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Une île…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition celtique et de la vieille (le poisson) au four réunies, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 30 novembre 2017 et on annonce les premiers flocons. Comme le disait mon aïeule, toujours généreuse en termes de dictons: « Neiges de Saint André voient le cénobite se les geler ! ».

Aujourd’hui, les britophones vont célébrer Tugdual, un des sept saints fondateurs de la Bretagne selon la police, beaucoup plus selon les pèlerins. Les historiens n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur le nom lui même, était-ce Tugdual, Tudy, Tutuarn… Allez savoir, en Bretagne c’est bien connu, un saint peut en cacher ile_tristan_en_vue_aerienneun autre. La légende veut qu’il soit venu s’échouer quelque part au fond de l’aber Wrac’h aux alentours du VIè siècle, accompagné de soixante dix de ses potes pour évangéliser l’Armorique. Personnellement j’ai opté pour l’orthographe Tutuarn et je l’installe dans un ermitage sur l’île Tristan qui va donner naissance à Douarnenez, Tutuarn enez, l’île de Tutuarn. Bon d’accord, ça m’arrange, mais ce n’est pas plus incongru que d’en faire un Bigouden du côté de Loctudy. D’ailleurs, familièrement en breton Tugdual est généralement désigné sous le nom de Pabu et le Trégor est parsemé de chapelles qui lui sont dédiées. Cette tradition vient sans doute du fait qu’il est censé avoir été pape (Pabu: le père); alors pourquoi pas Tutuarn. En tout état de cause, il est revenu mourir à Tréguier un 30 novembre 563, j’ai pas retrouvé à quelle heure…

L’île Tristan est connue par ailleurs pour avoir hébergé le tristement célèbre bandit de grands chemins Guy Eder de la Fontenelle. En 1595, il s’installe sur l’île où il loge sa garnison (entre 700 exJean_Richepin_-_La_Chanson_des_gueux.jpg.pagespeed.ic.-IomDdyINOt 800 hommes). Continuant ses pillages, La Fontenelle entasse son trésor sur l’île Tristan des années durant. Capturé puis exécuté au début des années 1600, le pirate laisse derrière lui son trésor et son île. Personne, à l’heure actuelle, n’a pu faire main basse sur ces richesses. Enfin, une autre version de la légende raconte que La Fontenelle aurait, pour tromper ses adversaires, enfouit son trésor dans le vallon du Ris, et que l’on retrouverait encore des petites parcelles d’or dans le ruisseau qui coule jusqu’à la plage. C’est aussi sur cette île que résida le poète Jean Richepin auteur de La chanson des gueux qui lui valut moult déboires et qui débute ainsi:

Venez à moi, claquepatins,
Loqueteux, joueurs de musettes,
Clampins, loupeurs, voyous, catins…
…Je suis du pays dont vous êtes:
Le poète est le Roi des Gueux.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Le saint et la galoche…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la grande Catherine et de la bande à Bonnot réunies, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 11 Mai 2016, 22è jour de Floréal dédié à la fritillaire et, sans me vanter, c’est vrai que j’avais la frite hier, alors 290px-Fritillaria_Meleagris_Kungsangen_2006qu’aujourd’hui, c’est moins flagrant. Les fritillaires (genre Fritillaria), couramment appelées goganes dans l’Ouest de la France, sont des plantes herbacées vivaces appartenant à la famille des Liliaceae sensu sticto. Le genre comprend quelque 120 espèces d’Europe, d’Asie et de l’Ouest américain. On rencontre beaucoup d’espèces endémiques, notamment en Grèce, dans les Balkans et en Asie Mineure. La plupart poussent dans les rocailles, les pentes rocheuses, les prairies sèches et les broussailles.

En Bretagne certains vont célébrer les Tudi: On dit qu’il fit un séjour sur l’île de Groix vers 534 mais, vous savez ce que c’est, l’île de Groix, à part Ti Beudeff… Il revint donc sur le continent en pays Bigouden. Plusieurs localités de Bretagne ( l’île Tudy,  Loctudy et Port-Tudi, sur l’île de Groix) perpétuent sa mémoire et le célèbrent encore, ce qui est la saint-tudy-ile-tudypreuve qu’il a marqué son époque en Cornouaille, même si sa vie ne nous est pratiquement pas connue. Il aurait été le disciple de saint Guénolé et le collaborateur de saint Corentin. En missionnaire actif, Tudy, nommé aussi Tugdual ou Tual, fonda des établissements monastiques sur de nombreuses îles et à l’embouchure des rivières d’Armorique et de la Cornouailles. D’après la légende, Tudy, Tual et Vennec étaient trois amis, trois moines qui auraient débarqué près de la pointe de Loctudy. De là, ils entreprennent d’évangéliser les habitants de la région. Mais un dimanche, alors qu’ils s’entraînent à la galoche, une dispute s’élève entre les partenaires au sujet de leur territoire d’action. Finalement ils se mettent d’accord pour trancher leur différend à la galoche, chacun d’eux promettant de choisir l’endroit où tomberait son palet pour y exercer son ministère. Tudy, l’aîné des trois, jette son disque d’acier sur l’île qui porte désormais son nom. Vennec joue à son tour et balance avec force son palet par-dessus l’île pour atteindre le lieu appelé Saint-Vennec, ou La Clarté. Tual imite le discobole et dans un effort surhumain lance sa pièce vers les cieux, où elle disparaît avant de retomber en plein centre de Combrit, dont il devient le patron. Oui, bon d’accord, tout le monde ne connait pas la galoche bigoudène. Je vous mets une petite vidéo et vous saurez tout sur le lipar si vous arrivez à suivre .

