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Un Navarro peut en cacher un autre…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la zénitude affichée et du crabe mayo réunis, bonjour ! Cette fois ci on y est, Vendredi 06 septembre 2019, autant dire le 20 de fructidor et c’est le jour de la hotte; ne me demandez pas pourquoi. Aujourd’hui, si le coeur vous en dit, vous pouvez fêter les Onésiphore, qui 53.+_onesiphorus_apostlefut évêque de Colophon et de Cyrène. Je précise que Onésiphore c’est juste son prénom et non une moquerie visant son appendice nasal. C’était un pote à Saint Paul qui lui même était grossiste en artichauts du côté d’Ephèse avant de s’installer définitivement en Bretagne d’où la cité légumière qui lui doit son nom: Saint pol de Léon… A la saint Onésiphore, la sève s’endort répétait mon aïeule qui en connaissait un rayon. L’heure est venue de ranger les tongs et le bob Ricard et de se présenter au rapport.

https://youtu.be/uIrMwCv-xfc

Tiens, connaissez vous Benito Milla Navarro ? Militant anarchiste né un 06 septembre à Villena -Alicante). Dès juillet 1936 il intègre la colonne Durruti et collabore à sobenitomilla01n organe de presse « El Frente » puis il retourne à Barcelone comme responsable du journal des jeunesses libertaires. Réfugié en France il passe par différents camps de concentration (vous savez, France terre d’asile…) En 1949 il émigre en Uruguay à Montévidéo où il fonde plusieurs revues et une importante maison d’éditions. En 68 il se fixe au Vénézuela où là encore il édite de nombreux ouvrages. Il rentrera à Barcelone où il décèdera le 22 décembre 1987. A ne pas confondre avec Fats Navarro, trompettiste de talent, pour ne pas dire de génie, et qui illustre ce billet.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Quand on voit c’qu’on voit…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de l’égalité des sexes et des sœurs Tatin réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 05 Septembre 2019, 19è jour de Fructidor dédié à la Tagette.

Ces jours ci, le gouvernement fait grand bruit autour de la question des féminicides. On parle de Grenelle, de grande cause nationale, bref, on va voir c’qu’on va voir. Féminicide ! Encore un mot valise dont s’emparent les médias. C’est tendance coco; c’est comme homophobie, les ultrasou islamophobie, c’est mode. De mon temps, comme dit l’autre, le mot phobie désignait une peur irrationnelle: agoraphobie, claustrophobie, etc. Aujourd’hui, on suspend un match de fouteballe au motif que des slogans homophobes parcourent les gradins. Mais que je sache, on parle de haine, de rejet, d’exécration; qu’est-ce que la phobie vient faire la dedans ? C’est d’autant plus affligeant que le terme Homo provient du grec « homoios » signifiant « semblable » et non, selon la croyance répandue, du latin « homo » signifiant « homme ». Phobie vient lui aussi du Grec phobos, signifiant crainte. L’homophobie serait donc, textuellement: la peur de son semblable. Et pan, sur les bas du front qui alimentent les cohortes de supporteurs décérébrés.

De la Grèce à l’Olympe, il n’y a qu’un pas…

Le 5 septembre 1791, Olympe de Gouges présentait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Ce texte devait être présenté à l’assemblée Nationale le 28 octobre de la même année. Ainsi se voyait dénoncé le fait que la révolution oubliait les femmes dans son projet de Olympe-D-liberté et d’égalité.  La phrase la plus célèbre de sa Déclaration est : « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Cette Déclaration restera sans valeur légale car ce projet fut refusé par la Convention à laquelle elle avait été proposée et restera à l’état de projet. D’une part, elle n’a paru qu’en cinq exemplaires et a été politiquement complètement ignorée tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. » Il faut attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soient publiés, et l’intégralité du texte ne l’a été qu’en 1986, par Benoîte Groult.

Allez, c’est la rentrée et, je vous l’avais dit, le soleil est à nouveau au dessus de nos têtes…Vivement l’hiver ! En attendant, soyez remercié de votre visite, portez vous bien et à bientôt peut-être.

En sortant de l’école…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la pédagogie non-directive et des limitations de vitesse réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 04 Septembre 2019, dix huitième jour de Fructidor dédié au Nerprun, famille des rhamnacées dans laquelle on trouve aussi la Bourdaine dont le butinage permet la fabrication d’une lichouserie locale particulièrement appréciée des connaisseurs (dont vôtre serviteur): le miel de Bourdaine.

Aujourd’hui, pour marquer cette rentrée, je voudrais vous dire un mot de Victorine Brocher, institutrice, qui vit le jour à Paris un O4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites victorine avec louise et Paule Minktranquilles ». Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière. Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans. Ici en compagnie de Louise Michel et Paule Mink.

De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genève à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscritsLouise de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés. En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante.

C‘est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée… Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien, et à bientôt peut-être.

