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La cerise sur le chaos…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du paradoxe et du tiramisu aux spéculoos réunis, bonjour !

Nous voici le jeudi 14 juin 2012, 26è jour de prairial dédié au jasmin. Avant de donner son nom à une révolution méditerranéenne (le jasmin blanc est la fleur emblématique de Tunisie) cette plante avait conquis les parfumeurs. L’un d’entre-eux, Jean Patou, disait à propos du jasmin, qu’il fallait 10 600 fleurs pour produire une once de parfum. On dit que Cléopatre serait allée à la rencontre de Marc Antoine sur un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin…Il est vrai qu’elle avait du nez !

Tout à fait autre chose.

C‘est aujourd’hui l’anniversaire de la disparition de Mouloudji (14 juin 1994) dont je suis un inconditionnel. Je vous renvoie vers le billet que je lui ai consacré l’année dernière.

Allez, tiens, le temps des cerises car, comme disait mon aïeule: A la saint Rufin, des cerises plein la main.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Et autre chose encore.

Au Québec la police est sur les dents (les dents des autres évidemment). Les Grecs continuent leur descente aux enfers. (Si l’on en croit Ovide dans ses Métamorphoses: Le Chaos est un gouffre sans fond où l’on fait une chute sans fin..) En Espagne les banques vont se goinfrer de 100 milliards d’euros… En Tunisie, c’est reparti pour un tour, mais sans BHL. L’OTAN nous prépare un coup de Jarnac en Syrie; sans doute une répétition grandeur nature avant l’Iran… En Afghanistan, les piou-piou continuent à se faire dézinguer. L’UMP n’en finit pas de se FNiser. En Russie, des milliers de manifestants défilent… Et en douce-France-cher-pays-de-mon-enfance les médias consacrent leurs « Unes » à un malheureux tweet de la copine du président. On marche sur la tête, madame Michu.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

L’ARMEE DU SALUT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la rhétorique et du couscous poulet réunis, bonjour !

 

A l’heure du flash, du tweet, du digest, il est de plus en plus difficile de proposer une analyse qui dépasse les 140 mots. Qu’à cela ne tienne, les « cénobites » prennent le risque de l’impopularité. La raison tient au fait que je ne supporte plus les commentateurs qui, à longueur d’émissions et d’éditos, se pâment devant le soi-disant printemps Arabe en restant constamment au niveau de l’émotion, du spectacle, de l’image susceptible de « faire » le 20h. Mais depuis Timisoara, les images, j’ai appris à m’en méfier. Voici donc ce que j’en pense moi de ces mouvements.

En effet, force est de constater que les mouvements qui ont ébranlé les pays Arabes depuis décembre 2010 n’ont pu être transformées en révolutions effectives, faute d’une opposition qui aurait été capable de constituer un gouvernement provisoire et de se substituer aux équipes en place.

Les organes du pouvoir sont ainsi restés tout au long des événements dans les mains de l’establishment des régimes contestés, en Tunisie comme en Égypte, et ce avec l’approbation de l’armée qui, tout en jouant la carte de la sympathie populaire en se déclarant favorable au changement, a réussi à encadrer les émeutiers et à éviter les débordements. Si en Tunisie, les troubles qui secouaient la rue se sont peu à peu dissipés après le départ de Ben Ali, le remaniement, s’est fait en faveur de troisièmes et quatrièmes couteaux du régime, visages inconnus de la population et dès lors recevables par elle. Et ce n’est pas le départ de Ghanoussi remplacé par Béji Caïd Essebsi, qui fut premier ministre sous la dictature de Bourguiba et président de la Chambre des députés sous celle de Ben Ali qui changera la donne…

Mais, aucun membre de l’opposition n’a été convié à participer à ce « gouvernement de transition » et l’opposition demeure complètement écartée du processus de réformation de l’État.

GAME OVER…

Le même scénario se profile en Egypte: Hosni Moubarak a lui aussi choisi de quitter ses fonctions. Il a laissé le gouvernement au Conseil supérieur des forces armées, présidé par le maréchal Mohamed Tantaoui, fidèle du régime et très proche du Pentagone.

L’armée égyptienne, désormais à la tête du pays, a progressivement dispersé les manifestants. Elle aurait également discrètement procédé à plusieurs arrestations parmi les meneurs, lesquels appelaient à ne pas se démobiliser . Le parlement a été dissout et les réunions syndicales interdites.

