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De Gouesnou à Quimperlé, la digue, la digue…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis du club des poètes disparus et du Waterzoï de poulet réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 25 Octobre 2019, quatrième jour de brumaire dédié à la betterave. C’est la St Crépin; ce qui faisait dire à mon aïeule: à la saint Crépin, les mouches voient leur fin. En Bretagne armoricaine, histoire de se faire remarquer, on célèbre Goueznou, saint homme qui a laissé son nom à une commune finistérienne (Gouesnou) à deux pas d’ici.

On prétend en effet, que cette paroisse fut fondée par Goueznou, neuvième évêque du Léon et qu’elle fut donnée à l’abbaye de Saint Georges de Rennes par la duchesse Berthe de Champagne, bien connue dans son canton, veuve du duc Alain, surnommé Barbe-torte, qui mourut à saint-gouesnou Nantes en l’an 952. Autrefois on portait ses reliques (celles de Goueznou) en procession le jour de l’Ascension. L’an 1342, Charles de Blois les porta. En 1417, le duc Jean V, son oncle. En 1455 le duc Pierre II en compagnie du connétable Arthur. Né en Bretagne insulaire, il perd sa mère à l’âge de dix huit ans. Son père Tudon part pour l’Armorique avec ses enfants, Goueznou, sa sœur Tudona et son frère ainé Masien. Ils auraient débarqué près de Brest, peut-être à Landéda. Ah, on savait accueillir les migrants à c’t’époque madame Michu…

Un jour notre bonhomme rencontre le tyran Conomor; celui-ci lui promet  « autant de terre qu’il pourrait clore de fossez en un jour ; le saint accepta le don et ayant mandé à son frère qu’il vînt à son aide, il prit une fourche et, la traînant par terre, il marcha environ deux lieues de Bretagne en quarré et à mesure qu’il traînait fontaine gouesnouce bâton fourché, la terre, chose étrange, se levait de part et d’autre et formait un gros fossé qui servait pour séparer les terres qui luy avaient esté données de celles du seigneur fondateur, lequel enclos est toujours tenu en telle révérence qu’autrefois il servait d’azile et de lieu de refuge aux malfaiteurs. » Ainsi naquit son Minihi. Au jour de l’Ascension, la reconnaissance de ce territoire donne lieu à une troménie (du breton tro-minihi « tour du minihi ») longue de quelques dix-huit kilomètres. A la mort de Houarzon, évêque du Léon, Goueznoù lui succède; il dirigera le diocèse pendant trente-quatre ans, jusqu’à sa mort, survenue accidentellement au cours d’une visite rendue à son ami Corbasius à Quimperlé. Accident de char sans doute, la route de Quimperlé est très piégeuse.

Bon et bien maintenant, vous savez tout… Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Tous les paresseux ne sont pas des fainéants…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’histoire bretonne et de la randonnée pédestre réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi premier jour de juin 2015 mais 13è jour de Prairial dédié au Pois. En Bretagne on célèbre (ou pas) les Ronan, ce qui, convenez-en, n’a strictement rien à voir… Il pleut sur Brest ma chère Barbara et 220px-Braised_Hearts_of_Lettuce_with_Green_Peasje n’ai guère l’âme travailleuse. Comme de coutume dans ces cas là «bis pepetitat placent» je fais comme la télé: rediffusion. Mon aïeule, qui avait une vision toute particulière de la pédagogie, attendait toujours les soirs d’hiver noirs et orageux pour nous conter l’histoire de « la Kében de Lokorn » et de Ronan. Cette légende retranscrit typiquement la lutte d’influence que se livrèrent la religion chrétienne, catholique et romaine et la vieille et très ancienne tradition druidique sur la terre armoricaine.  Je ne résiste pas au plaisir de vous la narrer à mon tour.

Or donc, Ronan, copain comme cochon avec Patrick quitta sa terre d’outre-Manche pour s’installer en Armorique et plus précisément dans le bois de Névet, non loin de Quimper. Il vivait là en anachorète seulement assisté de temps à autre par un brave fermier. La femme de celui-ci Kében (qui dit-on fricotait avec le Diable, qui lui, avait sa résidence au Juch), Keben gauchedénonça le saint homme l’accusant de sorcellerie et d’avoir fait mourir sa fille. Voici ce qu’en dit Albert le Grand (1636) « Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan. »

Vous imaginez la suite, le saint, en deux temps, trois mouvements et un signe de croix ressuscita la fille, pardonna à la mère et se retira dans sa forêt avec la bénédiction du roi Gradlon. A sa mort, pour savoir où l’enterrer, on mit son retour-du-corps-de-saint-ronan-locronan-228x300cercueil sur une charrette tirée par deux bœufs, et on les laissa aller. Sur le chemin la charrette rencontra Kében, qui lavait des vêtements, elle en profita pour se moquer du saint. Alors la terre s’ouvrit et aspira Kében dans les flammes et la fumée dans un lieu désormais dénommé « la tombe de Kében ». Il est quand même ajouté que Kében brisa la corne d’un buffle du convoi funéraire et la corne tomba en haut de la montagne en un lieu qui existe encore et désigné comme : Plas-ar-Horn, la place de la Corne.

