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Chiites ou Sunnites…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la côte des légendes et de la côte de bœuf réunies, bonjour ! Nous voici donc le Lundi 10 octobre 2016, 19è jour de vendémiaire dédié au tournesol.
Dans l’actualité, c’est un véritable carnage qui vient d’ensanglanté le Yémen.. Selon un bilan provisoire de l’ONU, plus de 140 personnes ont été tuées et des centaines blessées, samedi 8 octobre, à Sanaa, la chiite-150x150capitale, dans des raids aériens qui ont frappé une foule en deuil et que les rebelles Houthis ont attribué à la coalition arabe dirigée par Ryad. Les rebelles chiites Houthis, qui se sont emparés de Sanaa il y a deux ans puis d’autres régions, sont combattus par la coalition arabe, alliée du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. Il s’agit là du dernier avatar de la guerre que se livre Chiites et Sunnites alimentée par leurs parrains respectifs, Iran et Arabie Saoudite.
Un peu d’histoire: Le 10 octobre 680, à Kerbela (ou Kerbala), en Mésopotamie, des soldats arabes massacrent une petite troupe conduite par Al-Hussein (ou Husayn), l’un des petits-fils du Prophète de l’islam. Le drame survient moins de cinquante ans après la mort de Mahomet. Il va en résulter une scission irrévocable de l’islam entre sunnites et chiites qui, aujourd’hui encore, ensanglante le monde. Cette Yemenépopée est commémorée par l’Achoura et ses spectaculaires auto flagellations. En fait, comme nous l’explique Pierre Emmery dans Les cahiers du Proche-Orient: «De fait, chiisme et sunnisme ne sont pas essentiellement opposés ; mais autour du facteur religieux se structure et se cristallise une dialectique, un rapport de force, où les rôles s’interchangent au cours de l’histoire : dominant contre dominé, résistant contre oppresseur, riche contre pauvre sont des points de rupture exacerbée et qui sont envisagés comme le recoupement parfait de l’appartenance religieuse. Autrement dit, si la rivalité « islam contre islam » est un fait récurrent dans les relations de conflictualités au Moyen-Orient.»

En attendant, ce sont les populations civiles qui payent le plus lourd tribut et on est en droit d’imaginer que le prochain contingent de «migrants» sera yéménite. Que va faire la France au conseil de sécurité de l’ONU ? Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

LES PERLES DE L’ORIENT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du consensus mou et du filet mignon réunis, bonjour !

Nous sommes le 24 mars de l’an de grâce 2011 et je ne me résouds pas à rejoindre la majorité silencieuse ni dans les urnes cantonales ni à propos du proche-orient. Je vais donc en remettre une couche.

L’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont envahi le petit royaume de Bahreïn dans l’indifférence quasi générale. La population mène depuis plus d’un mois, un magnifique combat pacifique contre le despotisme de la dynastie des Al-Khalifa au pouvoir depuis trois siècles.

Au Yémen « le peuple veut renverser le régime », c’est ce que réclament les manifestants depuis plusieurs semaines. Ali Abdallah Saleh, surnommé par son propre peuple le « boucher », est au pouvoir depuis 1978 (1978/1990 président du Yémen du Nord et depuis 1990 du Yémen réunifié).

Le même vent de révolte souffle également sur le sultanat d’Oman dirigé depuis 1970 par le sultan Qaboos qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Ses ancêtres dirigeaient ce petit royaume depuis 1749 ! A droite, le sultan.

