Le ballet des dindons…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la comédia del arte et du pigeonneau laqué réunis, bonjour !  Nous sommes le mardi 05 novembre 2013, quinzième jour de Brumaire dédié au dindon. La manif des bonnets rouges qui s’est déroulée à Quimper samedi dernier et qui rassemblait dans une grande confusion les maîtres et leurs valets, me fait irrésistiblement penser aux dindons de la farce. Si j’en crois Claude Duneton, « il exista à Paris, pendant la longue période d’un siècle, une forme de divertissement forain que l’on appelait « le ballet des dindons ». L’argument du spectacle était le suivant : on plaçait quelques-uns de ces volailles placides sur une tôle surélevée et clôturée, formant une scène, puis on chauffait progressivement ce plancher imagesmétallique par en dessous. À mesure que la chaleur se faisait sentir dans leurs pattes, les dindons commençaient à s’agiter, à danser sur la tôle d’un air évidemment grave qui mettait en joie les badauds admis à contempler l’action. Il suffisait alors qu’un vielleux se prît à suivre le rythme des pauvres bêtes, qui s’accélérait tandis qu’on activait le feu sous leurs pattes, pour donner l’illusion d’un ballet endiablé soutenu par la musique. De quoi faire hurler de rire l’assistance, qui se tenait les côtes !… Le ballet des dindons fut supprimé en 1844, par une ordonnance du préfet de police, en même temps qu’étaient interdits les combats d’animaux tellement goûtés par le public, dont les derniers se déroulaient à la Barrière du Combat, précisément. »

Je crains fort que les salariés de l’agro-alimentaire breton n’aient guère retenu les leçons de La Boétie et qu’incessamment ils se retrouvent gros-jean comme devant en images-1train de danser sur les braises de leurs ex-activités. Leurs bons maîtres ayant déjà traité avec la Pologne ou le Brésil. Adieu veaux, vaches, cochons, poulets, demain découpés sous des cieux plus cléments de l’agro bizness. Il se trouvera dès lors à n’en point douter quelques Cassandre pour les inviter à se retourner vers une agriculture moins intensive, plus raisonnée, utilisant les circuits courts et une production de qualité. Mais, les dés seront sans doute jetés ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

4 commentaires

  1. lediazec

    Aussi vrai que complexe. A décharge, les dindons n’étant pas hélas pourvus de ce que nous autres humains utilisons très sommairement, le cerveau, la chose est « excusable ». Heureusement, dans cette affaire de dindons, un métier perdure et c’est une bonne nouvelle pour les stats du chômage : « branleuse de dindons ». Si, si, ça existe !
    Caillou du Jour :
    On se rassure, tout va bien

    • erwandekeramoal

      Et en fond sonore, Pauline Carton dans: J’aime mieux mes dindons quand ils font glou,glou…

  2. babelouest

    Et pendant ce temps-là, jour après jour des paysans se suicident tout simplement. Hier midi, je prenais l’apéro sous l’appentis d’une stabulation avec des agriculteurs du coin, en compagnie d’amis avec qui j’avais fabriqué des panneaux pour la chaîne humaine autour de la ZAD du 11 mai dernier. Cette question de ceux qui se suppriment de plus en plus souvent inquiète réellement. Il est vrai que la course aux investissement colossaux chez les exploitants agricoles (le terme exploiter interpelle déjà) devient complètement folle.

    Quand la plupart de nos compatriotes peinent à trouver de l’argent pour se loger, comment ne pas être effrayé par le coût des matériels qu’un paysan d’aujourd’hui est obligé d’avoir (tout simplement le prix d’une maison, souvent, par appareil) ? Et l’un des participants ajoutait qu’un facteur de déstabilisation provient de la solitude de l’agriculteur. Autrefois dans un village ils étaient vingt, trente, cinquante qui se serraient les coudes. Sur la même superficie ils ne sont plus qu’un, deux. Alors on craque.

    • erwandekeramoal

      Hé oui, il faut être parisien pour croire que le bonheur est dans le pré…

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