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Un drapeau noir en Helvétie…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la semaine des quatre jeudis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 16 février 2018, 28è jour de pluviôse et, je peux vous dire qu’il pluviôse un max sur les jardins de Keramoal. Ce jour est dédié au cyclamen, jolie fleur qui est censé symboliser la jalousie…

Je voulais rajouter à notre galerie de portraits celui de James Guillaume qui, comme son nom l’indique, était d’origine suisse. Mon aïeule n’aurait pas manqué d’ajouter: personne n’est parfait. Il est né à Londres un 16 février 1844 de père suisse et de mère française james Guillaumeet les oubliettes de l’histoire l’ont englouti sans autre forme de procès.  James avait donc quatre ans lorsqu’il arriva en Suisse. Il entra au collège latin à neuf ans et demi; à seize ans, il passa dans les auditoires, qu’on appelle aujourd’hui l’Académie, et il y resta jusqu’en 1862. Elève assez indiscipliné, il avait souvent maille à partir avec les autorités scolaires, qui étaient royalistes et religieuses. Il lut toute la bibliothèque de son père, se passionnant pour l’Antiquité, pour la Révolution française, pour la philosophie et particulièrement pour Spinoza, pour la poésie depuis Homère et Shakespeare jusqu’à Goethe et à Byron, pour Rabelais enfin, Molière et Voltaire.

Pour que sa vie encore vaille d’être vécue, il veut la consacrer à l’instruction du peuple: et pour commencer, il organise des cours du soir pour les apprentis. Il continue à lire toutes sortes d’auteurs: Feuerbach, Darwin, Fourier, Louis Blanc, Proudhon. Et, peu à peu, des conceptions nouvelles s’élaborent dans sa tête. Savant et philosophe, il n’avait pu concevoir l’égalité précédemment qu’à la façon de Robespierre et de Louis Blanc . A l’automne de 1866, Constant Meuron et James Guillaume fondèrent la section de l'internationalel’Internationale du Locle, et Guillaume se rendit au congrès de Genève. Il participait activement d’ailleurs au mouvement politique et parlementaire, mais il en vint bientôt, ainsi que la plupart des Internationaux du Jura, à la conviction que la classe ouvrière n’avait rien à y gagner. Le congrès de l’Internationale à Lausanne, le congrès de la Ligue de la paix et de la liberté à Genève, tenu en 1867, modifièrent profondément la pensée de James Guillaume: c’est là en effet qu’il prit contact avec des révolutionnaires de toute l’Europe, et que la foi lui vint à la Révolution sociale universelle. Il était à ce moment de son développement quand il fit la connaissance de Bakounine, lors de la fondation de la Fédération romande. Leurs vues étaient tout à fait analogues: le rêve d’une société sans Etat, où il n’y aurait plus ni gouvernement ni constitution, où tous les hommes seraient libres et égaux, s’était formé en Guillaume, par développement intérieur et par expérience extérieure, avant qu’il ne rencontrât Bakounine.

Dès 1869, en effet, Guillaume dut renoncer à son professorat de Locle, étant entré en conflit avec les autorités pédagogiques à cause de son activité révolutionnaire. Il devint typographe et le resta jusqu’en 1872. Guillaume devint donc l’émanation intellectuelle vie ouvrièred’une collectivité. (…) C’est là, dans le Jura, que les horlogers et Guillaume ensemble produisirent les idées qu’une génération nouvelle devait retrouver et rebaptiser sous le nom de syndicalisme révolutionnaire. (à droite, couverture de La vie ouvrière février 1914) On sait que Bakounine et Guillaume furent exclus de l’Internationale au congrès de La Haye, en 1872, Marx et ses compagnons ayant cru se débarrasser ainsi de l’esprit des anti-autoritaires. James Guillaume mourut le 20 novembre 1916, et fut inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse. Sources: Le drapeau noir: Fritz Brupbacher

Allez, merci de votre visite, c’est un peu copieux pour un vendredi mais il n’est pas facile de faire plus court. Portez vous bien, et à bientôt peut-être !

