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La gavotte romaine…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 30 avril 2021, onzième jour de Floréal dédié à lescenobitestranquilles carte postalela rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin 148- Explosion du Palotin-vacuation qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 4994è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie. En Bretagne armoricaine, certains vont célébrer (ou pas) santez Onenn.

Onenne était la fille du roi de Domnonée (Armorique septentrionale) Hoël le troisième qui, marié à Pritelle, lui fit seize garçons et six filles. Elle fut canonisée par le peuple et devint patronne de la paroisse de Tréhorenteuc. Connaissez vous l’histoire du recteur de Tréhorenteuc ? Henri Gillard est nommé en 1942 et entreprend de restaurer l’église à  1024px-Tréhorenteuc,_ancienne_egliseses frais, et au prix de nombreuses privations. Moins qu’un lieu de culte, l’église devient un centre culturel, « faute d’habitants ». En 1945, l’abbé est aidé par deux prisonniers allemands.Sur le chemin de croix, l’abbé fait représenter les maisons du village, ses habitants, le Graal. A cela s’ajoutent, deux petites mosaïques qui représentent une queue de poisson d’une part et un fer à cheval d’autre part représentent en fait des lettres de l’alphabet grecque l’Alpha & l’Oméga.

Mais, revenons à Onenn. Considérée comme une « sainte celtique », elle provient vraisemblablement d’une déesse-oiseau comparable à la déesse Ana, d’où son lien avec les canes et les oies. Jean Markale rapprochait son nom d’origine celtique de celui du « frêne » mais bon, il n’a pas dit que des bêtises… Il en écrit aussi. Vivant à la fin du sixième siécle et au début du septième, elle connut un destin extrêmement SteOnnennmodeste en dépit de ses origines. Elle fit vœu de pauvreté et devint gardienne d’oies. Ce sont d’ailleurs ses oies qui, par leurs cris, alertèrent la population et la sauvèrent des agissements d’un agresseur. Aujourd’hui, elle est encore honorée dans le Morbihan, à Tréhorenteuc (canton de Mauron) où l’église et une fontaine sont placées sous son vocable. Les pèlerins se rendent dans l’église construite à l’emplacement du lieu de sa sépulture. Ils demandent guérison de leurs maladies d’yeux. La fontaine, située sur un terrain privé, n’est accessible que deux fois l’an, lors de pèlerinages organisés. Autrefois, la procession vers la fontaine guérisseuse champêtre était précédée d’un petit groupe d’oies. Cet usage tendrait à reprendre de nos jours. Elle est aussi invoquée contre l’Hydropisie, maladie très fréquente chez les poissons rouges et, apparemment chez les saintes. Étonnant, non !

Allez, merci encore pour vos visites fréquentes, déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

I feel so good !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la basse-Bretagne et de l’artichaut vinaigrette réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 29 Avril 2021 qui correspond au 10è jour de Besné-44-Chapelle-St-Second1-150x150floréal dans le calendrier républicain, jour dédié au râteau. Mon secrétariat me prie de vous rappeler que c’est la fête aux Sekondell, originaire de Nantes au 6e siècle, disciple de Friard, ermites tous deux près de Besné (44). Saviez vous que Besné vient du breton « bez-enez » (l’île du tombeau). Ici, la chapelle St-Sekondell à Besné. Loire-Atlantique en Bretagne comme dit l’autre…Allez savoir pourquoi, je suis victime d’une flemmingite aigüe qui explique pourquoi je rediffuse ce billet.

J.B. Lenoir, né à Tilton (Mississippi) le 5 mars 1929 et mort à Champaign (Illinois) le 29 avril 1967, est un bluesman américain comme je les aime et comme j’aime à vous les faire découvrir, guitariste, chanteur et compositeur. Nommé J.B. par ses parents (ces initiales ne signifient rien en particulier. Pour les non-initiés encore moins, pour lesLenoir-droite autres elles ont une signification particulière et désignent les colonnes du temple mais je doute que ce soit cela qui ait guidé les parents). Lenoir commence à jouer très tôt. Il laboure dans la journée puis joue de la guitare le soir, en apprenant un peu de tout. Dans les années 1940, il travaille avec Sonny Boy Williamson et Elmore James à la Nouvelle Orléans. En 1949, il déménage à Chicago et commence à jouer dans des clubs avec Memphis Minnie, Big Maceo et Muddy Waters. Dans les années 1950, Lenoir enregistre plusieurs chansons sur différents labels. À cette époque, on le connaît surtout pour ses costumes rayés, sa voix féminisée et pour son jeu à la guitare électrique.

