Mujeres libres…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 11 février 2021, 23è jour de pluviôse dédié au Queneauchiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de l’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par exemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Profitez des longues soirées d’hiver pour relire le premier roman de Queneau: « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles !  »

Aujourd’hui, parlons d’une militante anarchiste espagnole, Mercedes Comaposada. Fille de l’écrivain et militant socialiste José Comaposada et compagne depuis 1933 du sculpteur libertaire Baltasar Lobo. Mercédès Camaposada avait commencé à travailler très jeune comme monteuse lucia_sanches_de_saornildans l’industrie du cinéma et avait adhéré au syndicat CNT des spectacles publics. Puis elle avait poursuivi des études à Madrid où elle allait rencontrer V. Orobon et surtout Lucia Sanchez Saornil (ici en photo) avec laquelle elle se lançait très vite dans une campagne pour la libération de la femme. Et puis tiens, avant de poursuivre, pour le plaisir, quelques notes entonnées par Paco Ibanez. « A galopar », merveilleux poème de Rafael Alberti qui devint l’hymne des républicains espagnols. Las tierras, las tierras, las tierras de Espana…

 

Pendant les années de la République elle collaborait à de nombreux titres de la presse libertaire (dont Ruta, Tiempos Nuvos, Umbral, Tierra y Libertad) et en avril 1936, de sa rencontre avec Lucia Sanchez Saornil naît l’idée de créer un groupe de femmes spécifique, au sein du Mercédèsmouvement libertaire. Le groupe « Mujeres Libres » (MM.LL) est créé en avril 1936; mouvement qui a compté plus de 20 000 membres, ainsi que la revue du même nom dont elle allait être rédactrice en chef pendant la guerre. Elle est illustrée par le sculpteur Baltasar LOBO (compagnon de Mercedes). Lorsque éclate la révolution, en juillet 1936, elle se rend à Barcelone et y rejoint un autre groupe de femmes, avec lequel elle travaille à la création d’une fédération nationale. Exilée en France après la guerre civile, elle parvenait avec son compagnon à s’installer à Paris avec l’aide de Pablo Picasso dont elle allait devenir la secrétaire. Dans les années 1960-1970 elle participait aux activités du groupe Mujeres Libres en exil. Mercedes Comaposada est morte à Paris le 11 février 1994.

Et voila pour ce frisquet jeudi, allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

3 commentaires

  1. Jean TIENHAIN

    Il y aurait pourtant tant à dire sur le chiendent…

    Et pas en bien.

  2. Marianne

    Je vous y prends encore ! La jolie milicienne est une anonyme, je ne sais pas si Lucia a jamais porté un fusil. Vous trouvez plusieurs photos d’elle sur Google, il faut les vérifier parce qu’elles peuvent renvoyer à des sites plus généraux (il y a par ex beaucoup de Simone Weil).
    Ça arrive, c’est pas grave ! Merci pour vos billets, toujours sympa à lire.

    • erwandekeramoal

      Zut ! J’étais content d’avoir déniché cette photo d’une belle et mystérieuse militante. Les désirs et les réalités ne font pas forcément bon ménage. Merci pour cette vigilance jamais prise en défaut. On me dit qu’il s’agit de Marina Ginestà immortalisée par le photographe Juan Guzmán sur la terrasse de l’hôtel Colón de Barcelone le 31 août 1936 alors qu’elle n’a que 17 ans.

Répondre à Jean TIENHAIN Annuler la réponse.

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).