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La mala reputacion…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tragédie antique et de la politique en toc réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 20 novembre 2013, 30è et dernier jour de brumaire dédié au rouleau, sorte de herse rotative encore nommée « brise-motte ». L’envie m’est venue de souhaiter un bon anniversaire à un chanteur que j’apprécie particulièrement, autant pour son talent que pour son engagement. Paco IBAÑEZ né à Valence le 20 novembre 1934.

Son père, originaire de Valencia, était ébéniste et sympathisant anarchiste (bon sang ne saurait mentir comme disait mon aïeule qui l’avait assez vif). Paco passa sa petite enfance à Barcelone, puis la famille fut obligée de fuir vers la France à la fin de la Guerre d’Espagne,. Mais en 1940, son père est arrêté par la police de Vichy et incarcéré dans le 70251563_pcamp de concentration d’Argelès-sur-Mer comme de nombreux républicains espagnols. En 1948, la famille passe clandestinement la frontière pour retrouver le père. En 1958, une amie de Paco et de Pierre Pascal fit écouter à Salvador Dalí une maquette du disque de Paco contenant quelques chansons de Lorca et de Góngora. Après l’écoute, Dalí demanda à voir le « muchacho » qui avait enregistré ces chansons. Lorsque les deux artistes firent connaissance, ils eurent l’idée d’illustrer la pochette avec un dessin réalisé par le peintre. Ce fut ainsi que Paco initia une étroite relation, non seulement avec le monde de la poésie et de la littérature en général, mais aussi avec les arts plastiques. Le voici interprétant la mauvaise réputation de Brassens.

C’est en 1964 qu’il enregistra son premier disque mais le succès viendra un peu plus tard. À cette époque, la maison des Ibañez à Paris était un lieu de passage et d’accueil de nombreux artistes, hommes politiques et intellectuels 70251641_pespagnols qui passaient par la capitale française, allaient et venaient d’exil ou faisaient de simples escapades pour respirer « un air frais ». En mai 1968, dans une émission de la télévision française réalisée en direct par Raoul Sangla, il présenta son disque ainsi que le peintre Ortega qui avait réalisé les illustrations de la pochette. Dans cette émission, il chanta « La poésie est une arme chargée de futur », de Gabriel Celaya et « Ballade de celui qui ne connut jamais Grenade » de Rafael Alberti. Un an plus tard, pour fêter les événements il se produisit dans la cour de la Sorbonne et devint un des symboles de la lutte des étudiants.

Après la mort de Franco il retourna vivre en Espagne, et il réside à Barcelone depuis 1994. Paco Ibáñez a refusé, à deux reprises, la médaille des Arts et des Lettres proposée par leCapture d’écran 2013-11-19 à 10.08.18 ministre-de-la-culture-à-vie Jack Lang. Il n’a jamais écrit les textes de ses chansons mais a mis en musique des poèmes, des grands poètes espagnols ou latino-américains : Rafael Alberti, Pablo Neruda, Louis Cernuda, Antonio Machado… En décembre 2006, Paco Ibanez et Lucien Gourong (ici en photo à droite), conteur et écrivain de Bretagne, qui se sont lié d’amitié en 1975, ont réalisé une grande soirée à l’Océanis de Ploemeur (Morbihan) en hommage aux républicains espagnols forcés de travailler sous les ordres des Allemands aux fortifications du mur de l’Atlantique et à l’édification des bases de sous-marins dont celle de Lorient. (merci WIKI)

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Comme à Ostende…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 19 novembre 2013, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé 70219495_ppour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins , les dents rapportées sur couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et Loire.

 

Le 19 novembre c’est aussi la date anniversaire de la mort d’un grand peintre et graveur Belge: James ENSOR. Anarchiste, symboliste et expressionniste, il est né à Ostende en 1860. Fils d’un ingénieur anglais ruiné, sa maman tenait une boutique de souvenirs. En 1877, il s’inscrit à l’académie70219626_p des beaux arts de Bruxelles et commence à fréquenter les milieux artistiques de la capitale. Il se lie avec Félicien Rops et le professeur Rousseau qui vont l’introduire plus avant dans l’anarchisme. En 1881, il expose ses premières œuvres et va intégrer divers cercles artistiques d’avant-garde mais, ses toiles ne suscitent qu’incompréhension et refus de la part des salons d’Anvers et Bruxelles. C’est en 88 qu’il peint le tableau qui le rendra célèbre par la suite: « Entrée du Christ à Bruxelles » aujourd’hui au musée Getty à Los-Angeles. Ici à droite.

