Vanitas, omnia vanitas…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

Amis de la blogosphère libérée et du poulet frites réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 15 décembre 2012, 25è jour de Frimaire dédié au grillon.

Mais qui dira l’incommensurabilité de l’égo du blogueur ordinaire ? Il est là, guettant son compteur comme l’épicier son tiroir-caisse. Voici la 90 000è visite, flatteuse et flagorneuse qui lui ouvre des horizons littéraires aussi lointains qu’inaccessibles. C’est son Goncourt, son Renaudot et son Molière à la fois. Ah, César, souviens toi que tu es mortel disait le prêtre à l’impérator. Et rappelons nous les premiers mots de l’Ecclésiaste: Vanitas, vanitatum, omnia vanitas… Souviens toi, petit scarabée, que la blogosphère est immense, quasi infinie, et l’infime particule que représente ton apport est quantité négligeable au regard des milliards de données qui transitent chaque minute sur la toile. Garde toi de croire que c’est arrivé. Remercie ces visiteurs qui te font l’honneur de jeter un regard sur tes élucubrations quotidiennes. Ta prose approximative, tes fautes d’orthographe, tes accords désaccordés, tes jugements à l’emporte pièce, tes raccourcis saisissants, ta galerie de portraits qui doit davantage à l’archéologie sociale qu’à l’analyse concrète d’une situation concrète. Laisse tes mots enfourcher les vents de l’Ouest qui balayent Keramoal au rythme des dépressions et qui secouent le ponant depuis de longues semaines. Le calme revenu, ils iront se déposer comme autant de feuilles mortes sur les écrans de ces anonymes visiteurs qui, au hasard d’un moteur de recherche auront échoué sur ton site. Ce sont des bois flottés qui ornent la laisse de basse mer des ordinateurs, leurs écrans depuis longtemps sont devenus leurs estrans, rivages modernes de rêveurs impénitents et les dédales informatiques leurs tiennent lieu de chemin des douaniers. Puisse ce petit journal rester sans prétentions autres que celles qui consistent à taquiner la muse, raviver les mémoires, jouer avec les mots et rassurer mes proches sur mon état de santé (poil au nez).

Allez, merci à vous pour votre fidélité et votre indulgence à l’égard de l’auteur. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

6 commentaires

  1. Bargougnan

    Bravo, ça s’arrose ! Et pour la 100 000ème, la grande fête !
    Ceci dit petite remarque histoire de bien marquer l’impertinence des lecteurs face aux blogueurs : ce n’est pas un prêtre qui sermonnait César mais un esclave qui lui rappelait cette vérité à chaque « divin César » qui s’élevait de la foule lors de son passage…
    Heureuse et longue continuation !

    • erwandekeramoal

      Merci de cette précision. Pour le 100 000è, on pète la roteuse.

  2. Marcailloux

    OUHA !!!, quel billet.
    Figurez vous que j’assimile la lecture quotidienne de votre prose à la dégustation matinale d’un petit coup de blanc avec quelques amis sur le zinc d’un bistrot de quartier. Hélas, le premier bistrot est à 3 km de chez moi, et j’ai la flemme de m’y rendre de bon matin. De toute façon ce n’est pas dans mes habitudes. Et puis vos écrits sont moins nuisibles pour la santé.
    Enfin, je suis très content pour vous que votre verve attire régulièrement des centaines de lecteurs que je suppose fidèles. C’est la preuve de l’excellence.
    C’est une denrée si rare qu’il ne faut jamais manquer de la célébrer.
    De plus, vos notes impertinentes souvent, ne comportent aucune volonté d’évangéliser. Vos mots sont des papillons multicolores, libres et légers.
    Grand merci et bon vent à vous et à tous vos lecteurs.

    • erwandekeramoal

      Whaouuuh, tout ça…Merci surtout de passer ici de temps en temps.

  3. Sceptique

    Ma lecture de ce magnifique billet est accompagnée par les coups de vent et la pluie rageuse, en provenance directe de Kéramoal!

    • erwandekeramoal

      Petite dépression de Sud-Ouest, ça nettoie l’atmosphère.Bonne continuation.

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