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C’est juste pas possible…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de la liberté endeuillée et du pigeonneau laqué réunis, bonjour !

Puisque nous sommes le jeudi 29 novembre 2012 c’est à dire le 9è jour de frimaire, dédié au genièvre, je vais en profiter pour ne pas vous parler de choucroute !

Je ne sais pas pour vous mais en ce qui me concerne je suis plus qu’agacé par ces tics de langage qui envahissent notre espace. Actuellement il y en a un absolument incontournable, c’est le fameux « voilà » présent au détour de chaque phrase d’hommes politiques de journalistes, de sportifs ou encore lors des micro-trottoirs.

A quoi servent ces petits mots égrainés tout au long de nos phrases et tellement agaçants (chez les autres !) quand nous en prenons conscience ? « C’est clair », « Absolument », « Voilà… », « Hallucinant », « Grave », « Juste pas possible »« Ce sont des chevilles qui tiennent le discours, explique Pierre Merle, sociologue, auteur de nombreux livres sur le langage. Sans elles, la personne qui parle aurait l’impression que sa phrase est bancale. Leur prolifération est récente, issue du syndrome télévision et radio, où le silence est totalement banni. Article complet de Bernadette Costa-Prades. Il nous reste « les mots bleus » version Bashung.

Le psychiatre Yves Prigent pense que nous avons peur de débattre. Pour lui, le tic est un mot paresseux : « Il sert à faire le bruit de la parole, sans en contenir aucune, comme la musique que l’on entend dans les supermarchés, destinée à endormir le client. » En voulant apaiser son interlocuteur, le rassurer. C’est ce que Frédéric Pommier appelle dans l’introduction du recueil de ses chroniques, des « maladies auditivement transmissibles » (MAT) : un poison qui circule dans les médias, réceptacle principal de notre langue appauvrie par le conformisme de ses mots choisis. A lire: Débandade dans la blablasphère. Yves Prigent ed. Calligrammes.

Fort heureusement tout cela se ringardise très vite. Par exemple on ne dit plus « ringard de chez ringard », « revenir aux fondamentaux », « c’est que du bonheur », « impacter »… Je vous laisse poursuivre l’énumération.

Allez, « voilà quoi », portez vous bien et à demain peut-être.