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Dario Fo: le masque et la plume…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la comedia dell’arte et des farfalle al dente réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 24 mars 2016, lendemain d’attentats et tulipesquatrième jour de germinal dédié à la tulipe mais, malgré cela, je vous surprends devant votre écran alors que la nature s’éveille. Narcisses, primevères et jonquilles décorent les talus, le merle moqueur s’égosille et la bière de mars est en bouteille… Le nom tulipe provient du turc tülbend (lâle), c’est-à-dire « plante-turban » ce qui, j’en suis convaincu vous fait une belle jambe…

Le 24 mars 1926, naissance de Dario FO à San Giano, village de Lombardie au bord du lac Majeur, dans une famille prolétaire de tradition démocratique et antifasciste. Il découvre très jeune le théâtre populaire et la tradition orale, par l’intermédiaire de son grand-père, « fabulatore » connu. Doué en dessin et en peinture ( talent qui lui permettra de dessiner lui-même les affiches de ses spectacles )il commence par étudier l’art et l’architecture à Milan. En 1952, il écrit Dario Fopour la radio ses premiers monologues comiques, intitulés Poer nano, « Pauvre nain ». Il découvre le Piccolo Teatro de Giorgio Strehler, fait ses débuts d’acteur et monte des revues de satire sociale et politique. En 1954, il épouse Franca Rame, fille d’une grande famille de comédiens populaires, qui devient son inséparable partenaire. Ensemble ils reprennent à leur façon des farces traditionnelles et écrivent de grandes comédies où ils fustigent les institutions et les classes dirigeantes tout en déployant une fantaisie débridée. En 1968, ils fondent l’association « Nuova Scena » avec l’aide du PCI, « au services des forces révolutionnaires » et s’éloignent des circuits traditionnels du théâtre.

En 1970, Dario Fo rompt avec le parti communiste et crée, avec ses camarades, un autre collectif théâtral : « La Comune ». Ces années sont celles des grands succès : Mystère Bouffe, en 1969, épopée des opprimés inspirée de la culture médiévale, apporte à Dario Fo une renommée mondiale. Inspiré d’un réel fait divers, en 1970, « mort accidentelle d’un anarchiste » (Morte accidentale di un anarchico) donne avec humour et brio, sa version abracadabrante du cas de l’anarchiste mort accidentelle d'un...Giuseppe PINELLI, dont la garde à vue, à la questure de Milan, s’était soldée par une défenestration mal expliquée; ainsi que « Faut pas payer » en 1974. Elles  sont écrites en liaison, l’une avec la demande de révision du procès de l’anarchiste Guiseppe Pinelli défenestré à Milan, l’autre avec la campagne d’autoréduction des factures en période d’inflation. L’anti-conformisme de Dario Fo, ainsi que son engagement politique et social l’entraînent dans d’innombrables procès et controverses en Italie, avec l’Etat, la police, la télévision, le pape : son émission Canzonissima est censurée ; selon le pape, Mistero buffo offense « les sentiments religieux des Italiens ». En collaboration avec Franca Rame, il écrit une série de monologues inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement.

Artiste hors normes, il reçoit en 1997 le Prix Nobel de Littérature pour avoir « dans la tradition des bateleurs médiévaux, fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés. » Il devient aussi un des premiers Satrapes étrangers du collège de pataphysique en 2001 avec notamment Umberto ECO . L’arrivée du deuxième gouvernement Berlusconi lui a inspiré L’Anomalo Bicefalo, écrit avec Franca Rame. Bref, un théâtreux comme je les aime, dans la lignée de Brecht ou de Vilar !

Allez, c’est sympa d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

 

C’était un p’tit gars qui s’appelait Armand…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’entre-deux et du soufflé au fromage réunis, bonjour! Nous sommes le lundi 26 janvier 2015, 7è jour de pluviôse briquetdédié à l’Amadouvier. C’est une espèce de champignon dont on tirait le fameux amadou. Les plus anciens se souviennent des lampes et briquets à amadou que l’on appelait les briquets tempête et qui faisaient partie du barda militaire à une époque. J’en possédais un mais c’était surtout pour jouer le personnage du vieux breizhou…