Les généraux égyptiens, issus de l’establishment moubarakiste et directement liés à Washington, principal bailleur de fonds de l’armée égyptienne, ont de la sorte réussi à préserver la stabilité régionale, la sécurisation du Canal de Suez, les intérêts états-uniens et européens et les traités d’entente avec l’État d’Israël.

les milieux populaires, très pauvres, seraient en fin de compte satisfaits par des réformes socio-économiques, même faibles, qui leur apporteraient un niveau de vie un peu moins mauvais. Ce sont bien là, en effet, les fondamentaux à l’origine des révoltes qui secouent le monde arabe, en Égypte plus profondément encore qu’en Tunisie : le prix des céréales et la dictature économique, en réalité plus féroce que la dictature policière, qui s’exerce sans pitié sur des millions de sujets misérables qui vivent dans la plus extrême précarité.

En conclusion, la « transition » n’est pas celle escomptée ; quelques grandes figures, symboliques, sont tombées, mais, structurellement, tout reste pareil.

Le dispositif installé par les États-Unis et l’Europe pour contrôler la région a résisté. En cela, de la Maison blanche au Palais de l’Élysée, en passant par Bruxelles, on ne peut que se réjouir du dénouement des événements : pour l’instant, si les dictateurs sont partis, les dictatures demeurent.

Reste, bien sûr, à savoir comment évoluera la situation en Libye. En Algérie, où le pouvoir semble maîtriser la situation, tout comme au Maroc, où la monarchie tente, avec succès semble-t-il, d’amadouer la contestation naissante par des réformes sociales; au Bahreïn également, où le bras de fer se poursuit, comme au Yémen, avec, dans les deux cas, l’intention déclarée de l’Arabie saoudite (c’est à dire les USA) d ‘intervenir militairement en faveur du pouvoir, si la révolte devait prendre de l’ampleur. Voila, maintenant attendons la suite des évènements.

Un point de vue très largement inspiré par les travaux du Cercle de chercheurs sur le Moyen-Orient et notamment les analyses de Pierre Piccinin.

Allez, si vous avez tout lu jusqu’au bout, vous gagnez un point. En tout cas merci d’être passé, portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !

 

 

 

 

 

UN TAXI POUR TOBROUK…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la poésie universelle et  de la saucisse de Molène réunies,
bonjour !

Nous sommes le jeudi 24 février et, le jeudi c’est poésie…

ألا
أيها الظالم المستبد

حبيب
الظلام عدو الحياه

سخرت
بأنات شعب ضعيف

و
كفك مخضوبة من دماه

و
سرت تشوه سحر الوجود

C‘est
très joli en arabe mais néanmoins, je vous laisse apprécier ce
texte en français d’un poète tunisien à la vision prémonitoire.
Il a été écrit au début du XXè siècle par un jeune poète Abou
el Kacem Chebbi
.

En 2002, alors que la seconde Intifada touche le
Proche-Orient, la chanteuse Latifa Arfaoui décide de mettre en
musique le poème, en faisant clairement allusion au conflit
israëlo-arabe dans son clip.Ici à droite Abou Chebbi à l’age de dix huit ans.

Ô
tyran oppresseur…

Ami de la nuit, ennemi de la
vie…
Tu t’es moqué d’un peuple impuissant
Alors que ta main
est maculée de son sang
Tu abîmes la magie de l’univers
Et tu
sèmes les épines du malheur dans ses éminences

Doucement !
Que ne te trompent pas le printemps,
La clarté de l’air et la
lumière du jour
Dans l’horizon vaste, il y a l’horreur de la
nuit
Le grondement du tonnerre et les rafales du vent
Attention !
Sous la cendre, il y a des flammes
Celui qui plante les épines
récolte les blessures

Regarde là-bas où tu as moissonné
les têtes humaines
et les fleurs de l’espoir
Et tu as englouti
de sang, le cœur du sol et tu l’as abreuvé de larmes à
l’ivresse
Le flot, torrent du sang va te brûler

Et l’orageux brûlant va te
dévorer.

De santé fragile, le jeune homme
mourra subitement à l’âge de 25 ans. Clin d’oeil de l’histoire, les
deux premiers vers de son poème la volonté de vivre seront
intégrés dans le texte de l’hymne national tunisien à l’occasion
du retour de Bourguiba. Plus haut, la photo de son buste à Tozeur.

Lorsqu’un
jour le peuple veut vivre,
Force est pour le destin de
répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force
est pour les chaînes de se briser.

voilà pour
aujourd’hui, le poète a toujours raison comme le disait Jean Ferrat
en évoquant Aragon. En attendant la suite, portez vous bien, à
demain peut-être et, n’oubliez pas: Indignez vous !

B.H.L. AND CO…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la belle ouvrage et du p’tit
maquereau à la bretonne réunis, bonjour !


