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Dans le mille, Emile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la lutte finale et du corned-beef réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 18 février 2015 qui est le trentième et dernier jour de pluviôse, dédié au traîneau. Chez nousstguire3 aujourd’hui dans certains calendriers, on fête les Kireg qui laissa son nom à la station de Perros-Guirec. Sur la côte de granit rose, à Ploumanac’h,( ce nom de commune vient du breton Poul-Manach, le marais du moine; peut-être un cénobite) on trouve l’oratoire de Saint Kireg. Et puis tiens, je sais que vous êtes des milliers à attendre l’info avec fébrilité. Cette année se sont les Nordistes qui sont champions du monde de Bouloupok.

L’homme du jour est Emile ARMAND.

C‘était une p’tit gars qui s’appelait armand, n’avait pas d’papa, n’avait pas d’maman… Vous connaissez la célèbre chanson, et bien, cela n’a rien à voir avec ce qui suit. En vérité, Emile Armand s’appelait, Ernest Juin et est mort en février 1962. Fils d’ancien communard, le petit Ernest Juin, dit Emile ARMAND, ne fréquente pas l’école et c’est dans la bibliothèque paternelle qu’il fait son instruction. Il pratique néanmoins de nombreuses langues. Suite à la lecture de l’Ancien testament, il est secoué Emile A.vers l’âge de seize ans par une crise mystique qui le tourne vers la religion. Il fréquente les réunions de l’Armée du Salut, qu’il joint officiellement en décembre 1889. Vers 1895-1896, Armand découvre l’anarchisme à travers la revue Les Temps nouveaux de Jean Grave. L’activité anarchiste, pacifiste et antimilitariste d’Armand lui vaut d’être condamné et emprisonné à de multiples reprises. Arrêté le 6 août 1907, il est condamné à cinq ans de prison pour complicité d’émission de fausse monnaie . Il en profite pour rédiger le livre « Qu’est-ce qu’un anarchiste » (1908) qui constitue sa première synthèse. Après la mort de Marie Kugel, son amie, Armand se marie avec une institutrice, Denise Rougeault, qui le soutient financièrement et lui permet de se consacrer entièrement à l’action anarchiste. Sa situation matérielle assurée, ayant trouvé en Denise Rougeault la stabilité et une collaboratrice, il peut mettre son érudition, sa puissance de raisonnement et sa connaissance d’une dizaine de langues au service de sa révolte.

Il fait paraître « l’En-Dehors » pendant 17 ans.( Aujourd’hui, l’en dehors est un site d’informations à glisser impérativement dans votre blog-liste.) Il publie plusieurs dizaines de brochures, organise causeries et cercles d’amis. A l’intérieur de son individualisme libertaire, il continue de progresser et aboutit, entre autres, à la thèse de la « Camaraderie amoureuse ». Il collabore également à l'en dehorsl’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure.. Arrêté une troisième fois le 27 janvier 1940, il est condamné pour appel à l’insoumission le 16 avril suivant et est interné dans divers camps jusqu’en septembre 1941. L‘action militante d’Armand s’oriente également vers les «milieux libres» (les colonies anarchistes) où il prône l’amour libre, la camaraderie amoureuse, le naturisme et le refus généralisé des contraintes. Armand se définit par l’épitaphe qu’il se composa : « Il vécut, il se donna, il mourut inassouvi ».

Voila pour ce mercredi, lendemain de Gras; je vous parle de carna308ça parce que hier au soir au lieu d’aller faire du termaji* sur le port à Douarnenez, j’ai  concocté une fondue de poireaux à la crème safranée et sa ribambelle de saint-Jacques de la baie de St Brieuc (ça fait plus trois étoiles que: Poireaux  & coquilles), accompagnés, l’une et les autres d’un merveilleux Savennières…Un vrai plaisir, à consommer sans modération. Allez, ne soyez pas jaloux, portez vous bien et à demain peut-être.
*mot typiquement douarneniste que l’on pourrait traduire par: faire du reuz; du dismégans, aller en riboul, partir en jabadao. Allez: deus ta bugale, deus ta war an aod…

Telle est la question…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LECTURE

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Amis de la valse à trois temps et du flocon d’avoine réunis, bonjour! Nous sommes donc le mardi 17 février 2015, 29è 290px-Chelidonium_majus20100511_10jour de pluviôse dédié à la chélidoine. Mon aïeule qui, vous le savez maintenant, avait son avis sur tout, et surtout son avis, l’appelait le lait de sorcières ou encore, l’herbe à verrue. Les savants ont expliqué depuis lors que la plante contenait un alcaloïde qui pourrait être à l’origine de son utilisation à des fins médicinales… Dans les campagnes, on l’appelle aussi la grande hirondelle car son apparition le long des chemins creux correspond à l’arrivée de ces charmants oiseaux.