Le 26 janvier 1924, naissance de Dante Sauveur Armand GATTI (dit Armand GATTI), à Monaco. Écrivain, cinéaste et dramaturge libertaire, auteur de plus de 40 pièces de théâtre.
Fils d’Augusto Gatti (1893-1939) balayeur anarchiste et d’une franciscaine. Armand fait des études au petit séminaire à gatti_armand_ecCannes, puis au lycée de Monaco d’où il se fait renvoyer. Il prépare son baccalauréat en effectuant des petits boulots parmi lesquels « sous-diacre » et crée sa première troupe de théâtre. En 1942, Armand s’engage dans la résistance et part dans le maquis en Corrèze. Arrêté en 1943, il est condamné à mort à Limoges, mais il est finalement déporté dans un camp de travail en Allemagne, à Lindemann, près de Hambourg, d’où il s’évadera. Il rejoint l’Angleterre, où il s’engage dans un régiment de parachutistes puis participe à la Libération d’Arnheim (Pays-Bas).

En 1945, il entre d’abord comme journaliste au « Parisien Libéré ». Devenu grand reporter, il effectue de nombreux voyages à travers le monde qui l’amènent à rencontrer : Fidel Castro, Ernesto Guevara, où encore Mao Tsé-Toung. Il reçoit le prix « Albert Londres »en 1954, avant de se consacrer au théâtre avec les encouragements de Jean Vilar, et au cinéma. En 1960, il réalise le film « L’Enclos ». En 1962, sa pièce « La vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. » est montée au Théâtre de la Cité de Villeurbanne. En 1963 son film « El otro Cristobal » marker_gatti_vierny_tournage_lettre_de_siberie-cdrreprésente Cuba au festival de Cannes et obtient le prix de la critique. Une partie de son œuvre a pour thème la résistance et la déportation. Sa pièce « La passion du général Franco », écrite en 1965, sera interdite en France en 1968, sous la pression de l’Espagne Franquiste. Ici on le voit en compagnie de Chris Marker à l’occasion de son film Lettre de Sibérie.

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En 1966, il fait la mise en scène de « Chant public devant deux chaises électriques » (Sacco-Vanzetti). En 1969, il s’installe à Berlin où il monte « L’interdiction de la passion du général Franco » qui sera suivie par de nombreuses autres pièces. En 1975, il est de retour en France où il poursuit sa création théâtrale. En 1980, sortie des premières versions de « La Parole errante » confrontation des trajets de tous les Gatti ayant existé, avec l’histoire, l’utopie et l’écriture. En 1983, à armand_gattiToulouse, il prend (pour trois ans) la direction de « L’Atelier de création populaire, l’Archéoptéryx ». En 1986, au Théâtre du Monument National à Montréal (Canada), il réalise la mise en scène de son texte « Opéra avec titre long », puis il dirige l’écriture de « Ulrike Meinhof » à Vienne (Autriche). En 1987, il installe, avec sa compagne Hélène Chatelain, « La Parole Errante » à Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui devient un centre international de création. A noter qu’Hélène Chatelain qui est aussi cinéaste, comédienne, écrivaine et traductrice a réalisé un film sur Makhno en Ukraine « Nestor Makhno, un paysan d’Ukraine » (1995). Gatti joue son propre rôle dans le film d’Agnès Varda: Salut les cubains. extrait vidéo ci-dessus.
Armand Gatti a reçu de nombreux prix et distinctions pour son œuvre impressionnante. Une bibliothèque de théâtre porte son nom à La Seyne-sur-Mer. Sources:

