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I feel so good !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 29 Avril 2021 qui correspond au 10è jour de Besné-44-Chapelle-St-Second1-150x150floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…Allez savoir pourquoi, je suis victime d’une flemmingite aigüe qui explique pourquoi je rediffuse ce billet.

J.B. Lenoir, né à Tilton (Mississippi) le 5 mars 1929 et mort à Champaign (Illinois) le 29 avril 1967, est un bluesman américain comme je les aime et comme j’aime à vous les faire découvrir, guitariste, chanteur et compositeur. Nommé J.B. par ses parents (ces initiales ne signifient rien en particulier. Pour les non-initiés encore moins, pour lesLenoir-droite autres elles ont une signification particulière et désignent les colonnes du temple mais je doute que ce soit cela qui ait guidé les parents). Lenoir commence à jouer très tôt. Il laboure dans la journée puis joue de la guitare le soir, en apprenant un peu de tout. Dans les années 1940, il travaille avec Sonny Boy Williamson et Elmore James à la Nouvelle Orléans. En 1949, il déménage à Chicago et commence à jouer dans des clubs avec Memphis Minnie, Big Maceo et Muddy Waters. Dans les années 1950, Lenoir enregistre plusieurs chansons sur différents labels. À cette époque, on le connaît surtout pour ses costumes rayés, sa voix féminisée et pour son jeu à la guitare électrique.

Lenoir avait la réputation d’être exceptionnellement amical et doux. Il se prit d’amitié et encouragea de nombreux jeunes artistes de blues, noirs Lenoir-gaucheet blancs. Certains disaient même qu’il ressemblait à Martin Luther King car ils avaient beaucoup de points communs, dont le fait d’être père et d’avoir eu une fin tragique. Il n’aura pas vécu assez longtemps pour nous dévoiler toute l’étendue de son talent. En effet, Lenoir, à 38 ans, s’éteint le 29 avril 1967 chez lui à Champaign, à la suite d’une hémorragie interne. Cette dernière fait suite à un accident de voiture dans lequel il était impliqué trois semaines plus tôt, l’hôpital n’ayant pas pris au sérieux ses blessures. On lui doit entre-autres: I feel so good que j’ai posté en vidéo, et qui fut repris par James Brown.



Le documentaire The Soul of a Man (2003) de Wim Wenders, qui fait partie de la série The Blues, a Musical Journey de Martin Scorsese, est consacré en partie à ce bluesman. En fait, la chanson de John Mayall marqua tellement Wim Wenders, étudiant en cinéma à l’époque, qu’il se demanda qui était J.B. Lenoir. Puis Wim Wenders devient réalisateur et rencontre plusieurs fans de Lenoir. Cependant, ils ne trouvent aucun lenoir-rayédocument filmé sur lui. Mais un jour, on découvre des images inédites de Lenoir tournées au début des années 1960 par deux étudiants (allemand et suédois) en art à Chicago. En 2002, Wim Wenders rend visite à ces deux anciens étudiants, le couple Seaberg, désormais marié. Ces derniers croient rêver : leurs images étaient restées sur une étagère sans que personne ne les ait jamais vues pendant 35 ans. Ils avaient perdu espoir que le monde (et particulièrement la Suède où ils avaient proposé leur film) s’intéresse à leur musicien préféré, qui était aussi leur ami proche.

Allez, merci de votre passage, portez vous bien et à bientôt peut-être?

La bande à B…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la gent féminine et du rôti Wellington réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi 28 avril 2021 et j’en connais qui s’apprètent à fêter les Loudiern; quand bien même, reconnaissons le, y’en a pas beaucoup parjacinthe-par-De-broc ici. C’est aussi le neuvième jour de Floréal dédié à la Hyacinthe. Pourquoi dit-on LA alors que Hyacinthe était un beau jeune homme qui fut aimé d’Apollon et de Zéphyr ? Oyez son histoire: alors qu’Apollon lui apprend à lancer le disque, Hyacinthe est accidentellement (ou à cause de Zéphyr, disent les mauvaises langues ) frappé à la tempe par le disque, et meurt. De son sang naissent des fleurs que l’on va nommer Jacinthe en souvenir du jeune homme. Entre nous (et la gare de Lyon) il ne s’agit probablement pas de jacinthes mais plutôt des iris. Voyez cette représentation de la mort de Hyacinthe par Jean de Broc.