Lenoir avait la réputation d’être exceptionnellement amical et doux. Il se prit d’amitié et encouragea de nombreux jeunes artistes de blues, noirs Lenoir-gaucheet blancs. Certains disaient même qu’il ressemblait à Martin Luther King car ils avaient beaucoup de points communs, dont le fait d’être père et d’avoir eu une fin tragique. Il n’aura pas vécu assez longtemps pour nous dévoiler toute l’étendue de son talent. En effet, Lenoir, à 38 ans, s’éteint le 29 avril 1967 chez lui à Champaign, à la suite d’une hémorragie interne. Cette dernière fait suite à un accident de voiture dans lequel il était impliqué trois semaines plus tôt, l’hôpital n’ayant pas pris au sérieux ses blessures. On lui doit entre-autres: I feel so good que j’ai posté en vidéo, et qui fut repris par James Brown.



Le documentaire The Soul of a Man (2003) de Wim Wenders, qui fait partie de la série The Blues, a Musical Journey de Martin Scorsese, est consacré en partie à ce bluesman. En fait, la chanson de John Mayall marqua tellement Wim Wenders, étudiant en cinéma à l’époque, qu’il se demanda qui était J.B. Lenoir. Puis Wim Wenders devient réalisateur et rencontre plusieurs fans de Lenoir. Cependant, ils ne trouvent aucun lenoir-rayédocument filmé sur lui. Mais un jour, on découvre des images inédites de Lenoir tournées au début des années 1960 par deux étudiants (allemand et suédois) en art à Chicago. En 2002, Wim Wenders rend visite à ces deux anciens étudiants, le couple Seaberg, désormais marié. Ces derniers croient rêver : leurs images étaient restées sur une étagère sans que personne ne les ait jamais vues pendant 35 ans. Ils avaient perdu espoir que le monde (et particulièrement la Suède où ils avaient proposé leur film) s’intéresse à leur musicien préféré, qui était aussi leur ami proche.

Allez, merci de votre passage, portez vous bien et à bientôt peut-être?

La bande à B…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la gent féminine et du rôti Wellington réunis, bonjour ! Nous voici le Mercredi 28 avril 2021 et j’en connais qui s’apprètent à fêter les Loudiern; quand bien même, reconnaissons le, y’en a pas beaucoup parjacinthe-par-De-broc ici. C’est aussi le neuvième jour de Floréal dédié à la Hyacinthe. Pourquoi dit-on LA alors que Hyacinthe était un beau jeune homme qui fut aimé d’Apollon et de Zéphyr ? Oyez son histoire: alors qu’Apollon lui apprend à lancer le disque, Hyacinthe est accidentellement (ou à cause de Zéphyr, disent les mauvaises langues ) frappé à la tempe par le disque, et meurt. De son sang naissent des fleurs que l’on va nommer Jacinthe en souvenir du jeune homme. Entre nous (et la gare de Lyon) il ne s’agit probablement pas de jacinthes mais plutôt des iris. Voyez cette représentation de la mort de Hyacinthe par Jean de Broc.

Nous sommes le 28 Avril 1912, les hommes de la Sûreté emmenés par le préfet Lépine encerclent une villa de Choisy-le-Roi où a trouvé refuge Jules Bonnot. L’ennemi public numéro un terrorise les Parisiens depuis la fin de l’année précédente. Avec sa bande issue des milieux la-bande-à-Banarchistes, il a multiplié en quelques mois les braquages de banques et les actions violentes contre les forces de l’ordre. Oui, au début était la bande à Bonnot et leur fameuse De Dion-Bouton. Ils étaient anarchistes comme Lupin était gentleman, c’est à dire surtout cambrioleurs. Ce 28 Avril, les pandores tiennent leur revanche, ils dynamitent la maison et abattent Bonnot et son complice Dubois lors de l’assaut final. Il faudra cependant attendre le 14 mai suivant pour que le reste de la «bande à Bonnot» soit neutralisé dans l’attaque d’un pavillon à Nogent-sur-Marne. Le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine d’André Soudy, de Raymond Callemin (dit Raymond la science), et d’Elie Monier , tous les trois membres de la bande à Bonnot.