Aujourd’hui, 18 février, pluviôse
tire à sa fin, c’est peut-être pour cela que les républicains
avaient dédié ce jour au traineau.

Contrairement à ce que dit Jancyve
dans son commentaire, l’effervescence cérébrale n’est pas au
rendez-vous tous les jours. La preuve, aujourd’hui je me contente de
vous retransmettre le papier de Pascal Boniface de l’Institut de
Relations internationales et stratégiques
tant je partage son
analyse à la virgule près. Il dénonce une fois de plus l’attitude
de nos pieds nickelés de la pseudo philosophie que sont Adler,
Finkielkraut et BHL à l’issue des événement en Tunisie et en Egypte.
Jugez en plutôt:

« Ces trois intellectuels
relaient en fait les craintes israéliennes face au changement
politique en Égypte. Ce qui est assez amusant c’est que les mêmes
qui ont dénoncé pendant des lustres l’absence de régimes
démocratiques dans le monde arabe s’inquiètent désormais de la
possibilité qu’il en existe. Cela ferait tomber leur argument de «
Israël la seule démocratie du Proche-Orient » qu’ils psalmodient.
Mais surtout cela pourrait signifier la mise en place de régimes
moins accommodants avec Israël. Or c’est leur principale pour ne
pas dire unique préoccupation.

Il n’est d’ailleurs pas
étonnant qu’ils soient passés complètement à côté de la
révolution tunisienne ; ils n’ont ni soutenu la révolte populaire
comme ils ont pu le faire pour l’Iran, (la Tunisie n’est pas
hostile à Israël donc on n’y soutient pas les revendications
démocratiques) ni ne se sont inquiétés de ses conséquences comme
ils le font pour l’Égypte (la Tunisie n’a pas un rôle clé au
Proche Orient).

Ils font un parallèle entre la mise en place
d’un régime répressif islamiste en Iran après 1979 et ce qui
pourrait se produire en Égypte. Comparaison n’est pas raison ; si le
régime des mollahs a pu s’imposer en Iran, c’est en grande partie
du fait des craintes d’interventions extérieures américaines (et du
précédent Mossadegh) et face à l’agression à partir de 1980 de
Saddam Hussein, à l’époque soutenu unanimement par le monde
occidental…

Curieusement nos trois vedettes médiatiques qui
s’inquiètent fortement de l’arrivée au pouvoir d’un mouvement
intégriste religieux n’ont jamais rien dit contre le fait qu’en
Israël un parti de de cette nature soit membre depuis longtemps de
la coalition gouvernementale. Le parti Shass un parti extrémiste
religieux (et raciste) est au pouvoir en Israël avec un autre parti
d’extrême droite celui-ci laïc et tout aussi raciste, Israel
Beiteinu. Ces deux partis alliés au Likoud essaient d’ailleurs de
restreindre les libertés politiques et mettent une très forte
pression sur les différentes O.N.G. de défense de droits de l’homme
sans que nos trois intellectuels s’en émeuvent
particulièrement.

Les Frères musulmans peuvent-ils prendre
seul le pouvoir ? C’est fortement improbable pour ne pas dire
impossible. Un gouvernement auquel éventuellement participeraient
les Frères musulmans pourrait lever le blocus sur Gaza. Il ne se
lancerait pas dans une guerre contre Israël du fait du rapport de
forces militaires largement favorable à Israël sans parler de
l’appui stratégique américain. Ce qui pourrait se produire par
contre, c’est qu’un autre gouvernement égyptien soit moins
accommodant avec l’actuelle coalition de droite et d’extrême-droite
au pouvoir en Israël. Mais est-ce si grave qu’un pays démocratique
d’une part ait une politique indépendante et d’autre part ne
laisse pas carte blanche à un gouvernement de droite et
d’extrême-droite ?

Les masques tombent. Nos trois
intellectuels dénoncent un éventuel extrémisme en Egypte mais
soutiennent celui au pouvoir en Israël. Ils critiquent l’absence
de démocratie dans le monde arabe mais s’émeuvent dès qu’elle
est en marche. Leur priorité n’est pas la démocratie mais la
docilité à l’égard d’Israël, fut-il gouverné avec l’extrême
droite. »

Voila pour aujourd’hui, vous repassez quand vous voulez, « les cénobites tranquilles » sont ouverts tous les jours. Près de 15 000 visiteurs m’ont déjà fait la joie de franchir le seuil de l’ermitage, ce qui ne va pas sans titiller mon égo. Allez, portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !

 

DANS L’ACTUALITE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
du bunga -bunga et des pâtes al dente réunis, bonjour !


Et
bien voilà, on n’a pas le temps d’y croire, on blogue, on blogue et
on se retrouve le 15 février.