17 février 1958: parution de La question d’Henri Alleg.

« J’ai entendu hurler des hommes que l’on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours » – Henri Alleg, dans « La Question »
Son nom ne dira sans doute pas grand-chose aux plus jeunes générations. Celles pour qui la guerre d’Algérie est l’affaire d’un autre siècle. Mais Henri Alleg, journaliste,  a pourtant aidé à comprendre la réalité d’une époque où les choses la questionétaient floues, secrètes, tues. Il a levé le voile sur la torture pendant la guerre d’Algérie, qu’il avait subie, en publiant La Question, en 1958, à 37 ans. (publié pour la première fois le 17 février 1958, saisi le 27 mars 1958, réédité en 1961 et en 2008). Dans un article consacré au livre, Jean-Paul Sartre écrivait en 1958: «Alleg nous épargne le désespoir et la honte parce que c’est une victime et qui a vaincu la torture… Nous nous fascinions sur le gouffre de l’inhumain… L’inhumain n’existe nulle part, sauf dans les cauchemars qu’engendre la peur. Et justement le calme courage d’une victime, sa modestie, sa lucidité nous réveillent pour nous démystifier: Alleg vient d’arracher la torture à la nuit qui la couvre.» A peine paru, aux Éditions de minuit, le livre est censuré.

A l’heure où la question de la fermeture de Guantanamo reste posée six ans après l’élection de Barack Obama sur la promesse de fermer ce centre de détention, il reste encore des guantandétenus dans la prison, dont un certain nombre a été décrété « libérables » par les administrations successives de George W. Bush et de Barack Obama et  dont beaucoup n’ont eu droit à aucun jugement. Ainsi, au nom de la sécurité, les « démocraties » continuent de valser au bal des faux-culs, les braves petits libéraux se pincent le nez, détournent les yeux et récitent avant de se coucher; cachez ces droits de l’homme que nous ne saurions voir… Henri Alleg est décédé le 17 juillet 2013 à Paris. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Auguste,Jules, Victor et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des pensées de saint Augustin et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 16 février 2015, 28è jour de pluviôse dédié au cyclamen que les italiens nomment Pan porcino à cause de l’intérêt des cochons pour ses tubercules.
L’homme du jour est brestois:Auguste LE LANN, militant anarchiste et anarcho-syndicaliste breton. Il est né le 16 février 1904 à Lambézellec (dép. du Finistère). Très jeune orphelin, suite à la mort de son père durant la Première guerre mondiale, il est pupille de la Marine nationale. Déjà repéré par les autorités, il effectue son service militaire dans un bataillon disciplinaire à Saint-Brieuc. Embauché comme ouvrier Le_flambeau_(France)chaudronnier à l’Arsenal de Brest, il y rencontre Jules Le Gall et Victor Pengam, qui travaillaient dans le même atelier. Auguste Le Lann, est nommé secrétaire du Conseil d’administration de La Maison du Peuple, il en sera également le bibliothécaire de 1924 à 1929. A partir de 1925, il est secrétaire des » Jeunesses Syndicalistes » et membre de « l’Union Anarchiste » (UA), et responsable de la diffusion du journal « Le Libertaire » auquel il collabore.

ll figure alors sur les fichers du « Carnet B » qui recense les antimilitaristes. Au début des années trente, il est membre de libertaire Lochula rédaction du journal « Le Flambeau »(1927-1934), Organe mensuel d’éducation, de libre pensée et de combat. En 1936, il est secrétaire du groupe de l’UA de Brest et membre de la « Ligue Internationale des Combattants de la Paix » (LICP). En 1937, il est secrétaire de la « Fédération libertaire de l’Ouest » et de « Solidarité Internationale Antifasciste » (SIA), pour la région. Auguste Le Lann sera cette même année, à Paris, délégué du Groupe libertaire de Brest, aux côtés de René Lochu et René Martin lors d’un congrès où ils rencontrèrent Louis Lecoin. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier, puis est libéré en 1941.

