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Fourier et les dunes de Keremma…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 07 avril 2015, c’est le 18è jour de Germinal dédié à la cigüe  et ce qui suit n’a rien à voir… Quoique. Socrate, grand parmi les grands philosophes 220px-Cicuta_virosamourut lui même par la cigüe et les sorcières de MacBeth en font bel usage:  « … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. » Vous remarquerez qu’avant la réforme de l’orthographe, on mettait le tréma sur le ë et les points sur les i; mais ceci est un autre histoire. Pour l’heure, nous évoquons un autre grand philosophe. François-Charles-Marie FOURIER.

Penseur et économiste français, théoricien d’un socialisme d’associations. Il est né le 7 avril 1772 à Besançon, dans une famille de commerçants aisés. Il fait des études dans un collège religieux de Besançon avant de renter en apprentissage à Lyon en 1791. Incorporé durant les événements révolutionnaires, il combat avec les fédéralistes lyonnais en 1793 puis en 1794 dans l’Armée du Rhin. Malgré fourier droiteson aversion pour le milieu marchand, il commence à travailler dans le commerce à Lyon, Marseille et Paris (où il finira par s’installer en 1826). A Lyon, il ouvre une boutique d’épicerie mais essuie un revers de fortune et est jeté en prison. Il sera dès lors un simple employé de commerce. Préoccupé par les problèmes sociaux, il écrit en 1805 un premier article dans le « Bulletin de Lyon ». Il vit modestement et se consacre à l’écriture. Contestant l’ordre social établi, il veut le remplacer par un nouvel ordre, basé sur les « Passions » afin de retrouver l’harmonie naturelle. Pour cela, il imagine le système du Phalanstère (communauté, à la fois coopérative de production et de consommation).

Ses livres seront incompris et sujets de railleries, et ne lui permettront pas de mettre en pratique ses idées de son vivant, même s’il connaîtra sur la fin de sa vie un début de reconnaissance. Il groupera pourtant autour du mouvement de « l’Ecole sociétaire », qu’il a impulsé à partir de 1814, de nombreux disciples dont Victor Considérant (qui le rejoindra en 1825) et qui continuera son oeuvre.
phalanstèreSa pensée est à l’origine de nombreuses réalisations tant en France qu’à l’étranger (comme au Brésil et aux Etats-Unis), et conservera un intérêt certain pour les révolutionnaires, les utopistes et autres réformateurs sociaux ou tout simplement les tenant de l’amour-libre. Par exemple, le Familistère de Guise fondé par Godin et à propos duquel j’ai fait un billet le 26 janvier de l’an passé. On peut imaginer encore que les idées de Fourier ne sont pas sans avoir influencé l’oeuvre de Le Corbusier. Ici à gauche, une aquarelle représentant le Phalanstère idéal. FOURIER est l’auteur de « La Théorie des quatre mouvements et des destinées générales « (1808), « Traité de l’Association domestique et agricole »( 1822), « Le Nouveau Monde industriel où sociétaire »(1829), « Vers la liberté en amour », etc. « La concurrence prépare les crises, ruine le plus grand nombre, élève une aristocratie mercantile, frappe à la fois les chefs d’usines et les ouvriers. Elle perpétue l’esclavage sous la forme du salariat. Le travail rebutant, inorganisé, mal payé, ressemble à un châtiment. La misère grandit avec l’abondance. Nos populations sont aussi malheureuses que celle d’Asie. » Le nouveau monde industriel ou sociétaire (1829).

Mais aussi, et cela est moins connu, une tentative de Phalanstère non loin d’ici sur les dunes de TREFLEZ (Finistère) en bordure de l’anse du Goulven. Un certain Louis ROUSSEAU emma2dans les années 1820 y créa une communauté, « la société rurale de Lannevez », sur un terrain sablonneux. Il y fit construire un manoir qu’il baptisa du nom de son épouse « Emma » que l’on voit ici à droite. Ainsi sont nées les dunes de Keremma. 300 hectares qui, exceptionnellement, sont restés en indivision depuis lors et qui voient chaque été, les descendants de la famille Rousseau se retrouver dans ces magnifiques maisons bourgeoises qu’ils ont fait fait ériger tout au long de la route entre Plouescat et Treflez et qui n’existent nulle part ailleurs.