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Par tous les saints…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire bretonne et du kig ha farz réunis, bonjour !  Nous sommes le mardi 17 décembre 2013, 27è jour de Frimaire dédié au liège. D’autres calendriers que le républicain indiquent ce jour comme celui de la saint Briac. Il s’agit là d’un des éponymes les plus répandus de Bretagne. En premier lieu la commune de Bourbriac située dans les Côtes d’Armor (22) au sein de laquelle, en son église plus précisément, se trouve le tombeau (vide) de ce disciple de Tugdual et venu d’outre-manche au 6ème siècle. Mais aussi, St-Briac en Ille-et-Vilaine ainsi que Lanbriac dans le Finistère.

Originaire d’Ulster, Briac vient en Galles suivre l’enseignement de Tudwal dans son monastère. Deux ans plus tard, il suit son maître en Armorique, avec Rivelin, Laouenan et Kireg entre 214autres. La légende raconte qu’ils furent environ soixante dix. D’un certain côté on comprend qu’il fallait remplir le car pour diminuer les frais… Le groupe accoste à Kermorvan, près du Conquet (29), où Tudwal fonde le monastère de Lambabu, l’actuel Trébabu (29), puis se dirige vers le Trégor. Là, Briag reçoit les terres de Deroc, prince de la Domnonée . Avec son accord, il bâtit un monastère non loin du château, aujourd’hui la vieille motte de Coz-Castel en Bourbriac (22). Son territoire monastique portera le nom de Minihy Briac, qui correspond à l’actuel Bourbriac. Puis il se retire dans un ermitage à Penity-Briac, avant de partir pour Rome.

Il meurt en son monastère en 627 non sans avoir délivré de leur folie de nombreux pèlerins qui se pressaient devant son tombeau ; ceux-ci séjournaient dans une cellule proche, aux fenêtres barrées, et suivaient la messe. Son monastère aurait été brûlé par les Normands en 878, mais son tombeau et ses reliques furent préservés. Le saint est représenté, dans l’église paroissiale de Bourbriac en abbé, portant un long vêtement avec cagoule, recouvert d’un surplis ; à ses pieds gît un chien. Oyez plutôt ce qu’en dit Albert Le Grand dans Vies des saints de la Bretagne Armorique par Albert le Grand (1636): « Briac, ayant tombeau-de-saint-briac-bourbriacreceu l’habit, commença à mener une vie si exemplaire & religieuse, que les autres Novices le regardoient comme un modele d’un parfait Religieux. Il cherissoit surtout l’humilité, laquelle paroissoit en toutes ses actions ; ses habits estoient pauvres & de viles estoffes ; il se plaisoit aux offices les plus humbles, à balayer le Monastere & en oster les immondices ; il ne mangeoit que du pain sec avec du sel, beuvoit de l’eau froide, que rarement il trempoit d’un peu de vin, pour la colorer seulement ; il jeusnoit estroitement les jeûnes de la Regle, dormoit sur la dure, employant la meilleure part de la nuit à la priere & aux études des saintes Lettres. L’an revolu, il fit Profession, &, peu aprés, fut envoyé vers l’Evesque Diocesain, duquel il receut les Ordres jusqu’à la Prestrisce inclusivement, non sans repugnance de son costé, son humilité luy faisant 006croire qu’il estoit indigne de cette dignité. Neanmoins, il fit joug à l’obëissance & se laissa ordonner Prestre, chanta sa Messe avec une singuliere devotion & consolation de son Ame. » (…) » L’an 1591 la ville de Guengamp (qui n’est qu’à deux lieuës de Boul-Briac) ayant esté blocquée par l’armée royale, conduite par le prince de Dombes, la Vigile de l’Ascension, on obmit, cette anée-là, à faire la Procession accoûtumée & porter les Reliques du Saint, à cause des compagnies de soldats qui tenoient la campagne ; neanmoins, il se trouva un bon Prestre, lequel, la Vesprée du même jour, alla, par devotion, tout seul faire la Procession ; &, bien qu’il rencontrast des bandes de soldats, jamais aucun ne luy fit mal, même ne luy demanderent pas Qui vive &, ce qui est plus admirable, il trouva les fossez rompus & les champs ouverts, battus & frayez, comme si la Procession y eust esté à son ordinaire, ce qu’ayant recité aux autres Prestres, ils y allerent & virent la mesme chose ; & cecy m’a esté attesté par personnes dignes de foy l’an 1631 au mois de may, que je fus à Boul-Briac rechercher cette histoire, lesquels m’asseurerent qu’il y avoit encore plus de quarante personnes vivantes en la Paroisse qui avoient esté témoins oculaire de cette merveille. »

Voilà pour notre rubrique « y’a pas que des anars en Bretagne ». Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La sainte et le baron…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 23 juillet, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton). C’est aussi, la sainte Sève au nom aussi énigmatique que la vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte…

En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Santsegne (XIè siècle), Sentseguot(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant…

Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de sainte Koupaia (Pompée), sœur de saint Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisée, sœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II.

