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Le parti d’en rire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis de l’hypothypose et des spaghetti alle vongole réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 08 février 2015, 20è jour de pluviôse dédié à la serpette. Ici, en Finistère, ce serait plutôt le jour de la serpillère, histoire de limiter un peu les effets du coup de tabac des jours passés.

Je vous invite, avec un jour d’avance, à vous joindre à moi pour saluer comme il se doit, l’homme du jour, du mois, du siècle: Pierre DAC. En effet, comment ne pas marquer pierre Dacl’anniversaire de la mort de ce maître à penser, disparu un 9 février en 1975. Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. Ses citations sont devenues quasi proverbiales et, personnellement, je ne m’en lasse pas.
Après avoir débuté en 1922 à La vache enragée, à Montmartre, Pierre Dac se fait connaître dans les années 1930 à la radio sur le Poste Parisien et anime dès 1936 La Course au trésor : il s’agit de trouver un objet dans des conditions rocambolesques. Sur Radio-cité, l’émission légendaire La Société des loufoques sera reprise dans son journal L’ Os à moelle.

Il s’engage par la suite dans la résistance, se réfugiant à Londres, il va devenir « la voix de la France » en 1943-1944, dans l’émission sur la BBC Les Français parlent aux Français. Ses émissions sont un prélude à la carrière qu’il fera avec Francis Blanche. Il crée alors le Parti d’en rire (1949) puis le MOU mouvement ondulatoire unifié avec Jean Yanne et Goscinny l'os à moelledont le slogan était: Les temps sont durs, vive le MOU. ces initiatives le conduisent à être candidat à la présidence de la République quelques années avant Coluche. Il s’est également lancé dans l’écriture de romans parodiques comme Du côté d’ailleurs … (1953), Les Pédicures de l’âme en 1974. Information méconnue du public, Pierre Dac s’avère être le précurseur du faux journal télévisé. A la libération, il est reçu Franc maçon à la grande loge de France, il y restera jusqu’en 1952. Plus tard, il rédigera une parodie sur les rites maçonnique.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Audren où vont les choses…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la généalogie et des enfants de Marie réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 07 février 2015 qui nous renvoie au 19è jour de pluviôse que nos amis républicains ont eu la bonne idée de dédier à la pulmonaire, alors… Attention les bronches. Ceuxl'écho de la mode qui le souhaitent peuvent célébrer les AODREN (Audren). La légende en fait le fils du roi Breton Salaun (Salomon) ce qui est peu probable car ce dernier régna quelques siècles plus tard. Aodren a malgré tout laissé son nom à la charmante petite cité de caractère Chatelaudren ((castell Aodren) bien connu pour avoir abrité pendant des décennies l’imprimerie du non moins fameux Petit Echo de la mode très prisé dans les milieux populaires car à chaque numéro, ont pouvait y découper un patron.

Voici ce que l’on peut lire sur le site dédié de Marikavel:  » Cette ville tire son nom du château bâti vers 447 par Audren , fils de Salomon, quatrième roi de Bretagne, fils aîné de Salomon I er. Ce prince monta sur le trône l’an 445; peu après son couronnement, il fit élever le château de son nom, auprès duquel on construisit des maisons qui formèrent dans la suite une petite ville, qui depuis a toujours porté le nom de Châtelaudren, et fut réunie au comté de Guingamp, dont la seigneurie passa dans la maison de Penthièvre, par le mariage grotesque-chatelaudren[2]de l’héritière de ce comté, qui épousa, en 1034, Etienne de Bretagne, fils du comte Eudon, frère du duc Alain IV. Après ce mariage, Etienne prit le nom d’Etienne de Penthièvre, et la seigneurie de Châtelaudren devint le chef-lieu du comté de Goelo et de la baronnie d’Avaugour, située dans la paroisse de Plesidy. En 1420, le château de cette ville fut démoli par ordre du duc Jean V, qui fit encore raser plusieurs autres places qui appartenaient aux seigneurs de Penthièvre, pour les punir d’avoir osé attenter à ses jours, l’arrêter et renfermer, le 13 février 1419, dans leur château de Chantoceaux, à cinq lieues de Nantes. Ce fut par cette démolition qu’on apprit qu’Audren, roi de Bretagne, était le fondateur de la ville dont nous parlons. On y trouva plusieurs pierres sur lesquelles ce fait était écrit et énoncé très-clairement. (Les amateurs d’art religieux peuvent visiter la chapelle Notre-Dame-du-tertre qui offre au regard du visiteur cet étrange et singulier grotesque bois du XVè – photo de gauche). Audren mourut, l’an 464, dans la soixantième année de son âge et la dix-neuvième de son règne. »