Le 22 septembre 1942, il est arrêté et interné durant deux mois au Camp de Voyes. Durant l’occupation, il est étroitement surveillé, son logement sera à plusieurs reprises perquisitionné par la police de Vichy. Après la Libération, il L'Idée_libre_avril_1926reconstitua le Groupe d’Études Sociales de Brest et, membre de la « Fédération anarchiste française », en sera le responsable départemental. Également militant anarcho-syndicaliste, il adhérera à la CNT Française. En août 1947, il sera membre d’un comité de grève à l’Arsenal. Après avoir collaboré au « Libertaire » après la Libération, il participera ensuite au « Monde Libertaire ». Toujours militant de la CNTF sur la fin de sa vie, il participait aux journaux « Le Combat Syndicaliste » et « Espoir » et était secrétaire du comité régional de l’Ouest de SIA. Auguste Le Lann est décédé à Brest le 27 septembre 1974. Sources
Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

De Kernis à Keremma…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 15 février 2015, 27è jour de Pluviôse dédié au noisetier. C’est en allumant ma pipe que je je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Chez nous on dit Glaode. C’est Albert le Grand (1636) qui nous en parle dans sa Vie des saints d’Armorique:   Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du 200px-063_Plougastel_Chapelle_Saint-Guénolé_Tryptique_Panneau_de_saint_Goulvennom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.
Le matin venu, Glaudan alla à la prochaine maison demander un peu d’eau, pour laver l’enfant & rafraischir la mere extrémement alterée ; mais, d’autant que la fontaine étoit éloignée de là, il en fut éconduit ; toutefois, un Païsan lui presta un vaisseau & luy monstra le sentier qui, à travers la forest, menoit à la fontaine. Estant entré un peu avant dans la forest, il s’égara, le chemin estant tout couvert de feüilles & rameaux ermitaged’arbres, & ayant perdu la pluspart de la journée pensant trouver cette fontaine ; enfin, sur le soir, il se trouva prés du lieu où estoit sa femme & son enfant. Voyant donc qu’en vain il avoit courru, d’ailleurs la necessité de sa femme, l’enfant foible & debile, il eut recours à Dieu, se jetta à genoux & luy présenta son humble priere, le supliant, la larme à l’œil, de les assister en cette extréme necessité. Sa priere finie, tout incontinent, une belle fontaine sourdit, distante seulement d’un jet de pierre du lieu où estoit gisante Gologuenn, de laquelle elle but, puis y lava son enfant ; prognostique que cét enfant, en faveur duquel cette fontaine fut miraculeusement produite, seroit une vive source de doctrine & sainteté, de laquelle les hommes puiseroient les eaux salutaires, pour rassasier la soif de leurs Ames altérées. Cette fontaine miraculeuse se voit prés l’Eglise de saint Goulven & s’apelle communément Feunteun Sant Goulven

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a plus de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma et le restaurant de la Butte à Plouider…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Là-bas dans les monts d’Arrée…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis du doux euphémisme et du cidre brut réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 14 février de l’an 2015, 26è jour de pluviôse dédié à la Guède, une plante autrefois cultivée pour fabriquer de la teinture. La teinture bleue (le pastel) est extraite des feuilles de la plante. Ces feuilles, allongées, se détachent facilement par simple torsion lorsqu’elles ont atteint leur maturation au solstice d’été. Mais la récolte se poursuit de juillet à la mi-septembre jusqu’à ce que la plante ne possède la guedeplus de feuilles. Puis on les écrase en les mélangeant à de l’eau pour en exprimer une pulpe que l’on comprime sous forme de boulettes ou « cocagnes » de quelques centimètres. C’est de là que vient le nom donné au lauragais (Languedoc-Roussillon) : Pays de cocagne ! Le pastel fut pratiquement la seule source de teinture bleue disponible en Europe jusqu’à la fin du XVIè siècle, avant que le développement des routes commerciales vers l’Extrême Orient permette l’arrivée de l’Indigo. Le Lauragais, triangle compris entre Toulouse, Albi et Carcassonne connut une grande prospérité grâce au commerce du pastel. Les pastelliers figuraient parmi les plus grandes fortunes de l’époque et ont laissé de nombreux témoignages, comme les grands hôtels particuliers de Toulouse. Ils furent nombreux aussi à faire partie des fameux capitoulats. Les capitouls étaient, depuis le Moyen-Âge, les habitants élus par les différents quartiers de Toulouse pour constituer le conseil municipal de la ville. D’où le nom de Capitole donné aujourd’hui encore à l’hôtel de ville. Voilà pour la petite histoire du jour…

