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Prise de tête dans le Léon…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la culture pour tous et du poulet aux marrons réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 27 novembre 2012 et en ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (finistère nord). Restons donc dans le Léon puisque aujourd’hui, nous célébrons les Tangi. Encore un moine me direz vous. Celui-ci, de son vrai nom Gurguy, fonda l’abbaye de St-Mathieu au Conquet et la légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan en Léon, près de portsall (à gauche les ruines du chateau de Trémazan). Ce seigneur donc, aurait épousé en seconde noce une femme qui n’avait de cesse de maltraiter le jeune Gurguy et sa sœur. Voici la façon dont Albert le Grand nous présente la chose: « Cette nouvelle dame ne fut gueres en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints & se montrer vraye marastre en leur endroit ; elle les rudoyoit & maltraitoit de parole & de fait & leur tint ces rigueurs huit ans durant ; lesquels expirez, Gurguy, déja grand, & à qui le sang commençoit à boilillonner dans les veines, ennuyé d’estre si mal-traité par cette femme, dans la maison de son pere, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, & en obtint congé de son Pere, lequel luy donna une bonne somme d’argent & train honorable. » Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, il devint chevalier. (déjà à l’époque, il fallait monter à la capitale pour réussir). Il laissa sa sœur Haude (Eodez en breton) au pays; ce qu’il ne faut jamais faire, n’importe quel saint vous le dira. À son retour la marâtre lui parle de sa soeur comme ayant déshonoré la famille par son comportement et Tanguy la tue (la soeur, pas la belle-mère) en la décapitant d’un coup d’épée. C’est qu’on ne rigolait pas avec ces choses là. La victime, me croirez vous, prend alors sa tête dans ses mains et ses jambes à son cou et rentre à la maison pour demander les sacrements avant de mourir.

Horrifié, et malgré le pardon de sa sœur, Gurguy se repent sévèrement demandant à Paul-Aurélien de le faire moine. Il serait apparu la tête auréolée d’un disque de feu et
Saint-Paul aurait alors changé son nom en Tanguy, du breton tan, feu, et lui aurait donné l’habit monastique. Plus tard il fonda sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye où il fut enterré. Pourtant, faire perdre la tête à sa soeur, pour une vie de saint, ça commençait mal ! On peut admirer une magnifique statue en bois polychrome (XVIè) de sainte Haude dans la chapelle Notre-Dame-de-Kersaint à Landunvez.

Bon allez, vous prenez pas la tête (Hi,hi,hi) portez vous bien et à demain peut-être.

 

CACHEZ CE SAINT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’imparfait du subjonctif
et du saucisson à l’ail réunis, bonjour !


Nous voici le 28 novembre qui
correspond au 8è jour de frimaire habituellement dédié au miel.

Hier, je vous parlais de Tangi et
bien aujourd’hui, c’est sa soeur qui est à la fête. Santez
Eodez
. Celle-là même à qui il coupât la tête. Comme disait
mon aïeule qui maîtrisait le subjonctif: « Plût au ciel que
ces choses là ne fussent point advenues.
» Il existe encore
dans le Léon une gwerz (complainte) qui raconte la légende: A droite, les ruines du chateau de Trémazan.


A
Castel Tremazan, e parrez Landunvez   

Galon,
eun digentil euz ar c’haëra lignez,

A
zeuas da eureugi, evit quenta pried,

Merc’h
ar Prins euz a Vrest Florence voa hanvet,

Bugale
o dévoé, mez oll n’hon hanvon quet :

Unan
eo sant Tangi, eun ail santez Eodet. 

 

Du
château Trémazan, en paroisse Landunvez

Galon,
un gentilhomme de la plus belle lignée

Vint
à se marier, et pour première épouse

A
fille du Prince de Brest, Florence était appelée.

Des
enfants ils avaient, mais tous ne les connaissons pas

Un
était saint Tanguy, une autre sainte Haude.

Et vous trouverez toujours
quelqu’un dans le bourg de Landunvez pour vous assurer que
les
lieux ont gardé la mémoire de l’évènement par les fleurs rouges
qui y poussèrent. L’oeillet de Sainte Haude,
Jenofl
Santez Eodez
en breton,
rappelle son sang versé et le géranium sanguin,
bouzellou
an itron
en breton (les
entrailles de la dame) rappelle la mort affreuse de la marâtre. A gauche, la chapelle St Sansom à landunvez.

Vous voyez que la violence n’a
pas attendu les films hollywoodiens pour déferler sur les écrans de
l’histoire (tiens, c’est pas mal ça !).

Hersart de la
Villemarqué,françois-Marie Luzel ou Emile Souvestre ont récolté
de nombreuses gwerz, particulièrement en basse bretagne et
aujourd’hui encore, Denez Prigent ou Yann-Fanch Kemener en sont les
meilleurs interprètes. Les plus célèbres sont « la veuve de
keroulaz » ou encore « Ar markiz Pontkalleg ».



Celle-ci, interprétée par yann-Fanch kemener en est une bonne illustration même si, en règle générale, les gwerz sont contées « a capella ». Bon d’accord, ça fera pas un malheur à la star’ac mais, la culture madame Michu, la culture…
Allez tiens, je vais m’arrêter là pour ce jour d’hui: comme dit l’autre, faut qu’je fait mes commissions. Ce soir, saucisses (de Morteau evel just) et lentilles pour faire face à l’offensive de l’hiver. Portez vous bien et à demain peut-être.