 

Or Salomon, fils de Riwallon fut roi de Bretagne de 857 à 874 non sans avoir précédemment assassiné Erispoë qui projetait un rapprochement avec Charles le chauve.. Aodren pour ce qui le concerne vécut semble t-il au milieu du Vè siècle et se fit remarquer par ses luttes contre les Huns et les Saxons. Son père était sans doute Salomon 1er, un chef de guerre assietteArmoricain mais que l’on ne peut pas considérer comme roi ou duc, le premier étant Erispoë successeur de Nominoë vers 850. On peut lire le livre de:André Chédeville, Hubert Guillotel, La Bretagne des saints et des rois (Ve-Xe siècle), Editions Ouest-France, Rennes, 2003. ( A droite, une magnifique céramique de la manufacture de Creil, représentant le couronnement d’Erispoë.) Voilà pour la petite histoire qui ne devrait pas vous empêcher de réserver une petite visite à Chatelaudren où l’imprimerie est aujourd’hui un centre culturel et musée. Pour les pêcheurs, je signale que Le Leff qui y passe est une excellente rivière à truites.

Allez, j’ai dans l’idée que l’hiver n’a pas dit son dernier mot, je m’en vais donc de ce pas faire un peu de bois. Portez vous bien et à demain peut-être.

If you want…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

Amis des Pâques irlandaises et du irish stew réunis, bonjour! Nous sommes le vendredi 06 février 2015, 18è jour de pluviôse dédié à l’IF. Arbre remarquable surtout dans la tradition celtique. Il est à l’origine du prénom Yves, et donc, Erwan…

Hors des bosquet sacré, cet arbre tient une grande place auprès des Celtes en général et des druides en particulier. Ce conifère odorant est un symbole funéraire dans l’univers celtique. Selon César, deux chef gaulois des Eburons, vaincus au combat, s’empoisonnèrent avec ses fruits. La toxicité de la plante et son lien avec la mort sont patents.l_if-millenaire-de-pommerit-le-vicomte-4

L‘if se rencontre encore dans les anciens cimetières, où il paraît tenir compagnie aux défunts, dans la solitude silencieuse, à la frontière du monde des vivants. Le saumon, animal qui représente la connaissance accomplie (au sommet, donc, des incarnations) se nourrit des fruits de l’if de Mugna, l’if du saumon, arbre primordial ! La mort et la connaissance sont là étrangement réunies. Dans la commune de Pommerit-le-vicomte, près de Guingamp en Côtes-d’Armor donc, est un if que l’on dit plusieurs fois centenaire, certains disent 1700 ans. Malgré les turbulences de la vie, il a même connu un incendie, il est toujours là. Le tronc est creux mais à l’intérieur la vie est présente et le spectacle est digne d’une cathédrale (la photo ci-dessus est pompée sur le site Krapo arboricole).

La prochaine fois que vous passez à Guingamp (oui, d’accord, à part le foot… Il faut une bonne raison.) n’hésitez pas à faire un détour par cette petite commune. Vert en toute saison, cet chaudron- gundestrup2arbre symbolise aussi la résistance, la vigueur et l’immortalité. En dehors donc des cycles végétatif, l’if est le matériau dans lequel est taillé la roue du druide Mogh Ruith, symbole de l’apocalypse, de la révélation puisque selon les textes, une roue en if, Roth Ramhach, doit tomber du ciel lorsque la fin du monde sera arrivée. La roue du druide mythique Irlandais Mogh Ruith (« serviteur de la Roue ») est particulière. Elle a un moyeu et des rayons mais pas de jante. Elle est en if. C’est la roue de l’Apocalypse: quiconque la voit devient aveugle, quiconque l’entend devient sourd et quiconque la touche meurt sur le champ. Il reste quelques roues à carillons en Bretagne qui sont des dérivés directe de ce symbole. Fin du monde ou d’un monde ? A droite: détail chaudron de Gundestrup.