Tout à fait autre chose…

C‘est un 14 février, en 1974, un mois après la dissolution du FLB par l’inénarrable Marcellin, que l’on assiste à la destruction du relais émetteur de télévision de Roc’h Tredudon (ou ça? Là bas dans les monts d’Arrées !) . L’action est revendiquée par crs 13ce même FLB-ARB. Ceci aurait provoqué l’infarctus fatal au sous-directeur du centre, Pierre Péron. Mais à l’époque et  depuis les années 60, le mouvement Breton est tellement infiltré et manipulé, notamment par la DST, que plus personne ne sait qui fait sauter quoi. Enfin, c’était un temps où ça pétardait dur, la CRS 13 à St Brieuc, la villa de Bouygues, celle du commissaire Taillanter en 79 à Bréhec, et cela jusqu’au décès FLBde Yann Kernalèguen à Chateaulin, tué par sa propre bombe. Toujours est-il que ces soirées bretonnes sans télé pendant une longue période et en hiver ont permis la redécouverte de la lecture, des discussions entre amis, des festou noz… Et plus si affinités. On dit qu’on en trouve encore les traces dans les courbes démographiques.

Voilà pour la petite histoire, allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Tout sur le 13…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la  paraskevidékatriaphobie et du miel de pissenlit réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 13 février 2015, 25è jour de Pluviôse dédié au lièvre.  Ah, le vendredi 13… Il en fait couler de l’encre, et il augmente spectaculairement les paris sur les jeux de hasard, en particulier pour le Loto (trois fois plus de joueurs). Date à bénir ou date à honnir ? Signe de chance ou de malchance ? Il faut faire appel à un bon génie, nommé «mathématiques», pour être en mesure d’apporter des éléments et tenter de clarifier cette question.

Tout d’abord, le vendredi 13, en faisant abstraction des superstitions, est-il particulier ? La réponse est oui. Car les mathématiques appliquées au calendrier indiquent que le 13 vendredi-13_0006du mois tombe un tout petit peu plus fréquemment un vendredi que n’importe quel jour de la semaine. Sur 4 000 ans, il y a 6 880 vendredis 13 contre 6 840 jeudis 13 (ou 6 850 lundis ou mardis 13). Il est vrai que notre calendrier grégorien («lancé» en 1582 par le pape Grégoire XIII, tiens donc) réserve bien des surprises. Ainsi, toujours grâce aux mathématiques, il a été possible de démontrer qu’il y avait forcément au moins un vendredi 13 par an, et qu’il ne pouvait pas y en avoir plus de trois. Et il y a en trois si, et seulement si, le premier jour de l’année est un jeudi pour une année non bissextile (comme 2015) et un dimanche pour une année bissextile. Les ceusses qui redoutent les vendredis treize sont nommés paraskevidékatriaphobiques… La liste des compositeurs catalogués comme « malades » est longue. Nous y trouvons le lunatique Forqueray, le souffreteux Chopin, Paganini l’artiste diabolique et maladif, Schubert et son apparence fragile, Salieri et sa jalousie pathologique à l’égard de Mozart ou encore Schönberg, qui toute sa vie souffrit de paraskevidékatriaphobie, peur phobique des vendredis 13. — (Allegaert, Ziek, tussen lichaam en geest, 2008.