Ah, on est loin du traité de Lisbonne… Portez vous bien et à demain peut-être.

Godin: Un poêle dans la main…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’entre-deux et du soufflé au fromage réunis, bonjour! Nous sommes le dimanche 26 janvier 2014, 7è jour de Pluviôse dédié à l’Amadouvier. C’est une espèce de champignon dont on tirait le fameux amadou. Les plus anciens se souviennent des lampes et briquets à amadou que l’on DownloadedFile-1-150x150appelait les briquets tempête et qui faisaient partie du barda militaire à une époque. Savez vous qu’au Portugal, l’usage et la simple détention de briquets nécessita une licence entre 1937 et 1970. Ce décret-loi fut institué sous la dictature d’Antonio Salazar, afin de soutenir les fabricants locaux d’allumettes. Les contrevenants s’exposaient à une amende de 250 escudos (la somme était doublée pour les fonctionnaires et les militaires). Le décret ne fut abrogé qu’en mai 1970.

Le 26 janvier 1817, naissance de Jean-Baptiste GODIN.  Chacun connaît les fameux poêles du même nom mais peu l’histoire de cet inventeur social et humaniste.
Penseur socialiste utopique, Fourieriste, fondateur du 48965230_pFamilistère de Guise. En 1840, il se lance dans la fabrication de poêles et fourneaux en fonte, remplaçant la tôle jusque-là utilisée. Le succès est au rendez-vous, il emploie alors quelques ouvriers.
Militant républicain, socialiste et anticlérical, influencé par les idées de phalanstères chères à Charles Fourier , il n’aura de cesse, le succès aidant, d’adapter et de mettre en pratique ces théories. En 1843 il adhère à « L’École Sociétaire » (phalanstérienne) et correspond avec Victor Considérant. Ses idées étant suspectes aux autorités après le coup d’État de Bonaparte, il ouvre en 1854 une succursale à Laeken-les-Bruxelles (Belgique) pour se prémunir d’un possible exil. Après avoir acheté un terrain à Guise (dép. de l’Aisne) en 1846, il va, à partir de 1859, concrétiser son rêve de construction du « Palais social ». Vaste ensemble architectural qui prendra le nom de « Familistère » (Palais des Familles) voir la photo plus bas . Il comptera jusqu’à 500 logements et regroupera progressivement autour de l’usine: nourricerie, pouponnat, économat, théâtre,écoles et buanderie. L’entreprise compte 900 employés en 1867.

En 1871, devenu Maire de la ville de Guise, il est élu député à l’Assemblée Nationale et expose ses idées dans l’ouvrage « Solutions Sociales » qui sera publié pendant la Commune de DownloadedFile7Paris. Après avoir créée la revue « Le Devoir » (en 1878), la Société du Familistère de Guise « Association coopérative du Capital et du Travail » voit le jour le 13 août 1880, elle durera jusqu’en 1968. En 1882, le Familistère ne suffisant plus pour loger les ouvriers de l’usine, des bâtiments annexes sont construits.
Jean-Baptiste Godin s’éteint le 15 janvier 1888. L’entreprise poursuivra l’aventure symbolisée par le succès des poêles Godin (avec 2500 employés en 1926) et maintiendra son statut coopératif jusqu’en 1968. Aujourd’hui le Familistère (qui est classé monument historique) se visite, et un « Banquet de l’Utopie » y est organisé chaque 1er mai.