En attendant la fin du monde, je m’ennuie quelques fois, alors, je vais au bourg voir la veuve de Pedro… Heu non, ça c’est autre chose. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Maï lady is rich…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du tarot de Marseille et de la galinette cendrée réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 05 février 2015, 17è jour de pluviôse dédié au lichen et il fait un temps à ne pas mettre un cénobite dehors. Je sais, amis lecteurs, que vous aimez les histoires qui font rêver dans les chaumières. Approchez, je vous dirai celle de la petite Maï  (prononcez « maille »):

Elle est née le 6 février 1869 à deux heures du matin au moulin de Prat-Guéguen où son père, Guillaume Le Manac’h, est un modeste meunier. En janvier 1858, il avait épousé Maryvonne Le Roy avec laquelle il aura dix enfants – 9 garçons dont 4 meurent en bas âge – elle est la sixième. S’exprimant premièrement en breton, elle fréquente l’école des filles où belleisleenterre-locmaria_71l’on note qu’elle est bonne en français. Le 1er juin 1885, les propriétaires du moulin de son père l’emmènent aux funérailles de Victor Hugo, ce qui lui permet d’entrevoir la vie parisienne. Après une enfance passée dans la vallée du Léguer, elle quitte Belle-Isle-en-Terre en 1886 pour Saint-Brieuc où elle travaille à l’Hôtel de la Croix-Rouge. L’année suivante, elle arrive à Paris et s’installe à Montmartre où son premier emploi est vendeuse de fleurs dans la rue.

Ses premières années à Paris restent mystérieuses mais elle aurait fréquenté le milieu des artistes et notamment ceux des Beaux-Arts. Le 23 juin 1893, elle est condamnée à 2 mois de prison pour outrage public à la pudeur par le tribunal correctionnel de la Seine pour une exhibition nue au restaurant Lemardelay. Elle rencontre Simon Gugenheim avant que le couple ne déménage en Grande-Bretagne et s’installe à 300px-Biet_chateau_coatannozLondres. Le mariage a lieu le 15 février 1894. Simon Gugenheim qui était marchand de fruits et légumes, meurt le 25 décembre 1900, atteint de tuberculose et d’une cirrhose du foie. Quelque temps après le décès de son époux, elle rencontre, l’infant d’Espagne Antoine d’Orléans (1866-1930), duc de Galliera, petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier et du roi d’Espagne Ferdinand VII, séparé légalement de son épouse l’infante Eulalie. Elle devient sa maîtresse jusqu’en 1906. Cette liaison lui ouvre les portes d’un monde bien différent et modifie radicalement son statut social. Le 27 mai 1902, Marie-Louise Le Manac’h revient à Belle-Isle-en-Terre où elle fait l’acquisition d’une maison. Néanmoins, sa résidence principale demeure à Paris, sur la rive droite, où l’infant la rejoint quotidiennement. Le couple mène une vie mondaine, séjourne fréquemment à Londres, ce qui lui permet de parler couramment anglais, et aussi à Séville. Elle rencontre en audience le pape Pie X. De retour à Londres en 1910, elle fait la connaissance et devient la maîtresse du richissime Robert Mond que l’on surnomme le roi du nickel.(à gauche: le chateau de Coat an noz)
Mes pérégrinations professionnelles m’ont souvent conduit du côté de Belle-isle-en-terre, département des Côtes d’Armor et longtemps, je me suis interrogé sur l’origine de cette immense bâtisse en plein centre du bourg. Le maire de l’époque me raconta alors l’histoire de Lady MOND née Marie-Louise Le Manac’h, dite Maï. Cette fille du peuple qui « monta » à Paris et rencontra les grands de ce monde. Elle fut longtemps labelle-isle maitresse d’Antoine d’Orléans, infant d’Espagne. Puis elle rencontra et épousa Robert MOND, riche industriel qui finit anobli par la reine (d’Angleterre) et notre petite « Maï » devint lady MOND. Elle fit construire à Belle Isle le chateau de Coat an noz puis cette énorme batisse (ici à droite) au milieu du bourg. Restée bretonnante elle n’oublia jamais ses origines et consacra une partie de sa fortune à la culture Bretonne. Durant la guerre, elle fut emprisonnée à St Brieuc et disparue un 21 novembre de 1949. Un conte de fée à la bretonne comme savait si bien en narrer Taldir-Jaffrenou dont elle fit traduire l’œuvre. Celui-ci, en sa qualité de barde hérault de la Gorsedd de Bretagne et en remerciement de ses bons offices en fit d’ailleurs une druidesse d’honneur.