Allez, merci encore de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Une grande voix…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la planète enchantée et du bacalao réunis, bonjour! Nous sommes le mercredi 17 décembre 2014, c’est le 27è jour chêne liègede frimaire dédié au Liège. Je me souviens avoir marché dans les grandes forêts de chêne-liège au Portugal du côté de Setubal… En ces temps là, la tempête Salazar s’était calmée elle aussi; les œillets fleurissaient les canons, les jeunes capitaines faisaient danser les filles, le fado résonnait dans l’Alfama, tous les espoirs étaient permis. C’était avant, bien avant…
Cette année là, on découvrait une grande dame qui jouait Ubu à l’opéra d’après Jarry au festival d’Avignon, dans une mise en scène de Georges Wilson. Elle s’appelait Anna Prucnal. Anna Prucnal est née le 17 décembre 1940 à Varsovie, Pologne. C’est une actrice et chanteuse française d’origine polonaise. Son père, chirurgien d’origine paysanne, juif et tzigane, fut assassiné par les nazis. Sa mère, de grande noblesse, Prucnaldescendante de Stanislas Leszczyński, élève donc seule ses deux filles. Après des études de piano et de chant lyrique, Anna Prucnal commence sa carrière d’actrice au Théâtre Satirique Étudiant (STS), foyer de contestation intellectuelle à Varsovie. À vingt-deux ans elle débute au cinéma, et devient tout de suite populaire. Arrivée en France à trente ans par amour pour Jean Mailland et enceinte de son fils Pierre, elle entame une seconde carrière essentiellement théâtrale dont beaucoup de pièces de Bertolt Brecht. « …Alors, elle se met en route. Et depuis, elle joue, écrit, chante, vibre en cinq continents. Avide, assoiffée, insatiable, elle explore, recherche… Anna rit. Anna pleure. Vivre. Survivre. Passionnément. Et puis, il y aura Jean. Et puis, il y aura Piotr. Anna Amoureuse, Anna Mère. Mais par dessus tout, Anna Femme. Infiniment… Elle nous offre ses blessures, ses cris, ses joies, son étoile à mille branches, avec une générosité grande comme ce monde qu’elle arpente, gourmande. Elle, l’épouse d’un instant. »

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À chaque rencontre avec le public, c’est le prodige: elle se livre, se délivre, se donne, entière, comme si c’était la pour première et pour la dernière fois. Anna Aujourd’hui. Plus que jamais. Anna La Vie. Elle travaille avec des metteurs en scène importants comme : Jorge Lavelli, Georges Wilson, Roger Planchon, Jean-Louis Barrault, Marc’O, Petrika Ionesco, Lucian Pintilie, Jacques Lassalle… Elle tourne aussi dans plusieurs films dont « Sweet Movie » de Dušan Makavejev, film qui la cité 2provoquera son interdiction en Pologne pendant quinze ans.
En 1978 elle commence une nouvelle carrière en tant que chanteuse, son récital Rêve d’Ouest-Rêve d’Est la fait connaître du grand public, d’abord à Paris au théâtre de la Ville puis en Belgique au théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, où elle est accompagnée aux pianos par Oswald et Nicole d’Andrea, dans une direction artistique du belge Marc Lerchs.
À l’Olympia de Paris, elle reçoit alors le « Premier Prix à la Vocation Artistique » décerné par le Club des Onze, une association créée par Bruno Coquatrix et composée de personnalités du monde artistique dont Jean Wiener et Georges Auric. Elle tourne dans La Cité des Femmes de Federico Fellini en 1980. Ses spectacles font le tour du monde, et elle pourra enfin retourner à Varsovie en 1989… pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française. En 2002, elle a écrit un livre de souvenirs Moi qui suis née à Varsovie. En 2014, elle est Chevalier des Arts et des Lettres.Sources:ICI et ICI

Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Au théâtre ce soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la flûte enchantée et de la miche de cinq livres réunies, bonjour ! Nous sommes le jeudi 20 mars 2014, ce trentième et dernier jour de ventôse est dédié au plantoir. C’est sans doute l’équinoxe de printemps et demain c’est la journée mondiale de la poésie, proclamée par la conférence générale de l’ONU, en 1999. De la poésie au théâtre il n’y a qu’un petit pas que je franchis allègrement pour évoquer  aujourd’hui un théâtreux venu du froid.

Vous le savez (peut-être) j’aime la Scandinavie en général et la Norvège en particulier. J’ai du être viking dans une vie antérieure… Cette introduction pour vous parler de Henrik IBSEN, né un 20 mars en 1928 à Skien en Norvège. 220px-Schaarwächter_Henrik_Ibsen_croppedApothicaire, Henrik Ibsen ne tarde pas à quitter le laboratoire où il s’ennuie et à écrire deux drames historiques, Catilina et Le Tertre du guerrier. Ses pièces seront longtemps refusées à Christiana (Oslo). En 1864, il quitte la Norvège et voyage en Europe. Après avoir été instructeur au théâtre de Bergen, il part à Copenhague où des rencontres philosophiques et artistiques alimentent son œuvre : Dame Inger d’Ostraat, La Fête à Solhaug… L’allemand Herbert Fritsch a réalisé une mise en scène absolument inégalée de la pièce Une maison de poupée dont on voit un extrait ci-après.