Cette aspiration profonde au changement inquiète évidemment les pouvoirs autoritaires en place, mais surtout l’impérialisme américain et européen. Car des régimes démocratiques, au Yémen, à Bahreïn et à Oman peuvent donner des idées et servir d’exemple aux autres peuples de la région qui subissent la même oppression, les mêmes injustices et les mêmes régimes tyranniques. En Arabie Saoudite, le peuple aspire lui aussi, comme les autres peuples arabes, à une société nouvelle débarrassée du joug de la dynastie des Al Saoud qui domine le pays depuis des siècles. Et il ne faut surtout pas que le peuple saoudien emprunte le même chemin que les peuples voisins et renverse le régime anachronique des Al Saoud serviteur local des États-Unis comme l’a fait le peuple tunisien et égyptien. Faut-il rappeler que le sol saoudien renferme les plus importants gisements de pétrole au monde, et que l’Arabie Saoudite est le premier exportateur mondial et le deuxième producteur de l’or noir. Elle est à ce titre un élément clé de la sécurité énergétique des USA. Les américains sont les protecteurs armés de la dynastie saoudienne et leur soutien à la famille royale est inconditionnel.

La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Une répression sauvage s’est abattue sur des hommes et des femmes qui manifestaient pacifiquement contre une dictature. A droite, la place de la Perle. Depuis, les autorités ont fait détruire le monument…

Alors que l’impérialisme américain et européen interviennent militairement en Libye « pour assurer la protection des civils », la population de Bahreïn, elle, non seulement n’a pas le droit à cette protection, mais on la réprime violemment avec l’aide des armées étrangères sous l’œil bienveillant des États-Unis. Il faut préciser que c’est à Bahreïn que se trouvent le quartier général de la Ve flotte et le port d’attache des bâtiments de guerre américains. Bahreïn occupe également une position stratégique entre l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Koweït et l’Iran.

« Le boucher » du Yémen, Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 32 ans, continue à massacrer sa propre population avec, là encore, le silence complice des États-Unis et de l’Europe. Rien que pour la journée de vendredi 18 mars, selon l’AFP, la répression a fait 52 morts et 126 blessés. C’est que Abdallah Saleh est considéré comme un allié par les américains dans « la lutte contre Al-Qaïda ».

Une fois encore, on invoque l’humanitaire pour intervenir en Libye riche en pétrole, et on soutient des dictatures en Arabie Saoudite, à Bahreïn, à Oman et au Yémen, des régimes qui massacrent leur population. Aux yeux de l’impérialisme, Kadhafi, contrairement aux autres tyrans arabes, n’est pas tout à fait fiable. Le despote libyen, au pouvoir depuis 42 ans, reste pour les occidentaux « un mauvais dictateur ». Les peuples de Bahreïn, du Yémen, de l’Arabie Saoudite et tous les peuples arabes aspirent profondément à se débarrasser des tyrans d’un autre âge soutenus par les bourgeoisies américaines et européennes qui veulent faire tourner les roues de l’histoire en arrière.

Sources: D’après un article de Mohamed Benlaali sur le site Bellacio. voir le lien colonne de droite.

Voila une petite pierre au débat qui hélas ne fait pas la une des journaux. Les français semblent avoir d’autres chats à fouetter. DSK ne sait toujours pas s’il doit dire qu’il y pense en se rasant et du coup, c’est nous qu’il rase…Fillon ne sait toujours pas si il va voter pour-contre ou contre-pour…Guéant ne sais plus quoi inventer pour s’extrèmedroitiser…Et Le Pen (j’ai écouté Corsico) compte les marrons qu’elle va retirer du feu.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’ARMEE DU SALUT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la rhétorique et du couscous poulet réunis, bonjour !

 

A l’heure du flash, du tweet, du digest, il est de plus en plus difficile de proposer une analyse qui dépasse les 140 mots. Qu’à cela ne tienne, les « cénobites » prennent le risque de l’impopularité. La raison tient au fait que je ne supporte plus les commentateurs qui, à longueur d’émissions et d’éditos, se pâment devant le soi-disant printemps Arabe en restant constamment au niveau de l’émotion, du spectacle, de l’image susceptible de « faire » le 20h. Mais depuis Timisoara, les images, j’ai appris à m’en méfier. Voici donc ce que j’en pense moi de ces mouvements.