Bon allez, je vais vous surprendre mais, il pleut sur Brest ce qui, contrairement à une rumeur lancée par Prévert est relativement rare. Déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Vive les trois huitres…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la libre pensée et du Fernet branca réunis, bonjour ! Nous les-trois-huitsommes le Mardi 27 avril 2021, huitième jour de Floréal dédié au champignon. C’est la sainte Zita pour les uns, Konwenn pour les autres. Le 27 avril 1906, l’assiette au beurre, journal satirique, soutenait à sa manière la revendication de la journée de huit heures. Les « trois huit » comme le montre cette reproduction que l’on doit à l’affichiste Grandjouan. Or donc, vive les trois huitres comme on dit à Prat-ar-Coum…

Chez les Celtes, c’est Beltan qui est la troisième des quatre grandes fêtes de l’année celtique. Elle vient après Samain et Imbolc et marque la fin de la saison sombre et le début de la saison claire. Elle est en rapport avec Belenos, Lug et Belisama. Le principal rituel de Beltaine feux-de-beltan-300x202consiste en des feux allumés par des druides où le bétail passait afin qu’il soit protégé des épidémies pour l’année à venir (ça nous aurait bien servi…). Alors que les anciens Celtes fêtaient Beltan (le feu de Bel), saluant la lumière et la connaissance, leurs descendants décérébrés du XXIè siècle se complaisent devant l’affligeant spectacle d’une course à l’échalote pour se procurer un masque en se demandant à quelle sauce il vont être mangés; c’est à dire, qui va payer la facture quand l’heure sera venue car, elle viendra assurément. En attendant dansons le Laridé.


Dans les siècles passés, cette frénésie de la célébration de l’énergie vitale donnait lieu, parmi les jeunes gens, à des rites champêtres et à des jeux propres à leur âge… Sous prétexte de cueillir l’aubépine, on les envoyait dans les bois et les prés où ils passaient la nuit en jeux 1024px-Arbre_de_la_liberté_Paimpol-300x225amoureux. On appelait ça « Faire le Mai », et comme le disait fort à propos mon aïeule: « y-a pas d’mal à faire le mai !» . L’église chrétienne, surtout catholique, qui n’aime pas beaucoup que les garçons et les filles s’aperçoivent trop tôt qu’ils sont faits les unes pour les autres (et lycée d’versailles), jugeant ces pratiques scandaleuses tenta de les éradiquer en faisant du mois de Mai le mois de Marie, obligeant ainsi à remplacer un hymne à la vie par une célébration de la virginité et à la chasteté…  C’est-y pas malheureux !  La République elle, en a fait l’arbre de la liberté dont il subsiste encore quelques restes ici ou là comme  à Paimpol (22), place du Martray.

Allez, envoyez le muguet ! Déconfinez gaiement et à bientôt peut-être.

Il est encore fécond…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis des mystères de l’Ouest et du crabe mayo réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 26 avril 2021, 7è jour de Floréal dédié au Muguet. Le Lundi c’est le jour du marché à Lesneven; faut pas que je tarde.

Le lundi 26 avril 1937 était aussi jour de marché à Guernica. Quatre escadrilles de la Légion Condor allemande ainsi que l’escadrille VB 88 de bombardement Guernica-1expérimental, escortées par des bombardiers italiens et des avions de chasse allemands, procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes. Le bombardement de Guernica, fut un événement majeur de la guerre d’Espagne, qui contribua à internationaliser la médiatisation du conflit, par l’intermédiaire notamment du célèbre tableau de Pablo Picasso représentant la scène. Cependant, d’après certains historiens, Guernica aurait été un objectif militaire de première importance. Pío Moa affirme que trois bataillons (7.000 hommes) des forces républicaines y stationnaient le jour du bombardement.

