La rose et le lapin…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis du cinématographe et du pop-corn réunis, bonjour ! Nous voici le Samedi 30 janvier de l’an 2021 et nos amis républicains dans leur grande sagesse et leur petit calendrier avaient dédié ce jour à rose de Noëll’hellébore. L’helléborus niger, encore nommée « rose de Noël » tient son appellation d’une jolie légende que je m’en vais vous conter ici. Nous voici au cœur de la nuit qui vit la naissance du petit Jésus. Madelon, une bergère gardant ses moutons, voit une caravane de bergers et Rois Mages traverser son champ enneigé pour aller offrir leurs cadeaux au nouveau-né. La pauvrette se dit in petto: Tiens, le Paris-Dakar est plus tôt cette année… N’ayant rien à offrir, elle se met à pleurer. Un ange qui appartenait au comité de course voit ses larmes sur la neige, les effleure et fait éclore son cadeau, une fleur blanche ombrée de rose : la rose de Noël. C’est pas beautiful ça !

Au Moyen-Âge encore, la plante se nommait aussi Aliboron, terme de l’ancien français issu lui-même du grec elleboros, folie. L’ellébore porte le nom d’anticyricón, notamment chez  Dioscoride. Dans la Rome antique,Boronali le proverbe mettre le cap sur Antycire signifiait montrer des signes de folie; on retrouve ce proverbe chez Horace. Considérée comme un remède universel contre la folie dès l’Antiquité, aliboron a pu être associé au nom de maistre pour désigner le médecin, puis le savant et enfin l’âne ou le « maître Aliboron », personnage ridicule car se mêlant de tout. Aliboron a aussi donné son nom, par anagramme interposé, à un peintre qui défraya la chronique: Boronali fut célèbre au début du XXe siècle, bien que n’ayant jamais peint qu’une seule toile… Mais auparavant, un tour à Montmartre avec Georges Chelon.

 


Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l’Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre né à Gênes ». En raison du caractère abstrait de cette peinture, les critiques s’enthousiasment et l’affaire fait grand bruit, jusqu’au jour où lapin-à-Gille journal Le Matin reçoit la visite de l’écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d’huissier à l’appui, que l’auteur se nomme en fait « Lolo », et qu’il est l’âne du patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la butte Montmartre. Sur la photo à droite, le « Père Frédé » et son âne Lolo. Boronali est l’anagramme d’Aliboron, le nom donné à l’âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, avec deux amis peintres, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal qui devint ainsi la vedette du Salon. Et la toile s’est vendue 400 francs… Le fameux cabaret lui, il doit son nom au caricaturiste André Gill qui imagina comme enseigne, un lapin bondissant hors de la casserole. Par jeux de mots, le lapin à Gill devint le lapin agile. L’original de l’enseigne est conservé au musée de Montmartre.

Et voilà, on cause, on cause et on ne sait plus très bien où cela nous entraîne. En tous cas, c’est sympa à vous d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

2 commentaires

  1. Jean TIENHAIN

    Sans vouloir faire le chieur, je crois que la photo de plante ne correspond pas à celle ci-dessus citée…

  2. pierrot13

    Le fameux établissement « Le lapin agile » est situé sur la descente nord de la butte Montmartre juste à côté de la célèbre vigne de quelques 2200 pieds qui réunit dans la joie et ka gaité quelques vendangeurs tous les ans à l’automne.
    Pour faire un petit clin d’œil au lieu, les poignées de la porte de ladite vigne sont d’un côte une bouteille et de l’autre un tire-bouchon.

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