Albert le Grand de Morlaix (1637) raconte que son saint frère Tugdual

parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, plusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530.

Sainte Sève est la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven (située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant, je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps.) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle, dont j’ai déjà parlé ici.

Tout à fait autre chose.

Amis sportifs, vous en aviez ras le bob Ricard de tour de France de la seringue; voici les JO de Pierre de Fredy de Coubertin, baron de son état. C’est à lui que l’on doit cette magnifique affirmation:   »le seul véritable héros olympique est le mâle individuel, une olympiade femelle est impensable, elle serait impraticable, inesthétique et incorrecte. » in: pédagogie sportive 1922.

Bref, un grand progressiste qui applaudirait certainement devant les sprinteuses voilées et les marathoniens qui refusent de s’alimenter durant l’épreuve because ramadan.

Allez, c’est assez pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

J’AI RENCONTRE St TUGDUAL…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition celtique et de la vieille au four réunies, bonjour !


Nous sommes le 30 novembre et la neige a fait son apparition depuis quelques jours. Comme le disait mon aïeule, toujours généreuse en termes de dictons: « Neiges de Saint André voient le cénobite se les geler ! »


Aujourd’hui, les britophones vont célébrer Tugdual, un des sept saints fondateurs de la Bretagne selon la police, beaucoup plus selon les pèlerins. Les historiens n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur le nom lui même, était-ce Tugdual, Tudy, Tutuarn…Allez savoir, en Bretagne c’est bien connu, un saint peut en cacher un autre. La légende veut qu’il soit venu s’échouer quelque part au fond de l’aber Wrac’h aux alentours du VIè siècle, accompagné de soixante dix de ses potes pour évangéliser l’Armorique. Personnellement j’ai opté pour l’orthographe Tutuarn et je l’installe dans un ermitage sur l’île Tristan qui va donner naissance à Douarnenez, Tutuarn enez, l’île de Tutuarn. Bon d’accord, ça m’arrange, mais ce n’est pas plus incongru que d’en faire un Bigouden du côté de Loctudy. D’ailleurs, familièrement en breton Tugdual est généralement désigné sous le nom de Pabu et le Trégor est parsemé de chapelles qui lui sont dédiées. Cette tradition vient sans doute du fait qu’il est censé avoir été pape (Pabu: le père); alors pourquoi pas Tutuarn. En tout état de cause, il est revenu mourir à Tréguier un 30 novembre 563, j’ai pas retrouvé à quelle heure…

Et puis tiens, maintenant qu’on se connaît un peu, je vais vous raconter une anecdote personnelle. Dans les années soixante, un cousin (à la mode de Bretagne) s’était mis en tête de se convertir à la religion orthodoxe Celte (si, si, ça existe). Apprenant que je devais effectuer un voyage dans ce qu’on appelait encore la Tchécoslovaquie, il me demanda de lui rapporter un ouvrage d’art ayant trait aux icônes. Quelques mois plus tard, m’étant acquitté de cette tâche, je retrouvais mon cousin pope en compagnie d’un anachorète qu’il me présentât comme son « évêque ». Celui-ci s’était semble t-il installé dans les années 50, dans le bois Juhel sur la commune de Saint Dolay (dans le Morbihan – près de La Roche-Bernard). De son vrai nom Jean-Pierre Danyel,il voulait restaurer la spiritualité du monachisme celtique et la tradition des évêques-abbés. C’est dans ce but qu’il fut sacré évêque de l’église orthodoxe celtique et prit le nom de Tugdual. (A gauche, une icone réalisée à partir de la photo de Tugdual que l’on voit à droite.)

Cette consécration fut célébrée par Mgr Irénée d’Eschevannes, évêque et futur patriarche de l’Eglise Gallicane en 1957. Le brave homme devait décédé quelques semaines après notre rencontre en août 1968, à l’âge de 51 ans. Avant de mourir il prophétisa que dix ans après sa mort des moines viendraient relever son ermitage. Et en effet, une communauté de moines d’esprit celtique a reconstruit la chapelle qui est maintenant une superbe église en bois. Les adeptes de cette église, devant les bienfaits réalisés par le bonhomme, en on fait un saint. Je peux donc dire que j’ai rencontré Saint Tugdual… Etonnant non !


Allez le bonjour vous va, portez vous bien, ne vous prenez pas au sérieux et à demain peut-être.