Voila, c’est à ranger dans la rubrique « les histoires de tonton Erwan ». En attendant les prochaines, portez vous bien et, à demain peut-être.

A rosi cousine Rosa…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 04 février 2015, 16è jour de pluviôse, dénommé « jour du buis » dans le calendrier républicain. C’est le jour anniversaire de la naissance de Prévert et, pour marquer le coup, il neige sur Brest; ce qui m’amène par un étrange cheminement intellectuel dont l’explication serait trop longue et, autant le dire, par trop fastidieuse pour s’intégrer dans ce billet, à vous parler de Rosa avec martinLouise McCauley Parks. (ici à droite en compagnie de Martin Luther King). Rosa Parks devient célèbre lorsque, le 1er décembre 1955 dans la ville de Montgomery, elle refuse d’obéir au conducteur de bus James Blake qui lui demande de laisser sa place à un blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Il faut savoir qu’à cette époque là, les quatre premiers rangs sont réservés aux blancs. Les noirs doivent s’asseoir au fond du car. Ils peuvent néanmoins utiliser la zone centrale jusqu’à ce que des blancs en aient besoin.
Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende. Elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu; Martin Luther King, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarant inconstitutionnelles.

 

Dans son autobiographie, Rosa se souvient de sa jeunesse: « Pour aller à l’école, les enfants Blancs prennent le bus, les autres vont à pied. Elle se souvient des fontaines publiques réservées aux Blancs…Je pensais que l’eau pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. » (ici à gauche, une marche du KKK). La veille du procès, 35 000 tracts sont marche KKKdistribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus. Des dizaines de bus vont rester au dépôt pendant des mois. Les extrémistes Blancs du Ku Ku Klan vont animer une campagne de violence contre Luther King, tirant contre les bus et les églises fréquentés par des Noirs. Par la suite, Rosa Parks devient une icône pour le mouvement des droits civiques. En octobre 1995 elle a participé à la « Million Man March » qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. A la fin de sa vie, miséreuse, elle dut faire appel à son église pour l’aider à payer son loyer.

Elle est décédée le 24 octobre 2005. La classe politique dans son ensemble lui a rendu hommage, sa dépouille est restée exposée deux jours dans la rotonde du Capitole pour un le bushommage public. Elle a connu tous les honneurs possibles et imaginables, toutes les médailles, toutes les décorations… A Yaoundé, capitale du Cameroun, une avenue porte son nom. Un terminus de la ligne 7 du réseau de bus à Rennes (sur la commune de Chantepie) portant le nom de Rosa Parks a été créé le lundi 31 Aout 2009. (a droite, le bus aujourd’hui au musée de Dearborn dans le Michigan) Le révérend Jesse Jackson à dit d’elle: « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. »
A la vérité, une grande dame qui méritait bien de figurer dans notre galerie de portraits. Bon allez, si j’ai pas un Award après ça, c’est à désespérer. En attendant les résultats, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

En voiture Simone…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la philosophie sans boudoir et du p’tit LU réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 03 février 2015, 15è jour de pluviôse officiellement dédié à la vache. Ce qui bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Voici une philosophe dont on parle peu, peut-être à cause de son homonymie avec Simone Veil, la femme politique. La notre de Simone Weil nait en 1909, un 3 février, à Paris au sein simone lunetted’une famille de la bourgeoisie juive mais agnostique. Elle aura la chance de pouvoir bénéficier d’une éducation classique. Au Lycée Henri IV à Paris, elle est une des premières filles à avoir accès au cours de philosophie d’un professeur célèbre : le philosophe Alain (c’est lui qui écrivait: »La religion conduit à l’irréductible irréligion« ). Simone Weil sera influencée par la stature de ce professeur, par ses idées non-conformistes et ses rébellions contre l’autorité universitaire. Elle devient elle-même professeur de philosophie et s’engage sur le plan politique. On la surnomme « la vierge rouge » et l’administration universitaire la nomme assez loin de Paris, craignant sans doute les remous.

