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Ferdinand Gambon…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson républicaine et du baeckeoffe réunis, bonjour ! Nous voici le Vendredi 19 mars 2021, 29è jour de ventôse dédié au frêne.

Le 19 mars 1820, naissance de Charles Ferdinand GAMBON à Bourges. Avocat (à 19 ans) puis magistrat, d’abord républicain modéré, il devient socialiste révolutionnaire puis anarchiste et pacifiste. Élu du peuple après la révolution de 1848, il est arrêté dès 1849 pour son hostilité au futur empereur, et emprisonné à Belle-Ile en mer, puis en Corse, jusqu’en 1859; (Jean-Yves Mollier lui a consacré un livre « Dans les bagnes de Napoléon III, mémoires de Ferdinand Gambon» aux PressesGambon Universitaires de France en 1983). Par la suite, ne reconnaissant pas l’Empire, il refuse d’acquitter l’impôt. Il adhère à l’Internationale et participe à la fédération des sociétés ouvrières. Le 26 mars 1871, il est élu membre de la Commune de Paris. Désigné à la fonction de procureur, il refuse le poste, trop conscient des méfaits de la justice et de la prison. Il est partisan d’aider au soulèvement des villes de province, dans le but de former une grande fédération des communes. Présent sur les dernières barricades, le 28 mai, il parvient pourtant à échapper aux massacres et se réfugie en Suisse. Il devient propagandiste anarchiste et milite à la Fédération Jurassienne. A son retour en France,en 1880, il prend part au mouvement anarchiste aux côtés de Louise Michel, sans rompre avec les socialistes révolutionnaires (il sera même élu député en 1882!). Il défendra les anarchistes lyonnais emprisonnés lors du procès de 1883. Il est l’auteur, dans « Le cri du peuple », du célèbre slogan pacifiste « Guerre à la guerre ». Il meurt le 16 septembre 1887.

J‘ai retrouvé un texte de Eugène Pottier, auteur de chants magnifiques sur la Commune et de « l’Internationale », écrit en 1883 et dédié à Ferdinand Gambon, il s’intitule Abondance, en voici quelques lignes:

Toute une mer d’épis ondule et les sillons
Portent à la famine un défi ; l’été brille,
De chauds arômes d’ambre emplissent les rayons ;
Les blés mûrs, pleins et lourds, attendent la faucille…
Du sein de la nourrice, il coule en ce beau jour
Une inondation d’existence et d’amour.
Tout est fécondité, tout pullule et foisonne !
Mais, rentrant au faubourg, mon pied heurte en chemin
Un enfant et sa mère en haillons ! – morts de faim !
Qu’en dites-vous, blés mûrs, et qui donc vous moissonne ?

Voilà pour aujourd’hui, je vous remercie d’avoir fait le détour par « les cénobites tranquilles » dont vous venez de parcourir le 4960è billet. En attendant le prochain, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La chair est triste hélas…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de l’utopie rafraîchissante et du lapin au cidre réunis, bonjour! Nous voici déjà (pourquoi déjà ?) le Jeudi 18 mars 2021, c’est à dire le 28ème jour de Ventôse qui, comme vous le savez, est consacré au capillaire-300x225capillaire dans le fameux et désormais célèbre calendrier républicain. Moi qui fut, comme Fabrice Lucchini, apprenti  coiffeur pour dames (la comparaison s’arrête là) je ne pouvais pas ne pas en parler. Mon aïeule, à qui je fais souvent référence ici, avait l’habitude de nous répéter: « On ne dit pas: Je vais au coiffeur mais… Je vais au capilliculteur. » Oui, mon aïeule était une dame très distinguée. En fait, il s’agit d’une fougère (pas mon aïeule, la plante) que l’on nomme aussi: Cheveux de Vénus et que vous avez souventes fois rencontrée.

L’homme du jour est Stéphane Mallarmé.