En effet, force est de constater que les mouvements qui ont ébranlé les pays Arabes depuis décembre 2010 n’ont pu être transformées en révolutions effectives, faute d’une opposition qui aurait été capable de constituer un gouvernement provisoire et de se substituer aux équipes en place.

Les organes du pouvoir sont ainsi restés tout au long des événements dans les mains de l’establishment des régimes contestés, en Tunisie comme en Égypte, et ce avec l’approbation de l’armée qui, tout en jouant la carte de la sympathie populaire en se déclarant favorable au changement, a réussi à encadrer les émeutiers et à éviter les débordements. Si en Tunisie, les troubles qui secouaient la rue se sont peu à peu dissipés après le départ de Ben Ali, le remaniement, s’est fait en faveur de troisièmes et quatrièmes couteaux du régime, visages inconnus de la population et dès lors recevables par elle. Et ce n’est pas le départ de Ghanoussi remplacé par Béji Caïd Essebsi, qui fut premier ministre sous la dictature de Bourguiba et président de la Chambre des députés sous celle de Ben Ali qui changera la donne…

Mais, aucun membre de l’opposition n’a été convié à participer à ce « gouvernement de transition » et l’opposition demeure complètement écartée du processus de réformation de l’État.

GAME OVER…

Le même scénario se profile en Egypte: Hosni Moubarak a lui aussi choisi de quitter ses fonctions. Il a laissé le gouvernement au Conseil supérieur des forces armées, présidé par le maréchal Mohamed Tantaoui, fidèle du régime et très proche du Pentagone.

L’armée égyptienne, désormais à la tête du pays, a progressivement dispersé les manifestants. Elle aurait également discrètement procédé à plusieurs arrestations parmi les meneurs, lesquels appelaient à ne pas se démobiliser . Le parlement a été dissout et les réunions syndicales interdites.

Les généraux égyptiens, issus de l’establishment moubarakiste et directement liés à Washington, principal bailleur de fonds de l’armée égyptienne, ont de la sorte réussi à préserver la stabilité régionale, la sécurisation du Canal de Suez, les intérêts états-uniens et européens et les traités d’entente avec l’État d’Israël.

les milieux populaires, très pauvres, seraient en fin de compte satisfaits par des réformes socio-économiques, même faibles, qui leur apporteraient un niveau de vie un peu moins mauvais. Ce sont bien là, en effet, les fondamentaux à l’origine des révoltes qui secouent le monde arabe, en Égypte plus profondément encore qu’en Tunisie : le prix des céréales et la dictature économique, en réalité plus féroce que la dictature policière, qui s’exerce sans pitié sur des millions de sujets misérables qui vivent dans la plus extrême précarité.

En conclusion, la « transition » n’est pas celle escomptée ; quelques grandes figures, symboliques, sont tombées, mais, structurellement, tout reste pareil.

Le dispositif installé par les États-Unis et l’Europe pour contrôler la région a résisté. En cela, de la Maison blanche au Palais de l’Élysée, en passant par Bruxelles, on ne peut que se réjouir du dénouement des événements : pour l’instant, si les dictateurs sont partis, les dictatures demeurent.

Reste, bien sûr, à savoir comment évoluera la situation en Libye. En Algérie, où le pouvoir semble maîtriser la situation, tout comme au Maroc, où la monarchie tente, avec succès semble-t-il, d’amadouer la contestation naissante par des réformes sociales; au Bahreïn également, où le bras de fer se poursuit, comme au Yémen, avec, dans les deux cas, l’intention déclarée de l’Arabie saoudite (c’est à dire les USA) d ‘intervenir militairement en faveur du pouvoir, si la révolte devait prendre de l’ampleur. Voila, maintenant attendons la suite des évènements.

Un point de vue très largement inspiré par les travaux du Cercle de chercheurs sur le Moyen-Orient et notamment les analyses de Pierre Piccinin.

Allez, si vous avez tout lu jusqu’au bout, vous gagnez un point. En tout cas merci d’être passé, portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !