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LES PETROLEUSES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du genre humain et de la gavotte des montagnes réunis, bonjour !

Nous sommes donc le 18 août, c’est le premier jour de fructidor, dédié à la prune, bref, pour beaucoup d’entre vous c’est les vacances.Y compris pour votre serviteur, résultat des courses, le billet de hier s’est malencontreseument trouvé amputé d’une partie du poème que je voulais vous présenter. C’est réparé… Vacances d’accord, mais, ce n’est pas une raison suffisante pour oublier ceux sans qui il n’y aurait jamais eu de congés payés.

Je pense à André Léo qui fut une femme aux principes solides, qui plaida sa cause par son œuvre littéraire et ses actions politiques. L’histoire ne lui a guère rendu justice, « les cénobites tranquilles » essaye modestement de raviver la flamme du souvenir. Elle milita avec acharnement, mais surtout sans aucune sorte de compromission et même parfois en “solo” pour la défense des principes de solidarité, coopération, émancipation, égalité, justice, démocratie ; elle voulut et sut lever sa voix forte et orgueilleuse quelquefois même en désaccord avec ses camarades et compagnons de lutte, comme quand elle prit nettement parti contre Marx et le Conseil Général de l’Association Internationale des Travailleurs, qu’elle jugeait une institution autoritaire, hiérarchique et trop liée à la vieille organisation sociale.

Quand dans ses textes elle plaidait l’instruction des femmes ou leur droit à un salaire comparable à celui des hommes, quand elle condamnait les mariages “ de convenance” ou les religions qui s’allient aux systèmes politiques autoritaires et centralisateurs, pour ne citer que quelques-uns des thèmes qui lui étaient chers, elle abordait des sujets brûlants, périlleux, qui gênaient l’opinion publique et l’ordre social. Rejetée donc par la bourgeoisie, d’où elle était pourtant issue, contestée par d’importants secteurs du socialisme contemporain, elle s’est destinée à l’isolement et à l’oubli. Sa condition de femme, en outre, ne l’a certes pas aidée à s’affirmer dans une société où les principes de l’infériorité de la femme étaient  encore bien solides. ( Sources : La thèse de Fernanda Gastaldello accessible sur le site de l’association André Léo)

Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink et Maria Deraisme (à droite en photo, et qui allait créer l’obédience maçonnique « Le droit humain ») pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à la « Ligue de la Paix et de la Liberté ».
Très liée à
Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». Avec Noémie, elle projette la création d’une école primaire laïque de jeunes filles. En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Dès le 18 mars 1871, André Léo se voua sans réserve à la cause de la Commune. Son engagement politique se livra sur plusieurs fronts : elle fut journaliste, oratrice et adhéra à différents comités.

En voilà de sacrées pétroleuses. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

CES ETRES LA SONT ADORABLES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du symbolisme décadent et du jambon de Bayonne réunis, bonjour!

C‘est aujourd’hui le trentième et dernier jour de thermidor, dédié au moulin. A l’heure où vous lirez ce billet (pour ceux qui suivent au jour le jour les aventures du cénobite) je serai sur la route des vacances avec ma belle amie. Nous abandonnons quelques jours les brûmes d’Avallon pour visiter nos amis d’Euskadi. Pour l’heure je voulais vous inviter à profiter de cette période estivale pour délaisser un peu vos ordinateurs et vous plonger dans un beau recueil de poésie. J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois.

 

Je me souviens d’un soir d’hiver dans un manoir proche de Dinard, alors que la soirée traînait en longueur et que le feu crépitait faiblement dans la grande cheminée de granit. On refaisait le monde à notre manière quand l’un de nous récita ce poème et pour beaucoup ce fut une découverte. Le récitant s’appelait Bernard Lavillier et fit plus tard la carrière que vous savez.

Un couchant des Cosmogonies ! 
Ah ! que la Vie est quotidienne...

 Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
 Comme on fut piètre et sans génie...

On voudrait s'avouer des choses,
Dont on s'étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu'on s'entendrait à travers poses.

On voudrait saigner le Silence,
Secouer l'exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.

Elles boudent là, l'air capable.
Et, sous le ciel, plus d'un s'explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.

Justement, une nous appelle,
Pour l'aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d'AMOUR, dit-elle !