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

EN ROUTE VERS UTOPIA…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’amphigouri et des beignets de crevettes réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 07 février 2012, 19è jour de pluviôse dédié à la Pulmonaire. Un coup à se faire souffler dans les bronches…

C’est un 7 février, en 1478, que naît celui dont je vais vous parler ci-après. Vous, je ne sais pas mais moi, le monde comme il va m’est de plus en plus insupportable ; la pensée unique qui s’est imposée ces dernières décennies à refoulé loin, très loin, nos rêves humanistes ; au grand bazar du village global, tout se vend, tout s’achète. Depuis des siècles , des humanistes, des réveurs, des utopistes, prêchent dans le désert, pissent dans des violons et se mouchent dans les étoiles aurait ajouté Jacques Brel. Thomas MORE étaient de ceux là à tel point qu’il en perdit la tête…

En effet, Le 6 juillet 1535, Thomas MORE où MORUS, va perdre la tête. Non pas qu’il soit devenu fada mais sous l’effet d’une décapitation voulu par Henry VIII.476px_Hans_Holbein_d (son rôle est tenu par jeremy Northam dans la série « Les Tudor »
Homme politique anglais, philosophe et écrivain, précurseur du communisme libertaire et père des utopistes, il est né à Londres le 7 février 1478. Fils d’un magistrat, il entame une carrière politique qui le mènera au poste d’ambassadeur extraordinaire, puis à celle de chancelier du royaume en 1529. Mais Thomas Morus est surtout connu pour son livre « L’Ile d’Utopie ou la Meilleure des Républiques » publié en 1516, il décrit une société idéale ayant aboli la propriété et où la tolérance est une règle.
« Fay ce que vouldras » (Fait ce que tu veux) est d’ailleurs emprunté à Morus, par Rabelais, pour son Abbaye de Thélème.

Comme celle de la république de Platon, l’économie utopienne de More repose sur la propriété collective des moyens de production et l’absence d’échanges marchands.
Critique de la société de son temps dont il brosse un sombre tableau, il dissèque et condamne les abus et les privilèges de la noblesse et du clergé.
Utopie_Thomas_More« Dans tous les Etats où la possession est individuelle, où tout se mesure par l’argent, on ne pourra jamais faire régner la justice ni assurer la prospérité publique. Pour rétablir un juste équilibre dans les affaires humaines, il faudrait nécessairement abolir le droit de propriété. » .A boire comme du petit lait…

En 1535, désapprouvant la politique religieuse du roi, il refuse de prêter serment à Henry VIII. Arrêté et condamné pour trahison, il monte sereinement sur l’échafaud où il est décapité. On dit qu’il aurait parlé en ces termes avant d’y monter  : Je vous en prie, je vous en prie, Monsieur le lieutenant, aidez-moi à monter, pour la descente, je me débrouillerai. Ce grand ami d’Erasme participa pleinement au développement de la pensée humaniste.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

MARINALEDA, UTOPIA…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

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Amis de l’Utopie galopante et du bouillon de poule réunis, bonjour !

Nous sommes le 07 janvier,18è jour de nivose dédié à la pierre à chaux.

Connaissez vous MARINALEDA ? Non ce n’est pas la dernière pipole de la starac’ ni la dernière miss Limousin. Il s’agit d’une communauté espagnole qui s’est mis en tête de vivre son utopie grandeur nature.

 Depuis la fin de l’ère franquiste, Marinaleda fonctionne en démocratie directe. Tous les aspects de la vie sociale, politique et économique de la commune y sont discutés et mis en œuvre collectivement par les citoyens.

Juan Manuel Sánchez Gordillo, maire de Marinaleda, est un militant de la gauche anticapitaliste. Depuis plus de 30 ans , il est régulièrement réélu mais n’est avant tout que le porte-parole de la volonté générale : car, ici, tous les élus sont révocables par simple vote des habitants.

Toutes les questions concernant la communauté (logement, emploi, équipements, impots, etc) sont soumises à la concertation et au vote populaire au cours de la centaine d’assemblées générales qui se tiennent chaque année.

La délinquance étant inexistante, cette municipalité n’a pas de service de police.

