Le père Peinard…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

Amis de la littérature libertaire et du canard à l’orange réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 21 février 2015, troisième jour de Ventôse, dédié au violier, c’est une espèce de giroflée. Cela me rappelle une comptine que nous imposait mon aïeule giroflé, giroflalors des sorties nature le jeudi après-midi: Giroflé, girofla, on dit qu’elle est malade. Giroflé, girofla, on dit qu’elle en mourra. Giroflé, girofla… Si vous connaissez la suite. Je crois que c’est sur un air de polka. Les paroles modernes sont de Rosa Holt, poétesse allemande anti-nazie, réfugiée en France, et ont été publiées en 1935 dans un recueil posthume de l’auteur. La musique est d’un certain Henri Goublier fils, inspirée de la  ronde enfantine du même nom, et créée en 1937 au Caveau de la République.  La chanson est bien connue par l’interprétation qu’en a faite Yves Montand, dans les années 50.

 

Tout à fait autre chose.
« Les cénobites tranquilles a eu une sacrée veine; un peu partout, dans les cambrousses, comme dans les grandes villes, il s’est trouvé des bons bougres à qui il a tapé dans l’œil. Et les gars lui ont donné un bath coup d’épaule ! C’est pas le tout, en effet, de pisser des tartines à tire-larigot. Faut encore que ces tartines soient lues, mille bombes ! C’est à ça que se père peinardsont attelés les fistons. Et pourquoi donc se sont-ils tant grouillés ? Parce que les cénobites tranquilles n’a pas froid aux châsses, mille marmites ! Parce qu’il gueule toutes les vérités qu’il sait; même celles qui sont pas bonnes à dire ! Y en a qui vont jusqu’à affirmer qu’il a le caractère si mal bâti, que c’est surtout celles-là qu’il dégoise.

Et puis, parce qu’il y a autre chose, nom de dieu ! Si les cénobites tranquilles gueule dur et ferme, c’est pas par ambition Pougetpersonnelle: la politique… ouh là là, faut pas lui en parler !
Oui, voilà la grande binaise. Si les bons bougres gobent les cénobites tranquilles, c’est parce que les cénobites tranquilles est un bon bougre kif-kif à eux: il est resté prolo, tout en pissant des tartines, – et y a pas de pet qu’il fasse sa poire comme un daim. Et, sacré tonnerre, il ne flanchera pas ! Il continuera son petit bonhomme de chemin, cognant dur sur les exploiteurs, braillant ferme après tout les fumistes, criant à la chien-lit derrière les députés et les sénateurs. Et ça, en attendant le grabuge final, où on foutra en capilotade toute cette racaille. » Le Père Peinard; Almanach du Père Peinard, 1894.

Emile Pouget ne me tiendra pas rigueur de la supercherie, j’ai remplacé le nom de son journal le père peinard par celui d’un blog qui vous est cher. C’est un 21 février en 1894 que paraît le dernier numéro de son journal (il y en a eu d’autres par la suite édités depuis l’Angleterre notamment). Celui-ci, dans un style bien particulier, à la fois mélange d’argot, de néologismes et d’expressions savoureuses de son cru, va faire des bourgeois, patrons, curés, militaires et autres profiteurs, ses cibles favorites. Aujourd’hui, c’est sûr, Emile Pouget aurait un blog dans lequel on aurait pu lire ce billet.

Ça c’était des blogueurs, milles marmites ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

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