Oui, dans le titre de ce billet
j’évoque l’Italie car j’avoue que les manifs des femmes italiennes
contre le cavaliere qui gouverne leur pays a un côté « comédia
d’el arte » qui n’existe qu’au pays de Pasolini. De Palerme à
Venise en passant par Rome, des centaines de milliers d’italiennes se
sont rassemblées hier pour dénoncer les moeurs du chef du
gouvernement et l’image d’indécence qu’il donne de leur pays. En
Tunisie et en Egypte, le mot d’ordre des manifestants était
« dégage », les transalpines (oui, bon…) l’ont traduit
par « Basta ! ». Ce sont les révélations d’une jeune
effeuilleuse de 17 ans qui sont à l’origine de ce que les médias
appelle le « Ruby gate ». Berlusconi l’aurait fait
libérer d’un commissariat arguant du fait qu’elle était parente de
Hosni Moubarak. La jeune fille ne va pas se faire prier pour raconter
ses liens avec le président du Conseil. Selon Ruby, le «bunga
bunga» est une expression décrivant un jeu érotique enseigné à
Berlusconi par le colonel Kadhafi qui le pratique avec son «harem
africain». Et tout cela sous les fenêtres de Benoist le seizième…

Mais
l’actualité est décidément pleine de surprises, tenez, prenez les
tunisiens qui viennent de se débarrasser de Ben Ali. Et bien
aujourd’hui ils débarquent par milliers sur l’île italienne de
Lampedusa, attirés sans doute par les perspectives d’un bunga bunga
géant style apéro Facebook. A moins que ce ne soient les anciens
sbires du dictateur qui tentent de se refaire la cerise en Europe.
Allez savoir, madame Michu, les gens ne sont jamais contents de leur sort. Il sont capables de nous dire: la démocratie c’est bien mais du boulot c’est mieux…


En
Egypte
, L’armée à commencé à faire le ménage. Le Conseil suprême
(ça me rappelle le Soviet suprême) formé d’une vingtaine de
généraux vient de décider la dissolution de l’assemblée du
peuple. Encore un effort avant qu’ils ne décident de dissoudre le
peuple. Pendant la période de  transition, le Conseil a indiqué
qu’il gouvernerait par décrets et que son chef, le maréchal
Tantaoui était chargé de le représenter, aie ! On le voit ici en compagnie de son ami de trente ans, Moubarak. Apparemment ils viennent d’apercevoir un éclair de liberté et n’en croient pas leurs yeux. Je sais pas pour vous mais moi, je la sens pas trop la transition…

Allez, les prochains sur la liste c’est Bouteflika puis le roi du Maroc. A ce moment là ils seront assez nombreux pour se taper le carton au club des anciens dictateurs dans une luxueuse villa d’Arabie Saoudite.

En attendant portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !


ILS ONT VOTE ET PUIS APRES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour !

Au train où vont les choses nous allons nous retrouver en mars sans y prendre garde. Pour l’heure nous voici le 4 février sauf pour nos amis républicains pour qui ce jour était le 16è de pluviôse dédié au buis.

Dans l’actualité, des choses amusantes et d’autres beaucoup moins réjouissantes. De l’autre côté de la Méditerranée, ça branle dans le manche, ça a craqué en Tunisie, ça tremble en Egypte, ça frémi en Algérie, ça bouge en Jordanie, au Yémen, au Maroc et même en Syrie… Je me garderais bien d’oser une analyse globale sur tous ces évènements, étant d’un naturel pessimiste quand aux capacités des peuples à faire le « bon » choix. Je me souviens encore de notre joie à la chute de Mohammad Reza Palhavi, alias le dernier shah d’Iran, et de notre déconvenue lorsque les barbus sont sortis de l’ombre. Loin de moi l’idée de jouer les Cassandre et mon voeu le plus cher est que l’histoire ne se répète pas.