 

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Le théâtre d’Oslo dont il devient directeur à son retour en Norvège fait faillite, il part alors en Europe et développe de nouveaux grands thèmes comme celui de la défense de l’individualisme. Après ses pièces traditionnelles, il n’écrira plus que des drames contemporains où il décrit les tares de la société bourgeoise et l’affrontement entre l’individu et la 53356001_p« majorité compacte » : L’ Union des jeunes, Une maison de poupée, dont le rôle de Nora, la joyeuse épouse, a été, il y a quelques années, confié à Audrey TAUTOU (malheureusement on dit certains critiques) Le Canard sauvage, Hedda Gabler… Ces pièces, aux personnages denses, expriment, grâce à une profondeur psychologique et symbolique, la position ambiguë de l’auteur : s’il critique la morale traditionnelle et défend l’idée que tout homme détient une passion, la clef du tragique ‘ibsénien’ réside dans le doute, lié à la condition humaine, qui reste infranchissable. Individualiste forcené, il se plaisait à répéter: L’Etat est la malédiction de l’individu… Petit rajout: L’écrivain et dramaturge autrichien handkepeterPeter Handke a reçu le prestigieux prix Ibsen 2014, doté de 2,5 millions de couronnes norvégiennes (environ 300 000 euros). Il succède à Heiner Goebbels (2012), Jon Fosse (2010), Ariane Mnouchkine (2009) et Peter Brook (2008).
Le prix Ibsen récompense un individu, une institution ou une organisation qui a apporté une nouvelle dimension dans le domaine de l’art dramatique ou du théâtre. Il est remis tous les deux ans depuis 2010 et révélé le 20 mars, date anniversaire de la naissance d’Henrik Ibsen. Le prix n’est décerné qu’en septembre, pendant le Festival de théâtre d’Oslo.

A droite, une lithographie de Frank Weddekind. Sources 

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

C’EST PAS FO…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du théâtre et des opprimés réunis, bonjour!

Nous sommes le samedi 24 mars 2012, Dieu est mort depuis longtemps et c’est le quatrième jour de germinal dédié à la tulipe…

 

Le 24 mars 1926, naissance de Dario FO à San Giano, village de Lombardie au bord du lac Majeur, dans une famille prolétaire de tradition démocratique et antifasciste. Il découvre très jeune le théâtre populaire et la tradition orale, par l’intermédiaire de son grand-père, « fabulatore » connu. Doué en dessin et en peinture ( talent qui lui permettra de dessiner lui-même les affiches de ses spectacles )il commence par étudier l’art et l’architecture à Milan.

En 1952, il écrit pour la radio ses premiers monologues comiques, intitulés Poer nano, « Pauvre nain » (ça me fait penser à quelqu’un). Il découvre le Piccolo Teatro de Giorgio Strehler, fait ses débuts d’acteur et monte des revues de satire sociale et politique.

En 1954, il épouse Franca Rame, fille d’une grande famille de comédiens populaires, qui devient son inséparable partenaire. Ensemble ils reprennent à leur façon des farces traditionnelles et écrivent de grandes comédies où ils fustigent les institutions et les classes dirigeantes tout en déployant une fantaisie débridée. En 1968, ils fondent l’association « Nuova Scena » avec l’aide du PCI, « au services des forces révolutionnaires » et s’éloignent des circuits traditionnels du théâtre.

En 1970, Dario Fo rompt avec le parti communiste et crée, avec ses camarades, un autre collectif théâtral : « La Comune ». Ces années sont celles des grands succès : Mystère Bouffe, en 1969, épopée des opprimés inspirée de la culture médiévale, apporte à Dario Fo une renommée mondiale. Inspiré d’un réel fait divers, en 1970, « mort accidentelle d’un anarchiste » (Morte accidentale di un anarchico) donne avec humour et brio, sa version abracadabrante du cas de l’anarchiste Giuseppe PINELLI, dont la garde à vue, à la questure de Milan, s’était soldée par une défenestration mal expliquée (curieusement, Mohamed Merah aussi s’est défenestré à Toulouse); ainsi que « Faut pas payer » en 1974. Elles sont écrites en liaison, l’une avec la demande de révision du procès de l’anarchiste Guiseppe Pinelli défenestré à Milan, l’autre avec la campagne d’autoréduction des factures en période d’inflation.