L‘ économie locale est principalement d’origine agricole (culture et mise en conserve de divers légumes). La collectivisation des terres, la présence d’une coopérative agricole populaire et d’une usine en sont des atouts majeurs. Les bénéfices produits par la communauté ne sont pas distribués mais réinvestis pour financer la création de nouveaux emplois ainsi que divers services et équipements municipaux (piscine, terrain de sport, etc) que chacun peut utiliser gratuitement.

Les grands propriétaires terriens (notamment un duc ami du roi Juan Carlos !) ont été expropriés et la terre ainsi récupérée a été partagée également entre tous.

Le salaire de tous les travailleurs, quel que soit leur poste, est de 47 euros par jour à raison de six heures et demie de travail quotidien.

Le cout de la vie y est faible, à l’image du prix de location des logements (15 euros/mois) ou de celui de la garderie d’enfant (12 euros/mois cantine comprise). La somme à acquitter pour un logement se monte au final à 15,52 euros par mois. À tout fils ou à toute fille d’habitant qui a besoin d’une maison, la mairie fournit le terrain, le matériel et l’architecte gratuitement a condition que le futur habitant de la dite maison participe à la construction. Les ouvriers qui édifient la structure sont des professionnels de la construction, des maçons sous contrat de la mairie, qui viennent en renfort pour diriger les autoconstructeurs et pallier le manque de savoir-faire des habitants. Les futurs voisins d’un même quartier se mettent à travailler ensemble sur le groupe de maisons à construire. ici à gauche (extrème gauche) le maire Juan Manuel Sanchez Cordillo.

Les habitants de Marinaleda ont du lutter parfois durement pour imposer ce système municipal sans chômeurs ni promoteurs, qui demeure toutefois très critiqué par la droite. Bien des menaces ont été proférées à leur encontre et l’expropriation de quelques grands propriétaires agricoles (aristocrates ou capitalistes) au profit de tous ne s’est pas faite sans de nombreux procès. Le maire lui-même a été victime de deux attentats de la part de l’extrême droite.

On songe à Fourier et son Phalanstère, à Godin et son Familistère, à Le Corbusier et sa cité radieuse… Daniel Mermet (France Inter) leur a consacré une émission en décembre dernier ; on peut l’écouter sur le Net ICI.

Voila pour aujourd’hui; en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le 18 juillet 1968, en  Avignon, alors que le XXIIème Festival de Théâtre vient à peine de commencer, celui-ci est cette année contesté par de jeunes révoltés qui lui reprochent de n’être qu’un supermarché de la culture au service de la classe bourgeoise. Le jour même, le préfet de    police du Gard interdit sous prétexte qu’elle pourrait « troubler gravement l’ordre public »  une pièce de théâtre : « La Paillasse aux seins nus » qui devait être jouée dans une petite salle de Villeneuve-Lès-Avignon.   Sitôt connue, cette interdiction arbitraire suscite l’indignation et va donner lieu dans la soirée à une manifestation pacifique de protestation à laquelle prend part « l’enragé » Jean-Jacques LEBEL. Le rassemblement est aussitôt chargé par des CRS qui procèdent à plusieurs interpellations. La troupe du « Living Theatre » conduite par Julian Beck et Judith Malina marque aussitôt sa solidarité avec la compagnie censurée et avec les personnes arrêtées en refusant de jouer (comble de l’ironie) leur pièce « Antigone ».

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la nostalgie et de la chasse aux dahuts réunies, bonjour !

Le 18 juillet 1968, en  Avignon, alors que le XXIIème Festival de Théâtre vient à peine de commencer, celui-ci est cette année contesté par de jeunes révoltés qui lui reprochent de n’être qu’un supermarché de la culture au service de la classe bourgeoise. Le jour même, le préfet de    police du Gard interdit sous prétexte qu’elle pourrait « troubler gravement l’ordre public »  une pièce de théâtre : « La Paillasse aux seins nus » qui devait être jouée dans une petite salle de Villeneuve-Lès-Avignon.   Sitôt connue, cette interdiction arbitraire suscite l’indignation et va donner lieu dans la soirée à une manifestation pacifique de protestation à laquelle prend part « l’enragé » Jean-Jacques LEBEL. Le rassemblement est aussitôt chargé par des CRS qui procèdent à plusieurs interpellations. La troupe du « Living Theatre » conduite par Julian Beck et Judith Malina marque aussitôt sa solidarité avec la compagnie censurée et avec les personnes arrêtées en refusant de jouer (comble de l’ironie) leur pièce « Antigone ».