Tiens, à propos de prédiction, Maître Aliboron ne s’était pas trompé lui et c’est bien Nolwenn Leroy qui a décroché la timbale du grand prix du disque du « Télégramme de Brest »…Il est vrai que c’est « le public » qui votait. Dans ces cas là, on n’ose pas dire « le peuple » et pourtant, c’est la même opinion publique qui après le meurtre de la jeune fille en Loire-atlantique, réclamera la peine de mort pour les récidivistes. La même qui vote pour Miss France comme elle vote pour Sarko. Cette opinion là représente à elle seule les trois singes de la philosophie orientale: ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire… Elle laisse parler les experts qui à longueur d’émissions lui disent « ce qu’il convient de penser de la situation »; les éditocrates qui ont un avis sur tout et surtout un avis. Ils sont interchangeables comme les chemises de l’archiduchesse. Olivennes quitte le nouvel Obs, Julliard est parti à Marianne, Demorand quitte Europe pour remplacer Joffrin à Libé qui lui va remplacer Olivennes à l’Obs, et la liste pourrait se prolonger. L’opinion publique n’est ni de droite ni de gauche, ni Vichy ni Londres, ni collabo ni résistance, ni Hollande ni Ségo, ni dessert ni fromage, ni thé ni café. Elle est là, c’est tout. Elle porte l’actualité autant que l’actualité la porte, soumise aux vents les plus forts c’est à dire au « politiquement correct ». Aujourd’hui, il est correct de soutenir les peuples du Proche et du Moyen-orient (sauf les palestiniens) comme hier il était correct de soutenir Ben Ali et consorts, remparts contre l’islamisme. Comme « ils » ont soutenu Pinochet ou Franco face au péril bolchevique. L’opinion publique a toujours préféré la peste au choléra…Je hais l’opinion publique !

Et ben dis donc, le cénobite n’a pas pris ses cachets ce matin ? Le voici encore en train de vitupérer contre l’espèce humaine; celle la même qui est capable de produire des poètes comme Pierre QUILLARD,(à gauche, son portrait par Félix Valloton) décédé à Neuilly (oui, oui, Neuilly) un 4 février en 1912, anarchiste et Dreyfusard et qui nous a laissé ceci:

Âme riche de nuit, d’étoiles et de rêves
Qui puisas des trésors aux urnes d’un tombeau
N’abandonneras-tu jamais tes blêmes grèves
Pour cette ville en fleurs sous le printemps nouveau ?

Âme riche de nuit, mon âme, tu recèles
Assez d’astres perdus et de soleils éteints :
Viens connaître la chair et les lèvres de celles
Qui tendent leurs seins nus aux pourpres des matins…

Allez, merci d’être passé, portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !

BEN ALI ET LES 40 VOLEURS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la liberté sacrée et de la
saucisse de Molène réunies, bonjour !


Le 17 décembre, Mohamed Bouazizi,
un vendeur ambulant de 26 ans, s’est aspergé d’essence et a tenté
de s’immoler par le feu devant la préfecture, nous sommes à Sidi
Bouzid en Tunisie. La police municipale venait de lui confisquer sa
charrette de fruits et légumes parce qu’il n’avait pas les
autorisations nécessaires. La charrette confisquée était le seul
gagne-pain du jeune homme, diplômé mais chômeur. Cet incident est
devenu un symbole pour les jeunes chômeurs diplômés, qui ont
manifesté dans la région de Sidi Bouzid dès le 19 décembre contre
le chômage et la vie chère. Le jeune homme de 26 ans est mort le 4
janvier.


41 ans se sont écoulés depuis le 16
janvier 1969
, lorsque, en haut de la place Venceslas, à Prague,
l’étudiant en histoire de la faculté de Lettres Jan Palach,
âgé alors de 21 ans, s’est immolé par le feu en signe de
protestation contre l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’armée
soviétique. Trois jours plus tard il a succombé à ses brûlures.
Ses obsèques, le 25 janvier, se sont transformées en une
manifestation pour la liberté. Les hasards de la vie ont fait que je
me trouve  à Prague à cette époque et que, un an plus tôt
je rencontre ce jeune étudiant. Il s’était évertué à
m’éclairer sur la vraie figure du stalinisme et sur la signification de l’expression: socialisme à visage humain.


Deux évènements apparemment
similaires à 40 ans d’intervalle et, en toile de fond, le silence
assourdissant des dirigeants occidentaux. Silence face à l’invasion
soviétique, silence face à la dictature de Ben Ali. Raison d’
État,
réal-politique, et une jeunesse avide de liberté qui préfère la
mort à l’oppression toujours recommencée.

A Prague, d’autres morts ont suivi, en Tunisie aussi…Combien en faudra t-il ? Je ne suis pas sûr en effet que le départ du dictateur Ben Ali soit suffisant pour que le peuple tunisien retrouve sa souveraineté. Il reste en place une bande de margoulins qui ont trempé d’une manière ou d’une autre dans les magouilles de la famille Ben Ali Trabelsi et qui ne sont pas forcément prêts à lâcher les rênes du pouvoir. Ben Ali est parti mais les quarante voleurs sont toujours là…

Pour ne pas rester sur une note par trop tristounette, voici un petit bonus…


Il y a des jours où l’actualité du blogueur n’a rien de réjouissant. Allez, merci de continuer à visiter les cénobites tranquilles, portez vous bien et à demain peut-être.