Depuis, les controverses ne se sont jamais vraiment éteintes. Responsabilité unique des nazis de la légion Condor commandée par Von Richthofen de sinistre mémoire ou complicité de Franco. Les historiens estiment le nombre de victimes entre quelques centaines et quelques milliers… Macabre comptabilité qui n’enlève rien à la force du symbole. Avec mon pote asturo-espagnol, lors d’un débat amical, nous étions tombé d’accord sur le arturofait que si Franco est bien mort, le franquisme lui, il bande encore. Les nostalgiques sont là, guettant les faiblesses de nos démocraties et prêts à ressortir les griffes.  « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » On se souvient que ce sont les derniers mots d’une farce tragique de Bertolt Brecht, « La Résistible Ascension d’Arturo Ui » pièce rédigée dès 1941, mais célèbre bien plus tard, qui met en scène un Hitler maffieux, mâtiné d’Al Capone. On oublie souvent une phrase qui précède la formule finale : « Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester les yeux ronds. ». Plutôt que de ratiociner sur un improbable islamo-gauchisme; apprenons à voir l’ombre du fascisme se glisser sournoisement dans le lit de nos démocraties.

Allez, merci d’être passé, déconfinez mémé et à bientôt peut-être.

Hey Joe !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la tradition et du café-cognac sans café, bonjour ! Nous sommes le Samedi 24 avril 2021, c’est vous dire que les choses ne traînent pas et c’est le cinquième jour de Floréal dédié au rossignol. Ah, Rossignol philomèle Luscinia megarhynchos Common NightingaleLuis Mariano ! Vous vous souvenez: il était une fois, une fille de roi, au cœur plein de tristesse… Pour l’heure, en Bretagne on célèbre (où pas) les Felan (Phelan en irlande). J’ai bien connu un Phelan-Ségur du côté du bordelais qui faisait la part belle au Merlot et au Cabernet-Sauvignon. On dit qu’à l’origine de ce domaine il y a un irlandais du nom de Bernard Phelan au début du XIXè siècle. Aujourd’hui on écrit Phélan-Ségur avec un accent allez savoir pourquoi. A n’en point douter c’est bien un saint-Estèphe dans toute sa splendeur alors que le St Felan de Bretagne se distingue par sa discrétion et son absence totale de notoriété.

Tout à fait autre chose.

Joe Henderson naît à Lima dans l’Ohio dans une famille de 15 enfants. C’est à celle-ci qu’il dédiera son premier album pour les remercier « d’avoir été aussi compréhensifs et tolérants » pendant ses années de formation.  Joe accomplit deux ans (1960–1962) de service militaire : d’abord à Fort Benning, où il participe à un concours des jeunes talents militaires et remporte le premier prix et à Fort Belvoir, où il est choisi pour faire partie d’une tournée mondiale destinée à distraire les  Joe-Henderson-Tony-4-201x300troupes. Alors qu’il se trouve à Paris, il rencontre Kenny Drew et Kenny Clarke. Il est ensuite envoyé dans le Maryland. Après son service militaire, il s’installe à New York où il est pris en main par le trompettiste Kenny Dorham. Chaque soir, ils vont écouter Dexter Gordon jouer au Birdland, le club mythique de la 52ème rue où le prince du ténor dirige la « jam session » tous les lundis.  Un soir, Gordon lui demande de jouer avec son groupe et c’est évidemment avec joie que Joe accepte l’invitation. Joe Henderson fait un carton ce soir la et partage les applaudissements du public au même titre que Dexter Gordon lui-même. De 1963 à 1968, il enregistre en sideman sur une trentaine d’albums du mythique label Blue Note. Début des années 70, l’engouement pour le jazz commence à fléchir, les séances deviennent moins nombreuses pour la plupart des jazzmen. Joe Henderson se plonge dans l’enseignement à San José en Californie, mais est toujours fréquemment demandé dans les grands festivals internationaux.

