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AN ALAC’H…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tradition et de la galette saucisse réunies, bonjour !

Nous sommes le 1er novembre, 11è jour de brumaire dédié au salsifis…

Et puis tiens, en ce début novembre (miz du) poursuivons notre petite histoire de la Bretagne, pour les ceusses que cela peut intéresser…

Jean IV de Bretagne aussi connu sous le nom de Jean le Conquéreur ou encore celui de Jean le Vaillant (en breton Yann IV) est né en 1339 et mort en novembre 1399 à Nantes. Il est le premier enfant de Jean de Montfort et de Jeanne de Flandre. A la mort de son père en pleine guerre de succession, il devient comte de Richmond et de Montfort ainsi que Duc de Bretagne en compétition avec Charles de Blois jusqu’en 1364. Suite à la victoire finale du parti anglo-breton sur le parti blésiste en 1364 lors de la bataille d’Auray, dont je vous ai parlé ici même, il est reconnu par le fameux traité de Guérande comme seul et unique Duc de Bretagne.

Son père mourut en pleine lutte contre Charles de Blois lors de la guerre de succession alors qu’il n’avait que six ans. Ce fut sa mère Jeanne la Flamme qui poursuivit la guerre, remportant des succès alliée à l’Angleterre où il avait passé de nombreuses années en exil lors de la guerre de Succession qu’il n’avait pu gagner qu’avec l’assistance de troupes anglaises. Il avait épousé une sœur puis une belle-fille du Prince Noir et avait dû confier, ou confirmer à plusieurs capitaines et seigneurs anglais le contrôle de places fortes et de leurs environs, notamment Brest. En butte à la défiance de sa noblesse, il se vit attaquer par le roi de France Charles V sans que la noblesse bretonne ne le défende (les ingrats). Il dut alors s’embarquer pour un nouvel exil en Angleterre.


Charles V confisqua le duché et tenta de le réunir à la couronne au mépris des droits de Jean IV comme de ceux de la précédente duchesse Jeanne de Penthièvre et de ses fils. La noblesse bretonne révoltée (mais à la mémoire courte) rappela Jean IV qui débarqua à Dinard et reprit le contrôle du duché. Ce retour triomphal du duc de Bretagne en ses terres est le thème de la chanson traditionnelle An Alarc’h (« Le cygne » en breton). Dans son fameux recueil de chants populaires, Le Barzaz Breiz (1839), Hersart de La Villemarqué en fait une présentation très romantique. Ce chant de guerre, dit-il, lui aurait été transmis par un habitant du village de Kerc’hoant dans les monts d’Arrée et il ne fait aucun doute qu’il ait été composé à l’occasion du retour triomphal de Jean IV sur ses terres bretonnes… Cinq siècles plus tôt ! J’ai encore en mémoire le jour où j’ai entendu Stivell entonner An Alarc’h pour la première fois, c’était dans une petite salle de MJC finistérienne, quelques jours plus tard il la chantait à l’Olympia, nous étions en 1972. En vidéo, la version de Gilles Servat.

Mais, poursuivons : Réconcilié avec Charles VI , notre Duc gouverna en paix mais dut faire face à la rébellion d’ Olivier de Clisson. Il parvint avec difficulté à racheter aux Anglais la place de Brest. Il épousa en troisième noce, à Guérande, Jeanne de Navarre et eurent de nombreux enfants parmi lesquels les futurs Ducs, Jean V et Arthur III.

Et voila pour la petite histoire. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

NOLWENN LA PAIMPOLAISE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la musique trad’ et du bigorneau marinière réunis, bonjour !


Puisque
nous sommes au dernier jour de nivôse, dédié au crible, cet
instrument qui servait à tamiser la farine, profitons en pour
répondre au courrier des lecteurs comme on dit dans « Notre
temps » journal de la deuxième jeunesse…


Je
n’avais sans doute pas mesuré la popularité de Nolwenn Leroy dans
le lectorat de ce blogue ce qui m’a valu une volée de bois vert pour
l’avoir rangé dans la même catégorie que Lory. Bien, je m’excuse
auprès de ceux qui apprécient cette artiste, j’aurais  du écrire:
dans la même catégorie que Théodore Botrel. Le folklorisme
gnan-gnan de l’une et de l’autre relève à peu de chose près de la
même veine. D’ailleurs voici une photo de Paimpolaise (à droite) qui a
longtemps servi à illustrer la chanson du barde Montmartrois (j’aime
Paimpol et ses fadaises) et le style est évidemment le même que celui qui est utilisé pour l’album de Nolwenn Leroy. On cherche à légitimer de providentielles racines. La ressemblance est troublante. A tel point que l’ingénue a cru nécessaire d’inscrire sur la pochette du disque
Bretonne
, en cas de doute…Mais bon, ça marche bien pour elle.
L’autre jour à Brest, notre « bretonne » dédicaçais
son oeuvre sous chapiteau à l’invitation d’un grand épicier de
Landerneau. Il y avait plus de monde que pour un meeting de
Besancenot, même Fanch Mitt’ au mieux de sa forme n’a jamais fait mieux dans la cité du ponant !

Quand
à la comparaison entre une œuvre originale et une reprise, j’en conviens, elle est
davantage affaire de goûts que d’esthétisme d’autant plus qu’en
l’occurrence, bien malin qui peut dire à qui revient la paternité
de « la jument de Michao » chanson populaire aux multiples versions. Mais, pour qui a
entendu la version de « Women of Ireland » des
Chieftains,  que l’on retrouve sur la bande originale du
merveilleux film de Stanley Kubrick, Barry Lyndon (1976), Y’a
pas photo… Et je pourrais ajouter que la version de Mike Oldfield
est largement plus saisissante, plus profonde, plus « rebelle »
que celle de Nolwenn Leroy. Et quand Stivell s’en empare pour la chanter en irlandais dans son album Brian Boru (1985) on y croit davantage. Maintenant chers lecteurs, vous connaissez ma mauvaise foi légendaire et vous m’autorisez donc à rajouter que même la version de Manau de « tri martolod » (1998) transformée en guerrier de la tribu de Dana était plus convaincante que la gentille application avec laquelle Nolwenn nous la susurre. Quand à la chanson de Miossec « Brest » elle méritait d’être confiée à une voix enfumée et quelque peu embouteillée, peut-être Arno ou les Ramoneurs de menhirs.

Bon, ça c’est fait ! Ceci étant et comme le répétait mon aïeule, toute chose égale par ailleurs, vous savez l’immense océan de tolérance qui m’habite et il va de soi que je reconnais à tout un chacun le droit d’apprécier tel artiste qui ne trouve pas grâce à mes oreilles. (Cette phrase là me permet d’atteindre mon quota de signes). Allez, portez vous bien et à demain peut-être.