J‘imagine l’accueil que lui réserveraient les fondamentalistes chrétiens qui manifestaient contre les affiches Benneton, le « Piss-Christ » de Serrano ou la pièce de Donatelli… Soutenu par Emile Verhaeren (les villes tentaculaires), il expose au salon 70219737_pde la « libre esthétique » puis à Paris en 1894 sans pourtant soulever un grand enthousiasme. Il ne rencontrera la reconnaissance officielle qu’à partir de 1929, année où il devient citoyen belge et où la bourgeoisie, pas rancunière, lui décerne le titre de Baron, organisant une grande rétrospective de son œuvre au palais des beaux arts de Bruxelles. Ce précurseur du surréalisme et du mouvement Cobra, est aussi un musicien et un écrivain pamphlétaire insolent et savoureux. Si vos pérégrinations vous conduisent du côté d’Ostende, n’hésitez pas à visiter la « Maison ENSOR« , transformée en musée. Je vous préviens l’espace est réduit et il faut parfois attendre que les visiteurs précédents aient vidé les lieux pour y accéder.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Du coing de l’oeil…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la bio-diversité et de la perdrix aux lentilles réunies, bonjour ! Nous voici le lundi 18 novembre 2013 c’est à dire le 28 de brumaire et c’est le jour du coing. Vous ai-je dit que j’ai découvert  qu’au milieu du jardin de Keramoal, dans un embrouillamini buissonneux, se cache un cognassier qui ne demande qu’à s’épanouir. Après une bonne taille, il conviendra d’en surveiller la croissance… du « coing » de l’œil.


Tiens, petit coucou à Dany, ma belle amie Giennoise, je suis sûr que, pareille à la madeleine de Proust, le coing lui évoque59088775_p les fameux Cotignac d’Orléans, cette sucrerie que l’on dit être l’ancêtre du Roudoudou et qui fait la fierté du Loiret dans leur non moins fameuse boite en bois. Chacun connait la pucelle d’Orléans, la faïence de Gien, mais les Cotignac, j’avoue que ça m’en bouche un…Coing. Celui-ci est très parfumé d’où sa présence dans toutes sortes de préparations depuis les tartes jusqu’aux confitures et gelées.

J‘ai encore en mémoire le goùt si particulier de cette gelée qui accompagnait ,au Portugal,  le fameux Leitão, le cochon de lait et qui portait le joli nom de Marmelo qui a donné en français marmelade qui signifiait à 66775979_pl’origine confiture de coings. Mais, à mon grand regret, cet été, ma fiancée et moi sommes rentrés de Lusitanie frustrés de n’avoir pu nous sustenter de ce délicieux plat. Ah, madame Michu, le tourisme n’est plus ce qu’il était…  C’est pas biotifoul ça, mes body boys ? On apprend tous les jours quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Du Macjonc au Shôgi…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la mécanique quantique et de la clé à molette réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 17 novembre 2013, 27è 290px-Lathyrus_tuberosus3jour de Brumaire dédié au Macjonc. C’est la gesse tubéreuse ou mézugon, (et comme dirait mon aïeule qui aurait vendu la sienne pour un vilain jeu de mots: c’est la Gesse qui compte !) ou gland de terre, ou encore souris de Hollande, non, sans rire, (les tubercules ont la taille la forme et la couleur d’une souris). Le macjonc pousse à l’état spontané dans toute l’Europe. Sa culture est signalée en 1783 comme « herbe française cultivée en Hollande et vendue en France » On consomme les tubercules cuit à l’eau en purée, et les gousses quand elles sont encore tendres préparées comme des petits pois.

Au Japon, c’est le jour du Shôgi littéralement le « jeu des généraux » qui dérive du Japonais Shogun, terme désignant le général suprême. C’est semble t-il l’ancêtre du jeu des échecs. Selon la légende, le jeu d’origine a été inventé aux Indes par imagesl’empereur Ravana. L’empereur voulait fournir à ses généraux, apparemment désoeuvrés, un moyen de s’exercer à la stratégie et à la tactique. Cependant c’est en Perse que le jeu a pris son nom de “chesu”. Ce mot vient du persan “shah” qui signifie roi. Le but du jeu étant bien sûr de prendre le roi, “chekkumeito” signifiant : “le roi est mort”. De la Perse, le jeu est parti vers l’Ouest et vers l’Est, pour arriver au Japon vers le 8ème s. Au cours de ce voyage les éléphants du jeu indien original s’étaient mués en généraux, mais la forme du jeu n’était pas encore fixée. Voilà, vous pouvez vous présenter à « Questions pour un champion ».