Ces êtres-là sont adorables !

Au moment de la mort de son père, en 1881, il part pour Berlin, où il devient lecteur de la francophile et libérale Impératrice Allemande Augusta de Saxe-Weimar, grand-mère du futur Guillaume II. Son travail consiste à lire à l’impératrice, deux heures par jour, les meilleures pages des romans français. Il s’agit d’un emploi très rémunérateur qui lui laisse du temps libre et qui lui permet de voyager à travers l’Europe. Malgré cela, il éprouve ennui et mal de vivre.

Ce n’est qu’en 1886 qu’il quitte ce poste ; dès le début de l’année, à Berlin, il rencontre une jeune Anglaise, Leah Lee, qu’il épouse le 31 décembre à Londres. Il rentre alors à Paris. Mais son état de santé se dégrade rapidement : atteint de phtisie, il meurt en août 1887 à son domicile; il venait d’avoir 27 ans ; sa femme, atteinte du même mal, succombera l’année suivante. Il rejoint le club des 27 dont j’ai déjà parlé ici.

 

Et voila, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Le 16 août 1907, naissance de Georgette, Léontine, Roberte, Augustine, KOKOCZINSKI dite « Mimosa » à Paris. Militante anarchiste française, volontaire antifasciste sur le front d’Aragon. Née Brivadis (du nom de sa mère, Léontine Brivadis ) puis devenue Ango (après la reconnaissance par son père, Robert Ango) à 16 ans, elle quitte le domicile familial et est accueillie dans le foyer d’André Colomer et sa compagne Magdalena qui lui font découvrir les idées libertaires. A partir de 1925, elle vit en union libre avec le compagnon Ferdinand Fortin, et milite au groupe « Education Sociale » que celui-ci avait créé à Loches en Touraine où elle commence à intervenir dans les meetings. De retour à Paris en 1928, elle intègre un groupe théâtral où, sous le nom de scène de « Mimosa », elle se produit lors de rencontres ou de fêtes libertaires. Elle collabore également à la Revue Anarchiste (créée par Fortin), qu’elle vend après ses récitals. Poursuivant parallèlement des études, elle obtient un diplôme d’infirmière.Le 7 novembre 1931, elle se marie à Colombe (Seine) avec le journaliste socialiste Miecsejslaw Kokoczinski (1910-2003). Dans la foulée de la révolution espagnole en juillet 1936, elle part à la mi-septembre en Espagne, et s’engage dans le Groupe International de la Colonne Durruti qui combat devant Saragosse. Elle emploie ses connaissances médicales à l’infirmerie aux côtés d’autres militantes comme Augusta Marx et Madeleine Gierth (de nationalité allemande). C’est là, à Perdiguera (Aragon), qu’elle trouvera la mort, le 16 octobre 1936, massacrée par les franquistes lors d’une contre-offensive. Créé fin mai 1937, dans le quartier de Gracia, à Barcelone, le groupe francophone de la FAI (dont faisait partie Fortin) pris le nom de « Mimosa ». A noter que Mimosa tenait un journal (pathétique) de son engagement en Espagne, qui fut retrouvé après sa mort et recopié par Fortin (aujourd’hui conservé à l’IISG d’Amsterdam). »Le bonheur ! Vous ne savez pas comme je l’ai cherché, je m’en souviens à peine moi-même ; dans les livres graves, dans les lits douteux, dans la simplicité des choses… » sources: Éphéméride anarchiste.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la bravitude et du poulet citronné réunis, bonjour !

Ce 16 août correspond au 29è jour de thermidor, dédié au coton. Je vais donc en profiter pour vous parler d’une de ces nombreuses militantes anarchistes qui laissa ses illusions et sa vie sur les barricades espagnoles. Quel rapport avec le coton? aucun!

Oyez l’histoire de Georgette Kokoczinski (dite Mimosa)

Le 16 août 1907, naissance de Georgette, Léontine, Roberte, Augustine, KOKOCZINSKI dite « Mimosa » à Paris.
Militante anarchiste française, volontaire antifasciste sur le front d’Aragon.
Née Brivadis (du nom de sa mère, Léontine Brivadis ) puis devenue Ango (après la reconnaissance par son père, Robert Ango) à 16 ans, elle quitte le domicile familial et est accueillie dans le foyer d’André Colomer et sa compagne Magdalena qui lui font découvrir les idées libertaires. A partir de 1925, elle vit en union libre avec le compagnon
Ferdinand Fortin, et milite au groupe « Education Sociale » que celui-ci avait créé à Loches en Touraine où elle commence à intervenir dans les meetings. De retour à Paris en 1928, elle intègre un groupe théâtral où, sous le nom de scène de « Mimosa », elle se produit lors de rencontres ou de fêtes libertaires. Elle collabore également à la Revue Anarchiste (créée par Fortin), qu’elle vend après ses récitals. Poursuivant parallèlement des études, elle obtient un diplôme d’infirmière.
Le 7 novembre 1931, elle se marie à Colombe (Seine) avec le journaliste socialiste Miecsejslaw Kokoczinski (1910-2003).
Dans la foulée de la révolution espagnole en juillet 1936, elle part à la mi-septembre en Espagne, et s’engage dans le Groupe International de la Colonne
Durruti qui combat devant Saragosse. Elle emploie ses connaissances médicales à l’infirmerie aux côtés d’autres militantes comme Augusta Marx et Madeleine Gierth (de nationalité allemande). C’est là, à Perdiguera (Aragon), qu’elle trouvera la mort, le 16 octobre 1936, massacrée par les franquistes lors d’une contre-offensive.
Créé fin mai 1937, dans le quartier de Gracia, à Barcelone, le groupe francophone de la FAI (dont faisait partie Fortin) pris le nom de « Mimosa ».
A noter que Mimosa tenait un journal (pathétique) de son engagement en Espagne, qui fut retrouvé après sa mort et recopié par Fortin (aujourd’hui conservé à l’IISG d’Amsterdam).
« Le bonheur ! Vous ne savez pas comme je l’ai cherché, je m’en souviens à peine moi-même ; dans les livres graves, dans les lits douteux, dans la simplicité des choses… » sources: Éphéméride anarchiste.

Voilà pour ce mardi, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la jocrissade et du poulet basquaise réunis, bonjour!

Et bien voila, nous y sommes au 15 août…Si vous êtes impatient de finir le mois, dites vous que nous sommes le 28 de thermidor et que c’est le jour du lupin. Je connaissais la valeur décorative du lupin et ses fleurs de toutes les couleurs mais, un jour dans le Sud de la France j’ai découvert que ses graines saumurées étaient comestibles et que les autochtones les consommaient à l’apéro sous le nom de Tramousse.

En Amérique latine le lupin blanc est cultivé pour en faire de la farine et au Brésil ils en tirent une bière. Egyptiens, Incas et Mayas connaissaient déja cette plante protéagineuse fort nourrissante. Comme disait Lewis Carroll:Suivez ce lupin blanc… Et puisque nous sommes le jour de Marie, je vais en profiter pour vous parler de… Paul.

 

Le 15 août 1935, mort de Paul SIGNAC, à Paris.
Artiste peintre néo-impressionniste et anarchiste. A gauche, son portrait par Seurat.
Il naît le 11 novembre 1863, à Paris. Fils unique de riches commerçants, il peut donner libre court à sa passion pour la peinture. Sa carrière artistique débute en 1880, mais sa rencontre en 1884 avec Seurat est déterminante pour son orientation artistique. L’école néo-impressionniste vient de naître et il devient rapidement un de ses brillants représentants. A l’avant-garde des recherches picturales il en vient naturellement à s’intéresser aux idées révolutionnaires de son temps. La lecture de Kropotkine, d’
Élisée Reclus lui font découvrir les idées anarchistes.

Ami de Jean Grave, il va alors collaborer à partir de 1896 aux « Temps Nouveaux », revue qu’il aide également financièrement. Mais l’art purement militant ne l’intéresse guère, il lui préférera une libre expression de l’artiste plus à même de lutter contre les conventions bourgeoises. Nombre de ses tableaux représentent des paysages bucoliques de bord de Seine où de bord de mer, mais son Chef-d’œuvre, tant par sa taille (3 mètres sur 4) que par l’idée qu’il exprime, reste le célèbre Au temps d’harmonie qui décrit une société libertaire réalisée. D’abord désigné sous le titre de « Temps d’anarchie » et destiné à décorer la Maison du Peuple de Bruxelles, ce tableau nécessitera deux ans de travail (1893-1895) ici à droite.

