il fut le conseiller de Nominoë quand celui-ci décida de ne plus faire allégeance à Charles le chauve vers 840. Quelques années plus tard, Nominoë remporta la célèbre bataille deNominoe Ballon face aux troupes Franques du même chauve qui y trouva pourtant de quoi se faire des cheveux… Oyez ce qu’en disait Albert Le Grand dans sa Vie des saints d’Armorique (1636). Son Pere s’apelloit Conon, Senateur, homme de grande autorité et credit dans le païs, descendu de la race des parens de St. Melaine, Evesque de Rennes. Il nasquit en la paroisse de Comblessac (35) prés la Ville-de-Guer, Diocese d’Aleth, à present S. Malo, où ayant passé les années de son enfance, il fut envoyé à Vennes, lors une des plus renommées & florissantes Villes de Bretagne, à cause que les Lieutenants de l’Empereur Louys le Debonnaire (qui dés l’an 817 avoit mis les Bretons en son obeïssance, ayant assisté en propre personne aux Estats) y demeuroient avec leur Cour ; là il étudia aux Humanitez, Philosophie & Theologie, menant une vie modeste & exemplaire, s’éloignant des occasions d’offenser Dieu, fuyant les compagnies vicieuses, s’adonnant à l’Oraison, lecture des saints Livres & à aprendre le Chant pour servir à l’Eglise.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Bref, vous l’aviez compris, déjà à l’époque, le sabre et le goupillon s’entendaient comme larrons en foire pour berner le manant. Allez, portez vous bien, je m’en va faire mon bois et à bientôt peut-être.

Vous en connaissez vous des Odiern…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du patrimoine et des ormeaux poêlés réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 14 décembre 2020, 24è jour de frimaire dédié à l’oseille…

Savez vous qu’aujourd’hui, le prénom qui est à la fête est celui d’ Audierne. Certes il n’est plus guère usité mais, il fut un temps… Notre petit port de pêche du Sud-Finistère tient en effet son nom d’un audierneprénom. Oyez donc son histoire. Il y a fort longtemps, bien avant le brexit, débarquent les Bretons d’ Angleterre : en témoignent encore les « plou » et les « tre » si nombreux de nos toponymes actuels. Au XI e siècle, la tempête normande passée, un terme nouveau se répand en Bretagne : le « Ker » ou « Kar » venus du Gallois « Kaer », la forteresse. Il désigne une petite agglomération. A la même époque, un prénom féminin fait un véritable succès : Audierne (primitivement Hodierna). En l’an 1050, la première abbesse de Locmaria porte le nom d’ Hodiern.(A gauche, le marché aux poissons du temps de mon aïeule) « Kaer Hodiern » apparaît par écrit à Esquibien en 1294.

Désormais le « Treff an Goezien » du VII è siècle affronte la nouvelle appellation « Audierne ». C’est là le signe d’une certaine mésentente entre agriculteurs de la paroisse mère d’ Esquibien et tréviens, tenants de la vie et de l’activité portuaire. En 1410, Dom Morice écrit  « Enquête faite sur les chartes de coutume ou d’imposition du port de Goezian que d’aucuns appellent Odierne ». Dès 1321, on relève avec surprise dans l’Atlas du Vénitien Pétrus Vesconte « le-Goyen-Odierna » et sur une le-Goyencarte hollandaise de 1580 « Odjern ». Les voyageurs étrangers semblent ignorer le terme « Goazien ». La Révolution mettra un terme aux difficultés en 1793 en séparant Audierne de sa mère, Esquibien, comme Tréboul de Poullan ou bien d’autres trêves encore de leur paroisse-mère. Sources: Amédée Guiard. L’étymologie est la même pour Alderney (Aurigny) ile anglo-normande. A Audierne s’achève les méandres du Goyen qui donna son nom à la ville en breton Gwaien et sa magnifique ria, fameuse pour ses huitres, aussi goûtées que celles du Belon quoique fort méconnues. En breton stêr Gwaien, c’est à dire, la rivière d’Audierne. Photo de droite.

Or donc, si vous confinez loin des remonte-pentes, faites un détour par le Cap-Sizun qui mérite largement votre visite. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Au large d’Ouessant…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la vérité éclairant le monde et du pâté hénaff réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 10 décembre 2020, autant dire que l’année à pratiquement fini sa carrière (Ô lac) et c’est le 20è jour de frimaire dédié à l’Hoyau… « il n’y a d’autre Pomone ni d’autre Vertumne que la bêche et le hoyau du jardinier. » disait Voltaire dans son dictionnaire philosophique…

Connaissez vous André Jeanbon dit Jean-Bon Saint-André ? Le 10 décembre 1813 voit la disparition de Jean-bon Saint-André révolutionnaire et marin émérite. Il participa notamment à cette fameuse jean-bonbataille au large d’Ouessant du 1er juin 1794 face aux anglais. C’était le 13 prairial de l’an II. Il est à bord du vaisseau La Montagne en compagnie de Villaret de Joyeuse. C’est cette bataille de Prairial qui donna naissance à la fameuse légende du Vengeur-du-Peuple, un magnifique 74 canons à double pont qui sombra corps et biens alors que six autres bâtiments étaient capturés. 5 000 morts et blessés côté Français ! Cuisante défaite mais, la propagande républicaine va chercher à la transformer en victoire morale.

C’est Barère, rapporteur du Comité de Salut Public, qui se chargera de présenter l’épisode à la tribune de la Convention. Il va prétendre que les marins du Vengeur ont refusé de se rendre à l’ennemi et sont morts en criant « Vive la République… » La vérité éclatera au retour des survivants de l’Angleterre. Entre temps, un mythe était né. Bonaparte le 440px-Jeanbon1nomme commissaire général des trois départements de la rive gauche du Rhin, en décembre 1801, puis préfet du département du Mont-Tonnerre à Mayence en septembre 1802, où il confirme sa réputation d’administrateur exceptionnel. En remerciement de ses services, Napoléon le fait chevalier de la Légion d’honneur en 1804, puis baron d’Empire, baron de Saint-André, en 1809. Le typhus l’emporte en 1813. Il est enterré au cimetière principal du Mayence (photo de droite). Franc-maçon actif, Jean-Bon Saint-André fut le premier Vénérable Maître de la Loge « Les Amis de l’Union » de Mayence, fondée en 1803, et qui existe toujours aujourd’hui dans cette ville sous l’appellation « Die Freunde zur Eintracht ».

Allez, voila pour aujourd’hui, en attendant une suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.