Il y a mille explications pour la superstition depuis la Cène jusqu’à l’arrestation des templiers en passant par la destruction du temple… Mais moi j’aime bien celle de Frigga la blonde quand elle devint Margot. Dans la mythologie nordique, Frigga (ou Freya) était la reine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité. Elle était célébrée par ses adorateurs le Frig1vendredi. Le mot « friday », viendrait d’ailleurs de cette célébration et signifierait « Freya’s day ». Mais aux Xe et XIe siècles, les pays du nord sont progressivement convertis au christianisme. On se met alors à raconter que Frigga est en réalité une sorcière et qu’elle a été bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle inviterait, tous les vendredis, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter des mauvais sorts. Bon, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout cela d’autant plus que je suis drôlement en retard pour remplir ma grille de Loto.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

La dernière brigadiste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

Amis des froidures hivernales et du lait de poule réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 12 février 2015 c’est à dire le 24 de pluviôse, oui bon, ben, faut suivre aussi. Or donc, dans le calendrier républicain, c’est le jour de la « traînasse » ; et n’allez pas imaginer que Fabre d’Eglantine pensait à renouee_oiseaux_3quelqu’une en particulier. IL s’agit d’une plante herbacée de la famille des polygonacéés dont les graines sont particulièrement appréciées des petits oiseaux et des merles moqueurs en particulier. On la connait aussi sous le nom de « renouée des oiseaux ». Si vous en avez dans votre jardin, vous remarquerez que c’est très joli mais très envahissant; d’où le nom peut-être. Mon aïeule, qui se piquait de quelques connaissances médicinales, affirmait qu’en décoction c’est très efficace contre la goutte..

Tout à fait autre chose.

Connaissiez vous Lise London ? Lise London est née Ricol le 15 février 1916, à Montceau-les-Mines, en France. Elle a été mariée en première noce à Auguste Delaune, puis remariée avec Artur London dont elle est devenue veuve. Militante communiste avant la Seconde Guerre mondiale, elle participa à ce titre à la constitution des Brigades Internationales dans l’Espagne républicaine et résista dès le début de l’Occupation. lise LondonCapitaine dans la Résistance, elle est arrêtée en août 1942 par la police française, livrée aux allemands et déportée au camp de concentration de Ravensbrück. Elle a reçu le titre d’Officier de la Légion d’honneur. Jean Ferrat parle d’elle dans une chanson intitulé « Le bilan ». Le rôle de son personnage est tenu par Simone Signoret dans l’Aveu, magnifique film de Costa-Gavras (1970) à propos des purges staliniennes.

Lise London a signé l’appel collectif de résistants de la première heure à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944. Ce texte enjoint notamment « les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. ». Lise London est décédée le 31 mars 2012 à Paris.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Be bop a Lula…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de la tautologie et du kouign-amann réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 11 février 2015, 23è jour de indexpluviôse dédié au chiendent; plante envahissante s’il en est. Nous souhaitons bonne fête à tous les Ehouarn de la terre. Ils doivent leur nom à un moine de l’abbaye de St Gildas en Rhuys vers le 11è siècle. C’était un disciple de St Félix. Dans Ehouarn, on retrouve houarn, le fer. Par exemple, hent-houarn, le chemin de fer… Tout comme dans l’eau ferrugineuse chère à Bourvil. Profitez des longues soirées d’hiver pour relire le premier roman de Queneau: « Alibiforains et lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles !  »

 

Un rocker pour notre galerie de portraits.

GENE VINCENT de son vrai nom Vincent Eugène Craddock, (né à Norfolk, Virginie, États-Unis, le 11 février 1935 – décédé le 12 octobre 1971 à Newhall (Californie), est un chanteur américain de rock’n'roll et de rockabilly, qu’il a contribué à populariser. Il est le créateur de Be-Bop-A-Lula, l’un des plus fameux succès du genre. La carrière de chanteur de Gene gene vincentVincent commence le 4 mai 1956, lorsqu’il enregistre pour le label Capitol avec son groupe, les Blue Caps, le légendaire Be bop a lula, rockabilly syncopé qui devient un tube repris par de très nombreux artistes. Gene Vincent interprète cette chanson dans le film The Girl can’t help it (sorti en France sous le titre La Blonde et Moi) réalisé par Frank Tashlin en 1956.
Gene Vincent sort ensuite bien d’autres singles. Citons entre autres Race with the Devil, Blue Jean Bop ou le remarquable Say Mama. Il impose son style, celui d’un rebelle torturé, à la jambe fracassée par un accident de moto et dans lequel se reconnaissent de nombreux adolescents américains.