Nous sommes le 28 Avril 1912, les hommes de la Sûreté emmenés par le préfet Lépine encerclent une villa de Choisy-le-Roi où a trouvé refuge Jules Bonnot. L’ennemi public numéro un terrorise les Parisiens depuis la fin de l’année précédente. Avec sa bande issue des milieux la-bande-à-Banarchistes, il a multiplié en quelques mois les braquages de banques et les actions violentes contre les forces de l’ordre. Oui, au début était la bande à Bonnot et leur fameuse De Dion-Bouton. Ils étaient anarchistes comme Lupin était gentleman, c’est à dire surtout cambrioleurs. Ce 28 Avril, les pandores tiennent leur revanche, ils dynamitent la maison et abattent Bonnot et son complice Dubois lors de l’assaut final. Il faudra cependant attendre le 14 mai suivant pour que le reste de la «bande à Bonnot» soit neutralisé dans l’attaque d’un pavillon à Nogent-sur-Marne. Le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine d’André Soudy, de Raymond Callemin (dit Raymond la science), et d’Elie Monier , tous les trois membres de la bande à Bonnot.

Bon allez, je vais vous surprendre mais, il pleut sur Brest ce qui, contrairement à une rumeur lancée par Prévert est relativement rare. Déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Vive les trois huitres…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous les-trois-huitsommes le Mardi 27 avril 2021, huitième jour de Floréal dédié au champignon. C’est la sainte Zita pour les uns, Konwenn pour les autres. Le 27 avril 1906, l’assiette au beurre, journal satirique, soutenait à sa manière la revendication de la journée de huit heures. Les « trois huit » comme le montre cette reproduction que l’on doit à l’affichiste Grandjouan. Or donc, vive les trois huitres comme on dit à Prat-ar-Coum…

Chez les Celtes, c’est Beltan qui est la troisième des quatre grandes fêtes de l’année celtique. Elle vient après Samain et Imbolc et marque la fin de la saison sombre et le début de la saison claire. Elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine feux-de-beltan-300x202consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu’il soit protégé des épidémies pour l’année à venir (ça nous aurait bien servi…). Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant l’affligeant spectacle d’une course à l’échalote pour se procurer un masque en se demandant à quelle sauce il vont être mangés; c’est à dire, qui va payer la facture quand l’heure sera venue car, elle viendra assurément. En attendant dansons le Laridé.


Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux 1024px-Arbre_de_la_liberté_Paimpol-300x225amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» . L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent trop tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres (et lycée d’versailles), jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et à la chasteté…  C’est-y pas malheureux !  La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là comme  à Paimpol (22), place du Martray.

Allez, envoyez le muguet ! Déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Ne me quitte pas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 21 avril 2021, deuxième jour de Floréal dédié au chêne.

Il y a un peu plus d’un siècle, le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine guillotined’André Soudy, de Raymond Callemin, et d’Elie Monier , tous les trois membres de la bande à Bonnot. « C’est fini. La société a fait justice. Justice? Cette opération odieuse, dans ce décor de deuil, sous ce ciel bas et impavide? Justice, ce triple meurtre, préparé dans tous ses détails, réglé, ordonné avec précision, parmi tous ces soldats, ces pelotons de gendarmes et de gardes? Justice, cette méthode sournoise de suppression? Mais à quoi bon philosopher ? Les hommes n’ont encore découvert d’autres moyens que de punir le meurtre par le meurtre. »  Il faudra attendre l’année 1981 pour voir disparaître ce « type d’humanisme français ». Victor Méric dans « Les bandits tragiques » (1926). La litho est de Steinlein.