Le 20 juillet , en Avignon, après les évènements qui ont précédé, un nouveau rassemblement de protestation contre la censure a lieu. Il est  dispersé par les CRS qui procèdent à de nouvelles arrestations. Mais alors que la presse locale répand ses diatribes haineuses et racistes contre la troupe du « Living Theatre »   des nervis fascisants (recrutés parmi les sportifs de la ville par le maire et les politiciens de gauche comme de droite) attaquent dans la nuit le lycée où sont hébergés les comédiens du Living, et frappent à coup de barres le directeur d’un théâtre de New-York. Ils rosseront et tondront, sur leur passage, un jeune dont le seul  tort était d’avoir les cheveux longs.

Le 27 juillet 1968, en Avignon, pour faire taire toute contestation du Festival, et alors que les manifestations et rassemblements sont désormais interdits  dans les rues de la ville, Julian Beck responsable de la troupe du « Living Theatre » se voit à son tour notifié l’interdiction, par arrêté municipal,   de jouer la pièce « Paradise Now »  et de donner des spectacles gratuitement dans la rue.

C‘était une époque épique où l’on portait haut les couleurs de l’Utopie mais, comme le disait Henri Laborit: »


Ce n’est pas l’Utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l’évolution. C’est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance. » Sur ce, je vous laisse à vos méditations, portez vous bien et à demain peut-être.

François-Charles-Marie FOURIER.Penseur et économiste français, théoricien d’un socialisme d’associations.Il est né le 7 avril 1772 à Besançon, dans une famille de commerçants aisés. Il fait des études dans un collège religieux de Besançon avant de renter en apprentissage à Lyon en 1791. Incorporé durant les événements révolutionnaires, il combat avec les fédéralistes lyonnais en 1793 puis en 1794 dans l’Armée du Rhin. Malgré son aversion pour le milieu marchand, il commence à travailler dans le commerce à Lyon, Marseille et Paris (où il finira par s’installer en 1826). A Lyon, il ouvre une boutique d’épicerie mais essuie un revers de fortune et est jeté en prison. Il sera dès lors un simple employé de commerce. Préoccupé par les problèmes sociaux, il écrit en 1805 un premier article dans le « Bulletin de Lyon ». Il vit modestement et se consacre à l’écriture. Contestant l’ordre social établi, il veut le remplacer par un nouvel ordre, basé sur les « Passions » afin de retrouver l’harmonie naturelle. Pour cela, il imagine le système du Phalanstère (communauté, à la fois coopérative de production et de consommation).Ses livres seront incompris et sujets de railleries, et ne lui permettront pas de mettre en pratique ses idées de son vivant, même s’il connaîtra sur la fin de sa vie un début de reconnaissance. Il groupera pourtant autour du mouvement de « l’Ecole sociétaire », qu’il a impulsé à partir de 1814, de nombreux disciples dont Victor Considérant (qui le rejoindra en 1825) et qui continuera son oeuvre.Sa pensée est à l’origine de nombreuses réalisations tant en France qu’à l’étranger (comme au Brésil et aux Etats-Unis), et conservera un intérêt certain pour les révolutionnaires, les utopistes et autres réformateurs sociaux ou tout simplement les tenant de l’amour-libre. Par exemple, le Familistère de Guise fondé par Godin et à propos duquel j’ai fait un billet le 26 janvier. On peut imaginer encore que les idées de Fourier ne sont pas sans avoir influencé l’oeuvre de Le Corbusier. Ici à gauche, une aquarelle représentant le Phalanstère idéal.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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François-Charles-Marie FOURIER.
Penseur et économiste français, théoricien d’un socialisme d’associations.
Il est né le
7 avril 1772 à Besançon, dans une famille de commerçants aisés. Il fait des études dans un collège religieux de Besançon avant de renter en apprentissage à Lyon en 1791. Incorporé durant les événements révolutionnaires, il combat avec les fédéralistes lyonnais en 1793 puis en 1794 dans l’Armée du Rhin. Malgré son aversion pour le milieu marchand, il commence à travailler dans le commerce à Lyon, Marseille et Paris (où il finira par s’installer en 1826). A Lyon, il ouvre une boutique d’épicerie mais essuie un revers de fortune et est jeté en prison. Il sera dès lors un simple employé de commerce. Préoccupé par les problèmes sociaux, il écrit en 1805 un premier article dans le « Bulletin de Lyon ». Il vit modestement et se consacre à l’écriture. Contestant l’ordre social établi, il veut le remplacer par un nouvel ordre, basé sur les « Passions » afin de retrouver l’harmonie naturelle. Pour cela, il imagine le système du Phalanstère (communauté, à la fois coopérative de production et de consommation).
Ses livres seront incompris et sujets de railleries, et ne lui permettront pas de mettre en pratique ses idées de son vivant, même s’il connaîtra sur la fin de sa vie un début de reconnaissance. Il groupera pourtant autour du mouvement de « l’Ecole sociétaire », qu’il a impulsé à partir de 1814, de nombreux disciples dont
Victor Considérant (qui le rejoindra en 1825) et qui continuera son oeuvre.
Sa pensée est à l’origine de nombreuses réalisations tant en France qu’à l’étranger
(comme au Brésil et aux Etats-Unis), et conservera un intérêt certain pour les révolutionnaires, les utopistes et autres réformateurs sociaux ou tout simplement les tenant de l’amour-libre. Par exemple, le Familistère de Guise fondé par Godin et à propos duquel j’ai fait un billet le 26 janvier. On peut imaginer encore que les idées de Fourier ne sont pas sans avoir influencé l’oeuvre de Le Corbusier. Ici à gauche, une aquarelle représentant le Phalanstère idéal.

