En voiture Simone…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

Amis de la philosophie sans boudoir et du p’tit LU réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 03 février 2015, 15è jour de pluviôse officiellement dédié à la vache. Ce qui bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre.

Voici une philosophe dont on parle peu, peut-être à cause de son homonymie avec Simone Veil, la femme politique. La notre de Simone Weil nait en 1909, un 3 février, à Paris au sein simone lunetted’une famille de la bourgeoisie juive mais agnostique. Elle aura la chance de pouvoir bénéficier d’une éducation classique. Au Lycée Henri IV à Paris, elle est une des premières filles à avoir accès au cours de philosophie d’un professeur célèbre : le philosophe Alain (c’est lui qui écrivait: »La religion conduit à l’irréductible irréligion« ). Simone Weil sera influencée par la stature de ce professeur, par ses idées non-conformistes et ses rébellions contre l’autorité universitaire. Elle devient elle-même professeur de philosophie et s’engage sur le plan politique. On la surnomme « la vierge rouge » et l’administration universitaire la nomme assez loin de Paris, craignant sans doute les remous.

Dans les villes de province où elle enseigne (au Puy, à Bourges…) elle fréquente les ouvriers, les chômeurs, discutant avec eux dans les cafés, leur donnant des cours de culture générale pour les instruire afin de les éclairer sur le rôle important de la classe ouvrière. Pour mieux comprendre les rouages de l’oppression sociale, elle se fait embaucher comme ouvrière en usine, malgré sa santé précaire. En 1936, elle Encounter-with-Simone_Weil-Filmstill-06.rejoint les brigades internationales, en Espagne, où elle combat comme un soldat dans cette atroce guerre civile.(La photo à droite la montre armée et dans la célèbre combinaison de la CNT) Elle fera partie de la fameuse colonne Durruti formée d’anarchistes principalement. En voyage en Italie, sa vie personnelle bascule soudain lorsque, dans une église à Assise, elle vit un moment spirituel intense. « Quelque chose de plus fort que moi m’a obligée, pour la première fois de ma vie, à me mettre à genoux », écrira-t-elle. Elle en est marquée jusqu’à la fin de sa courte vie et va développer cette approche spirituelle qu’elle nomme « connaissance surnaturelle ».

Fatiguée, malade, diminuée, elle trouvera la mort dans un sanatorium de Ashford le 24 août 1943, elle n’a que 34 ans. Au regard de notre actualité, je vous laisse juger de la pertinence de cette citation extraite de son livre: La pesanteur et la grâce.
«L’obéissance à un homme dont l’autorité n’est pas illuminée de légitimité, c’est un cauchemar.».
Nous devons à laure Adler une magnifique biographie parue chez Actes Sud en 2008. C’était véritablement une femme admirable, entre Calamity Jane et Sainte Thérèse de Lisieux, elle me fait penser à Hannah Arendt, autre philosophe de premier ordre.

Bon allez, c’est pas trop sérieux pour un début de semaine ? Tant pis, portez vous bien et à demain peut-être.

 

2 commentaires

  1. babelouest

    Belle évocation,à nouveau…..

    C’est bizarre comme certaines personnes ont soudain un déclic « spirituel ». Une très bonne copine a eu cette (més?-)aventure, et sa vie en fut changée. Je n’aimerais certainement pas que cela m’arrive !

    • erwandekeramoal

      C’est comme le contrôle fiscal, quand ça vous tombe dessus, ça prévient pas. Un salut enneigé…

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