Et puis tiens, pour ne pas rester sur une note d’amertume, souvenons de cette voix magnifique qui nous a quitté un 21 avril en 2003. Large, grande, magnifique (j’aime bien cette photo avec sa coupe à la Angéla Davis), Nina Simone jouait du piano habillée en peau de panthère ou coiffée d’un turban. Femme noire longtemps exploitée par les hommes de son entourage, traitée par le milieu musical comme il se devait à Ninal’époque de ses débuts, c’est-à-dire très mal. Nina Simone avait changé les paroles du classique de Jacques Brel, Ne me quitte pas, car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ». Nina, portée sur l’alcool et les paradis artificiels, fut lâchée et lâcha tout le monde, entama un chemin de croix solitaire, borné d’humeur et d’envies, de petits escrocs amoureux qui partaient avec la caisse. Des humeurs, des envies… Elle eut de brusques illuminations qui la faisaient abandonner les salles de concert au désespoir de tous. D’autres, belles et profondes, qui lui firent porter des stades et des salles vers le swing et la chaleur. Nina Simone était aussi une voix, spéciale, inimitable, grave, avec laquelle elle pouvait chanter aussi bien My Way, I Love’s You Porgy, ou un classique du blues.

Nina Simone avait chanté Brel, mais aussi Brassens  Il n’y a pas d’amour heureux, évidemment. Dans les années 1980, un ami lui avait offert une cassette de Jacques Brel. « J’étais à New York, je l’écoutais et à chaque fois que Brel disait : « Ne me quitte pas », je pleurais. Puis, je suis parti en Suisse et j’ai appris la chanson avec un professeur. Je l’ai répétée pendant trois ans avant d’oser la chanter. Nina avait changé les paroles de ce monument de l’œuvre de Brel,  car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ».

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La sirène de Pézenas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du grand Nord et du p’tit salé réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 Avril 2021, 27è jour de Germinal dédié à l’anémone.

Ah, les petites fleurs, le printemps, cela me fait à chaque fois penser à cette fameuse pochette de disque de Boby Lapointe, pull marin, le nez dans les pâquerettes ; dessin naïf que l’on doit à l’artiste Maurice Green. « Élevé par mes parents. Études au collège. Fort en maths. », comme il le raconte lui-même dans ses mémoires, son côté fantasque et farceur se révèle très tôt. Dès son adolescence, avec quelques Boby-1camarades de jeu, il prend plaisir à narguer le bourgeois et à ridiculiser la société bien-pensante et le clergé. Cependant, son rêve est de voler : il ambitionne de devenir pilote d’essai, et se montre bon en sciences (notamment en mathématiques) à l’école tout en se révélant casse-cou avec des engins (plus ou moins) volants qu’il conçoit, réalise et essaie, sans se soucier des fractures qu’il accumule ni des hospitalisations subséquentes. Après avoir obtenu son baccalauréat, il commence à préparer le concours d’entrée à deux grandes écoles françaises : l’École centrale et Supaéro pour assouvir sa passion de l’aviation et des maths. Son génie technique le conduit aussi à inventer dans cette même décennie un système d’embrayage automatique pour automobile qu’il présente aux principaux constructeurs, mais ceux-ci estiment cette invention sans avenir. Louis Leprince-Ringuet, à qui Boby Lapointe présenta un traité de mathématiques, fut impressionné par sa rigueur de raisonnement et lui confia qu’il aurait pu se lancer dans la recherche.

On oublie injustement qu’en 1968, aux frontières du surréalisme et du génie, il invente le système bibi-binaire, système de numération qui préfigure une voie que suivra l’évolution de l’informatique. Ce système sera publié en 1970 dans le livre Les Cerveaux non humains, introduction à l’Informatique (S.G.P.P.), de Jean-Claude Quiniou, Jean-Marc Font. Avant cela, il y eu la guerre, il a 20 ans, il est envoyé en Autriche au titre du STO, il s’évade et rejoint sa région natale. Une anecdote veut qu’il ait sirène-de-lapointe-207x300utilisé le pseudonyme de Robert Foulcan pendant son périple qui le voit revenir à La Ciotat comme scaphandrier. Il fait ses grands débuts au « Cheval d’or » célèbre cabaret parisien dans lequel il croisera Brassens, Anne Sylvestre ou Raymond Devos. A partir de 1960, il se produit « aux trois baudets » et c’est le début du succès. Souvenez vous de: Ta Katie t’as quitté – La maman des poissons – Marcelle – Framboise… Plus tard on le retrouvera au cinéma dans « Max et les ferrailleurs » ou « Les choses de la vie ». Sa dernière apparition en public se fera en première partie d’un concert de Pierre Perret à Bobino. Boby Lapointe est décédé au mois de juin 1972 à Pézenas (c’est moins loin que Caracas…). A droite cette sculpture fait référence à la chanson de Boby Lapointe, natif de la ville, « La fille du Pêcheur » monument à sa mémoire réalisé par l’artiste Salem à Pézenas.

Allez, ça sent la fin de semaine, d’habitude, dans une vie normale par ici, on prépare la « Tro bro Léon » le Paris-Roubaix Breton, et, il y a du monde dans les ribinous (petits chemins) du coin, l’aber-Ildut est tout ému, l’aber-Benoist est en émoi, l’aber-Wrac’h est en vrac et l’aber Bichel a berdu son chat. Cette année, rien de tout cela. Allez, déconfinez vous, faites les fous et à bientôt peut-être.

L’oncle (Jacques) Bens…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 25 mars 2021, cinquième jour de Germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Églantine ! En vérité Nous sommes aujourd’hui le Mardi 3 Clinamen 148 La Mandragore, solanée androïde fête suprême quarte. Voici un grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’OuLiPo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard à l’Encyclopédie de la Pléïade, de 1960 à 1963. Il a été durant les troisréunion-oulipo premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

 

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir de littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de Jacques Bens-G-cuisine potentielleoulipo). On lui doit notamment, la cuisine en jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités si votre gigot nécessite un temps de cuisson supplémentaire !

Poème irrationnel

Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet éclat qui vous désarme
Rendant la main aux chiens, la bride à l’étalon.
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,
Des raisonnements qui, dissipant votre alarme,
Se coiffent bêtement d’un chapeau de gendarme,
Désignant là, le juste, et ici, le félon.
Aucune explication ne rachète un mystère.
J’aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l’éclat emprunté d’un célèbre jardin;
J’aime mieux les frissons (c’est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu’évidentes et sues les lampes d’Aladin.

Vous, je ne sais pas, moi j’adore… Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les saints et les algues…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la chronique locale et du bigorneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 13 mars 2021, 23è jour de ventôse dédié à la Cochléaire. Quoi ! Vous ne connaissez pas la cochléaire, cette jolie plante des estuaires qui apprécie les prés salés et qui doit son nom au latin cochléa: cuiller ? Très riche en vitamine C, les marins cochleaireavaient l’habitude d’en manger pour prévenir le scorbut d’où son autre nom d’ « herbe au scorbut ». Dodoens, médecin flamand de la Renaissance très connu dans son canton, avait déjà noté les remarquables propriétés antiscorbutiques de la cochléaire dans sa Pratique médicale des simples. Et mon aïeule qui se targuait d’en connaitre un rayon en matière de plante médicinale, nous invitait à l’utiliser en guise de dentifrice. Elle a un goût âcre et piquant (pas mon aïeule, la plante, quoique…) qui rappelle le raifort et elle est parfois ajoutée en petite quantité aux salades.

Nul doute que le saint du jour, KEMO, en a trouvé sur son chemin en débarquant de son Irlande natale quelque part du côté des lieues de Grèves sur la côte Nord de Bretagne. Il a laissé son nom à la charmante commune de algues vertesLocquémeau, en breton Loch-Kemo. La tradition locale en fait un compagnon de saint Efflam avec qui il aurait débarqué sur la Lieue de Grève au VIè siècle en compagnie de Tuder, Haran, Nérin, Karé et Kirio. Une bande de saints quoi ! Loch-Kemo « Lieu consacré à saint Kémo », ce village relevait autrefois de l´abbaye cistercienne du Relecq en Plounéour-Ménez (Finistère) dont les lieux-dits Parc-ar-Manac´h, « le champ du moine », et Prat-ar-Manarty, « le pré du monastère », semblent constituer le seul souvenir sur le territoire communal. A cette époque là, les saints voyageaient en bandes organisées, une sorte de Costa croisière qui venait s’échouer sur les côtes bretonnes. Aujourd’hui ils feraient une drôle de tête enmaison aigle voyant les algues vertes s’amasser au fond de la baie. Si vous avez l’occasion de circuler sur cette magnifique corniche qui longe la plage de Saint-Efflam, arrêtez vous un instant devant cette étrange bâtisse. Les gens du coin la nomme la maison à l’aigle; on la doit à l’ingénieur Ventome et elle est entièrement en béton ce qui était très rare pour l’époque (1928). C’est un mélange de styles arts-déco et oriental; on dit que l’aigle vient de l’exposition coloniale de Paris (1931).                                