Mais aussi, et cela est moins connu, une tentative de Phalanstère non loin d’ici sur les dunes de TREFLEZ (Finistère) en bordure de l’anse du Goulven. Un certain Louis ROUSSEAU dans les années 1820 y créa une communauté, « la société rurale de Lannevez », sur un terrain sablonneux. Il y fit construire un manoir qu’il baptisa du nom de son épouse « Emma ». Ainsi sont nées les dunes de Keremma. 300 hectares qui, exceptionnellement, sont restés en indivision depuis lors et qui voient chaque été, les descendants de la famille Rousseau se retrouver dans ces magnifiques maisons bourgeoises qu’ils ont fait fait ériger tout au long de la route entre Plouescat et Treflez et qui n’existent nulle part ailleurs.
FOURIER est l’auteur de « La Théorie des quatre mouvements et des destinées générales « (1808), « Traité de l’Association domestique et agricole »( 1822), « Le Nouveau Monde industriel où sociétaire »(1829), « Vers la liberté en amour », etc.

« La concurrence prépare les crises, ruine le plus grand nombre, élève une aristocratie mercantile, frappe à la fois les chefs d’usines et les ouvriers. Elle perpétue l’esclavage sous la forme du salariat. Le travail rebutant, inorganisé, mal payé, ressemble à un châtiment. La misère grandit avec l’abondance. Nos populations sont aussi malheureuses que celle d’Asie. » C’est d’une telle modernité…

FOURIER a eu sa statue à Paris installée boulevard de Clichy en 1899; elle fut, comme bien d’autres, fondue lors du régime de Vichy, il n’en reste que le socle. Dernièrement, des artistes anonymes ont voulu rendre hommage à ce grand utopiste et symboliser le vide qu’il laisse au pays des rêveurs en installant sur le socle orphelin, cette espèce de boite en verre.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être. Ah, j’oubliais, on me demande de vous rappeler que vous pouvez voter pour ce blog; colonne de droite en haut.

