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Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson républicaine et du baekeoff réunis, bonjour ! Nous voici le Dimanche 17 mars 2019 qui correspond au 27è jour de ventôse dédié à la Sylvie. J’ai connu une Sylvie qui… Et bien non, il ne s’agit pas du tout de celle à qui vous pensez mais de cette jolie fleur encore appelée anémone des bois.

Le chanteur Yann-Fañch Kemener s’est éteint samedi à l’âge de 61 ans. Il était à la fois l’une des plus belles voix bretonne, un homme de transmission, un artiste qui n’a jamais oublié sa langue et son pays. Il était né en Haute-Cornouaille, au cœur du pays Fañch/Plinn, ainsi qu’il le disait. Natif de Sainte-Tréphine (Côtes-d’Armor) non loin de Rostrenen, celui dont le breton est la langue maternelle,ANKOU-0010 contait son terroir en parlant de saint Tremeur, fils de sainte Tréphine, saint céphalophore, portant lui-même sa tête et dont je vous est conté la légende ici même.Très jeune il parcourt le monde du centre Bretagne pour collecter des airs. Il monte sur scène à 15 ans, remporte le Kan Ar bobl (concours de chants populaires) en 1976. Ses compagnons des années 1970 s’appellent Marcel Guilloux, Erik Marchand, Ifig Troadec. Ecoutez le interpreter les célèbres gousperou ar raned. Les vêpres des grenouilles. Pour Hersart de la villemarqué l’origine du chant remonte à l’époque des druides et est un témoignage du passé sur la composition du monde, la vie ou des batailles. la signification réelle des paroles reste entourée d’un certain mystère.

Il était à la fois un chanteur de fest-noz, un artiste de scène mais aussi un créateur. Trois spectacles reviennent en mémoire : le premier, seul sur scène, il déclame le poète breton Armand Robin, inclassable libertaire ; le deuxième, quand en 2005, avec Aldo Ripoche, il chante « Les Roses du mois noir », l’œuvre du Pontivyen Émile Masson, pacifiste, un autre libertaire, défenseur de la Y.F. Kemenerlangue bretonne au début du XXe ; enfin, son spectacle de 2014, mettait en scène le soldat Joa, son oncle, « non mort pour la France » durant la Grande Guerre, mort au bagne en Kabylie en juillet 1918. À chaque fois, par sa voix, Yann-Fañch Kemener nous ramenait à l’essentiel : le souffle et la vie qui passe, l’importance du verbe breton et de sa transmission qui n’existe pas que dans les feuilles volantes des arbres, écrite à l’encre de pluie. sources: C. Gouerou -Ouest-France.

Le chant naquit un soir d’hiver, on ne sait où, on ne sait quand,
à la porte d’une maison où criait un enfant malade.
Depuis lors, de siècle en siècle, d’aube en aube, de fatigue en fatigue,
l’ont usé des lèvres d’esclaves.
Armand Robin

CACHEZ CE SAINT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’imparfait du subjonctif
et du saucisson à l’ail réunis, bonjour !


Nous voici le 28 novembre qui
correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel.

Hier, je vous parlais de Tangi et
bien aujourd’hui, c’est sa soeur qui est à la fête. Santez
Eodez
. Celle-là même à qui il coupât la tête. Comme disait
mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif: « Plût au ciel que
ces choses là ne fussent point advenues.
» Il existe encore
dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende: A droite, les ruines du chateau de Trémazan.


A
Castel Tremazan, e parrez Landunvez   

Galon,
eun digentil euz ar c’haëra lignez,

A
zeuas da eureugi, evit quenta pried,

Merc’h
ar Prins euz a Vrest Florence voa hanvet,

Bugale
o dévoé, mez oll n’hon hanvon quet :

Unan
eo sant Tangi, eun ail santez Eodet. 

 

Du
château Trémazan, en paroisse Landunvez

Galon,
un gentilhomme de la plus belle lignée

Vint
à se marier, et pour première épouse

A
fille du Prince de Brest, Florence était appelée.

Des
enfants ils avaient, mais tous ne les connaissons pas

Un
était saint Tanguy, une autre sainte Haude.

Et vous trouverez toujours
quelqu’un dans le bourg de Landunvez pour vous assurer que
les
lieux ont gardé la mémoire de l’évènement par les fleurs rouges
qui y poussèrent. L’oeillet de Sainte Haude,
Jenofl
Santez Eodez
en breton,
rappelle son sang versé et le géranium sanguin,
bouzellou
an itron
en breton (les
entrailles de la dame) rappelle la mort affreuse de la marâtre. A gauche, la chapelle St Sansom à landunvez.

Vous voyez que la violence n’a
pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de
l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !).

Hersart de la
Villemarqué,françois-Marie Luzel ou Emile Souvestre ont récolté
de nombreuses gwerz, particulièrement en basse bretagne et
aujourd’hui encore, Denez Prigent ou Yann-Fanch Kemener en sont les
meilleurs interprètes. Les plus célèbres sont « la veuve de
keroulaz » ou encore « Ar markiz Pontkalleg ».



Celle-ci, interprétée par yann-Fanch kemener en est une bonne illustration même si, en règle générale, les gwerz sont contées « a capella ». Bon d’accord, ça fera pas un malheur à la star’ac mais, la culture madame Michu, la culture…
Allez tiens, je vais m’arrêter là pour ce jour d’hui: comme dit l’autre, faut qu’je fait mes commissions. Ce soir, saucisses (de Morteau evel just) et lentilles pour faire face à l’offensive de l’hiver. Portez vous bien et à demain peut-être.