Bon allez, ça suffit pour aujourd’hui. En attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

If you want…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des Pâques irlandaises et du irish stew réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 06 février 2021, 18è jour de pluviôse dédié à l’IF. St-Maudez-300x224Arbre remarquable surtout dans la tradition celtique. Le mot if remonte à un mot gaulois ivos ou, émane d’un étymon celtique qui donne aussi ivin en breton, ywen en gallois, éo en irlandais. Une racine semblable existe en germanique, iwaz, qui a donné iw en vieil anglais (yew en anglais moderne) et Iwa en vieil haut allemand (Eibe en allemand moderne), dont semble dériver le prénom Yves et donc, Ivan, Ewan, Erwan, (tout ce détour pour parler de lui… Non mais, quel égo !)

Hors des bosquets sacrés et des sentiers battus, cet arbre tient une grande place auprès des Celtes en général et des druides en particulier. Ce conifère odorant est un symbole funéraire dans l’univers celtique. Selon César, deux chef gaulois des Eburons, vaincus au combat, s’empoisonnèrent avec ses fruits. La toxicité de la plante et son lien avec la mort sont patents. L’if se rencontre encore dans les anciens chaudron-gundestrup2cimetières, où il paraît tenir compagnie aux défunts, dans la solitude silencieuse, à la frontière du monde des vivants. Vert en toute saison, cet arbre symbolise aussi la résistance, la vigueur et l’immortalité. En dehors donc des cycles végétatif, l’if est le matériau dans lequel est taillé la roue du druide Mogh Ruth, symbole de l’apocalypse, de la révélation puisque selon les textes, une roue en if, Roth Ramhach, doit tomber du ciel lorsque la fin du monde sera arrivée (y’a pas que les gaulois qui craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête…). La roue du druide mythique Irlandais Mogh Ruith (serviteur de la Roue) est particulière. Elle a un moyeu et des rayons mais pas de jante. Elle est en if. C’est la roue de l’Apocalypse: quiconque la voit devient aveugle, quiconque l’entend devient sourd et quiconque la touche meurt sur le champ. Il reste quelques roues à carillons en Bretagne qui sont des dérivés directs de ce symbole.»

En attendant la fin du monde, je m’ennuie quelques fois, alors, je vais if-de-Pommeritau bourg pour y faire mon Loto… Heu non, ça c’est autre chose. En photo (en haut du billet), l’if de Saint-Maudez en Côtes-d’Armor et que l’on dit millénaire. Il en est un autre (ici à gauche) dans la commune de Pommerit-le-vicomte, près de Guingamp en Côtes-d’Armor aussi, que l’on dit plusieurs fois centenaire, certains affirment qu’il aurait 1700 ans. Malgré les turbulences de la vie, il a même connu un incendie, il est toujours là. Le tronc est creux mais à l’intérieur la vie est présente et le spectacle est digne d’une cathédrale.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du stoïcisme et de la médecine par les plantes réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi vingt-deux Janvier 2021 c’est à dire le 3è chatsjour de Pluviôse du calendrier républicain français. Pour les puristes, je précise que le décret du 4 frimaire an II orthographiait le nom du mois « pluviose », sans accent circonflexe. Ce jour était dédié au fragon, bien connu dans nos campagnes sous le nom de Petit-houx. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Pluviôse évoque toujours pour moi ce proverbe qu’utilisait mon aïeule: Glav da Sul, glav da Lun, Ha glav e-pad ar sizhun ( Pluie le dimanche, pluie le lundi, et pluie toute la semaine.) Cela ne devait pas s’appliquer à la Bretagne…