Il se lie avec un autre rocker, EDDIE COCHRAN , dont il devient le meilleur ami. Eddie trouve la mort à Chippenham, Wiltshire, lors d’une tournée en Angleterre, le 17 avril 1960, au cours d’un accident de voiture. Présent dans le véhicule au moment de la collision, Gene ne se remet jamais tout à fait de cette perte; il ne sortit d’ailleurs qu’un seul single cette année-là, avant de reprendre le chemin des studios à partir de février 1961. Mais les temps ont changé et le twist a remplacé le be bop a lularock’n'roll, reléguant Gene aux oubliettes. Le rocker embarque alors pour l’Europe et trouve en France notamment, les nombreux admirateurs qu’il n’a plus en Amérique du Nord. Mais, mal dans sa peau et torturé, Gene Vincent pousse l’« esprit rock » à son paroxysme, multipliant les abus d’alcool. Intransigeant, il ne fait aucun compromis et peut parfois se montrer excessivement violent. Son talent cependant reste entier, tout comme sa passion pour le rock’n'roll. Criblé de dettes, miné par l’alcool et le désespoir, Gene trouve la mort le 12 octobre 1971, victime d’une hémorragie stomacale. Il est enterré au Eternal Valley Memorial Park, à Newhall (Californie). Oublié aux États-Unis, Gene ne rentre au fameux Rock’n'Roll Hall of Fame qu’en 1998, douze ans après Elvis Presley et onze ans après son ami Eddie Cochran. Le Rockabilly Hall of Fame lui, n’a pas oublié la contribution de ce chanteur à ce genre musical et en a fait le premier élu de son classement..

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Glaneur et décadence…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la tradition et du poulet au curry réunis, bonjour !
thlaspi_bellidifoliumNous sommes le mardi 10 février 2015, 22è jour de Pluviôse dédié au Thymèle que l’on nomme aussi Garou. C’est un arbuste des garrigues méditerranéennes et des sables atlantiques. Mon aïeule m’a raconté que le daphné garou était traditionnellement cloué par les bergers sur les portes des enclos pour éloigner à la fois les puces et les sorcières.Hélas, pour l’instant, point de remède miracle pour éloigner la bêtise humaine; jugez en plutôt…

La semaine dernière, trois jeunes « glaneurs » comparaissaient devant le tribunal de grande instance de Montpellier. On leur reprochait d’avoir fait les poubelles d’un supermarché. De tous temps le glanage a générer des polémiques, des lois, des glanerarrêtés, des pratiques coutumières ou pas.  Il est vrai que le glanage a toujours provoquer une poussée d’urticaire chez les bourgeois, comme si cette pratique les renvoyait à leur mauvaise conscience. Savez vous ce que c’est que faner ? écrivait madame de Sévigné à son cousin… Elle aurait pu itou ajouter : savez vous ce que c’est que glaner ? Lorsqu’elle lui raconte, en se justifiant, le renvoi de Picard, son domestique, rétif à aller glaner dans les champs

Comme pour le blé, le glanage est autorisé, mais réglementé : « On ne pourra glaner les olives que 15 jours après l’ouverture de la cueillette ». Pendant la récolte des olives, on paie 2 gardes du terroir à 12 sols par jour et on établit une garde bourgeoise, qui est faite par tous les habitants (à raison de 15 Milletpersonnes par jour, commandées par un conseiller de la « première main »). « Les voleurs sont passibles d’une amende de 30 sols ou même de la peine du carcan. » Nous rappelle cet édit du XVIIIè siècle. On glane ce qui pousse du sol (pomme de terre, choux, etc.), on grappille ce qui pend (raisins, figues, olives, pommes, etc.). « Il est interdit de glaner, râteler ou grappiller sur un fonds non encore entièrement dépouillé ou vidé de ses récoltes, avant le lever ou après le coucher du soleil, ou contre la défense du propriétaire. Le glanage, le râtelage et le grappillage sont de même interdits, sauf autorisation du propriétaire, dans tout enclos rural attenant à l’habitation. » (Genève:règlement police rurale 1955)

Aujourd’hui, les glaneurs ne sont plus dans les champs mais dans nos villes. Ils sont la face visible de la précarité qui s’installe, de la pauvreté qui se généralise, obligeant une mère de famille, un SDF, un retraité à chercher sa pitance dans nos poubelles. A l’heure où notre mode de production – distribution – consommation conduit à jeter 30 à 50 % de ce qui est produit, criminaliser les glaneurs me semble une manière de continuer à marcher sur la tête.

