Véronique, nique, nique…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Amis de l’utopie galopante et de la chicorée Leroux réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 22 juin 2013, quatrième jour de Messidor dédié à laDownloadedFile-1-150x150 Véronique, jolie petite fleur qui doit son nom à sainte Véronique bien connue dans son immeuble et qui aurait recueilli un linge portant les traits du Christ et aurait, grâce à ce linge, guéri l’empereur Tibère  de la lèpre. On dit que la véronique officinale était utilisée autrefois en application sur les plaies des lépreux d’où son nom familier d’herbe-aux-ladres.

Dans quelques jours on célébrera la naissance de Michel RAGON et je voulais profiter de cette date anniversaire pour vous en dire quelques mots. Michel Ragon est né par hasard à Marseille le 24 juin 1924, mais il passe toute son enfance à Fontenay-le-Comte dans une famille paysanne vendéenne misérable. Orphelin de père à 8 ans, il arrive à 14 ans 54490896_pavec sa mère à Nantes où il exerce plusieurs petits métiers (garçon de courses, aide-comptable, mécanicien, emballeur…). Déjà passionné de lecture depuis son enfance, il découvre de nouveaux auteurs (Rousseau, Hugo, Verne, Gide…) grâce entre autres aux bibliothèques des appartements que sa mère est chargée de garder. Dans cette grande ville de Nantes, il découvre également la peinture au Musée des Beaux-Arts de Nantes, où il se rend souvent, ainsi que la musique classique au Théâtre Graslin. En 1943, à 19 ans, il rencontre les poètes de « l’école de Rochefort », Jean Bouhier et René-Guy Cadou et le peintre James Guitet qui restera son ami. Fin 1943, auteur de tracts contre l’occupant allemand, il est recherché par la Gestapo. Prévenu à temps, il s’échappe de justesse et retourne se cacher dans sa famille, dans le bocage vendéen. Il rentre à Nantes en 1944. Mais il n’y reste pas longtemps.

Avide de connaissances, de rencontres et de nouveaux horizons, il monte à Paris en 1945.De sa rencontre avec Henry Poulaille et peut être surtout avec Armand Robin et le mouvement libertaire naîtra sa vocation 54490926_pd’écrivain et son engagement anarchiste. Véritable autodidacte (il présentera néanmoins un doctorat d’Etat à plus de cinquante ans), il collabore à divers journaux comme « Les cahiers du peuple » dont il est rédacteur en chef. Sa soif de connaissance l’amène à découvrir et fréquenter le milieu des peintres. Il devient critique d’art, membre du groupe Cobra en 1949. Il publie ses premiers romans autobiographiques : « Drôles de métiers » « Drôles de voyages« . En 1954 son recueil de poésie « Cosmopolites » reçoit le « Prix des Poètes ». Il se passionne ensuite pour l’architecture et écrit plusieurs ouvrages qui font toujours référence en la matière. Il réalise également une nouvelle « Histoire de la littérature prolétarienne en France » (1974), puis des romans tel que « Les mouchoirs rouges de Cholet » (1983) qui rencontrent un vif succès.

Personnellement j’ai particulièrement apprécié « la mémoire des vaincus » paru chez Albin Michel en 199O. Une fresque passionnante de l’histoire prolétarienne, véritable traversée du XXè siècle où le héros croise tour à tour, Lénine, Durruti, Nestor Makhno, la bande à Bonnot… Un voyage parmi les oubliés de l’histoire, anarchistes, libertaires et utopistes.Mais il faut lire aussi « le roman de Rabelais » et son exceptionnel « dictionnaire de l’anarchie« .

Et puisque vous êtes dégouté de la télé, de son foot, de ses jeux débiles, de ses infos décérébrées, (re)mettez vous à la lecture et offrez vous quelques pages de Michel Ragon. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

 

2 commentaires

  1. louise michel

    la véronique est aussi une passe de toréro olé!, je vais lire Ragon merci salut et fraternité

  2. Hobo-Lullaby

    Bonjour Erwan

    Ce que j’aime bien sur ce blog, outre le ton ( qui associe aussi bien l’utopie et la chicorée que l’architecture et le maquereau au vin blanc), c’est qu’on y fait de belles rencontres et de belles découvertes. Michel Ragon en fait partie. Tu m’as vraiment donner envie de feuilleter autant sa poésie (mon pêché mignon), que de suivre les aventures d’un héros qui croise Lénine, Durruti, Nestor Makhno et la bande à Bonnot ! Chose dont les héros de séries télévisées sont loin d’avoir les compétences, malgré les sommes abrutissantes de leur budget pub débiles ( et réciproquement comme dirait Pierre Dac)
    Merci encore pour ce travail contre L’amnésie collective.
    Amitiés
    Serge

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