Etienne Mallarme dit Stéphane Mallarmé est à mon sens l’un de nos plus grands poètes. Il est né un 18 mars à Valvins en 1842. Avec mallarméApollinaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ou Desnos, il a marqué mes jeunes années. Auteur d’une œuvre poétique ambitieuse et difficile, Stéphane Mallarmé a été l’initiateur, dans la seconde moitié du 19è siècle, d’un renouveau de la poésie dont l’influence se mesure encore aujourd’hui. En médaillon, un portrait de Mallarmé signé Nadar. Parmi ses œuvres, J’ai choisi celle là qui est un peu ma Proustienne madeleine.

 

Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée!
Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée,
Par le verre brûlé d’aromates et d’or,
Par les carreaux glacés, hélas! mornes encor,         
L’aurore se jeta sur la lampe angélique.
Palmes! et quand elle a montré cette relique
À ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.
O la berceuse, avec ta fille et l’innocence
De vos pieds froids, accueille une horrible naissance:
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour les lèvres que l’air du vierge azur affame?

Voila pour aujourd’hui, passez une bonne journée, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Jules Jouy, le chourineur…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du Chicago blues et du Gin-fizz réunis, bonjour! Nous sommes le Mercredi 17 mars 2021 qui correspond au 27è jour de Ventôse dédié à anemone-sylviela Sylvie. Ah, la Sylvie… Euh, oui, bon, ça c’est une autre histoire. Il s’agit bien évidemment de cette jolie fleur encore appelée anémone des bois. L’anémone Sylvie est considérée comme toxique alors évitez les décoctions. Par contre, mon aïeule qui, vous le savez maintenant, se piquait de quelques connaissances en herboristerie, l’utilisait en friction contre les rhumatismes.

Le 17 mars 1897, mort de Jules JOUY (né en avril 1855, à Paris). Chansonnier, poète et anarchiste, pionnier de la chanson sociale, il fait partie de ces goguettiers dont j’ai souvent parlé ici. Après une enfance pauvre, marquée par la Commune, il exerce divers métiers : boucher, peintre sur porcelaine, etc. Mais c’est la poésie et la chanson qui vont révéler ce parfait autodidacte. Il débute au « Tintamarre », puis aux « Hydropates » et au « Chat noir », faisant le succès des cabarets de 260px-Jouy_JulesMontmartre. Il écrit dès lors un nombre impressionnant de chansons sociales qui évoquent la misère du monde ouvrier, et qu’interpréteront aussi les célébrités de l’époque. Il collabore au journal « Le cri du peuple » de Vallès, à qui il donnera « La chanson du jour » pendant des années. Il s’opposera à la tentative de dictature du général Boulanger (qu’il avait surnommé l’infâme à barbe), et contribuera, par ses chansons, à ridiculiser cet « aventurier ». Aimant faire des blagues, mais aussi teigneux, il se battra plusieurs fois en duel. Il faut néanmoins regretter que Jules Jouy comme Adolphe Willette  ait fait partie du courant antisémite qui existait à l’époque à Montmartre. Mais son obsession de la guillotine et de la mort l’entraînèrent dans la folie. Interné dans un asile, il y mourut deux ans plus tard. l’ensemble des chansonniers montmartrois suivra son enterrement au cimetière du Père-Lachaise. Sa sépulture située dans la 53e division est ornée d’un buste en bronze réalisé par Dalou. Patrick BIAU lui a consacré une biographie : « Jules Jouy, le poète chourineur ». Il consacra un texte à Louise Michel:

 

 

 Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Tommy Flanagan au piano…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la fraternelle union et du chutney réunis, bonjour ! Nous sommes le Mardi 16 salade-pissenlitMars 2021, 26è jour de ventôse qui nous rappelle que nous abordons la deuxième quinzaine de Mars, il était généralement dédié au pissenlit. Ah, le pissenlit ! Quelle plante merveilleuse et pleine de ressources. Tiens, j’ai un souvenir de salade de pissenlits (moi qui ne suis pas très salade) particulièrement excellente. J’en ai dégusté du côté de Nancy où elle porte le nom de salade à la meurotte.

Tout à fait autre chose.