Depuis, on fête saint Ronan en la commune à qui il a donné son nom Locronan: Sa fête fait l’objet d’un pèlerinage  en juillet de chaque année. Ce jour-là, en mémoire du saint, les fidèles en procession font le tour des limites de l’ancien prieurétal-ar-variken-5WEB bénédictin fondé au XIe siècle et qui était lieu d’asile (minic’hi en breton). Cette procession est appelée la « troménie », (du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée). J‘ai souvenance d’un estaminet (photos ci-dessus) sis à l’entrée de Locronan et qui s’appelait « Tal ar varrikenn » et dont le patron, après quelques verres de chouchenn, faisait semblant de se faire prier pour raconter (en breton) l’histoire de la Kében. Je crois bien qu’ils n’existent plus, ni le bistrot ni son patron.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Keben Lokorn…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS, TRADITION

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Amis de l’histoire bretonne et de la randonnée pédestre réunies, bonjour !

Nous sommes le vendredi 1er juin, 13è jour de Prairial dédié au Pois. En Bretagne on célèbre (ou pas) les Ronan, ce qui, convenez-en, n’a strictement rien à voir …

Mon aïeule, qui avait une vision toute particulière de la pédagogie, attendait toujours les soirs d’hiver noirs et orageux pour nous conter l’histoire de « la Kében de Lokorn » et de Ronan. Ce dernier, copain comme cochon avec Patrick quitta sa terre d’outre-Manche
pour s’installer en Armorique et plus précisément dans le bois de Névet, non loin de
Quimper. Il vivait là en anachorète seulement assisté de temps à autre par un brave fermier. la femme de celui-ci « Kében« , qui dit-on fricotait avec le Diable, qui lui, avait sa résidence au Juch, dénonça le saint homme l’accusant de sorcellerie et d’avoir fait mourir sa fille. Voici ce qu’en dit Albert le Grand (1636) « Les yeux chassieux de quelques Chrêtiens débauchez, ne pouvans supporter l’éclat des vertus dont l’Ame de saint Ronan estoit ornée, l’accuserent malicieusement & à tort devant le Roy Grallon (lequel estoit lors à Kemper), le calomniant d’estre Sorcier & Negromantien, faisant comme les anciens Lycantrophes qui, par magie & art diabloique, se transformoient en bestes brutes, courroient le garou & causoient mille maux par le Païs. L’Enfant d’une femme du voisné estant mort, ils persuaderent à la mere du defunt que le Saint, par ses sorcelleries, avoit tué son fils & l’amenerent à Kemper, où, en presence du Roy & de toute la Cour, elle demanda justice de saint Ronan. »

Vous imaginez la suite, le saint, en deux temps, trois mouvements et un signe de croix ressuscita la fille, pardonna à la mère et se retira dans sa forêt avec la bénédiction du roi Gradlon. A sa mort, pour savoir où l’enterrer, on mit son cercueil sur une charrette tirée par deux bœufs, et on les laissa aller. Sur le chemin la charrette rencontra Kében, qui lavait des vêtements, elle en profita pour se moquer du saint. Alors la terre s’ouvrit et aspira Kében dans les flammes et la fumée dans un lieu désormais dénommé « la tombe de Kében ». Il est quand même ajouté que Kében brisa la corne d’un buffle du convoi funéraire et la corne tomba en haut de la montagne en un lieu qui existe encore et désigné comme : Plas-ar-Horn, la place de la Corne. Depuis, on fête saint Ronan en la commune à qui il a donné son nom Locronan: Sa fête fait l’objet d’un pèlerinage  en juillet de chaque année. Ce jour-là, en mémoire du saint, les fidèles en procession font le tour des limites de l’ancien prieuré bénédictin fondé au XIe siècle et qui était lieu d’asile (minic’hi en breton). Cette procession est appelée la « troménie », (du breton tro-minic’hi, le tour de l’enceinte sacrée). Tous les six ans a lieu la grande troménie (12Km)…

J‘ai souvenance d’un estaminet qui s’appelait « Tal ar variken » et dont le patron, après quelques verres de chouchenn, se plaisait à raconter l’histoire de la Kében.

Allez, voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.