Dans les villes de province où elle enseigne (au Puy, à Bourges…) elle fréquente les ouvriers, les chômeurs, discutant avec eux dans les cafés, leur donnant des cours de culture générale pour les instruire afin de les éclairer sur le rôle important de la classe ouvrière. Pour mieux comprendre les rouages de l’oppression sociale, elle se fait embaucher comme ouvrière en usine, malgré sa santé précaire. En 1936, elle Encounter-with-Simone_Weil-Filmstill-06.rejoint les brigades internationales, en Espagne, où elle combat comme un soldat dans cette atroce guerre civile.(La photo à droite la montre armée et dans la célèbre combinaison de la CNT) Elle fera partie de la fameuse colonne Durruti formée d’anarchistes principalement. En voyage en Italie, sa vie personnelle bascule soudain lorsque, dans une église à Assise, elle vit un moment spirituel intense. « Quelque chose de plus fort que moi m’a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux », écrira-t-elle. Elle en est marquée jusqu’à la fin de sa courte vie et va développer cette approche spirituelle qu’elle nomme « connaissance surnaturelle ».

Fatiguée, malade, diminuée, elle trouvera la mort dans un sanatorium de Ashford le 24 août 1943, elle n’a que 34 ans. Au regard de notre actualité, je vous laisse juger de la pertinence de cette citation extraite de son livre: La pesanteur et la grâce.
«L’obéissance à un homme dont l’autorité n’est pas illuminée de légitimité, c’est un cauchemar.».
Nous devons à laure Adler une magnifique biographie parue chez Actes Sud en 2008. C’était véritablement une femme admirable, entre Calamity Jane et Sainte Thérèse de Lisieux, elle me fait penser à Hannah Arendt, autre philosophe de premier ordre.

Bon allez, c’est pas trop sérieux pour un début de semaine ? Tant pis, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Imbolc…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du Mitterandisme retrouvé et du pain perdu réunis, bonjour ! Or donc nous voici le lundi 2 février 2015 jour de l’avelinier, ancien nom du noisetier… C’est la Chandeleur, ar goulou vras , la grande lumière, comme disent les brittophones. 1imbolc-banner-1024x505A la Chandeleur, Quéré fait des crêpes jusqu’à pas d’heure, se plaisait à nous dire mon aïeule, sûre qu’elle était de nous épater. Avec cette foutue tempête qui ne veut pas se calmer, j’en oubliais presque de fêter Imbolc. C’est une fête celtique irlandaise, qui était célébrée le 1er ou le 02 février de notre calendrier, soit au début du mois d’anagantios selon le calendrier de Coligny dans la mythologie celtique. C’est la fête sur laquelle les sources littéraires médiévales sont les plus faibles. Le sens du nom est « lustration », il s’agit donc d’une purification qui prend place à la fin de l’hiver. Elle pourrait avoir pour fondement un culte lié à la fécondité.

« Goûter de chaque nourriture selon l’ordre,
voilà ce que l’on doit faire à Imbolc ;
se laver les mains, les pieds, la tête,
c’est ainsi que je le dis »

Extrait du livre de: Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990.

Avec Beltaine, Lugnasad et Samain, c’est une des dates marquantes de la tradition celtique et plus particulièrement druidique. Même si cette fête à été remplacée très tôt par la célébration chrétienne qu’est la Sainte Brigitte; elle même se substituant à la Brigid pré chrétienne, la déesse mère qui régnait sur les arts, le feu et la magie. On peut sans doute faire-une-croix-de-brigid-4654820considérer que Imbolc est l’ancêtre de la chandeleur. L’église catholique, apostolique et romaine avait grand besoin de récupérer toutes traces des rites anciens. Mon aïeule m’a conté que l’on profitait de la veillée d’Imbolc pour fabriquer des croix de Brigid censées protéger la maison. On l’accrochait au dessus des berceaux car Brigid est la patronne des sage-femmes (déesse de la fécondité en Irlande, Brigid est la fille du Dagda, elle est aussi la mère, l’épouse et la sœur de Lug, Dagda, Ogme, Nuada, Diancecht et Mac Oc, les dieux des Tuatha Dé Danann). On y confectionnait aussi les fameux gâteaux de la lune d’Imbolc, une sorte d’espèce de genre de cookies.

