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Roundup is good for you…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’universalisme et du double cheese-burger réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 02 juillet 2016, 14è jour de messidor et c’est la lavande qui est à l’honneur dans le calendrier républicain. L’actualité est dense cette semaine, la chienlit en Turquie, la pluie qui n’en finit efsa-glyphosatepas de faire des claquettes, le Brexit, le prix des langoustines, l’Euro de foot, le départ du tour de France, Wimbledon, les campagnes électorales de ceux qui ne sont pas candidats, un nouveau sursis pour le glyphosate, et surtout, surtout, cette mesure prévue par la proposition de loi sur l’eau et portée par le député costarmoricain Michel Lesage: des douches publiques dans toutes les communes de plus de 15 000 habitants…

Le calendrier breton nous invite à fêter St Luner qui aurait laissé son nom à la commune de Saint-Lunaire. Saint-Lunaire est blottie entre la lunaire4rivière Crévelin et la pointe du Décollé. Cette ancienne cité fondée au 6ème siècle par le Saint du même nom devint à la fin du 19ème siècle une véritable station balnéaire. C’est vers 1890 qu’un riche Haïtien, Sylla Laraque, tenta de faire de l’ombre à sa prestigieuse voisine Dinard. Il n’y réussit pas … Il reste toutefois de cette époque de superbes maisons construites pour de riches résidents. N’ayant pas de vocation maritime, les habitants du village restèrent longtemps tournés vers les terres. Cela explique les quelques traces d’un passé déjà lointain que l’on y trouve, telle une ancienne allée couverte (à la Plate-Roche) datant de 3500 ans avant l’ère chrétienne. Elle s’est effondLa_Vallée_des_Saints_-_statues_Carnoët_22rée au début du 20ème siècle. Disloquée parmi les herbes folles, entre un terrain de sports et un lotissement résidentiel, à l’ombre d’une arbre centenaire, elle passe inaperçue et la plupart des habitants du quartier ignorent même ce que représentent ces blocs de granit éparpillés ! La vieille église fut construite au 11ème siècle, sur les ruines du couvent fondé par Lunaire au 6ème siècle. Partant du choeur de l’édifice, un souterrain, dont la construction a été attribuée à Lunaire, menait jusqu’à la Pointe du Décollé. Il s’est effondré après le dernier conflit mondial. Sources: docarmor. Aujourd’hui la statue du saint homme imaginée et réalisée par Olivier Lévêque trône en bonne place dans la vallée des saints à Carnoët.

Bon ben oui, c’est les vacances, le cénobite reprend du service à l’office du tourisme. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Gymnopédies…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de la libre pensée et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 1er juillet 2016 c’est à dire le 13 de Messidor, jour habituellement consacré à la giroflée et non pas au clou de girofle comme voudrait nous le faire croire quelques arracheurs de dent.

Et l’homme du jour est Alfred-Erik Leslie-Satie, né à Honfleur le 17 mai 1866 — mort à Paris, le 1er juillet 1925. Il passe son enfance à Honfleur. Après le décès de sa mère, il est élevé par ses grands-parents et prend des cours d’orgue avec un oncle. En 1879-1886, il rejoint son père, courtier maritime, à Paris, sa mère était écossaise. Il entre au Satie 02conservatoire de Paris et suit les cours de Decombes, Taudou, Mathias, peut-être de Lavignac. En 1886, il compose Ogives, pour le piano. À partir de 1887, il adopte la vie Montmartroise. Les Trois Gymnopédies datent de 1888, les Trois Gnossiennes de 1890. De 1891 à 1895, il connaît une période assez énigmatique d’adhésion au mouvement de la Rose-Croix de Josephin Péladan (voir mon billet du 28 mars 2010) qui porte le titre de « Sâr ». Ce qui fit dire à Pierre DAC : «le sâr dine à l’huile !» En 1891, il compose les Trois Préludes du Fils des étoiles « wagnerie kaldéenne » sur un texte de Péladan. On fera de cette œuvre une source d’inspiration de Pelléas de Debussy. A gauche, son portrait par Suzanne Valadon, qui fut sa compagne et qui donna naissance au futur Utrillo… Voici une « invitation à danser » sur des images du vieux Paris.

En 1892-1893, il compose les Sonneries de la Rose-Croix et les Danses gothiques et en 1895, la Messe des Pauvres pour chœur et orgue. Il s’engage comme pianiste dans des cabarets de Montmartre, puis Satie droites’installe à Arcueil vers 1898. En1905 il entre à la Schola Cantorum, et suit des études de composition et de contrepoint avec Vincent d’Indy, Roussel et Sérieyx. Vers 1910, il se rapproche de novateurs comme Diaghilev, Picasso, Cocteau. Il compose Socrate, certainement son chef-d’œuvre en 1918. En 1924, Relâche « ballet instantanéiste », sur un argument de Francis Picabia, avec un intermède cinématographique de René Clair ( Entracte), une chorégraphie de Jean Borlin, avec les Ballets suédois de Rolph de Maré. La même année on donne Mercure, dans des décors de Picasso et avec une chorégraphie de Massine. Alphonse Allais, lui, le nomme « Esotérik Satie ». Faut-il rappeler qu’il fut membre du collège de pataphysique.

Satie fait figure de proue de l’Avant-garde et deux groupes se recommandent de son autorité. Le Groupe des Six et l’ École d’Arcueil. Engagé dans la vie sociale, il collecte des fonds et organise des goûters pour les enfants déshérités. Il écrits plusieurs articles pour le journal l’Humanité, mais estime que ses camarades Bolchéviks ne valent pas mieux que les bourgeois. Lui qui était entouré de tant d’amis, il fréquenta aussi bien Picasso que Picabia, Debussy et man Ray, André Breton et Duchamp, vivait dans une extrème précarité. lorsque, à sa santiago_rusic3b1ol_-_portrait_erik_satie_jouant_lharmoniummort, ses amis pénétrèrent dans son studio d’Arcueil, auquel Satie refusait l’accès à quiconque, ils y trouvèrent deux pianos complètement désaccordés et attachés ensemble, remplis de correspondances non ouvertes (auxquelles il avait toutefois en partie répondu) et derrière lesquels ont été retrouvées un certain nombre de partitions jusqu’alors inédites, comme celle de Geneviève de Brabant qu’il pensait avoir perdue.(A gauche un portrait signé Santiago Rusiñol) Dans un placard, une collection de parapluies et de faux-cols. Et dans l’armoire, des costumes de velours gris identiques au sempiternel costume que Satie portait toujours : il les avait fait faire d’avance et en prenait un nouveau lorsque le précédent commençait à être trop usé. L’état du studio révélait la pauvreté dans laquelle avait vécu Satie : ne pouvant vivre de ses talents de musicien, il ne se plaignait toutefois pas ou très peu. Quant à demander une aide financière à ses proches, c’était chose encore plus rare et plus difficile pour lui.

Allez, débutons ce mois de juillet en musique, portez vous bien et à demain peut-être.