Parmi les quelques portraits, notons celui de son ami Félix Fénéon où celui des « Démolisseurs » symbolisant admirablement l’assaut contre la société bourgeoise. Profondément anarchiste, le ralliement en 1914 de Jean Grave et Kropotkine en faveur de l’intervention guerrière lui causera un véritable traumatisme qui l’empêchera de peindre pendant trois ans. Il rejoint alors les pacifistes internationalistes autour de Romain Rolland, puis s’enthousiasme pour la révolution russe. Un an avant sa mort, il se mobilisera encore au sein d’un comité de vigilance des intellectuels antifascistes et de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

DEJA 1000 EMEUTES EN 2011…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’antilogie* et de l’apple pudding réunis, bonjour!

*exemple d’antilogie:Mon Dieu, mon Dieu, délivrez nous de toutes les religions!

Nous sommes le 14 août, il pleut sur Brest Barbara, et pour corsé le tout, c’est le 27 de thermidor, jour du colza…Drôle de plante à la vérité qui doit son existence au croisement d’un chou et d’une navette et dont le nom provient du néerlandais koolzaad (graine de chou), en breton kaol. Mon aïeule que rien n’arrêtait lorsqu’il s’agissait de qualifier un malfaisant, le traitait de pav kaol skornet; ce qui pourrait se traduire par: pied de chou gelé…

Profitant du mois d’août, les capucheux londoniens s’adonnent à une activité des plus récréatives et qui égayent les nuits de la capitale. Ils pillent, ils incendient, ils caillassent les bobbys…On voudrait nous faire croire que tout cela n’a rien de politique, que ce sont des voyous désoeuvrés, des jeunes sans conscience, sans foi ni loi, soit, mais cela n’empêche nullement d’avoir une lecture politique de ces évènements. Que ce soit en Espagne, au Portugal, en Grèce ou en Grande-Bretagne, une part de plus en plus importante de la jeunesse, ghettoïsée, communautarisée, se trouve sans emploi, sans logement, sans avenir. Les repères ont disparu, les différentes sortes d’autorité se sont effilochées, les organisations sociales défaites, ne restent que les signes ostentatoires d’une vaine existence sociale: Les baskets de marque, la dernière console, l’Ipad, le portable, si possible Blackberry, et leurs corollaires, le trafic, l’économie underground, le système D. Mais qui sont-ils ces « bandits » que Cameron veut ramener à la raison. A bien y regarder ce ne sont pas les mêmes qui fréquentent Eton ou Cambridge. Leurs parents viennent de l’Afrique sub-saharienne, du Penjab, du Bangladesh et du Sri-Lanka. De ces pays que Cameron et ses accolytes ont rendu exangues à force d’exploitation, obligeant leurs enfants à choisir la voie de l’émigration. Le système capitaliste représenté par la City londonienne récolte aujourd’hui ce qu’il a semé…

La situation est comparable à une cocotte minute qui peut exploser à tout moment. Les raisons structurelles existent depuis plusieurs années déjà : soumission des Etats aux logiques financières et aux agences de notation, aggravation considérable des inégalités, politique ultra-sécuritaire…
Avec tous ces ingrédients, on ne peut pas être surpris par ces événements. Ce qui est toujours étonnant, en revanche, est l’alchimie collective qui les déclenche. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Alain Bertho, anthropologue à l’université Paris 8, qui ajoute: Ces jeunes cassent pour s’imposer dans un système qui ne veut pas d’eux. Si on applique à ces événements une seule lecture policière, on rate l’essentiel.

En tout état de cause, ces émeutiers là n’ont pas grand chose à voir avec nos jacqueries du temps jadis quand « la populace » décidait de s’en prendre aux entrepôts du fermier général. Mais demain, qu’en sera t-il?

Allez, bonnes vacances, portez vous bien et à demain peut-être.

LES DERNIERS JOURS DU MONDE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la désespérance et du scoubidou réunis, bonjour !

Aujourd’hui 13 août je vous propose ce texte d’Agnès MAILLARD, consultable sur LE MONOLECTE. Personnellement je n’ai rien à ajouter…

C‘est quand, chaque matin, tu te lèves en pensant que cela va forcément être encore pire que la veille.