L’AN 01…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Le 5 avril 2004, disparaissait Georges BLONDEAU dit Gébé, né à Villeneuve-Saint-Georges en 1929. En 1960, il arrive à Hara-Kiri pour y dessiner, écrire, et pratiquer le roman-photo. Durant les années de censure, il fait de la radio et se réfugie à Pilote (mai 68 avec Gosciny). Retour à Hara-kiri pour le lancement de Charlie Hebdo avec Cavanna et toute la bande. Treize années de bonheur, puis arrêt de Charlie. Cinéma, chansons, bandes dessinées, dont le cultissime L’An 01. Quelques romans et toujours des journaux : Zéro, L’Autre Journal, L’Idiot International En 1992, Charlie Hebdo repart. Gébé est dedans. Jusqu’à ce lundi 5 avril 2004 où il nous a quittés.

Après des débuts d’illustrateur industriel à la SNCF, Gébé se lance dans le dessin humoristique. Ses premiers dessins paraissent dans La Vie du rail et dans divers journaux. En 1960, il entre à Hara-Kiri où il cultive une veine oscillant entre le non-sens et l’utopie libertaire. Il y crée de fausses publicités, des romans-photos et un personnage étonnant, Berk, créature vaguement humanoïde à l’humour ravageur.

Il anime en 1970 dans Politique Hebdo, puis dans Charlie Mensuel, une série écologique et utopique, l’An 01, réflexion satirique sur la place de l’homme dans une société où le progrès laisse de moins en moins de place au rêve. Cette série, très populaire, fera l’objet sous le même titre d’une adaptation cinématographique en 1973, réalisée par Jacques Doillon. La vidéo ci-dessus en montre une scène avec un autre grand disparu cher à mon coeur, François Béranger.

Après un court passage au sein du journal Pilote, Gébé sera rédacteur en chef d’Hara-Kiri de 1969 à 1985, tout en travaillant aussi pour Charlie Mensuel et Charlie Hebdo. Puis, en 1986, il devient rédacteur en chef d’un magazine à l’existence éphémère, Zéro, avant de prendre en 1992 la direction de la publication de Charlie Hebdo, où il dessine chaque semaine.

En 1965, Gébé écrit trois pièces de théâtre radiophoniques (dans la série « Le théâtre de l’étrange », sur France Inter) et des chansons pour divers interprètes (dont Yves Montand). Auteur d’un roman policier, Sept Cartouches (1983), il a aussi écrit pour la télévision, notamment pour les séries humoristiques « Merci Bernard » ou « Palace ». Au XVIè siècle lorsque Thomas MORE inventa le terme UTOPIE, il ne se doutait pas que quatre cents ans plus tard, un dessinateur de la SNCF allait s’en donner à coeur joie et faire notre bonheur, fut-il éphémère.

Allez, sur ces belles paroles, je vous laisse à vos oeufs de Pâques et à vos chocolats. Portez vous bien et, noubliez pas, si cela vous a plu, vous pouvez voter pour ce blog (colonne de droite en haut)? A demain peut-être.

