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Au bon temps des rois fainéants…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’analyse concrète d’une situation concrète et du Fernet-Branca réunis, bonjour !

Cela devait finir par arriver, nous sommes le 16 août, 29è jour du mois de thermidor habituellement consacré au coton. Tiens, par ici on fête les Armel dont les traces sont nombreuses par chez nous (Bretagne). Par exemple Ploermel, ou encore Plouarzel mais aussi, Ergué-Armel. En voila un qui va rapidement trouver sa place dans la vallée des saints à Carnoët (avouez qu’il y a longtemps que je n’en avais pas parlé.)

Or donc, Armel ou Arzel, comme vous voulez, fait partie de ces moines qui débarquèrent en Armorique en provenance du pays de Galles en voyage organisé entre le 4è et le 6è siècle à bord de la Brittany ferries, bien décidés à conquérir l’âme de ces pauvres indigènes que les Romains et les Vikings avaient laissé dans un état de dénuement spirituel catastrophique. Il serait né vers 482 dans le Glamorgan au Sud du pays de Galles. En vérité, cette région doit son nom au roi Morgan ap Owain et non à son ancêtre le souverain Morgan Mwynfawr ap Arthrwys qui lui a du vider quelques hanaps avec Armel.

Pour sa part, notre ami Armel, ayant oui dire que du bien des fêtes maritimes de Brest, décida de débarquer au fond de l’aber Ildut, pas très loin de l’ermitage de Keramoal. A peine arrivé il créa sa petite entreprise qu’il dénomma modestement « abbaye de Plouarzel ». Le roi des Francs, Childebert 1er, ayant remarqué son zèle le fit appeler à ses côtés. Il s’empressa de guérir aveugles et boiteux et sa majesté le renvoya en Bretagne où il fonda la marque « produit en Bretagne ». Sur le chemin du retour, qui, faut-il le rappeler, était très long, au temps, au bon temps, des rois fainéants, il s’arrêta près de Corps-nuds en Ille et Vilaine, débarrassa le coin d’un vilain dragon qui faisait peur aux petites filles et en profita pour créer une succursale qu’il baptisa « monastère de Saint-Armel ». Bref, une réussite de tous les diables !

Et puisque l’on parle de l’aber Ildut, savez vous que son granite  bénéficiait d’une grande renommée en raison de sa résistance à l’érosion, de ses propriétés à refléter les rayons du soleil, mais également de sa facilité de transport par la voie maritime. Durant des millénaires, ce matériau servit à l’édification de multiples constructions humaines, comme les phares par exemple (celui de la pointe Saint-Matthieu, en particulier), mais aussi des ouvrages d’art (le viaduc de Daoulas dont je reproduit la photographie). C’est toutefois la fourniture du matériau du socle de l’obélisque de Louxor, un énorme bloc de 100 tonnes, qui donna, en 1835, une reconnaissance nationale au granite de l’Aber-Ildut. Aujourd’hui on en fait des statues de saints pour la vallée du même nom; mais bon, je commence à radoter…

Bon, il faut reconnaître qu’ils ont aussi de très bonnes huîtres. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.