Une grande fuite en avant. Pas encore une chute, mais cette frénésie compulsive de ceux qui sentent confusément que le temps leur est compté. Une forme de catastrophisme ambiant en toile de fond de la banalité du quotidien. Tout se casse la gueule, mais ce matin, encore, j’aurais le droit à ma tasse de café. Que je me jette à la gueule en galopant comme le hamster dans sa roue, ou que je prends le temps de savourer, posément, consciemment, avec l’infinie volupté que l’on n’accorde qu’aux moments les plus rares.

J‘ai grandi dans un autre monde. Un monde d’espoir où chaque matin se levait sur la marche triomphante du progrès, sur la foi que nous construisions tous des lendemains qui chantent, sur la tranquille conviction que nous vivions déjà mieux que nos parents et que nous œuvrions à encore améliorer la situation pour la génération suivante, celle de nos futurs enfants, pas encore conçus, à peine pensés, mais déjà emportés dans l’inexorable et sublime saga de l’espèce.
C’était dans l’ordre des choses. Les aînés bétonnaient les fondations de notre civilisation, puis nous hissaient sur leurs épaules pour que nous puissions voir plus loin, penser plus haut, donnant notre part au grand œuvre collectif, avant de nous-mêmes servir de marchepied à nos enfants. Le passage du flambeau. Le cycle de la vie. L’épopée humaine. Le dépassement de soi dans la projection continue vers un monde meilleur.
Forcément meilleur.
Et puis, on ne sait pas trop ce qui s’est passé. À moment donné, c’est un peu comme si quelques-uns avaient fini par penser qu’ils étaient le summum de l’évolution humaine, qu’il n’y avait plus rien à ajouter, plus rien à inventer, plus rien à construire, plus de relais à passer. Les gars ont marché sur la gueule de leurs parents et ont commencé à distribuer de grands coups de pompes dans tous les sens pour empêcher leurs gosses de prendre leur place sur la grande pyramide des âges. Un peu comme si le pacte tacite entre les générations qui se succèdent avait brusquement été rompu, comme si, brusquement, les bâtisseurs étaient morts, dévorés de l’intérieur par une bande de charognards. Une génération entière de jouisseurs égoïstes et assez monstrueux qui ce seraient dit : après moi, la fin du monde !.
Depuis, c’est juste un grand bond en arrière continu et inexorable.
Bien sûr, une civilisation s’écroule rarement en deux jours, dans un grand craquement sinistre. Non, non. Ça se casse la gueule tout doucement, comme une grande bâtisse vide laissée à l’abandon. Des gosses commencent à péter les vitres, pour le fun, en jetant des pierres, il y a des squatteurs, des rats, des bestiaux, des courts-circuits, des fuites d’eau, des morceaux de caillasses que les éléments arrachent au corps du bâtiment, petit à petit, des accidents, des orages, le temps qui passe et qui abîme tout.
Je ne sais vraiment pas à quel moment on a réellement abandonné l’idée de progrès de société. Jusque là, il y avait des chiffres, en amélioration constante : plus d’éducation, plus de santé, plus de prospérité, plus de confort, de culture, de loisirs, de meilleures habitations, des moyens de transport plus performants… c’était le règne de Monsieur Plus. C’était comme un élan formidable qui nous portait tous vers l’avant.
Et puis, à moment donné, ça n’a plus été possible. Plus de moyens, plus d’argent. Nous étions de plus en plus riches, mais si comme si nous étions arrivés à un palier indépassable : la fin des possibles, du progrès qui ne vaut que s’il est partagé par tous, des lendemains qui chantent.
Et nous nous sommes résignés. Ben voilà, le bal est fini, les gars, maintenant, il faut payer les violons. Sauf que les danseurs se sont tirés avec la caisse et que ce sont les larbins qui doivent régler l’addition.
Et nous nous sommes résignés !
Fatalitas !
Moins de tout. Moins de santé, moins de salaires, moins de retraites, moins d’éducation, moins de
chauffage, moins de transport, moins de loisirs, moins de bouffe, moins de logements, moins de tout. Et de moins en moins, comme une spirale infernale, un maelström maudit qui aspire nos plus belles espérances, réduit à néant l’œuvre patiente de nos ancêtres.
Et nous nous sommes résignés !
Le spectre de la famine traîne ses hideux haillons jusqu’au cœur des nations les plus riches, les plus avancées. L’eau devient une ressource rare et précieuse. La colère des peuples gronde, mais bientôt éclipsée par les grondements inaudibles et terribles du feu nucléaire qui joue aux dés avec le génome de nos enfants.
La chronique du monde qui finit traverse les lucarnes aveugles de nos derniers jouets high-tech et peint nos visages hagards et vides de la lueur livide de leurs écrans plats. Nous regardons les hommes tomber avec une fascination morbide et malsaine avant de noyer notre vacuité dans la course au dernier leurre technologique, celui qui ne sert pas vraiment à quelque chose, qui n’améliore pas grand-chose, mais qui nous donne l’illusion, un bref instant, d’être encore dans la course vers un futur triomphant.
Nous n’y croyons plus, mais nous faisons encore semblant.
Peut-être n’avons-nous pas encore avalé assez de couleuvres.
Peut-être n’avons-nous pas encore pris la mesure de l’ampleur des dégâts.
Peut-être sommes-nous juste trop lâches.
Ou peut-être préférons-nous juste nous enivrer de festivités féroces et absurdes, de bacchanales impudiques et d’orgies indécentes, parce que nous sommes résignés et et que nous voulons juste encore un tour de danse pendant les derniers jours du monde.Agnès Maillard.