Il y a des jours, j’vous jure, on ne sait vraiment pas quoi raconter. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La « R » humeur du jour…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du paranormal et de la soupe à l’ortie réunis, bonjour ! Petits veinards que vous êtes, vous lisez le 1642è billet des « cénobites tranquilles« . Nous sommes le samedi 16 70099302_pnovembre 2013, 26è jour de brumaire dédié à la pistache. Notons au passage que ce fruit, riche en nutriments mais pauvre en calories n’offre que des avantages. Elle contient des bons acides qui permettent de réduire le mauvais cholestérol. Ses antioxydants font merveille contre le stress. Et j’en connais qui vont en avoir besoin…

Mais, qu’est-ce que j’apprends madame Michu, le Cénobite arrête de bloguer ? « La rumeur approche, l’écho la redit » c’est dans « Les Orientales » de V. HUGO. Pas un jour sans que le Net justement ne se fasse l’écho d’une nouvelle rumeur aussi invérifiable que la précédente. Extraordinaire caisse de images-22résonance plus que de « raisonnance » mondialisée, le réseau s’empare d’un bruit, d’un murmure, d’un chuchotement, d’un soupçon et, en quelques heures, c’est le « buzz », l’info a fait le tour de la planète, tel un torrent cévenol elle a grossit et, très vite sort de son lit. Dès lors elle devient incontrôlable. Depuis la maladie d’une star jusqu’à la présence d’huile de vidange dans les bouteilles Lesieur, en passant par le grand complot au nom de code H1N1, tout est bon pour alimenter la rumeur, y compris et surtout les démentis. Exemple: Au mois d’août à Carnoët (29), il y avait tellement de guêpes qu’ils ont failli rebaptiser le site: « la vallée d’essaim » . (comique de répétition)

Pascal FROISSART, qui enseigne à l’université de Paris VIII en avait fait un livre remarquable: « La rumeur, histoire et fantasmes » aux éditions Belin et dont je m’étais fait l’écho ici. Mais, l’intérêt de Internet, c’est qu’on y trouve aussi, les images-4contre-poisons. Par exemple, vous pouvez utiliser des sites comme hoaxkiller.fr  ou bien encore le site hoaxbuster.com  Pour ma part, j’aime bien le site du « démonte rumeur » (c’est quand même plus franchouillard) hébergé par Rue 89;  on y trouve le classement des dernières rumeurs et surtout, enquêtes, contre-enquêtes, démonstrations et autres preuves permettant de démonter le mécanisme de la rumeur.

Voilà, voilà, vous glissez tout cela dans la catégorie « conseil du jour » et vous êtes doté d’un outil supplémentaire pour ne pas mourir idiot. Si vous connaissez d’autres sites de ce genre, je suis preneur. D’ici là, informez vous, ne vous laissez pas séduire par le chant des sirènes (on dit que la ville d’YS n’est pas loin d’ici) vérifiez, recoupez, comparez et, en dernier lieu faites vous une opinion. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Lundi, mardi, tralala…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du panthéon nordique et des chaussettes à clous réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 15 novembre 2013, 25è jour de Brumaire dédié au faisan. Je suis tellement en retard que l’on pourrait se méprendre et penser qui je suis en avance sur les tâches du lendemain car, à l’heure où j’enregistre ce billet nous sommes jeudi soir et donc, le lendemain c’est vendredi, moment où vous lirez (merci à vous) cette petite fantaisie qui m’a été inspirée par les commentaires de BAB et les jours du calendrier républicain.

Aujourd’hui donc, c’est à dire pour vous, hier, c’est Jeudi, et le Jeudi… Et ben, c’est Jeudi ! In english: Thursday, signifiant le jour de Thor; pour nous, latins, c’est plutôt Jupiter alors on dit imagesJeudi. Tout comme Sunday pour les sujets de la très gracieuse c’est le jour du Soleil, oui parce que Monday c’est le jour de la Lune. Prenez Mardi par exemple, pour les ultra-manchots c’est Tuesday à cause de TIW, équivalent germanique du dieu romain Mars. Le Mercredi pour nous correspond à Mercure et en breton on dit Merc’her, au pays de Galles Dydd Mercher et les anglais, qui tiennent toujours à se singulariser, Wednesday en référence à Woden (du proto germanique Wotan ou si vous préférez Odin) et ainsi de suite, jeudi Jupiter, vendredi Vénus et samedi Saturne, même si quelquefois, saturne pas rond…

