Vous lisez actuellement les articles publié le décembre 14th, 2020

Page 1 de 1

Vous en connaissez vous des Odiern…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du patrimoine et des ormeaux poêlés réunis, bonjour ! Nous sommes le Lundi 14 décembre 2020, 24è jour de frimaire dédié à l’oseille…

Savez vous qu’aujourd’hui, le prénom qui est à la fête est celui d’ Audierne. Certes il n’est plus guère usité mais, il fut un temps… Notre petit port de pêche du Sud-Finistère tient en effet son nom d’un audierneprénom. Oyez donc son histoire. Il y a fort longtemps, bien avant le brexit, débarquent les Bretons d’ Angleterre : en témoignent encore les « plou » et les « tre » si nombreux de nos toponymes actuels. Au XI e siècle, la tempête normande passée, un terme nouveau se répand en Bretagne : le « Ker » ou « Kar » venus du Gallois « Kaer », la forteresse. Il désigne une petite agglomération. A la même époque, un prénom féminin fait un véritable succès : Audierne (primitivement Hodierna). En l’an 1050, la première abbesse de Locmaria porte le nom d’ Hodiern.(A gauche, le marché aux poissons du temps de mon aïeule) « Kaer Hodiern » apparaît par écrit à Esquibien en 1294.

Désormais le « Treff an Goezien » du VII è siècle affronte la nouvelle appellation « Audierne ». C’est là le signe d’une certaine mésentente entre agriculteurs de la paroisse mère d’ Esquibien et tréviens, tenants de la vie et de l’activité portuaire. En 1410, Dom Morice écrit  « Enquête faite sur les chartes de coutume ou d’imposition du port de Goezian que d’aucuns appellent Odierne ». Dès 1321, on relève avec surprise dans l’Atlas du Vénitien Pétrus Vesconte « le-Goyen-Odierna » et sur une le-Goyencarte hollandaise de 1580 « Odjern ». Les voyageurs étrangers semblent ignorer le terme « Goazien ». La Révolution mettra un terme aux difficultés en 1793 en séparant Audierne de sa mère, Esquibien, comme Tréboul de Poullan ou bien d’autres trêves encore de leur paroisse-mère. Sources: Amédée Guiard. L’étymologie est la même pour Alderney (Aurigny) ile anglo-normande. A Audierne s’achève les méandres du Goyen qui donna son nom à la ville en breton Gwaien et sa magnifique ria, fameuse pour ses huitres, aussi goûtées que celles du Belon quoique fort méconnues. En breton stêr Gwaien, c’est à dire, la rivière d’Audierne. Photo de droite.

Or donc, si vous confinez loin des remonte-pentes, faites un détour par le Cap-Sizun qui mérite largement votre visite. Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.