Allez, malgré tout, portez vous bien et à demain peut-être.

UN SIGNE FORT AUX MARCHES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

Dans la série: Il faut envoyer un signe fort aux marchés (pour retrouver la confiance bla bla bla…) voici le mien:

Professeur, chercheur, essayiste, plasticien, compositeur, directeur musical, poète, etc. En fait, cet anarchiste, comme il se définissait lui-même, né le 5 septembre 1912 à Los Angeles et fils d’un inventeur réputé, a marqué d’une façon indélébile durant 50 ans l’histoire mondiale de l’Art et de la musique. Arrivé à Paris en 1930, il y entame des études d’architecture, puis s’intéresse à la peinture contemporaine et commence à composer des oeuvres musicales. Après un périple en Europe, il rentre aux Etats-Unis, où il donne des conférences d’initiation à la musique et à la peinture. Elève de Schönberg, il réalise alors des expérimentations sonores destinées à « abolir la frontière entre l’art et la vie » entre le bruit et le son musical « Construction in Metal » (1937), ce qui l’amènera à subvertir les instruments. L’invention des « pianos préparés » où vis à bois, gommes et objets divers viennent bousculer les notions acoustiques que nous avons de la musique et du bruit, lui vaudra le prix de l’Académie américaine des Arts et Lettres.

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Amis de la mammalogie et de la raie aux câpres réunies, bonjour !

Petit à petit, on se rapproche de la mi-août, la preuve on est le 12, 25è jour de thermidor dédié à la loutre. Fabre d’Églantine, en élaborant son calendrier républicain, ne se doutait pas que deux siècles plus tard la loutre aurait pratiquement disparue de nos contrées. Heureusement il en reste quelques unes, notamment en Bretagne où elle est bien protégée. Jusque dans les années 5O elle fut chassée, en particulier pour sa fourrure car la vente des fourrures de loutres rapportait beaucoup d’argent. Avant 1914, une belle fourrure de loutre pouvait être vendue 300 francs (environ 46 €), ce que gagnait un ouvrier agricole en un mois. Entre 1880 et 1930, 3000 à 4000 loutres ont été tuées chaque année en France. La photographie ci-contre nous montre des enfoirés « nos amis » les chasseurs vers 1950.

Tout à fait autre chose.

Le 12 août est le jour anniversaire de la mort de John CAGE, rendons lui un petit hommage.