Il y a vingt ans disparaissait Tommy Flanagan, né le 16 mars 1930 à Detroit (Michigan) son style  s’inscrit indiscutablement dans la lignée des conquêtes rythmiques et harmoniques de Bud Powell. Sa manière reste cependant inimitable : un jeu sûr et précis, un phrasé à la fois Tommyélégant et souple. Offrant un soutien rythmique d’une grande richesse mélodique, doté d’une imagination s’adaptant à tous les tempéraments, d’une inventivité discrète, attentive et subtile, il fut l’un des accompagnateurs les plus recherchés de sa génération. La célébrité qu’il a acquise auprès d’Ella Fitzgerald ne doit cependant pas faire oublier sa participation à deux des plus importants albums de l’histoire du jazz : Saxophone Colossus, de Sonny Rollins, et Giant Steps, de John Coltrane.

 

Thomas Lee Flanagan naît le 16 mars 1930 à Detroit, dans le Michigan. Il commence à étudier la clarinette à six ans et le piano à onze ans, mais il Ella & Tommys’initie aussi à d’autres instruments : le saxophone, la contrebasse, le vibraphone. Il commence très tôt à travailler dans sa ville natale, où il se fait remarquer, à partir de 1945, comme pianiste auprès des frères Jones et du saxophoniste Dexter Gordon. Tommy Flanagan est d’abord influencé par Art Tatum, Teddy Wilson, Nat „King“ Cole et Erroll Garner. Comme nombre de musiciens afro-américains de cette époque, son statut de virtuose fut quelque peu négligé par une société alors très rétive à reconnaître la valeur de ses plus talentueux artistes issus de la communauté noire. Néanmoins, durant sa carrière il fut nominé quatre fois aux Grammy Awards (deux fois pour la meilleur performance jazz en groupe et deux fois en tant que soliste)

Allez, vous en « fête » pas, ça va s’arranger. Portez vous bien et à bientôt peut-être..

Tous les Reclus ne sont pas confinés…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le Lundi 15 mars 2021, 25è jour de Ventôse dédié au thon, et, en Bretagne on célèbre les Dogmael évêque gallois de Pembroke du 5e siècle, émigré en petite Bretagne, honoré à Rospez. Le calendrier des postes, lui, affirme sans vergogne qu’aujourd’hui c’est la st Elisée. Le seul que je connaisse c’est Elisée RECLUS; et, c’est justement un 15 Mars en 1830 à Sainte-Foy-la-Grande en Gironde, qu’il vit le jour.

Géographe, théoricien du mouvement libertaire et militant anarchiste. Issue d’une famille protestante, Elisée Reclus fait ses études de 220px-EliseeReclusNadar-208x300géographe à Berlin, avant de parcourir le monde. En 1871, il prend une part active à la Commune de Paris. Arrêté les armes à la main, il est condamné à la déportation en Nouvelle Calédonie. Mais, grâce au soutien de la communauté scientifique, sa peine sera commuée, le 3 février 1872, à dix ans de bannissement. Il rejoint alors son frère Elie (également anarchiste et communard) en Suisse, et participe activement à la Fédération Jurassienne, avec Bakounine et James Guillaume. En 1877, il rencontre Pierre Kropotkine, qui deviendra son ami. Après la Suisse, c’est en Belgique, à Ixelles (près de Bruxelles) qu’ Elisée Reclus s’installe. Très actif, c’est sous son impulsion qu’une Université Nouvelle est créé, ainsi qu’un Institut des Hautes Etudes (en 1894) dans lequel il enseignera.

Auteur prolifique, Elisée Reclus a participé à de nombreuses revues, brochures et journaux : « Le Révolté », « L’Insurgé », « Le Cri du les-freres-reclus-300x232Peuple », etc. Mais il est surtout l’auteur de l’extraordinaire « Géographie Universelle » (19 volumes), et de « L’Homme et la Terre » (6 volumes), ouvrages de géopolitique dans lesquels il analyse le rapport de l’homme et de son environnement, et aborde des sujets très variés (éducation, naturisme, etc.). Elisée Reclus meurt le 4 juillet 1905. Le dernier volume de « L’Homme et la Terre » ne sortira qu’après sa mort (édité par son neveu Paul Reclus). « Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue. » Elisée Reclus.

