La crise expliquée à mon petit-fils…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

, ,

Amis de la procrastination et de la galinette cendrée réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 14 septembre 2013, 28è jour de fructidor dédié au Maïs. C’est le moment ou jamais pour une petite leçon d’économie. Voici donc : La crise expliquée à mon petit-fils.

Un homme portant cravate (c’est important) se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il 68213134_pachèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 euros par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendit les bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 euros et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 euros dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 euros l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 euros dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois68212528_p le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent. Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés. Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune. Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne traça pas pour autant un trait sur 68212560_ples dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement. Voyant sa note en passe d’être dégradée et prise à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes. Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes. Quand on vous dit que l’économie c’est simple comme tout…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

11 commentaires

  1. nivobode

    superbe démonstration!

  2. Fabig

    « L’âne, l’âne, l’animal
    Qui c’est qui mène le grand bal »
    (Chanson des Ours du Scorff)

  3. lediazec

    Joli, joli, joli. Vrai, vrai, vrai. Ça aurait plu à l’Albert !
    Albert Jacquard au bal des étoiles

    • erwandekeramoal

      Que le panthéon des humanistes lui ouvre grand ses portes…

  4. lolo

    Simple efficace, cynique à souhait : un magnifique article comme je les aime

    • erwandekeramoal

      A la vérité un peu pompé mais je ne retrouve pas la source…

      • lolo

        si tu te fais retrouver par l’auteur original il pourra te demander des intérêts pharaoniques ;)

  5. Corsico

    Pour protester contre cette situation des villageois se déclarèrent « indignés » et organisèrent des manifestations au nom des paysans pauvres qui avaient perdu leur argent, leur âne et leur travail.
    Aux dernières nouvelles , nous en sommes toujours là, et de source autorisée, il paraitrait qu’un villageois, aujourd’hui, porterait cravate, et aurait monté une entreprise de plats cuisinés « pure boeuf »…. Mais bon ,M’ame Michu, vous connaissez comme moi les sources autorisées…
    Bonne journée à toutes et tous.

  6. blou

    Pourquoi ne puis-je pas le partager via… ejem, fbk? Le « système » m’en empêche.

    • erwandekeramoal

      Vérification faite auprès de l’assistance technique, cela ne vient pas d’ici…

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publié. les champs marqués d'une asterisque sont obligatoires (*).