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A en perdre la tête…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

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Amis de la vérité historique et du chouchen chaud réunis, bonjour! Nous voici le Mercredi 28 novembre 2018 qui correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel. Au jour d’aujourd’hui en Bretagne armoricaine nous célébrons Eodez. Celle-là Haude-Tanguy-248x300même qui perdit la tête sous l’épée de son propre frère, Tangi, qui n’en finit pas moins saint lui même. Tous deux étaient enfants du seigneur de Trémazan. Comme disait mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif: « Plût au ciel que ces choses là ne fussent point advenues.» Des légendes comme celle là, il y en a plein par chez nous. Elles sont toutes plus gore que n’importe quel film de Brian de Palma et font passer La nuit des morts vivants pour une aimable bluette. Je vous la fait courte.

Or vint à trépasser la mère de nos deux héros. Passé le temps du veuvage, leur père prit en tremazanseconde noce une femme qui haïssait plus que tout Eodez (mauvais choix). Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose:  « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Eodez.jpegPere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. » Et notre Tangi fut envoyé à la cour du roi des francs Childebert. Revenant de France et face aux faux-propos qui lui avaient été rapportés, Tangi décapita sa sœur afin de laver l’affront fait à l’honneur de la famille (un coup à faire passer les Talibans pour d’agréables jouvenceaux…). Celle-ci prit ses jambes à son cou et sa tête sous le bras et s’en retourna à la maison familiale affronter la méchante belle-mère… Il existe encore dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende. On me demande souvent ce qu’est une gwerz, en voici une: Gwerz Ar Vezhinerien, autrement dit, la complainte des goëmoniers, interprétée par Denez Prigent.

Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée…Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poids des mots et du choc des photos…

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

LE POIDS DES MOTS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la vérité historique et du chouchen chaud réunis, bonjour!

Nous voici le 28 novembre qui correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel.

Au jour d’aujourd’hui nous célébrons,sainte Eodez. Celle-là même qui perdit la tête sous l’épée de son propre frère, Tangi, qui n’en finit pas moins saint lui même. Tous deux étaient enfants du seigneur de Trémazan. Comme disait mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif: « Plût au ciel que ces choses là ne fussent point advenues.»

Des légendes comme celle là, il y en a plein par chez nous. Elles sont toutes plus gore que n’importe quel film de Brian de Palma et font passer Carrie pour une aimable bluette. Je vous la fait courte :A droite, les ruines du chateau de Trémazan

Donc, envoyé à la cour du roi des francs Childebert, Tangi laissait à sa solitude Eodez lorsque leur mère mourut. Drame de la décohabitation déjà!
Passé le temps du veuvage, leur père prit en seconde noce une femme qui haïssait plus que tout Eodez (mauvais choix). Elle accusa de tous les maux la pauvre fille et fit parvenir de fausses informations à Tangi quant à la pureté et aux vertus de sa soeur. Revenant de France et face aux faux-propos qui lui avaient été rapportés, Tangi décapita sa soeur afin de laver l’affront fait à l’honneur de la famille (non mais, ça rigolait pas de c’temps là). Celle-ci prit ses jambes à son cou et sa tête sous le bras et s’en retourna à la maison familiale affronter la méchante belle-mère… Il existe encore dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende. On me demande souvent ce qu’est une gwerz, en voici une Gwerz Ar Vezhinerien, autrement dit, la complainte des goëmoniers, interprétée par Denez Prigent.

 

 

 


Et les paroles de la notre de gwerz:

A Castel Tremazan, e parrez Landunvez   

Galon, eun digentil euz ar c’haëra lignez,

A zeuas da eureugi, evit quenta pried,

Merc’h ar Prins euz a Vrest Florence voa hanvet, 

Bugale o dévoé, mez oll n’hon hanvon quet :

Unan eo sant Tangi, eun ail santez Eodet. 

 

Du château Trémazan, en paroisse Landunvez

Galon, un gentilhomme de la plus belle lignée

Vint à se marier, et pour première épouse

A fille du Prince de Brest, Florence était appelée.