Professeur, chercheur, essayiste, plasticien, compositeur, directeur musical, poète, etc. En fait, cet anarchiste, comme il se définissait lui-même, né le 5 septembre 1912 à Los Angeles et fils d’un inventeur réputé, a marqué d’une façon indélébile durant 50 ans l’histoire mondiale de l’Art et de la musique. Arrivé à Paris en 1930, il y entame des études d’architecture, puis s’intéresse à la peinture contemporaine et commence à composer des oeuvres musicales. Après un périple en Europe, il rentre aux Etats-Unis, où il donne des conférences d’initiation à la musique et à la peinture. Elève de Schönberg, il réalise alors des expérimentations sonores destinées à « abolir la frontière entre l’art et la vie » entre le bruit et le son musical « Construction in Metal » (1937), ce qui l’amènera à subvertir les instruments. L’invention des « pianos préparés » où vis à bois, gommes et objets divers viennent bousculer les notions acoustiques que nous avons de la musique et du bruit, lui vaudra le prix de l’Académie américaine des Arts et Lettres.

Le son électronique et électro-acoustique lui ouvre ensuite un nouveau champ de recherches et d’expérimentations « Imaginary Lanscape n°1″ (1939). Bon, vous avez le droit de préférer le lac des cygnes…Influencé par le Dadaisme et les surréalistes, Marcel Duchamp, André Breton, etc, il introduit la notion de hasard, faisant de la musique comme les surréalistes de « l’écriture automatique ». Il s’imposera dès lors dans le milieu de l’avant-garde artistique en donnant des concerts prestigieux. Partisan de la non-violence, il ira puiser son inspiration dans la musique de l’Inde et la philosophie Zen. Il est également l’auteur de plusieurs livres, dessins, gravures, etc.

Eclectique non! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

HISTOIRE D’HERBE(S)…

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Amis de la contrepèterie et des bêtes à cornes réunies, bonjour !

Que s’est-il passé, je ne saurai le dire; toujours est-il que je me suis laissé déborder et, à l’heure où habituellement je poste mon billet quotidien, je n’avais pas produit une ligne. C’est donc en toute humilité et en pensant aux nouveaux lecteurs que je vous propose ce billet paru en 2010. J’y ai rajouté une vidéo à propos de Grisélidis Réal dont je parle plus bas.

On approche de la fin de thermidor et ce 11 août est consacré à l’Aunée, cette inule appelée aussi herbe aux mouches.

L‘herbe aux mouches, qui se fait appeler inule squalleuse, herbe aux punaises, œil de cheval, chasse puces… n’a rien d’extraordinaire, malgré toutes ces appellations peu flatteuses. Autrefois, on lui prêtait des pouvoirs insecticides, d’où ces noms qui font référence aux insectes. Du reste, son odeur n’est pas très agréable, mais elle est appréciée des abeilles.
On peut très bien passer près d’elle sans y faire attention. Elle affectionne particulièrement les terrains secs. Le sable du platier semble lui convenir. De ce fait on en trouve fréquemment sur nos dunes.
Jadis on lui attribuait des vertus curatives et elle a été fréquemment utilisée en décoction pour soigner les contusions, les hernies, les blessures internes, etc… Elle a été appliquée aussi en usage externe pour traiter les démangeaisons.

Tout à fait autre chose.

Ce 11 août est aussi le jour anniversaire de la naissance d’une sacrée bonne femme dont je voulais vous dire deux mots pour vous inciter à vous jeter sur ses livres. Grisélidis REAL est donc née à Lausanne en 1929 dans une famille qui lui donnera une éducation des plus rigides, ceci explique peut-être cela…Mariée à 20 ans, elle a un premier fils puis se sépare de son mari et a une fille avec un autre homme. Elle aura à nouveau un fils puis un divorce et en 59 un quatrième enfant. A ce moment là de sa vie elle part pour l’Allemagne et se retrouve sans papiers, sans argent…Elle décide de se prostituer dans un bordel clandestin. Emprisonnée pour avoir vendu de la marijuana à des soldats américains, elle commence à écrire en prison. Son premier livre, le noir est une couleur, est paru chez Balland en 74.

