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La Mahknovtchina…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Nous sommes le dimanche 31 mai 2015, 12è jour de Prairial dédié à la Bétoine; et non pas l’abbé Toine comme le suggère madame Michu. La bétoine jouissait dans l’antiquité d’une réputation prestigieuse qui lui conférait des pouvoirs magiques bétoine(on la disait capable de chasser les mauvais esprits; c’est dire si elle aurait du boulot aujourd’hui) et faisait d’elle un remède quasi universel. Le nom bétoine est dérivé de celui d’un peuple ibérique, les Vettones, qui utilisa cette plante dont la réputation s’est maintenue jusqu’au Moyen-Âge et au delà. On utilisait autrefois les feuilles séchées de cette plante comme du tabac à priser ou comme substitut du thé ; les jeunes pousses sont consommables en salade avec modération. Personnellement, je ne m’y risquerais pas…

Le 31 mai 2004, mort d’Etienne (Esteva) RODA GIL à Paris.
Militant anarchiste et anarcho-syndicaliste. Auteur compositeur, parolier de talent et écrivain. Fils du militant libertaire espagnol Antonio Roda Vallés et Leonor Gil Garcia. Esteva (francisé en Etienne) est né le 1er août 1941 au camp d’internement de Septfonds (près de Montauban, Tarn-et-Garonne) où ses parents étaient détenus. Au début des roda_gil_etienneannées 50, la famille Roda Gil vient se fixer en région parisienne à Antony (Hauts-de-Seine). Après des études au Lycée Henri IV, Etienne est convoqué en 1959 pour aller faire son service militaire en Algérie. Il décide alors de partir pour l’Angleterre et, faisant valoir son statut d’étudiant, obtient finalement un sursis. A son retour en France, il travaille un temps comme professeur d’espagnol puis comme visiteur médical pour un laboratoire pharmaceutique.
Il milite au sein du Mouvement Libertaire Espagnol, en exil en France, et particulièrement à la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires (FIJL). Durant l’été 1963, il prend une part très active à la campagne de soutien aux compagnons Joaquín Delgado et Francisco Granado (qui seront finalement garottés à Madrid le 17 août 1963.)

Dans les années 1966-1967, tout en fréquentant les réunions de l’Internationale Situationniste, Etienne sera l’un des fondateurs avec Michel Frantz des Jeunesses anarchistes communistes (JAC). Répétiteur d’espagnol à la Sorbonne, Etienne fréquente le café « L’Ecritoire » où se réunissent les militants de la JAC du quartier latin et le petit groupe anarchiste du Lycée Louis-le-Grand. C’est à « ’Ecritoire » qu’Etienne, qui écrivait depuis l’adolescence, rencontre le chanteur Julien Clerc, dont il allait devenir le parolier.
Il participe activement aux évènements de Mai 68, et notamment à la nuit des barricades, le 10 mai, faisant partie des derniers défenseurs de la rue Thouin près de la Contrescarpe. Il tentera ensuite de relancer la CNT(Française) et participera, notamment avec Roger Veinante, à la fondation Etienne Roda-Gildes Jeunesses syndicalistes révolutionnaires (JSR) qui publièrent le journal « Action Directe ». Engagé chez Pathé Marconi, Etienne n’allait plus cesser d’affirmer ses talents d’auteur compositeur et de parolier pour un très grand nombre de chanteurs et chanteuses de variétés dont Julien Clerc, Mort Shuman, Angelo Branduardi, Barbara, Vanessa Paradis, Claude François, Malicorne, Johnny Hallyday, Juliette Greco, etc.
Malgré sa notoriété, il ne cessera d’aider le mouvement libertaire espagnol et français, tant par une participation à l’organisation de galas de soutien que par des souscriptions (la plupart du temps de manière anonyme). Il aida également au financement de plusieurs réalisations du mouvement libertaire telles l’édition de livres ou de films (Otro futuro) et aussi, notamment avec Guy Debord et Raoul Vaneigem, à la réalisation du disque de chansons détournées « Pour en finir avec le travail » (1974) où il est l’auteur de l’hymne à « la Makhnovtchina » ci-dessus en vidéo. Il meurt à Paris le 31 mai 2004 des suites d’une congestion cérébrale. Sources: Ephémérides anarchistes

Allez, encore merci de faire le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être.