Voila pour ce jour, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Les saints et les algues…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la chronique locale et du bigorneau réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 13 mars 2021, 23è jour de ventôse dédié à la Cochléaire. Quoi ! Vous ne connaissez pas la cochléaire, cette jolie plante des estuaires qui apprécie les prés salés et qui doit son nom au latin cochléa: cuiller ? Très riche en vitamine C, les marins cochleaireavaient l’habitude d’en manger pour prévenir le scorbut d’où son autre nom d’ « herbe au scorbut ». Dodoens, médecin flamand de la Renaissance très connu dans son canton, avait déjà noté les remarquables propriétés antiscorbutiques de la cochléaire dans sa Pratique médicale des simples. Et mon aïeule qui se targuait d’en connaitre un rayon en matière de plante médicinale, nous invitait à l’utiliser en guise de dentifrice. Elle a un goût âcre et piquant (pas mon aïeule, la plante, quoique…) qui rappelle le raifort et elle est parfois ajoutée en petite quantité aux salades.

Nul doute que le saint du jour, KEMO, en a trouvé sur son chemin en débarquant de son Irlande natale quelque part du côté des lieues de Grèves sur la côte Nord de Bretagne. Il a laissé son nom à la charmante commune de algues vertesLocquémeau, en breton Loch-Kemo. La tradition locale en fait un compagnon de saint Efflam avec qui il aurait débarqué sur la Lieue de Grève au VIè siècle en compagnie de Tuder, Haran, Nérin, Karé et Kirio. Une bande de saints quoi ! Loch-Kemo « Lieu consacré à saint Kémo », ce village relevait autrefois de l´abbaye cistercienne du Relecq en Plounéour-Ménez (Finistère) dont les lieux-dits Parc-ar-Manac´h, « le champ du moine », et Prat-ar-Manarty, « le pré du monastère », semblent constituer le seul souvenir sur le territoire communal. A cette époque là, les saints voyageaient en bandes organisées, une sorte de Costa croisière qui venait s’échouer sur les côtes bretonnes. Aujourd’hui ils feraient une drôle de tête enmaison aigle voyant les algues vertes s’amasser au fond de la baie. Si vous avez l’occasion de circuler sur cette magnifique corniche qui longe la plage de Saint-Efflam, arrêtez vous un instant devant cette étrange bâtisse. Les gens du coin la nomme la maison à l’aigle; on la doit à l’ingénieur Ventome et elle est entièrement en béton ce qui était très rare pour l’époque (1928). C’est un mélange de styles arts-déco et oriental; on dit que l’aigle vient de l’exposition coloniale de Paris (1931).                                

Bon allez, ça suffit pour aujourd’hui. En attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Oyez l’histoire de Budoc…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis de la tradition et de la bouillie d’avoine réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 12 mars 2021, 22è jour de ventôse dédié au persil. Aujourd’hui, en Bretagne armoricaine on célèbre (ou pas) Budoc. Oyez donc son histoire au lieu de vous inquiéter pour l’avenir de la retraite des vieux ou la fiabilité de AstraZeneca.

A Brest, en ces temps-là, il y a longtemps, très longtemps, se dressait le château d’Even, prince de Léon, seigneur de Brest. Sa fille, la princesse Azénor, était – comme (presque) toutes les princesses, blonde aux yeux bleus. Albert Le Grand écrivit même à son sujet qu’elle azenor-204x300était  « de riche taille, droite comme une palme, belle comme un astre, et cette beauté extérieure n’était rien en comparaison de son âme.» mazette ! Le comte Chunaire de Goëllo, ayant ouï une telle renommée, demande la main de la belle Azénor, en envoyant au roi Even de riches émissaires. Les noces sont célébrées durant quinze jours, avant qu’Azénor ne rejoigne le château du comte de Goëllo, le Castel-Audren (aujourd’hui Châtelaudren dans le 22). Las ! Quelques mois après, la mère d’Azénor meurt, et le roi Even se remarie alors avec une marâtre peu recommandable, une  « dame de grande maison qui avait l’esprit malicieux, noir, sombre et malin, bref, une femme aussi mauvaise que la mer par un jour de tempête …»