Au cours des années 70 Grisélidis Réal devient véritablement une activiste et conduit la « révolution des prostituées » à Paris, occupant la chapelle Saint-Bernard. Son recueil La passe imaginaire est l’ouvrage qui m’a permis de la découvrir. Il s’agit d’une collection de lettres qu’elle a adressées à son ami le journaliste Jean-Luc Hennig. Chaque lettre débute par la description du gueuleton qu’elle est en train de faire, la musique qu’elle écoute, le vin qu’elle boit… Elle témoigne de la misère sexuelle des ouvriers immigrés, mais aussi des ravages de la morale religieuse faux-cul qui lui envoie tant de maris frustrés: « …Ne jouissez pas! N’ayez pas d’orgasme! Ne sentez rien: Bloquez vous, crispez vous, serrez les dents et les fesses, détestez, haïssez, soyez froids, glacés, paralysés, honteux et frustrés!« . Et plus loin, à propos du Pape: « …Il faudrait pour lui faire rendre gorge, enfoncer tous les clochers d’église et les minarets en y ajoutant la tour Eiffel, la tour de Pise et l’Obélisque dans le cul du Pape pour réduire au silence ses préceptes meurtriers…Je vous embrasse très cher »   

Voila le style du personnage qui nous a quitté en Mai 2005. Certains de ses livres sont épuisés mais, en cherchant bien vous trouverez peut-être: Le noir est une couleur - La passe imaginaireCarnet de bal d’une courtisane et, le carnet de Grisélidis sur une musique de Bashung…Ne vous privez pas de ce bonheur.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LA GUERRE DES BOUFFONS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la musique baroque et des saucisses lentilles réunies, bonjour!

Oui, c’est le jour de la lentille dans le calendrier républicain, le 23 de thermidor, et pour nous le 10 août. En Bretagne certains vont en profiter pour célébrer la sainte Klervi. Malheureuse qui a vécu dans l’ombre de la célébrité de son frangin qui s’appelait St Gwénolé, fondateur de l’abbaye de Landévennec. L’abbé aurait fondé l’abbaye vers 845 et au début du 10è siècle elle fut pillée et rasée par les vikings. Ce n’est qu’en 1950 qu’une nouvelle abbaye fut reconstruite. Klervi était la fille de Fragan et de Gwenn, tous deux saints devant l’éternel évidemment. C’était comme cela à l’époque; il y avait des familles où tout le monde était saint. Cela me rappelle une fameuse dictée: Cinq pères, sains de corps et d’esprit et ceints de leur écharpe blanche, portaient sur leur sein le seing du saint père. J’ai connu des instits, à l’époque on disait maîtres d’école, dont la perversité n’avait aucune limite…

Tiens, à propos de saints, il y a fort lontemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles de la vallée des saints à Carnoët. Et bien dimanche prochain sera organisé pour la première fois une marche de 20km reliant Carhaix à la vallée, baptisée Kan ar vein, le chant des pierres…Il s’agit de marquer l’inauguration de la vingtaine de statues déjà érigées.

La journée s’achèvera par un grand fest-noz à la ferme du Cosquer. En vedette, les frères Morvan, evel just.

Et pendant que les bretons s’en remettent à tous leurs saints (et Dieu sait si il y en a) pour sortir de la crise, les branquignolles qui nous gouvernent décident de créer un nouveau fichier pour lutter contre la fraude sociale. Même un dimanche en plein mois d’août, le gouvernement ne loupe aucune occasion de déployer sa propagande contre les Français les plus démunis, jugés — avec les « immigrés » — responsables de tous nos maux alors qu’ils ne sont que les victimes de la crise et, plus généralement, des politiques néolibérales menées depuis trente ans. Voici ce que déclare Thierry Marianni porte flingue de la « droite populaire » à l’UMP:  «Contre la fraude, je soutiens la création d’un fichier généralisé des allocataires qui recense toutes les prestations sociales perçues. Cela permettra de constater les abus. Une même personne peut toucher indûment le RSA dans plusieurs départements, car aucun d’entre eux ne croise les dossiers. Cette mesure, imaginée par le député Dominique Tian, va dans le sens de la justice».

Selon le rapport de la mission d’évaluation des comptes de la sécu, sur les 20 milliards de fraudes, seuls deux ou trois sont imputables à la fraude aux prestations. Tout le reste, 8 à 16 milliards, est le fait d’employeurs qui, sciemment ou non, ne versent pas à l’Urssaf leurs cotisations patronales et salariales. Donc, il est évident que la création d’un «fichier des allocataires sociaux» — qui existe déjà — ne vise nullement à lutter contre la fraude sociale d’origine patronale, qui est cinq fois plus importante.(L’illustration est due au fabuleux blog C’POLITIC bien entendu.)

Allez, passez de bonnes vacances, portez vous bien et à demain peut-être.