C‘est pour cela que votre fille est muette et c’est pour cela que Pluton n’est plus une planète. Parce que pluday ça n’existe pas, ni pludi, sauf à Groland peut-être. En Bretagne pour se venger, on a mis des Plu, des Plou, des Plo, des Ple, quasiment partout. Dans le Trégor, c’est plutôt Plou-dalmézeau plouider, Plouvorn. Chez les cornouaillais et les bigoudens, c’est plutôt Plo-zévet, Plomodiern, Plovan. En pays gallo c’est plutôt Ple-dran, Pleucadeuc, pleuhiden. Et en Belgique, c’est plutôt plat (humour). Bon, j’arrête là car cela part dans tous les sens. Maintenant que j’y repense, mon Paracétamol avait un drôle de goût ce matin.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Longtemps je me suis couché de bonne heure…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

Amis Républicains, bonjour ! Nous voici donc le jeudi 14 novembre 2013, 24è jour de Brumaire et il est vrai que les frimas font leur apparition. Les initiateurs du calendrier qui nous intéresse, en ont fait le jour de l‘orange. Je me suis imagessouvent demandé d’où venait cette imagination débordante. L’un des auteurs, si ce n’est le seul, s’appelait Fabre d’Églantine, écrivain, poète, théâtreux et, moins révolutionnaire qu’opportuniste. Forcément, quand on s’appelle Églantine, on ne va pas donner aux jours des noms d’oiseaux… Il présenta ce calendrier à la Convention Nationale en octobre 1793… Il perdit la tête un an plus tard, au sens propre, en compagnie de Danton. C’est à lui que nous devons la célèbre ritournelle: « Il pleut, il pleut, bergère ». C’est sans doute ce côté poète qui le conduisit à doter les jours de l’année de noms champêtres et bucoliques aussi improbables que ceux là.

Il y a un siècle paraissait Du côté de chez Swann , de ce bon Proust; vous savez: Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire: «Je m’endors.» Je ne sais pas pourquoi je vous raconte cela… Peut-être parce que c’est la saison des prix littéraires et que je vois que l’on vient d’attribuer leimages-1 Renaudot (dans la catégorie Essai) à Gabriel Matzneff.  pour « Séraphin c’est la fin ». Plusieurs dizaines d’années plus tôt, il publiait un autre essai, « Les Moins de 16 ans », au sein duquel il affichait clairement son goût pour les enfants. Voici un extrait de sa prose: « Ce qui me captive, c’est moins un sexe déterminé que l’extrême jeunesse, celle qui s’étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être – bien plus que ce que l’on entend d’ordinaire par cette formule – le véritable troisième sexe. Seize ans n’est toutefois pas un chiffre fatidique pour les femmes qui restent souvent désirables au-delà de cet âge. (..) En revanche, je ne m’imagine pas ayant une relation sensuelle avec un garçon qui aurait franchi le cap de sa dix-septième année. (…) Appelez-moi bisexuel ou, comme disaient les Anciens, ambidextre, je n’y vois pas d’inconvénient. Mais franchement je ne crois pas l’être. À mes yeux l’extrême jeunesse forme à soi seule un sexe particulier, unique. » Vous je ne sais pas; mais pour ce qui me concerne, je ressens comme un malaise comme disait l’autre. Le statut d’intellectuel place t-il au dessus des lois? Au café du commerce que je fréquente davantage que ne le font certainement les vieillards cacochymes du jury, on appelle ça un salopard. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Philocrate toi même…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la Philocratie* et du pâté Hénaff réunis, bonjour !
Nous sommes le mercredi 13 novembre de l’an de grâce 2013 et malgré mes conseils vous êtes encore devant votre ordinateur… Ce 23è jour de Brumaire est le jour de la Garance, plante aujourd’hui tombée en désuétude qui servait images-21essentiellement à produire de la teinture pourpre. A tel point qu’on la nommait « rouge des teinturiers ».  les racines et les tiges souterraines contiennent de l’alizarine, qui a la propriété de donner aux tissu une belle couleur rouge. Les uniformes de l’armée française l’employaient abondamment avant la première guerre mondiale. « Le tristement célèbre pantalon rouge garance faisait des soldats des cibles parfaites pour l’ennemi, Le képi est aussi rouge et bleu, mais depuis 1913, il est prévu en campagne de le couvrir de bleu. La lourde capote est, elle aussi, de couleur bleue. Les pans sont remontés lorsque le fantassin est en campagne. » Cette teinture naturelle a été remplacée par des colorants synthétiques. La culture de la garance, très ancienne (elle est attestée depuis plus de 3000 ans en Inde) n’est plus qu’un souvenir.