22 Janvier 1905: funérailles de Louise Michel.

Louise Michel est morte le 9 janvier 1905 à Marseille où elle s’était rendue pour donner l’une de ses innombrables conférences en faveur de la cause libertaire; victime d’une congestion pulmonaire. La dépouille de la « Vierge rouge » fut ramenée à Paris. À la gare de Lyon, d’importantes forces de police avaient été déployées pour contenicommune-louise-michel-funeraillesr le cortège funèbre qui devait accompagner jusqu’au cimetière de Levallois-Perret le corbillard de septième classe, dit « des pauvres », recouvert d’un drap rouge et bordé de noir. Ses funérailles rassemblent une foule de plusieurs milliers de personnes à Paris, le dimanche 22 janvier 1905… le même jour que la première révolution russe. L’égérie de la Commune de Paris sera inhumée au cimetière de Levallois, au nord-ouest de la capitale. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son cercueil.

Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie Louise-Michel-14s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. De nombreux orateurs donc, parmi lesquels le Vénérable de la Loge « La Fraternité Universelle » (Grande Loge Symbolique Ecossaise mixte et maintenue) où elle avait été initiée quelques mois auparavant. D’ailleurs, des emblèmes maçonniques seront déposés sur le cercueil… (Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.) Ce que l’on sait moins c’est que Louise était née en Mai 1830 des amours ancillaires d’un châtelain, Charles, Étienne Demahis (plus vraisemblablement de son fils) et de sa jeune servante Marianne Michel.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, de longs et difficiles travaux m’attendent encore si je veux terminer mon ouvrage dans les temps. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Savez-vous planter les choux ?

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis du positivisme et du lapin de garenne réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 27 novembre 2020 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur quiFILLE-D-OUVIER-AGRICOLE-JAMES-GUTRIE-1859-1930-ÉCOSSAIS-253x300 est un peu le légume emblématique du Léon (Finistère nord) où réside votre serviteur. Oui, osons le dire, le chou-fleur est au Léon ce que la bêtise est à Cambrai, Tristan à Iseult, Castor à Pollux et la Dedion-Bouton à la bande à Bonnot. Mon aïeule, qui ne manquait jamais une occasion d’étaler sa culture, s’empressait de traiter de Pav kaol skornet ! (traduire par: pied de chou gelé) le gougnafier qui s’autorisait à manquer de savoir vivre devant elle. (joli tableau de James Guthrie – peintre écossais)

C’est aussi, le jour ou jamais de célébrer les Goustan, tous les Goustan, et pas seulement les gros des Goustan (humour). Le saint homme est né en Cornouailles britannique en 974. Sant Sten, en breton, tient son nom de l’étain et il a laissé son nom à Saint-Goustan, le très joli petit port d’Auray (56).  A 18 ans, Goustan est enlevé par saint-goustan-225x300des pirates et au cours d’un de leurs voyages, se blesse au pied. Abandonné sur l’île d’Ossa ( peut-être Ouessant, enez Eussa), il doit son salut, d’abord à la Providence qui lui fournit des poissons, ensuite à Saint Félix qui le soigne puis le convertit au christianisme et le v’la radicalisé. Saint-Goustan est souvent représenté avec un poisson à la main; c’est l’illustration de la légende qui l’entoure. Blessé sur son île, il se serait contenté seulement d’une portion d’un gros poisson, en gardant pour le lendemain. Et chaque jour, le poisson se recomposait totalement. Mon aïeule, qui connaissait autant les cantiques que les chansons à boire, me récitait cette ronde chantée par les femmes des marins du Croisic : « Saint Goustan, notre ami, ramenez nos maris. Saint Goustan, notre amant, ramenez nos parents » étonnant, non ! Bien évidemment il est visible dans la vallée des saints (Carnoët) grâce aux burins de Kito.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être…