LE CLOWN SE MEURT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

 

Amis du romantisme et du tournedos Rossini réunis, bonjour !

Et bien voilà, je n’ai pas vu le temps passer et nous sommes le 23 août, 6è jour de fructidor dédié à la tubéreuse. En Italie, on interdisait aux jeunes filles de se promener le soir dans les jardins où poussait la tubéreuse, car elles n’auraient pas su résister aux jeunes gens, eux-mêmes grisés par son parfum érotique. Quel dommage ! Voici le portrait d’un autre grand romantique que j’aime particulièrement mais que l’histoire a décidé d’oublier, semble t-il. Giani Esposito.

Le père de Giani Esposito est d’origine napolitaine et sa mère française, issue d’une famille alsacienne. Ils habitent Paris. Giani aurait donc du naître français, mais sa mère voulait choisir la nationalité de son enfant et, comme c’était impossible en France, elle choisit d’accoucher en Belgique.
C’est ainsi que le petit Giani Sandro Esposito voir le jour à Etterbeek le 23 août 1930. Il a 9 ans quand il part en Italie. Il y restera jusqu’à l’âge de 19 ans.
C‘est probablement une période importante dans son évolution littéraire puisqu’il commence déjà à écrire. A 11 ans, lorsqu’on éteint les lumières dans sa chambre, il écrit sur les murs. Et, à 15 ans, il part en Calabre pour écrire des poèmes.
Il fait des études classiques jusqu’au bac mais, parallèlement, il travaille avec des sculpteurs car il se sent une vocation pour cet art et veut en faire son métier.

Il suit les cours de comédie de Tania Balachova et de Michel Vitold. Il fait ses premiers essais de comédien dans « L’obstacle » d’Alphonse Daudet mis en scène par Jacqueline Audry (qui le dirigera plus tard au cinéma dans « Huis-clos ») et dans « Doña Rosita la célibataire » de Federico García Lorca aux « Noctambules ». Mais sa véritable carrière commence au Festival d’Arras (en 1950 ?) où il est à la fois acteur et compositeur de musique.
1953 : il commence à apprendre le solfège et le piano. Il écrit ses premiers morceaux et trouve un contrat de quatre mois au cabaret « La rose rouge ». Il enchaîne avec un autre contrat de même durée à « l’Ecluse ». Ce cabaret, ouvert en 1947 et devenu mythique. Beaucoup de ses pensionnaires feront une grande carrière (Cora Vaucaire, Barbara, Marie Paule Belle, Philippe Noiret, Pierre Richard, Marcel Marceau, Pia Colombo, Yvan Dautin, Jacques Fabbri, les frères ennemis, etc). Giani y passe la même année que Serge Sauvion, Hélène Martin, François Deguelt et Jacques Brel.

Mais on peut dire que les années 1953 à 1957 sont ses années cinéma.
« Mon mari est merveilleux » de André Hunebelle et « La môme Vert de gris » de Bernard Borderie.
« Huis clos » de Jacqueline Audry, « Les femmes s’en balancent » de Bernard Borderie, « Cadet Rousselle » de André Hunebelle et « French Cancan » de Jean Renoir pour lequel il avait une immense admiration.
« Cela s’appelle l’aurore » de Luis Buñuel, « Le dossier noir » d’André Cayatte, « Les hussards » d’Alex Joffé et « Les mauvaises rencontres » d’Alexandre Astruc.
1959 : une année marquante puisqu’il fait la rencontre de Pascale Petit au festival de Moscou alors qu’il tourne « Normandie Niemen ». Ils éprouvent tous les deux un grand intérêt pour le mystère et l’occultisme ce qui les rapproche. Mais surtout, c’est cette année-là qu’apparaît dans les bacs, un super 45 tours qui contient quatre titres: « Prière pour une rupture », « Le temps des fiançailles », « Avec toute notre pudeur » et surtout « Les clowns » qui deviendra sans doute sa chanson la plus connue et la plus reprise. En février, c’est le 33 tours 25cm avec le même titre rebaptisé « Le clown ». Curieux parcours que celui de ce titre qui sera une seule fois mis au singulier. Pourtant, lorsqu’on lit le texte, c’est manifestement la bonne orthographe.
Il dessine les illustration du « Justine » de Sade pour le Club Français du Livre.
1963 : alors que sortent les deux opus de « La vie conjugale » d’André Cayatte, il se marie avec Pascale Petit et devient père de Bougidarka (qui signifie « don de dieu »).

Toujours à la recherche de nouvelles façons de s’exprimer, il commence à écrire une pièce en alexandrins.
1966 : naissance de sa seconde fille Nathalia qui deviendra plus tard connue sous le nom de Douchka. En fait son véritable nom est Crassimira (qui signifie « Beauté rayonnante dans le monde »).

1967 : sa carrière musicale s’accélère puisqu’il signe un contrat avec Pathé-Marconi pour trois albums et des 45 tours. Il sort le 33 tours « Jardiniers qui doutez ». Au cinéma, c’est « La vengeance de Surcouf », la suite de « Surcouf » avec Sergio Bergonzelli seul aux commandes. Mais c’est à la télévision qu’on le voit surtout: « Les amoureux » de Jean-Paul Roux, « Malican, Père et fils » de Yannick Andréi, « Marion Delorme » de Jean Kerchbron et surtout « Le chevalier tempête » de Yannick Andréi qui inaugure les émissions de la télévision en couleurs qui débarque en France.

Séparé de Pascale Petit, il se tourne à nouveau vers la musique et sort deux 45 tours: « Petite marche sur les pieds du voisin » en juin et « Deux colombes » en novembre. Il a écrit cette chanson pour Dalida qui en fera une interprétation bouleversante.
Il va passer une partie de l’hiver en Normandie (à Saint-Aubin) afin de finir son 33 tours suivant: « Les ombres sont chinoises » qui sera dans les bacs en 1970.

1972 : il termine la pièce en alexandrins commencée en 1964. Elle s’intitule « Le bateleur », d’après le personnage du tarot. Il la destine à Jacques Dufilho et la jouera 70 fois au festival d’Avignon avec sa compagne, Ersie Pittas.
Cette même année sort également un de ses disques les plus aboutis, « Paris le désert », avec de magnifiques chansons comme « Humilité » ou « La réponse en mariage ».

Le 26 décembre 1973, on doit le transférer d’urgence à l’hôpital américain de Neuilly. Il est atteint d’une tumeur cérébrale et d’une hépatite virale.
Il aura juste le temps de commencer la nouvelle année avant de s’éteindre, le 1er janvier 1974 à Neuilly.

Voila pour cette rentrée, portez vous bien et à demain peut-être.

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