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L’escourgeon tranquille…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la mécanique des fluides et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi (jour des crêpes) 21 août 2015, septième jour de Fructidor dédié au Sucrion. C’est assez étonnant car, le quatrième jour de fructidor est lui, dédié à l’escourgeon. Or, Sucrion et Escourgeon ne sont que deux appellations différentes pour désigner la même plante: l’orge d’hiver. La fine équipe290px-Escourgeon-Hordeum_vulgare_subsp._vulgare réunie par Fabre d’Églantine pour réaliser le calendrier républicain avait du se laisser aller à quelques libations pour s’être ainsi mélangé les pinceaux. L’orge à six rangs est encore très présente dans les Orcades en Écosse. Dénommée Bere, elle y est consommée régulièrement sous forme de galettes épaisses (bannock), de pains ou de biscuits. Les grains transformés en malt sont utilisés surtout pour préparer des bières de fermentation haute. Présente sur l’île d’Islay, elle y sert à la fabrication du whisky. En Bretagne on célèbre (ou pas) Yuna…

Elue comme sainte patronne par les sabotiers, Yuna est venue du pays de Galles au 6ème siècle accompagnée de son frère Envel. S’établissant tous deux près de Belle-Isle-en-Terre, ils y bâtirent leur ermitage où par esprit de contrition (acte de volonté pour se détourner du péché et revenir à Dieu), ils décidèrent de ne jamais se revoir. La légende raconte que chaque jour qui passait, Yuna faisait sonner sa cloche à l’heure de la prière. Or un beau jour, celle-ci ne sonna point et Envel comprit alors que sa sœur était morte. Dérivé du prénom Yves, Yuna a été francisée loc-envel_0par les ecclésiastes en Jeune. Il est plus probable que cela vienne du vieux breton Iun (désir.) Nous trouvons par ailleurs de nombreuses variantes orthographiques de ce prénom telles que : Youna, Yeuna, Yoena, Jûna, Junan… Selon une autre légende,  le saint honoré sous la forme Envel avait un frère de même nom. Tous deux deviennent les supérieurs de monastères différents. Fuyant leur Bretagne insulaire dévastée, ils gagnent l’Armorique pour se retirer au lieu qui prendra leur nom. Le premier en la forêt de Coat an noz et l’autre dans celle de Coat an hay Cette légende semble basée sur la confusion avec le breton heñvel, « semblable ».

Loc Envel est une des plus petites communes des Côtes d’Armor par son nombre d’habitants et sans doute une des plus jolies ! En bordure de la forêt de Coat-An-Noz, la commune surplombe la vallée du Guic. Ses habitations typiquement bretonnes et son église sauront vous séduire. Jadis, la commune était peuplée d’artisans travaillant le bois de la forêt toute proche : sabotiers, bûcherons, charbonniers, envel et son loupforgerons… En l’église on voit encore du côté de l’épître, un panneau de bois représentant le saint, toujours en costume de laboureur, qui fouette un loup attelé à une herse ; au fond du tableau, l’on voit le loup qui dévore l’âne du saint ; il fut tout simplement condamné à le remplacer. L’inscription a disparu, on a mis à sa place un morceau étranger à la scène, qui représente un énorme hibou (?). La tradition place le théâtre de cette scène dans un champ en bordure de la forêt que l’on appelle Renik an azen, le champ de l’âne; l’on rapporte même les paroles du saint quand il attela le féroce animal : « Manket out dantek, Pa d’eus taget, ma azenek ». Je ne garantis pas l’orthographe…

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.