Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Triolet”

Page 1 de 1

Le poète à souvent raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , , , , ,

Amis de l’hypotypose et du merlan frit réunis, bonjour! Nous sommes le dimanche 19 janvier 2014, 30è et dernier jour de nivôse dans le calendrier républicain, officiellement dédié au Crible. Passer au crible ou au tamis est devenu très tôt une métaphore pour désigner un examen sévère, qui « sépare le bon grain de l’ivraie ». L’apologue des trois tamis de Socrate nous rappelle la nécessité de réfléchir avant de la ramener et, beaucoup de blogueur devraient s’en inspirer. Demain débute pluviôse mais, sans attendre, il pleut sur Brest, étonnant, non !

Allez, saluons un gars d’chez nous: Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren) c’est à dire à proximité de Rostrenen dans le Finistère. Traducteur, écrivain et poète libertaire. Passionné par 72005178_pl’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant des rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels. Ecoutons Michel Ragon nous parler de Robin au cours d’une émission de France Culture, « la fabrique de l’histoire » en 2011:

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.


Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du commissaire.

Il revenait volontiers à Rostrenen où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian 72006187_pGautier l’ont croisé. Et lui de dire : « En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré »… Et, ailleurs: « Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue« .  Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables. Cette édition établie par Jean Bescond (voir le site ) et présentée par Anne-Marie Lilti vaut par sa cohérence, réunissant un ensemble de textes, articles et traductions qui parurent pour l’essentiel dans les revues et éditions anarchistes de 1945 à 1955. Chez Jean-Paul Rocher éditeur.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

POUR LES YEUX D’ELSA…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , , ,

Écrire c’est une façon de parler sans être interrompu disait Jules Renard. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Louis Aragon. Au delà de ses engagements politiques, de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, il nous lègue des textes d’une telle beauté, surtout quand ils sont porté par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu’il mérite bien ce petit hommage.

Fils illégitime d’une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre, Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu’avant son départ pour le front. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l’écriture, sous toutes ses formes.
Il rencontre en 1928 un jeune écrivain russe, Elsa Triolet, dont il ne se séparera plus. Il devient simple journaliste à
L’Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d’Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l’union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d’un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s’est guère estompé depuis.

Voila, je vous souhaite de passer d’excellentes fêtes de fin d’année, n’hésitez pas à abuser des bonnes choses, on ne sais jamais de quoi demain est fait. Portez vous bien et, à demain peut-être.