C’est en 1985 que Blue Note décide de mettre Joe Henderson en première ligne, avec le merveilleux The State Of The Ténor-Live avec Ron Carter à la basse et Al Foster à la batterie, considéré par la chronique comme le meilleur album de trio avec ténor depuis le Night At The Village Vanguard de Sonny Rollins en 1957. Du be-bop au hard-bop, au jazz d’avant-garde, aux rythmes sud américains, au latin jazz, en passant joe_henderson-300x264par la soul, le jazz fusion, le smooth et le funk, on peut certainement citer le nom de Joe Henderson comme celui d’un très grand saxophoniste ténor au service de la musique, d’un professionnel philosophe au service des artistes, comme d’un poète ou d’un écrivain au service de l’art en lui même. Si le son très personnel de Joe Henderson, entre John Coltrane, Lester Young et Dexter Gordon a discrètement bercé le jazz tout entier, aux aléas des modes de ces dernières décénnies pour finalement venir exploser au grand jour sur la fin de sa vie et juste avant l’an 2000, c’est que Joe Henderson mérite véritablement son statut du dernier des « titans ». Joe Henderson décède le 30 juin 2001 à 64 ans d’une insuffisance cardiaque après une longue lutte. Il est enterré au Dayton National Cementery, dans l’Ohio, parmi plus de 44 000 autres vétérans de l’Armée des États-Unis. Sources: Arnaud Syllard.

Allez, merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Littérature & contrepets…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis des lendemains qui chantent et du vin chaud réunis, bonjour! Vous voudrez bien noter, chers lecteurs, que nous aubc3a9pine-de-bouquetot-carte-postale-ancienne-1907-300x192sommes le Vendredi 23 avril 2021, autrement dit le quatrième jour de floréal dédié à l’aubépine. Comme celle-ci à Bouquetot dans l’Eure, et que l’on dit la plus vieille de France, puisque plantée en 1355 au début du règne de Charles V pour célébrer le rattachement de la Normandie à la France….

Ah l’aubépine, celle la même qui vient souvent au secours des mauvaises contrepèteries; vous savez, cet art qui consiste à décaler les sons que débite notre bouche. Qui se souvient  de la sélection hebdomadaire de contrepèteries dans la rubrique intitulée Sur l’Album de la Comtesse dans le Canard enchainé; rubrique créée par Yvan Audouard en 1951. Quant au terme contrepet, il fut forgé par Luc Étienne (autre rédacteur de l’Album de la Comtesse) pour petits_rats_apero_le_chat_contrepeterie-300x226désigner l’art de résoudre et d’inventer des contrepèteries, ainsi le contrepet est à la contrepèterie ce que la littérature est au livre. On retrouve notamment ce mot en 1957 dans le titre de l’ouvrage de référence en la matière : L’art du contrepet ; il est entré depuis dans le dictionnaire. Par abus de langage, le mot contrepet est parfois synonyme de contrepèterie. Ceci est un clin d’œil à Glenn, maitre es contrepets. Tiens, le saviez-tu ?  William Shakespeare est mort il y a quatre siècles, le 23 avril 1616 (ou peut-être le 22, les chroniques étant imprécises à ce propos) et, on trouve traces de contrepèteries dans son œuvre. Les anglophones utilisent le terme « spoonerism » qui vient du Révérend William redoute-211x300Archibald Spooner qui, nous dit-on, en commettait souvent, volontairement ou non, dans ses sermons. Le dernier exemple en date de  «spoonerism» est: Happy rotter pour le héros de J. K. Rowling. On doit à Louis Perceau, dont le militantisme socialiste révolutionnaire lui valut six mois de prison, La Redoute des Contrepèteries ( 1934-Éditions Briffaut), ce qui lui fit dire: « Avez-vous lu Perceau ? Avez-vous l’air puceau ? » Quand à Jacques Antel, il est régent de la chaire de contrepet du Collège de ‘Pataphysique depuis le 20 avril 2000. Il est l’auteur du classique Le tout de mon cru présentant plus de 500 contrepèteries inédites. Etonnant, non !

Voila de quoi rigoler pendant que le circus virule tout en feuilletant le catalogue de la Déroute. Allez, confinez gaiement et à bientôt peut-être.

Un phare breton…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la révoltation et de la rebellitude réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 22 avril 2021, troisième jour de Floréal dédié à la fougère.

Un peu d’histoire.