LE DRAPEAU NOIR FLOTTE SUR LA MARMITE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la caricature et des mightys* réunis, bonjour !


Nous sommes le 16 février, 28è jour de pluviôse et, je peux vous dire qu’il pluviôse un max sur les jardins de Keramoal. Ce jour est dédié aux cyclamens, jolie fleur qui est sensé symboliser la jalousie…

* toujours visibles ICI


Je voulais rajouter à notre galerie de portraits celui de James Guillaume qui, comme son nom l’indique, était d’origine suisse. Mon aïeule n’aurait pas manqué d’ajouter: personne n’est parfait.

Il est né à Londres un 16 février 1844 de père suisse et de mère française et les oubliettes de l’histoire l’ont englouti sans autre forme de procès. En 1848, la République ayant été proclamée à Neufchâtel, le père de James Guillaume, ardent républicain lui aussi, revint au pays. Il fut bientôt nommé juge, puis préfet du Val-De-Travers, et à partir de ce moment ne s’occupa plus que des affaires publiques. Elu conseiller d’Etat en 1853, il fut réélu constamment pendant trente-cinq ans.

James Guillaume avait donc quatre ans lorsqu’il arriva en Suisse. Il entra au collège latin à neuf ans et demi; à seize ans, il passa dans les auditoires, qu’on appelle aujourd’hui l’Académie, et il y resta jusqu’en 1862. Elève assez indiscipliné, il avait souvent maille à partir avec les autorités scolaires, qui étaient royalistes et religieuses. Il lut toute la bibliothèque de son père, se passionnant pour l’Antiquité, pour la Révolution française, pour la philosophie et particulièrement pour Spinoza, pour la poésie depuis Homère et Shakespeare jusqu’à Goethe et à Byron, pour Rabelais enfin, Molière et Voltaire.

Pour que sa vie encore vaille d’être vécue, il veut la consacrer à l’instruction populaire du peuple: et pour commencer, il organise des cours du soir pour les apprentis. Il continue à lire toutes sortes d’auteurs: Feuerbach, Darwin, Fourier, Louis Blanc, Proudhon. Et, peu à peu, des conceptions nouvelles s’élaborent dans sa tête. Savant et philosophe, il n’avait pu concevoir l’égalité précédemment qu’à la façon de Robespierre et de Louis Blanc . A l’automne de 1866, Constant Meuron et James Guillaume fondèrent la section de l’Internationale du Locle, et Guillaume se rendit au congrès de Genève. Il participait activement d’ailleurs au mouvement politique et parlementaire, mais il en vint bientôt, ainsi que la plupart des Internationaux du Jura, à la conviction que la classe ouvrière n’avait rien à y gagner. Le congrès de l’Internationale à Lausanne, le congrès de la Ligue de la paix et de la liberté à Genève, tenu en 1867, modifièrent profondément la pensée de James Guillaume: c’est là en effet qu’il prit contact avec des révolutionnaires de toute l’Europe, et que la foi lui vint à la Révolution sociale universelle.    Il était à ce moment de son développement quand il fit la connaissance de Bakounine, lors de la fondation de la Fédération romande. Leurs vues étaient tout à fait analogues: le rêve d’une société sans Etat, où il n’y aurait plus ni gouvernement ni constitution, où tous les hommes seraient libres et égaux, s’était formé en Guillaume, par développement intérieur et par expérience extérieure, avant qu’il ne rencontrât Bakounine.

Dès 1869, en effet, Guillaume dut renoncer à son professorat de Locle, étant entré en conflit avec les autorités pédagogiques à cause de son activité révolutionnaire. Il devint typographe et le resta jusqu’en 1872. Guillaume devint donc l’émanation intellectuelle d’une collectivité. (…) C’est là, dans le Jura, que les horlogers et Guillaume ensemble produisirent les idées qu’une génération nouvelle devait retrouver et rebaptiser sous le nom de syndicalisme révolutionnaire. (à droite, couverture de La vie ouvrière février 1914) On sait que Bakounine et Guillaume furent exclus de l’Internationale au congrès de La Haye, en 1872, Marx et ses compagnons ayant cru se débarrasser ainsi de l’esprit des anti-autoritaires. James Guillaume mourut le 20 novembre 1916, et fut inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse. 