L’anti-conformisme de Dario Fo, ainsi que son engagement politique et social l’entraînent dans d’innombrables procès et controverses en Italie, avec l’Etat, la police, la télévision, le pape : son émission Canzonissima est censurée ; selon le pape, Mistero buffo offense  » les sentiments religieux des Italiens ». En collaboration avec Franca Rame, il écrit une série de monologues inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement. Dans cette petite vidéo on le voit dans une imitation hilarante de berlusconi.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Artiste hors normes, il reçoit en 1997 le Prix Nobel de Littérature pour avoir « dans la tradition des bateleurs médiévaux, fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés. » Il devient aussi un des premiers Satrapes étrangers du collège de pataphysique en 2001 avec notamment Umberto ECO . L’arrivée du deuxième gouvernement Berlusconi lui a inspiré L’Anomalo Bicefalo, écrit avec Franca Rame. Bref, un théatreux comme je les aime, dans la lignée de Brecht ou de Vilar ! Bon anniversaire donc…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LIBERTE, JE CRIE TON NOM…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la liberté d’expression et du clafoutis aux cerises réunis, bonjour !

Nous sommes le 03 novembre, treizième jour de brumaire dédié au topinambour… Sont-ce les premières gelées, en tout cas, les intégristes, fondamentalistes et intolérants de tous poils fleurissent sur nos trottoirs. Cathos, judéos ou islamos ils entendent imposer leur vision du monde y compris par la menace et la violence.

Comme le théâtre de la Ville à Paris pour une pièce de l’Italien Romeo Castellucci (Sur le concept du visage du fils de Dieu), le théâtre Garonne à Toulouse, est dans le viseur des intégristes de Civitas « Le contenu de ces pièces est anti-chrétien et particulièrement odieux », s’insurge Alain Escada, le secrétaire général de Civitas, proche de la Fraternité Saint-Pie X fondée par Mgr Lefevbre. Le leader de ce mouvement proche de l’extrême droite n’a cependant pas vu le spectacle parisien, « simplement les extraits disponibles sur internet ». Mais à grand coup de manifestations, interruptions de séances et prières sur la scène, les intégristes ont décidé de bouter les pièces « blasphématoires » hors des théâtres français.

Depuis plusieurs jours donc , ils se rassemblent devant le théâtre de la Ville à Paris et sont prêts à agir de même à Toulouse: «Ce sera le 19 novembre. Nous voulons rassembler le maximum de chrétiens pour témoigner de notre indignation », prévient Alain Escada.

L’hebdomadaire satirique « Charlie Hebdo » a quand à lui, été victime, dans la nuit de mardi à mercredi, de deux attaques dont une au cocktail Molotov lancés contre les bâtiments du journal. La cause de ces attentats perpétrés contre l’hebdomadaire serait la couverture du numéro du mercredi 2 novembre, consacrée à l’expansion des fondamentalistes musulmans après les événements du « printemps arabe ». Rebaptisé pour l’occasion « Charia Hebdo« , la couverture de ce numéro spécial met en scène une caricature du prophète Mahomet. Un acte qui avait déjà provoqué la colère des fondamentalistes musulmans en 2005, année où un journal danois avait également dessiné plusieurs caricatures du prophète musulman. En plus de cet incendie criminel, il faut ajouter aux attaques le piratage du site Internet de « Charlie Hebdo » dont la page d’accueil a été remplacée par des écrits du Coran.

Du point de vue laïque, il ne peut exister de « blasphème ». La notion est strictement religieuse. La liberté de conscience implique d’ailleurs la liberté d’expression. C’est donc une question de fond: La Cenequi peux s’arroger le droit de censurer des artistes ? Une liberté de conscience réservée au for intérieur serait un simulacre. Chacun est donc libre de s’exprimer, y compris sur des sujets religieux. Pour les religions monothéistes en revanche la condamnation du blasphème est un thème central depuis un des premiers livres recueillis dans la Bible, le Lévitique : « Si un homme insulte son Dieu, il doit porter le poids de son péché ; ainsi celui qui blasphème le nom du Seigneur sera mis à mort ». Même son de cloche chez les juifs, les chrétiens et les musulmans. La sentence sera régulièrement exécutée au fil des siècles. Fort heureusement, la plupart des croyants modernes se sont écartés de ces conceptions. Mais de récentes affaires ont remis au goût du jour les débats sur ce thème. Pour les laïques, une seule certitude : la liberté de penser est absolue ou elle n’est pas.