Cette femme, convoitant le futur héritage d’Azénor, décide alors de se débarrasser de sa belle-fille. A force d’insinuations et de mensonges, s’aidant de faux témoins, elle persuade le roi Even, son mari, et le comte Chunaire, son gendre, qu’Azénor n’avait pas réservé sa couche à son mari, et l’accuse d’adultère, d’impudicité et d’abandonnement. chateau-brestDéshonoré, Chunaire fait reconduire séance tenante Azénor à Brest, où son père l’enferme dans la tour la plus sombre du château (qui porte encore aujourd’hui son nom, photo de droite) Apprenant qu’elle est enceinte, les juges décident alors de lui faire grâce de la vie, mais  tout de même de l’enfermer dans un tonneau, et de les jeter à la mer, elle et son enfant. Mais la cruelle belle-mère meurt à son tour (je raccourci), et, dans ses derniers moments,  avoue ses mensonges. Le prince de Léon et le comte de Goëllo se mettent alors à rechercher Azénor, sans repos. 

 

Un jour enfin, en Irlande, le père se retrouve face à un garçonnet blond comme les blés, aux yeux bleus, identiques à ceux qui illuminaient le doux visage d’Azénor. Budoc, son fils, était en face de lui. D’où la dol-de-bretagne-cathedrale-allee-centracélèbre phrase reprise dans Star Wars: « Budoc, je suis ton père… » . Plus tard, Budoc décide de partir au-delà des mers, mais, n’ayant point de navire, s’allonge dans une grande auge de pierre, comme Conogan avant lui. Il retourne ainsi en Armorique où il fut confié à Samson, évêque de Dol. Toujours est-il que notre petit Budoc, en grandissant ainsi pieusement, devient abbé de Dol, puis évêque de Dol lorsque Magloire abandonna cette charge. Voila pourquoi aujourd’hui, Ken Follett, écrivain gallois, va donner 148.000 euros de ses droits d’auteur pour restaurer la cathédrale de Dol-de-Bretagne. Étonnant, non !

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

La racine du mâle…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de La sorcellerie pour les nuls et des autos tamponneuses réunies, bonjour ! Nous voici le Jeudi 11 mars 2021 c’est à dire le 21 de Ventôse qui était généralement dédié à la Mandragore. Les anglais disent Mandrake, d’où le nom du fameux magicien de Phil Davis. A noter cueillette_mandragore-217x300qu’en France, la société Mandriva Linux avait initialement choisi le nom Mandrake Linux pour son produit phare, avant de devoir y renoncer suite à un procès. Si l’on en croit les Kabbalistes, l’origine de cette plante mystérieuse remonte bien avant le déluge. Les Mandragores, selon eux, sont les fruits de la solitude d’Adam. A l’époque où Dieu se creusait la cervelle à créer un monde qui ressemble à quelque chose, le premier homme, avant la création de sa compagne, étendu sous l’Arbre de la Science du Bien et du Mal, mollement caressé par les vents chargés des effluves d’une nature en plein essor génésique, sentait sourdre dans son sommeil un trouble causé par l’attente et le désir. Et au cours de ses songes, il perdait sa semence qui fertilisait le sol. Et voila pourquoi, les gentils abbés, expliquent aux petits nenfants, en évitant de les tripoter, que l’oisiveté est mère de tous les vices…

Vers 1520, Machiavel, grande figure de la Renaissance, secrétaire de la République libre de Florence, humaniste, historien, diplomate et républicain convaincu, en a fait une pièce de théâtre. Extrait dumachiavel prologue: « L’histoire s’appelle “la Mandragore”, et vous saurez pourquoi en nous voyant jouer, du moins je le suppose. L’auteur n’a pas grand renom et pourtant, s’il ne vous fait pas rire, il veut bien payer à boire. Un amant pitoyable, un juriste sans astuce, un moine dissolu, un parasite qui est l’enfant chéri de la Malice, voilà pour vous distraire en ce jour. ». Les effets hallucinogènes remarquables de la plante, ainsi que la capacité qu’ont ses principes actifs de pouvoir aisément traverser la peau et de passer dans la circulation sanguine, explique certainement pourquoi les sorcières du Moyen-Age, qui s’enduisaient les muqueuses et les aisselles à l’aide d’un onguent à base de mandragore, entraient en transe.