Sources: Le drapeau noir: Fritz Brupbacher

Allez, merci de votre visite, c’est un peu copieux pour un mercredi mais il n’est pas facile de faire plus court. Portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !
 

 

Y-A PAS L’FEU AU LAC…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Europe enchantée et de l’eau ferrugineuse, bonjour !

Aujourd’hui un clin d’oeil particulier à nos amis Helvètes qui sont nombreux à suivre les aventures du « cénobite tranquille ».


On connaissait le magnifique sketch de Bourvil à propos de l’eau ferrugineuse, voici celui de Hans-Rudolf Merz, ministre des finances de la Suisse, à propos de la taxation du salami. Pas besoin de maîtriser le Suisse alémanique pour goûter le sel de la situation. Le ministre s’exprimait devant le Conseil Fédéral au sujet de l’importation de viande assaisonnée… De toute évidence, la note que lui avait préparé ses collaborateurs, manquait un peu de cohérence. S’il était hilare, a expliqué le grand argentier aux députés, c’est qu’il n’a pas du tout compris ce qu’il leur disait. Qui a dit que la guerre était chose trop sérieuse pour qu’on la confie à des militaires ! En tous cas, il faudrait peut-être réfléchir avant de confier la politique à des politiciens.

Savez-vous que le 2 octobre correspond au onzième jour de vendémiaire qui était le jour dédié à la pomme de terre. Il y aurait tant à dire sur cet aliment de base qui nous vient de la Cordillère des Andes, que j’avoue y avoir renoncé.

Je préfère vous inviter à admirer ce chef d’oeuvre de Albert ANKER, daté de 1886 (pas Anker, son oeuvre),et qui porte le doux et poétique nom de: Die kleine kartoffelschälerin, c’est à dire, la petite éplucheuse de pommes de terre. Ce qui est amusant dans ce rapprochement un peu osé, c’est que Albert Anker fut député du Grand Conseil du canton de Berne en 1870. Il était né et vivait à Anet près de Berne.

C‘était un monsieur très sérieux et je ne l’imagine guère plié en deux sur les bancs de l’assemblée en écoutant son président lui parler de l’importation du Salami. Il a eu six enfants « d’avec sa femme » et je le soupçonne d’en avoir fait ses modèles. En tous cas, je trouve ses peintures absolument remarquables. Je ne suis pas certain d’obtenir une telle perfection dans la maîtrise des ombres et de la lumière avec le dernier des numériques.

Voila ce que devient un billet quand on a rien à dire…Il suffit parfois de savoir prendre l’Helvétie pour une lanterne…Et la lumière jaillit ! Allez, merci pour votre indulgence à l’égard de l’auteur, portez vous bien et à demain peut-être.


LA BARRE A DROITE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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A DROITE TOUTE !

Après la votation populaire des petits Suisses contre l’érection de nouveaux minarets, voilà que les Italiens à leur tour donnent de la voix. Le vice-ministre des infrastructures et des transports, Roberto Castelli, a proposé d’ajouter un crucifix au drapeau national. Ce monsieur fait partie de la Ligue du Nord, un parti populiste anti-immigrés qui appartient à la coalition dirigée par Sylivio Berlusconi. Et voici donc l’Europe sur le chemin de la surenchère. C’est à celui qui en fera le plus pour affirmer ses racines Judéo-Chrétiennes et bouter hors de nos frontières l’envahisseur musulman. Le comble dans cette triste et douloureuse histoire, c’est que ce sont les athées et autres libres penseurs comme votre serviteur qui s’en émeuvent.

GASTON COUTE: POETE ET PAYSAN

C‘était en 1970, peut-être 71, j’animais à l’époque un stage à Dinard et la partie musicale était assurée par un jeune chanteur qui, plus tard allait faire parler de lui, il s’appelait Bernard LAVILLIER. Au cours d’une soirée, il interprétât plusieurs poème d’un auteur libertaire et paysan qui s’appelait Gaston COUTE, mort en 1911. Il semble que Gaston Couté se voua de tout son cœur à la cause du Peuple, en donnant sa collaboration à quelques journaux anarchistes de ce temps. Ses chansons, écrites sur des sujets d’actualité, pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient souvent trop violentes et dépassaient ainsi le but qu’elles voulaient atteindre.