Nous sommes en Avril 1809, l’armée autrichienne profitant du bourbier espagnol et poussée par l’Angleterre, décide de reprendre la lutte contre Napoléon. Elle envahit la Bavière et pénètre dans le Grand-Duché de Varsovie. À la tête d’une armée de 200 000 hommes, Napoléon partDavout à la rencontre de l’armée autrichienne commandée par l’archiduc Charles, frère de l’empereur François II d’Autriche. La bataille d’Eckmühl devait être pour Napoléon la bataille décisive qui devait précéder la prise de Vienne. Les troupes de Lefebvre et de Davout sont chargées de repousser les Autrichiens sur la route d’Eckmühl à Ratisbonne, tandis que Vandamme avance sur Eckmühl et repousse les troupes adverses vers le défilé d’Hagelstadt. Le maréchal Davout et le général Vandamme se distinguent particulièrement au cours de cette bataille. Davout est nommé prince d’Eckmühl par Napoléon peu après. Mais, nom d’un petit bonhomme, pourquoi est-ce que je vous raconte cela !

Ah, oui, ça me revient. Dernièrement, au cours d’une conversation à propos des phares qui parsèment la côte bretonne; du Créac’h à La Vieille en passant par la Jument, on me demandait ce que signifiait Eckmühl en breton… Il me semble bien, dis-je, avoir écrit un billet la dessus. Et donc, bis repetita. En vérité, le fameux phare de Penmarch dans le non moins fameux pays bigouden, doit son nom à une phares-de-bretagne-escalier-du-phare-deckmuehl-8ce4c49d-0b2a-408d-aa94-ff1ec83c822e-300x194donatrice qui n’était autre que la petite fille (précision que je dois  à un fidèle lecteur) du maréchal Davout, prince d’Eckmühl, la marquise Adélaïde-Louise d’Eckmühl de Blocqueville qui légua par testament la somme de 300 000 francs pour la construction d’un phare. Celui-ci devrait se nommer « phare d’Eckmühl » en l’honneur de son père. La marquise voulait que ce nom de triste mémoire, car rattaché à une bataille qui fit beaucoup de morts, soit racheté par les vies sauvées grâce à un phare… Elle désirait également que ce phare soit situé sur la côte bretonne en un lieu sûr pour résister au temps. Voila donc pourquoi ce phare bigouden porte un nom bavarois alors qu’en d’autres circonstances, on l’eut nommé Larzul ou Hénaff. En attendant, libre à vous de tenter de battre le record de l’escalade des 307 marches qui mènent à la lanterne et qui est détenu par un jeune quimpérois en 47 secondes 02.

Allez, merci encore de vos visites, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ne me quitte pas…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’humanisme et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 21 avril 2021, deuxième jour de Floréal dédié au chêne.

Il y a un peu plus d’un siècle, le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine guillotined’André Soudy, de Raymond Callemin, et d’Elie Monier , tous les trois membres de la bande à Bonnot. « C’est fini. La société a fait justice. Justice? Cette opération odieuse, dans ce décor de deuil, sous ce ciel bas et impavide? Justice, ce triple meurtre, préparé dans tous ses détails, réglé, ordonné avec précision, parmi tous ces soldats, ces pelotons de gendarmes et de gardes? Justice, cette méthode sournoise de suppression? Mais à quoi bon philosopher ? Les hommes n’ont encore découvert d’autres moyens que de punir le meurtre par le meurtre. »  Il faudra attendre l’année 1981 pour voir disparaître ce « type d’humanisme français ». Victor Méric dans « Les bandits tragiques » (1926). La litho est de Steinlein.

Et puis tiens, pour ne pas rester sur une note d’amertume, souvenons de cette voix magnifique qui nous a quitté un 21 avril en 2003. Large, grande, magnifique (j’aime bien cette photo avec sa coupe à la Angéla Davis), Nina Simone jouait du piano habillée en peau de panthère ou coiffée d’un turban. Femme noire longtemps exploitée par les hommes de son entourage, traitée par le milieu musical comme il se devait à Ninal’époque de ses débuts, c’est-à-dire très mal. Nina Simone avait changé les paroles du classique de Jacques Brel, Ne me quitte pas, car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ». Nina, portée sur l’alcool et les paradis artificiels, fut lâchée et lâcha tout le monde, entama un chemin de croix solitaire, borné d’humeur et d’envies, de petits escrocs amoureux qui partaient avec la caisse. Des humeurs, des envies… Elle eut de brusques illuminations qui la faisaient abandonner les salles de concert au désespoir de tous. D’autres, belles et profondes, qui lui firent porter des stades et des salles vers le swing et la chaleur. Nina Simone était aussi une voix, spéciale, inimitable, grave, avec laquelle elle pouvait chanter aussi bien My Way, I Love’s You Porgy, ou un classique du blues.