Des enfants ils avaient, mais tous ne les connaissons pas

Un était saint Tanguy, une autre sainte Haude.

Et vous trouverez toujours quelqu’un dans le bourg de Landunvez pour vous assurer que les lieux ont gardé la mémoire de l’évènement par les fleurs rouges qui y poussent. L’oeillet de Sainte Haude (Jenofl Santez Eodez) rappelle son sang versé et le géranium sanguin (bouzellou an itron) rappelle la mort affreuse de la marâtre. A gauche, la chapelle St Sansom à landunvez.

Vous voyez que la violence n’a pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !). Tout au long de la vie des saints, on s’étripe et on se décapite joyeusement, on se démembre en famille, on s’assassine pieusement et tout cela était raconté aux petits n’enfants le soir à la veillée…Les évangélisateurs avaient compris, bien avant Paris-Match, l’importance du poid des mots et du choc des photos…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

IL ETAIT UN P’TIT MOINE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la culture pour tous et du poulet aux marrons réunis, bonjour !

En ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (finistère nord). Restons donc dans le Léon puisqu’aujourd’hui, nous célébrons la Saint Tangi. Encore un moine qui fonda l’abbaye de st Mathieu au Conquet. La légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan en Léon, près de portsall. Celui-ci avait eu comme seconde épouse une femme qui le maltraitait lui et sa sœur. Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, où il devint chevalier, il a laissé sa sœur Haude
au pays (ce qu’il ne faut jamais faire). À son retour sa belle-mère dénonce celle-ci comme déshonorant
la famille et Tanguy la tue en la décapitant d’un coup d’épée. La victime prend alors sa tête dans les mains et ses jambes à son cou et rentre à
la maison pour demander les sacrements avant de mourir. Horrifié Tangi se repent sévèrement et se voue à la vie monastique avant de fonder sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye. Il a fondé aussi l’abbaye de Gerber. Il est inhumé et vénéré (ou pas) par tout le peuple breton à Locmazhé. Pourtant, faire perdre la tête à sa soeur, pour une vie de saint, ça commençait mal !

Le 27 novembre (du calendrier Julien) c’est la naissance de Kropotkine. J’ai souvent évoqué la figure de ce personnage dans mes billets car il a eu une importance singulière dans l’histoire de l’anarchisme. Tout comme notre petit moine,outre le fait qu’il portait la même barbe, il était pourtant issu de la noblesse, descendant du grand prince de Kiev, Vladimir II Monomaque. C’était par ailleurs un savant et on lui doit nombre de publications notamment de géographie.(Sur ce dessin, à gauche, il ressemble comme deux gouttes d’eau à un ami de Dinan)
En 1883, à la suite des grèves des canuts dont je vous ai parlé récemment, il est arrêté. Il ne sera amnistié que grâce à l’intervention de Victor Hugo. Il va dès lors s’installer en Angleterre et collaborer à la rédaction de la géographie Universelle d’Elisée Reclus. Il retournera en Russie en 1917 et refusera le poste de ministre que lui propose Kerenski. Ses critiques vis à vis du pouvoir bolchevique se feront de plus en plus virulentes. On considère généralement, qu’après Fourier, Proudhon et Bakounine, c’est Kropotkine qui va donner à l’anarchisme la consistance idéologique qui lui manquait. Il va décéder le 8 février 1921 à Moscou. Son enterrement va constituer la dernière grande manifestation anarchiste qui sera tolérée à Moscou.

Tout à fait autre chose.
J‘entends souvent les gens se plaindre de l’apparition de tags ou de graffitis sur les murs de leur quartier. Les brestois de la rue Sané ont, eux, bien de la chance. Des artistes anonymes ont tagué une reproduction du célèbre tableau de Picasso « Guernica » devant chez eux. Qui s’en plaindrait ?

Allez, voila pour ce samedi frigorifique, sortez couvert, portez vous bien et à demain peut-être.