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C’était Machin, de Belleville…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la chanson libertaire et du kougloff réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 07 janvier 2021, 18è jour chassin01de Nivôse dédié à la pierre à chaux. N’oubliez pas que c’est un 07 Janvier (2015) que des malades enturbannés massacrèrent l’équipe de Charlie-Hebdo. Oyez chers lecteurs la belle histoire d’un gars pas ordinaire. A la demande générale, j’m’en va vous kaoser d’un p’tit gars de la Butte. Le 07 janvier 1887 (ceci explique cela), naissance d’Henri Chassin à Belleville (Paris). Poète, chansonnier anarchiste et antimilitariste. Décédé le 20 Juillet 1964, il repose au colombarium du Père-Lachaise, case 728.

Cet antimilitariste qui se présentait comme le petit-fils d’un Communard, savait de quoi il parlait. Après sept années passées sous l’uniforme militaire chez les Zouaves, il est envoyé au front en 1914. Refusant de tuer, il déserte,Machin de Belleville mais est repris et envoyé pour cinq ans dans les bataillons disciplinaires d’Afrique à Sidi-Bel-Abbès. Il s’en évade à trois reprises, sans succès, il sera même un temps interné en hôpital psychiatrique. Il était auteur de  poésies et de chansons engagées qu’il chantait dans les cabarets Montmartrois, il interprétait aussi les textes de Gaston Couté et d’Aristide Bruant. Il rejoindra le groupe de « La Vache Enragée » et prendra part aux activités de « La Muse Rouge ». Conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre il était le créateur avec Bernard Salmon, avec qui il avait reformé le groupe des Hydropathes, des taste-fessesmatinées du « Tire Bouchon ». Il était également le président des Sauvagistes et des amis de Gaston Couté. On retrouve son nom dans l’annuaire de la confrérie des chevaliers du taste-fesses: Membre fondateur, doyen d’âge, triumvir du club des hydropathes et de l’aquadémie de Montmartre. Il est vrai qu’il est en bonne compagnie puisque on y trouve aussi, Boris Vian, Léo Campion, Jean Rigaux, et tant d’autres joyeux drilles. En 1927, il publiera un recueil de ses poésies « Machin de Belleville » et en 1933 il sera initié à la franc-maçonnerie à la loge Agni du Grand Orient de France à Paris.

Sacré bonhomme, on va lui faire une place dans notre galerie de portraits. Allez, merci de la visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le style & la marnière…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de L’Espagne éternelle et de la Fabada Asturiana réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 06 janvier 2021 et, si j’en juge par mon calendrier républicain, cela correspond au 17è jour de Nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec la Marne et ses taxis. On dit que la marne fut extraite comme marnièrematériau de construction dès que les outils en métal furent connus. On trouve (semble t-il) son origine dans le vieux gaulois Marga écrivait Alain Rey, mais aussi dans le breton merl, qui a donné par emprunt maërl. En néerlandais mergel, en allemand aussi Mergel (peut-être également Merkel). C’est amusant ça; depuis le temps qu’elle nous fait marner. Peut-être comme moi vous êtes vous interrogé un jour sur la raison qui poussait les paysans à conserver un arbre tout seul isolément au beau milieu d’un immense champ. Et bien, les anciennes marnières étaient souvent souterraines et disséminées. Après usage elles ont été rebouchées, leurs emplacements étant seulement repérés par des arbres; étonnant, non!

Et voila, je fais court car je tente, désespérément, de réparer un bug qui m’empêche d’intégrer les vidéos sur mes billets. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

Amis de l’anarchisme éclairé et de la patate douce réunis, bonjour ! Ça file à une allure, j’vous dis pas. Nous voici déjà le Mardi 05 du mois de janvier 2021, qui est le 16è jour de Nivôse dédié au silex; de quoi allumer le feu car il ne fait pas chaud. Mais, comme disait mon aïeule, c’est normal, à la saint Simon, la neige et le tison…