Allez, c’est sympa à vous d’être passé par ici, vous revenez quand vous voulez, c’est ouvert tous les jours. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Blanqui qui …

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’épanaphore* et de la rôtisserie française réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 01 février 2015, treizième jour de Pluviôse, dédié au Laurier-sauce. Je me suis laissé dire que la pythie de Delphes mâchait des feuilles de laurier préalablement à ses divinations. Je ne sais pas si elle a vu le coup venir pour Syriza… Chez les Grecs et les Romains APOLLON-LE-DIEU-SOLAIRE-ET-SA-COURONNE-DE-LAURIERanciens, l’usage était établi de couronner de laurier les poètes et les vainqueurs. En effet, Arum maculatum était considérée depuis des temps reculés comme une plante magique associée à la magie blanche. Au Moyen-Âge, on couronnait de laurier les savants distingués dans les universités. Dans les écoles de médecine, la couronne dont on entourait la tête des jeunes docteurs était faite de rameaux feuillés de laurier avec des baies, d’où le nom « baccalauréat » (bacca laurea : baie de laurier) donné encore de nos jours en France au diplôme qui sanctionne la fin des études secondaires.

*exemple: le fameux « Ni dieu, ni maître » cher à ce vieux Blanqui est une épanaphore; à ne pas confondre avec l’anaphore remis au goût du jour par François Hollande. Tiens, Blanquià ce propos: A tout seigneur, tout honneur, débutons le mois en ayant une pensée pour Louis Auguste Blanqui dit « l’enfermé » à cause des nombreuses années de sa vie passées en prison (près de 37 ans). Il était né en février 1805 dans les Alpes-Maritimes et mourut à Paris en 1881, un 1er janvier. Toute sa vie fut consacrée à l’émancipation de l’homme, et de la femme, contre toutes les discriminations, pour le suffrage universel (un homme-une voix) contre le travail des enfants… On dit que ses obsèques furent suivies par cent mille personnes qui écoutèrent Louise Michel lui rendre un dernier hommage. Il est enterré au Père-Lachaise.

Début mars 1871, il est arrêté une fois encore et emmené à Morlaix. Là il sera enfermé au château du taureau. C’est le début de la Commune de Paris et plus tard, Karl Marx dira de lui que ce fut le chef qui manquât à cette insurrection. Thiers refusa toujours de céder à la demande des communards funéraillesd’échanger tous les otages détenus par la Commune contre le seul Blanqui. Il déclara que rendre Blanqui à Paris équivalait à le renforcer d’un corps d’armée.  Pourtant Blanqui n’était pas marxiste, loin s’en faut, il ne croit pas au rôle prépondérant de la classe ouvrière ni au mouvement des masses.

Pour les blanquistes, le renversement de l’ordre bourgeois et la révolution sont des fins qui se suffisent à elles-mêmes, du moins dans un premier temps. A la fin de sa vie il développa des thèses plus métaphysiques, notamment dans son ouvrage l’éternité par les astres en 1872. Carbonaro depuis 1824, au Dalou_-_Tombeau_de_Blanqui_-_CPsein de cette organisation secrète en lutte contre la restauration monarchique, Auguste Blanqui est mêlé à toutes les conspirations républicaines de son époque. Dès lors se succédèrent pour lui complots, coups de force manqués et emprisonnements. Il fut aussi membre de la société des amis du peuple. En 1879, il est élu député de Bordeaux mais son élection est invalidée. Un an après, il fonde le journal « ni Dieu ni maître ». Ah quelle belle idée que celle de l’anarchisme ! A-t-elle disparue ? Peut-être pas…

Bon, c’est pas tout, je dois faire le tour des jardins de Keramoal pour constater les dégâts laissés par le coup de tabac des deux derniers jours. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.