Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Youenn Gwernig”

Page 1 de 1

Distro ar Gelted…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis de la diaspora bretonne et du biniou koz réunis, bonjour !

Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce mercredi 29 août, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG qui aurait eu 87 ans aujourd’hui. Il était né à Scaër et s’est éteint le 29 août 2006 à Douarnenez.  J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un bonheur de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Milig Le SCANV, qui sera connu plus tard sous le nom de GLENMOR. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les Etats-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:

« Je pense que nous ne sommes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’oeuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. »

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

MARIA LACERDA DE MOURA…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , ,

Amis républicains, bonjour ! Faut-il vous le rappeler, nous sommes aujourd-hui le 27 de Floréal et c’est le jour de la civette. Petit mammifère plus proche du blaireau que du chat d’après Buffon.

Dans notre galerie de portraits, l’homme du jour est une femme.

J‘ai toujours eu un petit faible pour les brésiliennes, mais celle là, me plait particulièrement. Maria Lacerda de Moura poursuit des études à l’École Normale de Barbacena et devient enseignante en 1904. Politiquement, elle adhère aux idées développées par les anarchistes et en particulier, celles défendues par Francisco Ferrer Guardia, libre-penseur et pédagogue libertaire. Comme lui, elle est convaincue de l’importance du rôle de l’éducation dans le développement des individus et souligne qu’en ce qui concerne les femmes, elle est un moyen de les affranchir du poids des traditions sociales et religieuses qu’elles subissent.

Elle s’engage alors dans la lutte contre l’illétrisme et œuvre pour faciliter l’accès des femmes au savoir. La création de La Ligue contre l’illettrisme constitue ainsi une concrétisation de son engagement dans ce domaine. En 1920, elle fonde à Rio de Janeiro une ligue pour l’émancipation intellectuelle des femmes qui revendique l’attribution du droit de vote aux femmes et elle est considérée comme l’une des pionnières du féminisme brésilien:

« Les prémices d’un mouvement d’émancipation se manifestent au Brésil en même temps qu’en Europe occidentale et en Amérique du Nord: le premier journal féminin, Le journal des Dames, date de 1852. quelques féministes modérées réclament le droit à l’éducation pour que les femmes puissent remplir leur rôle de mère ou pour une «question de raffinement spirituel»; d’autres, plus incisives, pour parvenir à l’indépendance économique. La bataille pour les droits civils et politiques, parfois même pour le divorce, commence, avec Bertha Lutz à la tête d’un mouvement suffragiste et Maria Lacerda de Moura qui conteste la double morale sexuelle. »

Parallèlement à son engagement féministe, elle se consacre également à l’amélioration des conditions de vie des gens dans le besoin et combat en compagnie d’autres femmes pour permettre aux sans-abris d’avoir un accès au logement. Son combat féministe se révèle ainsi également humanitaire.

Elle s’installe à Sao Paulo en 1921. Elle écrit de nombreux articles dans la presse anarchiste brésilienne, argentine, uruguayenne et espagnole où elle dénonce l’oppression sexiste subie par les femmes quelle que soit leur condition sociale. La sexualité de la femme est l’un de ses thèmes de prédilection dont elle aborde de front tous les aspects (virginité, plaisir, maternité…), ce que peu de femmes osaient alors faire au Brésil. Enfin, elle créé la revue Renaissance en 1923.

Entre 1928 et 1937, elle rejoint une communauté agricole autogérée anarchiste à Guararema, composée d’anarchistes individualistes et d’exilés ou de déserteurs espagnols, français et italiens et elle considère que cette expérience correspond à la période la plus féconde de son activité intellectuelle. Cependant, sous la pression du gouvernement de Getúlio Vargas, la communauté doit être abandonnée. Maria Lacerda se réfugie alors à Rio de Janeiro, où elle termine sa vie en poursuivant son combat et ses travaux.

Tout a fait autre chose.

Le Samedi 22 mai, 12 ème épisode du cyber fest-noz avec cette année, un hommage à Youenn Gwernig. Connexion sur antourtan.org à partir de 19h. J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un bonheur de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac (on the road again).

Et bien voila, je vais m’arrêter là pour ce dimanche, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale. Portez vous bien et si les dieux de la folk music le veulent bien, à demain peut-être.