Oui, bon, d’accord, je l’avoue, j’ai beaucoup hésité…Entre Star War et Starko. Finalement j’ai assisté à la grand’messe incantatoire d’un Président attentif aux difficultés d’un panel somme toute assez bien ficelé. Ca m’a rappelé une affiche de mai 68. Je reconnais que les gens de la com. avaient bien fait leur boulot. Pas de militants enthousiastes, pas de bling-bling ostentatoire, pas de partisans inconditionnels. Non, simplement des Français comme vous et moi, c’est à dire un jeune sans boulot, un retraité dans la mouise, une prodructrice de lait en plein marasme, un syndicaliste dépité, un contractuel désespéré, une caissière sous-payée, à vrai dire, il ne manquait que le raton laveur. Et en face, notre guide suprême qui continue selon la méthode Coué à psalmodier: « Chaque jour et dans tous les domaines, ça va de mieux en mieux. » Allez tiens, sans transition comme dit l’autre.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Oui, bon, d’accord, je l’avoue, j’ai beaucoup hésité…Entre Star War et Starko. Finalement j’ai assisté à la grand’messe incantatoire d’un Président attentif aux difficultés d’un panel somme toute assez bien ficelé. Ca m’a rappelé une affiche de mai 68. Je reconnais que les gens de la com. avaient bien fait leur boulot. Pas de militants enthousiastes, pas de bling-bling ostentatoire, pas de partisans inconditionnels. Non, simplement des Français comme vous et moi, c’est à dire un jeune sans boulot, un retraité dans la mouise, une prodructrice de lait en plein marasme, un syndicaliste dépité, un contractuel désespéré, une caissière sous-payée, à vrai dire, il ne manquait que le raton laveur. Et en face, notre guide suprême qui continue selon la méthode Coué à psalmodier: « Chaque jour et dans tous les domaines, ça va de mieux en mieux. » Allez tiens, sans transition comme dit l’autre.

7ème jour de pluviose.

D‘après Wikipédia, ce jour (26 janvier) était consacré à l’amadouvier… Si vous êtes comme moi, vous n’aviez jamais entendu parler de l’amadouvier et, bon an mal an, cela ne vous a pas franchement manqué. C’est pourtant un très joli champignon qui semble t-il, s’enflamme comme de l’amadou, ou bien comme un coeur, d’où son nom. Et bien on aura appris quelque chose aujourd’hui. Et maintenant, l’homme du jour.

Le 26 janvier 1817, naissance de Jean-Baptiste GODIN. Chacun connaît les fameux poêles du même nom mais peu l’histoire de cet inventeur social et humaniste.
Penseur socialiste utopique, Fourieriste, fondateur du Familistère de Guise. En 1840, il se lance dans la fabrication de poêles et fourneaux en fonte, remplaçant la tôle jusque-là utilisée. Le succès est au rendez-vous, il emploie alors quelques ouvriers.
Militant républicain, socialiste et anticlérical, influencé par les idées de phalanstères chères à Charles Fourier , il n’aura de cesse, le succès aidant, d’adapter et de mettre en pratique ces théories. En 1843 il adhère à « L’École Sociétaire » (phalanstérienne) et correspond avec Victor Considérant (voir mon billet du 26 décembre) . Ses idées étant suspectes aux autorités après le coup d’État de Bonaparte, il ouvre en 1854 une succursale à Laeken-les-Bruxelles (Belgique) pour se prémunir d’un possible exil. Après avoir acheté un terrain à Guise (dép. de l’Aisne) en 1846, il va, à partir de 1859, concrétiser son rêve de construction du « Palais social ». Vaste ensemble architectural qui prendra le nom de « Familistère » (Palais des Familles) voir la photo plus bas .
 

Il comptera jusqu’à 500 logements, et regroupera progressivement autour de l’usine: « nourricerie et pouponnat », économat, théâtre et écoles , buanderie . L’entreprise compte 900 employés en 1867.
En 1871, devenu Maire de la ville de Guise, il est élu député à l’Assemblée Nationale et expose ses idées dans l’ouvrage « Solutions Sociales » qui sera publié pendant la Commune de Paris. Après avoir créée la revue « Le Devoir » (en 1878), la Société du Familistère de Guise « Association coopérative du Capital et du Travail » voit le jour le 13 août 1880, elle durera jusqu’en 1968. En 1882, le Familistère ne suffisant plus pour loger les ouvriers de l’usine, des bâtiments annexes sont construits.
Jean-Baptiste Godin s’éteint le 15 janvier 1888. L’entreprise poursuivra l’aventure symbolisée par le succès des poêles Godin (avec 2500 employés en 1926) et maintiendra son statut coopératif jusqu’en 1968.
Aujourd’hui le Familistère (qui est classé monument historique) se visite, et un « Banquet de l’Utopie » y est organisé chaque 1er mai.

Voila, c’était la livraison du mardi. En attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.