Every days…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

Amis de la mécanique des fluides et de la Motobécane (la bleue) réunies, bonjour ! Nous sommes le Mardi 03 Septembre 2019, 17è jour de Fructidor dédié à la Cardère. (Si tu ne viens pas à la Cardère…) en cardere-venise-verte-300x225vérité, il s’agit d’une plante bisannuelle, de 70 cm à 1,5 m de haut. Les feuilles opposées par paires le long de la tige sont soudées par leur base deux à deux et forment une cuvette dans laquelle l’eau de pluie peut s’accumuler, d’où le nom vernaculaire de « cabaret des oiseaux ». Cette racine pourrait aider à soigner la maladie de Lyme. Bien que peu connu, ce remède semblerait fonctionner. Pour cela, il est conseillé de mettre la racine dans de la vodka, et de prendre 3 gouttes matin, midi et soir pendant un mois, puis de continuer 3 jours par mois pendant un an.

Reprenons notre tour d’horizon des grands musiciens de jazz et aujourd’hui, coup de chapeau à Memphis SLIM. De son vrai nom, John Len Chatman, il est né un 3 septembre en 1915. J’ai eu le bonheur de l’entendre à la fin des années soixante, c’était « aux trois mailletz », club de jazz du quartier St Michel à Paris et qui a vu passer les plus grands,Memphis une vraie cave comme on n’en fait plus. Il s’est fait d’abord connaître sous le nom de Peter Chatman et ce n’est que bien plus tard qu’il a choisit le pseudonyme de Memphis Slim, nom de la ville d’où il est originaire. Il commence à jouer du piano dans les années 1920 avant de partir pour Chicago où il rencontre Willie Dixon. C’est après une tournée en Europe qu’il s’installe à Paris. On lui doit près de 300 albums mais j’avoue que j’ai un faible pour every days i have the blues

https://youtu.be/LQFisTkXC48

L‘auteur-illustrateur Jean Claverie a dédié à Memphis Slim les deux livres pour enfants qu’il a cLittle-lou-route-du-sudonsacré au blues, Little Lou (1990) et La route du sud (2003), s’inspirant de lui pour son personnage de petit pianiste. Memphis Slim a préfacé le premier d’entre eux mais est mort avant d’avoir pu voir le livre terminé. On a souvent dit que le jazz de Memphis Slim était un peu trop sage, trop « propre sur soi », c’est peu être pour cela que notre ministre perpétuel de la culture, Jack Lang, l’a décoré de l’ordre des arts et des lettres. Le caveau de la Huchette, les trois mailletz, belle époque où l’on pouvait écouter de la bonne musique en buvant un coup et en fumant un clope…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Poètes, vos papiers !

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis de la poésie et du chinchard fumé réunis, bonjour! Nous sommes le Lundi 02 Septembre 2019, seizième jour de Fructidor dans le calendrier républicain, officiellement dédié au citron .

Si j’évoque la poésie, c’est en pensant à l’auteur du Spleen de Paris, mort il y a 150 ans (et des poussières). Maudit de son vivant, « le prince des charognes » est aujourd’hui béni par la postérité. Un siècle et demi après sa mort, le poète dissident s’est fait classique, porté par des vers toujours sublimes. Hier, alors que tous, symbolistes, baudelaire-D-parnassiens, décadentistes et jeunes lettrés se réclamaient de ses racines malades, hier, Baudelaire était honni pour la beauté méphistophélique de ses vers. Les fleurs du mal. Ce livre a accompagné mes errances adolescentes; c’est vous dire que cela ne date pas d’hier. Je trouve qu’il n’a pas perdu une miette de sa modernité. Sa préface déjà était prémonitoire : « Malgré les secours que quelques cuistres célèbres ont apportés à la sottise naturelle de l’homme… Ce monde a acquis une épaisseur de vulgarité qui donne au mépris de l’homme spirituel la violence d’une passion. » En 1857, Les Fleurs du Mal attire l’anathème sur son auteur. Un original de 36 ans, encore inconnu du grand public mais réputé baudelaire-G-dans le sérail poétique pour son physique «bizarre» ou ce que nommeront les frères Goncourt, dans un portrait savamment passé au vitriol, «une toilette de guillotine». Lui, le prince des nuées exilé sur le sol au milieu des huées est accusé «d’ériger, selon le critique Ferdinand Brunetière, en exemple la débauche et l’immoralité». Il est condamné, ainsi que ses éditeurs, pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs.  Il faudra attendre 1949 pour que ses poèmes lascifs soient enfin réhabilités. Et autant d’années pour que l’un des plus grands poètes du XIXe siècle soit enfin lavé de sa disgrâce. Trop tard !

Sacré Charles, il donne pas vraiment envie de danser la gigue. Tiens, je vais me repasser Patrick Topaloff… Portez vous bien et à bientôt peut-être.