Bon allez, j’enfile les gants, le masque et la surblouse car j’ai rendez-vous à l’hosto qui est devenu un lieu à hauts risques? Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Stanislas Alcide Masset…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis du Paris-Nice et de la cuisine batave réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 10 mars 2021, vingtième jour de ventôse et c’est le jour du Cordeau.

Le 10 mars 1972, mort de Stephen MAC SAY (de son vrai nom Stanislas Alcide Masset) militant anarchiste né le 15 octobre 1884 dans le nord de la France. Il s’oppose très vite à l’enseignement « officiel ». En 1906 il rejoint, avec sa compagne Marie-Adèle Anciaux, l’école libertaire de Sébastien Faure dont j’ai parlé ici « La Ruche », où ils Stephen-Mac-Say-227x300enseigneront tous les deux jusqu’en 1910. Mac Say quittera alors définitivement l’enseignement et deviendra forain, puis apiculteur. Pendant la guerre de 14-18, bien que réformé, il se réfugie dans la Creuse avec sa compagne, craignant quelques ennuis à cause de son engagement antimilitariste. Après la guerre, Mac Say reprend ses activités militantes, et particulièrement sa collaboration régulière aux journaux anarchistes « L’en dehors », « Le libertaire » « Les temps nouveaux » etc., ainsi qu’à l’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure. Dénoncé comme juif pendant la deuxième guerre mondiale (ce qui, soit-dit en passant, était faux) il est à nouveau contraint de quitter sa maison avec Mary. Humaniste et amoureux de la nature, Mac Say écrira de nombreux livres et brochures contre la vivisection, ainsi que sur l’éducation des enfants et la santé : « L’école laïque contre l’enfant », « De Fourier à Godin », » Les bêtes proches de l’homme », « Propos sans égards », etc.

Allez, déconfinez vous, faites les fous, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ornette Coleman au sax…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la santé publique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 09 mars 2021, 19è jour de ventôse dédié au cerfeuil.

A propos de Ornette Coleman.

C’est à New-York que le musicien né au Texas a fait l’essentiel de sa carrière et qu’il est mort à l’âge de 85 ans. En 1959, son album «The Shape of Jazz to come» (La forme du jazz à venir) est considéréColeman-200x300 comme l’un des premiers albums avant-gardiste de l’histoire du jazz. Connu surtout comme saxophoniste alto, Coleman rejetait les notions traditionnelles d’accords et se lançait à la place dans des solos que ses détracteurs considéraient comme chaotiques, mais qui sont devenus un courant dominant du jazz et du rock. Cet album comprend la chanson pleine de passion «Lonely Woman», écrite par Coleman, à propos d’une cliente de la haute société qu’il avait remarquée quand il travaillait dans un magasin à Los Angeles, et qui est, depuis, devenue un standard du jazz (pas la dame, la chanson). « L’idée c’est que deux ou trois personnes peuvent avoir une discussion avec les sons sans essayer de les dominer », déclarait Ornette Coleman dans une interview publiée par «les Inrocks» en 1997 avec le philosophe français Jacques Derrida.

 

Par la suite,  il a souvent enregistré des albums avec son fils denardo Coleman, batteur de jazz, qui fut aussi son manager. Gai, primesautier, timide, réservé, provocateur, voire scandaleux, dynamiteur tranquille, habile compositeur, instrumentiste discuté, admirateur de ChColeman-G-arlie Parker dont il prolonge mais dynamite le style, même pas artiste maudit pourtant tant il se plaît à vivre dans une relative obscurité, il a longtemps suscité jugements contrastés, polémiques, voire agressions physiques. Après cela, les goûts et les couleurs, surtout en matière d’avant-garde, font rarement bon ménage avec les débats sereins et les échanges d’idées apaisés.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à bientôt peut-être