Décidément, on vit une drôle d’époque… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

En passant par Saint-Thélo…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’apophtegme et du pâté Hénaff réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 09 février 2015, 21è jour de pluviôse dédié au Tabouret des champs. Je vous assure que j’invente pas. Vous connaissez le « tabouret bleu » ? Et bien c’est la thlaspi_bellidifoliumThlaspi. Vous connaissez pas la thlaspi ? C’est une belle plante de la famille des brasicasées. Non, pas des bras cassés. Le tabouret des champs est une mauvaise herbe annuelle qui pousse sur les terres labourées. Sa silique (cosse) aplatie, ovale et à larges ailes la rend particulièrement reconnaissable. Les parties vertes de la plante dégagent une légère odeur d’oignon lorsqu’elles sont pressées. Mon aïeule lui donnait le nom d’herbe aux écus. Et alors, merci qui… Merci tonton Erwan.

En Bertaigne, on célèbre la saint Télo; enfin, si on veut hein… Les prénoms « Tilio – Tlio – Téliau – Théliau » proviennent de Teilo, nom de l’évêque de Llandaff au VIe siècle, métropole de Cambrie, successeur de saint Dubrice (Dyfrig). Teilo est un dérivé de Eliud (to-eliud) qui signifie « oint de Dieu ». Son orthographe armoricaine a connu beaucoup de variations : on 300px-StTeloécrira en breton Telo et en français Thélo, Théleau, Téliau, Théliau. Les Gallois conserveront quant à eux l’orthographe unique de Teilo. Il est le saint Patron de Landeleau, de Leuhan (29), de Saint-Thélo (22) et de Montertelot (56), des villes galloises de Llandaff, Llandeilo, Penalun… Il est fêté le 9 février dans ses paroisses et patronne chaque année, à la Pentecôte, la célèbre troménie de Landeleau, où ses reliques sont portées en procession tout autour de la paroisse.

La commune de Saint-Thélo (22) lui doit son nom et on le trouve souvent associé à un cerf. Sans doute une récupération de l’église catholique, apostolique et romaine de Cernunnos divinité celte. Le prince Breton-Armoricain, nommé Budic et exilé en Angleterre, avait épousé Aneumède, la soeur de Saint-Thélo, et avait eu trois enfants dont Oudocée, Tiffei et Ismaël qui entrèrent tous dans la prêtrise. Le jeune prince Oudocée 29530488fut confié aux soins de saint Thélo, son oncle. Il devint prêtre, puis évêque et qui plus est, d’être un saint, sa fête se célèbre le 2 juillet. Son frère aîné, nommé Tiffei, fut religieux et martyrisé par des barbares infidèles, envahisseurs du pays. Son corps fut déposé à Pennalun, au comté de Pembroc, dit l’historien Deric. Un autre frère, nommé Ismaël, avait aussi eu pour maître saint Thélo, son oncle. Il fut prêtre aussi et évêque de Ménévic.

Si vous passez dans le secteur de Uzel, Saint-Thélo, arrêtez vous et visitez la Maison des toiles, pour y découvrir les secrets de la petite fleur bleue, le lin. Située au cœur d’une demeure de marchand de toiles du 18e siècle, la Maison des Toiles est le premier site breton à aborder l’âge d’or de la Bretagne textile et à présenter le lin d’aujourd’hui. C’est l’histoire des célèbres toiles « Bretagnes ». Une grande Uzelaventure qui débute au 17e siècle et laisse son empreinte dans l’architecture et le paysage en Centre Bretagne. Notre amie, et lectrice, Annie, pourrait vous en conter davantage, elle qui a travaillé au succès de la route du lin… Cultivé dans le Trégor, le lin était livré en filasse aux tisserands du Centre Bretagne. Puis les marchands de la manufacture portaient les toiles blanchies et empesées  aux négociants malouins qui les expédiaient à Cadix, d’où elles repartaient vers leur destination finale, les colonies espagnoles d’Amérique du Sud, pour la confection de linge de luxe. Saint-Thélo était l’une des paroisses les plus importantes de cette manufacture. En 1789 plus de la moitié des 3000 habitants sont des tisserands. Cette industrie a totalement disparue depuis le milieu du XIXe siècle, mais a laissé sa trace à travers un patrimoine architectural impressionnant.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.