*C’est un mot forgé par Voltaire et que l’on retrouve dans Histoire du docteur Akakia: »Le natif de Saint-Malo ayant été attaqué longtemps d’une maladie chronique appelée en grec philotimie et par d’aucun philocratie, elle lui porta si imagesviolemment au cerveau, et il eut de tels accès qu’il écrivit contre les médecins et contre les preuves de l’existence de Dieu. » En effet, la philocratie n’est rien de moins que l’amour immodéré pour le pouvoir. Nos dirigeants feraient bien de s’inspirer de Voltaire et se souvenir que c’est le peuple qui les a placé là où ils sont et qu’à trop aimer le pouvoir ont mal étreint ceux qui en pâtissent. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Libertad, j’écris ton nom…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la féminine engeance et  des vermicelles aux crevettes réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 12 novembre 2013, 22è jour du mois de Brumaire, dédié à58867732_p l’azérole… Ah, vous ne connaissez pas l’azérolier ? C’est un joli petit arbre fruitier du même genre que l’aubépine que l’on trouve dans le bassin méditerranéen. Dans le sud de la France, ils appellent cela la pomette. On dit qu’en décoction c’est excellent pour lutter contre l’hypertension artérielle, personnellement je préfère la Lagavulin. Ses fruits sont généralement utilisés en gelée ou en confiture.

J‘avais entrepris de vous parler de Joseph Albert conséquemment au fait qu’il était décédé un 12 novembre mais je m’aperçois que j’ai déjà évoqué ce diable boiteux dans un de mes billets (il faut dire que j’en suis au 1637è). Au train où vont les choses, j’aurai bientôt besoin d’un(e) secrétaire archiviste. Simple piqure de rappel 58867809_pdonc pour les ceusses qui n’ont pas tout suivi. Il est né à Bordeaux de parents inconnus et sera recueilli par l’assistance publique. A sa majorité, il monte à Paris et se fera appeler Libertad. A la suite d’une maladie dans sa prime enfance, il perdra l’usage de ses jambes et se déplacera à l’aide de béquilles. C’est Aristide Briand qui va lui trouver une place de correcteur dans son imprimerie où il édite « La lanterne ». Très vite il va faire partie du groupe libertaire montmartrois « les iconoclastes ». Il prend position en faveur de Dreyfus aux côtés de Sébastien Faure et défend l’idée de la propagande par le fait. On lui doit le mouvement dit des « causeries populaires » bien avant celles de Michel Onfray.

Juste une citation de Roger Langlais:  « Si Libertad a fait face, de son vivant, à tant de calomnies, de haine et de dérision… S’il a été travesti en agitateur pittoresque par les chieurs d’encre, c’est sans doute que son existence même était intolérable… ». On peut encore retrouver un certain nombre de ses textes, notamment ceux publiés dans son journal « l’Anarchie » à partir de 1897.

Sacré bonhomme qui mérite bien une petite place dans notre galerie, je le mettrais entre Proudhon et Kropotkine. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

11 novembre 1887…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la mélancolie au lit et du munster au cumin réunis, 69970684_p1bonjour ! Nous sommes le lundi 11 novembre 2013, 21è jour de Brumaire dédié à la Bacchante; ces nymphes qui célébraient les mystères de Dionysos au cours des fameuses Bacchanales. On dit qu’elles couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre, le thyrse à la main, dansant et remplissant l’air de cris discordants. Elles répétaient fréquemment le cri Évoé, comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants. (le tableau représente La jeunesse de Bacchus par William Bouguereau – 1884)

Alors que beaucoup (trop) entretiennent la flamme des boucheries passées, les anarchistes ont une pensée pour leurs compagnons sacrifiés sur l’autel du capitalisme. C’est en effet, le 11 novembre 1887, à Chicago, à 11h 30 dans la cour de la pendaisons_-300x218prison que sont exécuté par pendaison les anarchistes August SPIES, Albert PARSONS, Adolph FISCHER, et George ENGEL. Samuel FIELDEN et Michael Schwab sont envoyés au bagne à perpétuité. Quand à Louis LINGG, il s’est suicidé la veille dans sa cellule. Tout avait débuté le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA.

Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines Mc Cormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les « briseurs de grève ». La police appelée en renfort tire sur 54392138_pla foule, provoquant la mort de deux ouvriers. Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment-là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l’hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l’explosion. Mais qu’importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par sept condamnations à mort. Sources

Allez, c’est pas tout, faut pas rater la commémo (humour). Portez vous bien et à demain peut-être.