En souvenir de Giordano Bruno ou du chevalier de la Barre, je revendique le droit à railler, moquer, éreinter, critiquer, vilipender, toutes les religions. Au nom de la liberté de conscience, je ne me sens pas concerné par la notion de blasphème et je demande aux intégristes de remettre leur fatwa dans leur turban et de me foutre une paix royale…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

UN DANDY PAS MANCHOT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour !

Nous sommes le 16 octobre, vous pouvez encore ne pas voter Hollande, ce jour correspond au 25 de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf.

C‘est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE et j’en profite pour évoquer cette figure de l’anticonformisme libertaire.

Oscar Wilde est né à Dublin en 1854. Il est le fils d’un chirurgien irlandais de réputation internationale. Sa mère, Jane Francesa Elgee, est une poètesse pleine de ferveur nationaliste, qui dans les années 1840, soutient la cause irlandaise face à l’Angleterre. Après des études classiques au Trinity College à Dublin, où déjà il fait preuve d’une forte personnalité et se distingue des autres étudiants par l’extravagance des ses vêtements, Oscar Wilde est admis à l’université d’Oxford. Il a notamment comme professeur John Ruskin, l’un des porte-paroles d’un mouvement culturel qui estime que l’art ne doit être que recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale. Oscar Wilde est un élève brillant et distingué. Il a les cheveux longs, porte des cravates lavallière et orne les boutonnières de ses costumes d’un œillet, d’un lis ou d’un chrysanthème.

Esprit subtil et excentrique, dandy d’une rare élégance, sa célébrité devient grande dans les milieux culturels et aristocratiques londoniens qui accueillent avec ravissement ses premiers Poèmes (1881). Il devient très vite l’un des théoriciens de « l’art pour l’art », et le chef de file des « esthètes ». Il est ainsi invité à donner une série de conférences aux Etats-Unis sur l’esthétisme.

De retour en Europe, il s’installe à Paris, où il écrit deux pièces de théâtre (la Duchesse de Padoue, 1883), Véra ou les Nihilistes, 1883) . Il rencontre les principaux écrivains français de l’époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, et Hugo. De retour à Londres (1884), il épouse l’une de ses admiratrices, Constance Lloyd. Ils auront deux enfants. Il s’emploie également à défendre la cause féministe. Il est à noter qu’il fut Franc-Maçon et, ce fut donc le 16 février 1875 qu’Oscar Wilde fut proposé à l’Appolo University Lodge par Sinclair Franklin Hood et John Edward Courtenay Bodley. Le vote revint favorable. Wilde dut bénéficier d’une dérogation car il avait moins de 21 ans. Il fut initié la semaine suivante. Il atteind le 2e Degré le 24 avril 1875 et fut élevé à la Maîtrise le 25 mai de la même année. Il rejoignit la Churchill Lodge en novembre 1875. Il y remplit des charges comme Inner Guard (littéralement garde intérieur) en 1876 et Junior Deacon (Diacre) en 1877. Membre également de l’Oxford University Chapter n°40 (Rite Ecossais), il y atteint le Grade de Rose Croix (18e). A gauche, la célèbre statue de Merrion square à Dublin.

Pour ses enfants, il organise des bals costumés et écrit des contes. Il publie également des nouvelles (le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires, 1891), un essai (Intentions, 1891) et aussi son seul roman (le Portrait de Dorian Gray, 1891). On lui doit aussi la célèbre pièce Salomé, créée par Sarah Bernhardt. Le portrait de DORIAN GRAY lui vaut une très grande notoriété, mais le public anglais, choqué, lui reproche l’immoralité de certains personnages.
En 1895, Oscar Wilde décide de porter plainte en diffamation contre le Marquis de Queensberry, le père d’Alfred Douglas, son amant. Ce procès tourne mal. Finalement c’est le Marquis de Queensberry qui porte l’affaire devant les tribunaux, accusant Wilde de pervertir son fils . Oscar Wilde est condamné pour délit d’homosexualité à 2 ans de travaux forcés le 27 mai 1895. Il purgera cette peine dans la très répressive prison de Reading, au sud de l’Angleterre. Il sort de prison le 19 mai 1897, et s’exile en France, à Berneval, près de Dieppe. C’est un homme brisé et ruiné. Il prend pour pseudonyme le nom de Sebastian Melmoth. Il publie en 1898, la ballade de la geôle de Reading, un témoignage émouvant sur sa douleur de prisonnier. Il meurt à Paris, en 1900 dans la misère et la solitude. Il est enterré au Père Lachaise a Paris, où il repose sous un étrange sphinx aîlé de l’américain Jacob Epstein (photo de droite). Le visage, vu de face, évoque les traits de l’écrivain à la fin de sa vie. Cette sculpture fut « interdite de séjour » durant six ans par le préfet de Seine en raison du sexe masculin apposé à cet ange, sexe mutilé en 1961 par un prude ou un collectionneur. On raconte qu’il servit un temps de presse-papiers au conservateur du cimetière. et sa tombe est célèbre parce qu’elle est pleine des empreintes des baisers de toutes ses admiratrices.