Nina Simone avait chanté Brel, mais aussi Brassens  Il n’y a pas d’amour heureux, évidemment. Dans les années 1980, un ami lui avait offert une cassette de Jacques Brel. « J’étais à New York, je l’écoutais et à chaque fois que Brel disait : « Ne me quitte pas », je pleurais. Puis, je suis parti en Suisse et j’ai appris la chanson avec un professeur. Je l’ai répétée pendant trois ans avant d’oser la chanter. Nina avait changé les paroles de ce monument de l’œuvre de Brel,  car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ».

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Je suis fou du chocolat Poulain…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour ! En ce Mardi 20 avril 2021, premier jour de floréal, dédié à la rose, autorisez moi à évoquer ce grand artiste qu’était Francis Lemarque. C‘est la chanson-albumrançon de l’âge, il arrive un moment où vous avez toujours, surgissant du fond de la mémoire, une madeleine qui vous renvoie un tas d’années en arrière. Alors que je préparais ce petit billet sur Francis Lemarque, je me suis revu, enfant, collectionnant les « bons points » dans les tablettes de chocolat. Lorsque le compte y était, on renvoyait tout cela à monsieur Poulain ou madame Suchard et, quelques semaines plus tard on recevait une jolie boite en fer blanc qui servait plus tard à ranger le sucre. Dans cette boite, outre le chocolat, il y avait toujours un album de chansons françaises qui permettait d’y coller les photos que l’on trouvait dans les fameuses tablettes. Et voilà ma madeleine, dans chaque album il y avait immanquablement une ou plusieurs chansons de Francis Lemarque. Marjolaine, le p’tit cordonnier, à Paris…

Francis Lemarque, de son vrai nom Nathan Korb, naît le 25 novembre 1917 dans un petit deux pièces au second étage du 51 de la rue de Lappe à Paris au-dessus du bal des Trois colonnes. Fasciné par les bals musette depuis son enfance, Nathan et son frère Maurice intègrent lemarqueaprès une rencontre avec Sylvain Itkine en 1934 le groupe « Mars » que ce dernier a créé dans l’esprit du groupe « Octobre », affilié à la Fédération des Théâtres ouvriers de France. Il a alors dix-sept ans. Sur les conseils de Louis Aragon, les deux frères créent un duo, « Les frères Marc » qui profitera des événements du Front populaire pour se produire dans les usines et se faire connaître. Ils rencontrent Jacques Prévert, et Joseph Kosma qui est un temps leur pianiste. En 1940 il passe en zone libre et s’installe à Marseille. C’est là qu’il rencontre Jacques Canetti, qui deviendra par la suite son agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord dont une semaine de récitals avec le guitariste gitan Django Reinhardt. Sa mère déportée en 1943 meurt à Auschwitz. Il rejoint le maquis puis s’engage dans le régiment du douzième Dragon.

Après la guerre, Lemarque chante dans des cabarets de Saint-Germain-des-Prés. L’année 1946 sera décisive : il rencontre Ginny Richès qui deviendra son épouse, et il voit pour la première fois Yves Montand sur une scène parisienne. Il fait sa connaissance par Lemarque-G-l’intermédiaire de Jacques Prévert. Montand, séduit par ses compositions, choisit immédiatement des titres : Je vais à pied, Ma douce vallée, Bal petit bal…Leur collaboration durera de longues années pendant lesquelles Francis Lemarque lui écrira près de trente chansons. Il compose la musique du film Playtime de Jacques Tati, sorti en 1967. Lemarque a été censuré dans les années 1950 avec sa chanson Quand un soldat. Sa carrière sera celle d’un auteur et d’un chanteur profondément attaché au Paris populaire et à la chanson française. Il s’éteint brutalement le 20 avril 2002 (il est alors dans sa quatre-vingt cinquième année) dans sa maison de la Varenne Saint Hilaire et il repose à côté d’Yves Montand dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Allez, c’est pas tout mais j’ai mon lait qu’est su’l’feu…Portez vous bien et à bientôt peut-être.