En Bretagne c’est la saint Konvoïon, premier higoumène (abbé) de l’abbaye de saint sauveur de Redon. Il fut le conseiller de Nominoë quand celui-ci décida de ne plus faire allégeance à Charles le chauve vers 840. Quelques années plus tard, Nominoë remporta la célèbre bataille deNominoe Ballon face aux troupes Franques du même chauve qui y trouva pourtant de quoi se faire des cheveux… Oyez ce qu’en disait Albert Le Grand dans sa Vie des saints d’Armorique (1636). Son Pere s’apelloit Conon, Senateur, homme de grande autorité et credit dans le païs, descendu de la race des parens de St. Melaine, Evesque de Rennes. Il nasquit en la paroisse de Comblessac (35) prés la Ville-de-Guer, Diocese d’Aleth, à present S. Malo, où ayant passé les années de son enfance, il fut envoyé à Vennes, lors une des plus renommées & florissantes Villes de Bretagne, à cause que les Lieutenants de l’Empereur Louys le Debonnaire (qui dés l’an 817 avoit mis les Bretons en son obeïssance, ayant assisté en propre personne aux Estats) y demeuroient avec leur Cour ; là il étudia aux Humanitez, Philosophie & Theologie, menant une vie modeste & exemplaire, s’éloignant des occasions d’offenser Dieu, fuyant les compagnies vicieuses, s’adonnant à l’Oraison, lecture des saints Livres & à aprendre le Chant pour servir à l’Eglise.

https://youtu.be/Vakk4Rey7m0

Bref, vous l’aviez compris, déjà à l’époque, le sabre et le goupillon s’entendaient comme larrons en foire pour berner le manant. Allez, portez vous bien, je m’en va faire mon bois et à bientôt peut-être.

Prison 101…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la neige en hiver et du Picon-bière réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 04 Janvier 2020 qui correspond au quinzième jour de Nivôse dédié au lapin. En vérité, j’ai dagobertbien failli vous en poser un car je ne sais fichtrement pas de quoi je vais vous entretenir. Les fêtes sont derrière nous, l’actualité ne m’inspire guère et, rien à glander today au club des métaphores comme le disait Léo Ferré. Ah, le métier d’échotier n’est pas une sinécure madame Michu ! J’en connais qui vont fêter les Madeg. Madeg était un compagnon de Gwenneg. On suppose qu’il était l’un des nombreux frères du roi Judikael (roi des bretons qui fut soumis à l’allégeance par le bon roi Dagobert).

Or donc, amis lecteurs, de quoi donc vais-je « kaoser » ? Une fois que l’on a dit tout le bien que l’on pensait de ceux qui nous gouvernent; pesté contre les augmentations; vitupéré contre les brigands qui sont causes des guerres; accablé les mollahs, les rabbins, les curés, les pasteurs; asticoté les banquiers; étrillé les philosophes bleu cobaltGermanopratins; asticoté les pseudo-socialistes; vilipendé les pollueurs; asticoté les patrons du CAC 40; blasphémé envers Allah, Jésus,Vishnu, leurs prophètes et tous les saints; dénoncé les républiques bananières; pleuré sur la retraite des vieux; récriminé la-justice-de-mon-pays; tergiversé sur le bien fondé du vaccin pour tous; regretté le bon vieux temps d’avant que c’était mieux… Que reste t-il pour alimenter un blogue qui se veut quotidien sinon la poésie. Certains d’entre vous se souviennent peut-être de Annkrist et de son bleu cobalt, artiste d’origine brestoise, qui interprète ici Prison 101. Ce disque a été enregistré en 1975 je crois, c’est du blues à la mode bretonne.

https://youtu.be/4N3aoap785s

Allez, portez vous bien, gardez vos distances et à bientôt peut-être.

Je hais le Nouvel An…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, Non classé

Amis de la charité bien ordonnée et du café-cognac réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 02 janvier 2020, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise, maen-glas en breton. On me dit que notre Préfet à la large caricaturecasquette (Lallement) n’a pas hésité à inscrire une citation de Léon Trotsky, fondateur de l’Armée rouge, sur la carte envoyée à ses relations pour leur souhaiter la bonne année: «Je suis profondément convaincu, et les corbeaux auront beau croasser, que nous créerons par nos efforts communs l’ordre nécessaire. Sachez seulement et souvenez-vous bien que, sans cela, la faillite et le naufrage sont inévitables ». Pour ma part, n’ayant pas trop le cœur à l’ouvrage, j’ai convoqué le camarade Gramsci pour vous parler du nouvel an…

« Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette Gramsci-2-ses erreurs etc. etc. C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser gramsci-533x421quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. Voilà pourquoi je déteste le Gramsci-3-nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant. » (Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier Favier.

Voilà pour débuter l’année. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.