Voilà, maintenant, jetez vous sur ses œuvres, portez vous bien et à demain peut-être.

HORS LA LOI…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Vous le savez (peut-être) j’aime la Scandinavie en général et la Norvège en particulier. J’ai du être viking dans une vie antérieure…Cette introduction pour vous parler de Henrik IBSEN. Décédé un 23 mai en 1906.

Apothicaire, Henrik Ibsen ne tarde pas à quitter le laboratoire où il s’ennuie et à écrire deux drames historiques, ‘Catilina’ et ‘Le Tertre du guerrier’. Ses pièces seront longtemps refusées à Christiana (Oslo). En 1864, il quitte la Norvège et voyage en Europe.

Après avoir été instructeur au théâtre de Bergen, il part à Copenhague où des rencontres philosophiques et artistiques alimentent son oeuvre : ‘Dame Inger d’Ostraat’, ‘La Fête à Solhaug’… Le théâtre d’Oslo dont il devient directeur à son retour en Norvège fait faillite, il part alors en Europe et développe de nouveaux grands thèmes comme celui de la défense de l’individualisme. Après ses pièces traditionnelles, il n’écrira plus que des drames contemporains où il décrit les tares de la société bourgeoise et l’affrontement entre l’individu et la ‘majorité compacte’ : ‘L’ Union des jeunes’, ‘Une maison de poupée’, le rôle de Nora, la joyeuse épouse, a été récemment confié à Audrey TAUTOU (malheureusement on dit certains critiques) ‘Le Canard sauvage’, ‘Hedda Gabler’… Ces pièces, aux personnages denses, expriment, grâce à une profondeur psychologique et symbolique, la position ambiguë de l’auteur : s’il critique la morale traditionnelle et défend l’idée que tout homme détient une passion, la clef du tragique ‘ibsénien’ réside dans le doute, lié à la condition humaine, qui reste infranchissable. Individualiste forcené, il se plaisait à répéter: L’Etat est la malédiction de l’individu… A droite, une lithographie de Frank Weddekind.

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Sur la croisette.


« Hors
la loi » le film de Bouchareb – c’est à lui que l’on doit
« Indigènes » – ravive les plaies du passé.

A
cannes, deux manifestations sont prévues pour (contre) la présentation de
son film qui raconte le parcours de trois frères qui ont survécu au
massacre de SETIF. Elles sont dues à l’initiative de la mairie de
Cannes et du Front National…

Il
faut croire qu’en France, en 2010, certains n’ont toujours pas
accepté l’idée de décolonisation. Les événements de SETIF se
sont produits en 1945 et ont donné lieu à une sanglante répression
de la part des autorités Françaises. On parle d’une centaine de
morts côté Français et entre 8000 et 15 000 côté Algérien.
C’est à la suite de l’arrestation De Messali HADJ, qui était un
grand leader Algérien qu’ont eu lieu les manifestations. Les
historiens considèrent que c’est l’acte fondateur du mouvement
d’indépendance et de la lutte armée en Algérie.

A voir les pancartes qu’arboraient les manifestants (photo de droite et même d’extrème droite) on se rend compte que les nostalgiques ont la dent dure et la mémoire longue.

Fort heureusement, voici venir Rolland Garros et la coupe du Monde de fouteballe et puis le tour de France de la seringue et enfin les congés payés du mois d’août…Et tout ça va faire, d’excellent Français, comme le chantait Maurice Chevalier. A la rentrée, les cerveaux seront disponibles pour recevoir les bonnes nouvelles.

Allez, continuez à rendre visite aux « Cénobites tranquilles », ilot de résistance au milieu d’un océan où, comme le disait Boris Vian, le cerceau humain ressemble de plus en plus à de la sauce blanche. Portez vous bien et à demain peut-être.


