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Le parfum de la dame en noir…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du romantisme et du tournedos Rossini réunis, bonjour !

Et bien voilà, je n’ai pas vu le temps passer et nous sommes le jeudi 23 août, 6è jour de fructidor dédié à la tubéreuse. Autrefois, en Italie, on interdisait aux jeunes filles de se promener le soir dans les jardins où poussait la tubéreuse, car elles n’auraient pas su résister aux jeunes gens, eux-mêmes grisés par son parfum érotique. Quel dommage ! 
La tubéreuse est surtout utilisée pour la fleur coupée et pour la parfumerie (Poison de chez DIOR). Cette odeur capiteuse, persistante, un peu inquiétante,  est également présente dans la fleur fraîche, Zola allant même jusqu’à écrire dans Nana  que « quand les tubéreuses se décomposent, elles ont une odeur humaine. »

On dit que madame de la Vallière, maîtresse de Louis XIV, faisait mettre dans sa chambre des bouquets de tubéreuses. En effet, la tubéreuse passait pour incommoder les femmes enceintes, et elle voulait prouver à la reine qu’elle ne l’était pas. Par ailleurs, on peut supposer qu’il s’agit là de l’entêtant parfum qui tourmentait Joseph Rouletabille dans le fameux roman de Gaston Leroux: le parfum de la dame en noir

« Je sentis tout à coup son parfum, le doux et pénétrant et si mélancolique parfum de la Dame en noir, une odeur pleine de mélancolie, un parfum pour tristesse intime. Quelque chose comme le parfum isolé et discret et tout à fait personnel d’une plante abandonnée, qui eût été condamnée à fleurir pour elle toute seule… »

Voici comment l’Artisan parfumeur présente son parfum Nuit de Tubéreuse:

« La nuit, la tubéreuse se déshabille, elle dévoile ses dessous chics et troublants dans un striptease hypnotisant. Elle commence par effeuiller une à une ses notes végétales, vertes et crues comme de l’herbe coupée. Elle poursuit en jetant au visage de son audience des poignées de poivre noir, en riant. Dans une pause langoureuse et aguicheuse, elle passe et repasse sur ses lèvres pulpeuses un baume de beurre de cacao, lacté et beurré. Sa féminité extravertie est à son paroxysme lorsque soudain, au détour d’un pétale blanc, elle laisse entrevoir un petit coin d’intimité, son arme fatale cachée : un vétiver brut, fumé et flamboyant, clamant sans pudeur sa virilité insolente et inattendue. Plus personne ne sait qui elle est vraiment, mais tout le monde n’a plus qu’une idée fixe, la posséder immédiatement. »

Bref, cela sent le soufre et nous éloigne de cette odeur de sainteté qui caractérise ce blog. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.