Le 13 juin 1911,  » La Guerre Sociale  » annonçait que Gaston Couté était poursuivi pour « outrages à la Magistrature ».
Un ouvrier, arrêté au cours d’une manifestation, avait été trouvé porteur d’un tire-bouchon. Il avait été traduit en Correctionnelle pour port d’arme prohibée. Couté en avait fait une chanson sous le titre  » Il avait an tire-bouchon « . Elle pouvait se chanter sur l’air  » Elle avait une jambe en bois « .

Il avait un tir’ bouchon
Dans la poch’ de son veston
On s’ demande où s’arrêt’ra
L’audace de ces scélérats ?

Par cette poursuite judiciaire Couté payait les outrances des chansons parues dans les journaux et revues anarchistes. Il était très connu dans les milieux syndicaux. On fredonnait ses chansons dans les rues et les ateliers.

Il paraît qu’il y eut, quelques mois plus tard, un second procès. Après la mort de Couté, les foudres de la justice se déchaînèrent encore une fois sur lui. Il fut poursuivi au sujet de la chanson  » Pour faire plaisir au Colon « .Le prévenu ne put venir au tribunal et pour cause.
Après un bref jugement, il fut condamné par contumace. Le Président demanda à l’avocat s’il n’avait rien à objecter. Il répondit : « Si, Messieurs, j’ai simplement à vous dire que vous venez de condamner un mort !  » Ces infos sont extraites d’un site qui lui est consacré: gastoncoupé.free.fr

C‘est tout pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et, à demain peut-être.

DE LA DEMOCRATIE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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LA PELLE DU MUEZZIN

C‘est même pas une pelle, c’est un véritable rateau que viennent de se prendre en pleine poire tous les humanistes de Suisse et d’ailleurs. Contre toute attente et défiant tous les sondages, les Suisses ont approuvé en majorité dimanche l’initiative de la droite populiste d’interdire la construction des minarets. Le «oui» l’emporte avec 57% des voix. En outre, la plupart des 26 cantons helvétiques seraient également favorables à l’initiative. Seuls Genève, Vaud, Neuchâtel et Bâle-Ville y sont opposés. Cette double majorité va entraîner la modification de l’article 72 de la Constitution suisse qui régit les relations entre l’Etat et les religions. L’interdiction de la construction de minarets y sera présentée comme une mesure «propre à maintenir la paix entre les membres des diverses communautés religieuses». Reste à savoir si ce résultat sera jugé conforme à la constitution. Plusieurs partis, dont les verts, envisagent d’ores et déja de faire appel à la cour européenne des droits de l’homme. Ce matin, des associations de jeunesse se sont donné rendez vous sur la place neuve à Genève pour l’érection d’un minaret symbolique en guise de protestation. Après un tel vote d’intolérance on peut se demander si Genève ne va pas réclamer son rattachement à la Savoie…

 

Allez, une citation de ce cher Victor, pour oublier les paradoxes de la démocratie. C’est vrai quoi, on ne peut pas à la fois réclamer une votation populaire comme seule et légitime expression démocratique et la rejeter quand le résultat n’est pas conforme à nos attentes. « Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. – Soyons l’humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie.  « Choses vues » (1887), dans Oeuvres complètes, Victor HUGO.

Puisque novembre s’achève comme il a débuté, sous la pluie, et devant bon gré mal gré nous rendre à l’évidence, nous constatons que ce fut une année sans trompettes, sauf peut être celles de la renommée que G. BRASSENS trouvait fort mal embouchées. Je parle des champignons bien entendu ! Nous n’irons plus au bois, d’ici le printemps prochain; d’ailleurs ce refrain me fait penser que j’ai mes lauriers à tailler. Allez, portez vous bien et, à demain peut-être.