 


C’EST PAS FO…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Le 24 mars 1926, naissance de Dario FO à San Giano, village de Lombardie au bord du lac Majeur, dans une famille prolétaire de tradition démocratique et antifasciste. Il découvre très jeune le théâtre populaire et la tradition orale, par l’intermédiaire de son grand-père, « fabulatore » connu. Doué en dessin et en peinture ( talent qui lui permettra de dessiner lui-même les affiches de ses spectacles )il commence par étudier l’art et l’architecture à Milan.

En 1952, il écrit pour la radio ses premiers monologues comiques, intitulés Poer nano, « Pauvre nain ». Il découvre le Piccolo Teatro de Giorgio Strehler, fait ses débuts d’acteur et monte des revues de satire sociale et politique.

En 1954, il épouse Franca Rame, fille d’une grande famille de comédiens populaires, qui devient son inséparable partenaire. Ensemble ils reprennent à leur façon des farces traditionnelles et écrivent de grandes comédies où ils fustigent les institutions et les classes dirigeantes tout en déployant une fantaisie débridée. En 1968, ils fondent l’association « Nuova Scena » avec l’aide du PCI, « au services des forces révolutionnaires » et s’éloignent des circuits traditionnels du théâtre. 

En 1970, Dario Fo rompt avec le parti communiste et crée, avec ses camarades, un autre collectif théâtral : « La Comune ». Ces années sont celles des grands succès : Mystère Bouffe, en 1969, épopée des opprimés inspirée de la culture médiévale, apporte à Dario Fo une renommée mondiale. Inspiré d’un réel fait divers, en 1970, « mort accidentelle d’un anarchiste » (Morte accidentale di un anarchico) donne avec humour et brio, sa version abracadabrante du cas de l’anarchiste Giuseppe PINELLI, dont la garde à vue, à la questure de Milan, s’était soldée par une défenestration mal expliquée; ainsi que « Faut pas payer » en 1974. Elles  sont écrites en liaison, l’une avec la demande de révision du procès de l’anarchiste Guiseppe Pinelli défenestré à Milan, l’autre avec la campagne d’autoréduction des factures en période d’inflation.

L‘anti-conformisme de Dario Fo, ainsi que son engagement politique et social l’entraînent dans d’innombrables procès et controverses en Italie, avec l’Etat, la police, la télévision, le pape : son émission Canzonissima est censurée ; selon le pape, Mistero buffo offense  » les sentiments religieux des Italiens ». En collaboration avec Franca Rame, il écrit une série de monologues inspirés par la lutte des Italiennes pour le droit au divorce et la légalisation de l’avortement.

Il est souvent appelé à l’étranger pour donner des spectacles et faire des mises en scènes d’œuvres lyriques ou théâtrales, comme en 1991 Le Médecin volant et Le Médecin malgré lui de Molière à la Comédie Française.

Artiste hors normes, il reçoit en 1997 le Prix Nobel de Littérature pour avoir « dans la tradition des bateleurs médiévaux, fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés. » Il devient aussi un des premiers Satrapes étrangers du collège de pataphysique en 2001 avec notamment Umberto ECO . L’arrivée du deuxième gouvernement Berlusconi lui a inspiré L’Anomalo Bicefalo, écrit avec Franca Rame. Bref, un théatreux comme je les aime, dans la lignée de Brecht ou de Vilar ! Bon anniversaire donc…

Humour (2)

Aurais-je parlé trop vite ? A propos de la chronique de Stéphane Guillon, je supputais hier que son limogeage devrait être plus prompt que celui de l’infâme Eric Zemmour. On apprend aujourd’hui de source sûre(Le Monde.fr) que ce dernier serait convoqué par la direction du Figaro pour un entretien préalable à un licenciement. Enfin une bonne nouvelle. Lors de sa chronique dans l’émission « Salut les terriens » chez Ardisson, il avait déclaré:« Les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait ». Quand va t-on se décider à déclarer cet individu persona non grata sur les ondes et dans les colonnes des journaux ? Je rappelle qu’en République, le racisme n’est pas une opinion…C’est un crime.

Et bien voila, que le printemps vous soit propice et, pour répondre à Stéphanie, bien sûr que l’on peut voter tous les jours pour ce blog,(colonne de droite, en haut) en vérité, c’est un peu le but du jeu. Allez, merci d’être passés, portez vous bien et à demain peut-être.