Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Servat”

Page 1 de 1

Le saint et la bette…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, , , ,

Amis du charme slave et de la salade niçoise réunis, bonjour! Nous sommes donc le Samedi 26 mars 2016, sixième jour de germinal dédié la betteà la Bette. A ne pas confondre avec le jour de la bête (666). Très utilisées dans la cuisine niçoise, toutes les parties de la plante se consomment : les feuilles hachées entrent dans la composition de la tourte de blettes, des raviolis et du célèbre tian. La partie verte remplace les usages que l’on fait ailleurs des épinards et les côtes s’accommodent de plusieurs manières : à la vapeur avec un filet de citron, frites ou en gratin avec une sauce béchamel.

Aujourd’hui on célèbre (ou pas) saint Goal, rien à voir avec le foot, il s’agit de l’un de ces nombreux saints hommes, en Inde on dirait des Sadhus, qui s’établirent en Armorique et dont je vous narre régulièrement l’histoire. Celui-ci a laissé son nom à une commune du 220px-W1067-LocoalMendon_Plec_QuenouilleSteBrigitte_74419-200x300Morbihan chère à Gilles Servat ou Louison Bobet et même Jean Cocteau: Locoal-Mendon. Locoal est une île située dans le bras de mer d’Etel, entre Sainte-Hélène et Mendon ; elle communique avec cette seconde paroisse par un pont qui rappelle celui de Saint-Cado, et elle a sous sa dépendance la presqu’île du Plec, qui l’avoisine au nord. Il paraît que les Romains donnaient à l’île le nom de Plecit, dont on a fait plus tard celui de Plec. C’est dans cette île, vers 631, que vint s’établir, avec quelques prêtres, saint Gudual, dit aussi Gurval, Goal ou Gau, évêque démissionnaire d’Aleth. ici à gauche, Kegil-Brehet, la quenouille de sainte Brigitte sur l’ile de Plec. Le saint s’y creusa une grotte sur la côte, et ses compagnons firent comme lui. Voici, réunis en une seule vidéo: Les ramoneurs de menhirs, Gilles Servat, Louise Ebrel, le bagad de Locoal Mendon et la blanche hermine…

Sa réputation s’étendit bientôt au loin, et de nombreux disciples, dont le chiffre s’éleva jusqu’à 188, vinrent se fixer sur ce sol et s’y faire des cellules. Pour garantir leurs demeures contre l’envahissement des grandes marées, ils durent édifier des digues d’une lieue environ de longueur, et dont il reste encore des tronçons parfaitement reconnaissables. Mais le saint dut bientôt reconnaître que la foule l’empêchait de jouir de la solitude qu’il cherchait. Il déserta son île, stele-de-prostlon-locoal-mendon-154x300comme il avait déserté Guer, et, suivi de sept de ses moines, il s’enfonça dans la forêt de Camors. Là, il construisit un monastère, dont la chapelle de Locoal garde le souvenir, vers l’an 640, âgé d’environ 50 ans. A droite ce magnifique menhir phallique qui a été transformé en stèle gravée d’une croix pattée, avec de part et d’autre de la hampe l’inscription verticale : « CROUXX PROSTLON ». Les caractères onciaux remontent à une période qui va du IXe au XIIe siècle. Elle semble honorer une femme du nom de Prostlon, fille du roi Salomon de Bretagne et épouse du comte de Vannes, Pascuethen. Son corps (celui du saint homme) fut transporté dans l’île du Plec, et inhumé dans l’église qu’il y avait fait bâtir. Bientôt l’île prit son nom et s’appela Loc-Gudual, et plus tard Locoal.

Voila, c’était l’histoire du jour, en attendant la prochaine, portez vous bien et à demain peut-être.

AN ALAC’H…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , ,

Amis de la tradition et de la galette saucisse réunies, bonjour !

Nous sommes le 1er novembre, 11è jour de brumaire dédié au salsifis…

Et puis tiens, en ce début novembre (miz du) poursuivons notre petite histoire de la Bretagne, pour les ceusses que cela peut intéresser…

Jean IV de Bretagne aussi connu sous le nom de Jean le Conquéreur ou encore celui de Jean le Vaillant (en breton Yann IV) est né en 1339 et mort en novembre 1399 à Nantes. Il est le premier enfant de Jean de Montfort et de Jeanne de Flandre. A la mort de son père en pleine guerre de succession, il devient comte de Richmond et de Montfort ainsi que Duc de Bretagne en compétition avec Charles de Blois jusqu’en 1364. Suite à la victoire finale du parti anglo-breton sur le parti blésiste en 1364 lors de la bataille d’Auray, dont je vous ai parlé ici même, il est reconnu par le fameux traité de Guérande comme seul et unique Duc de Bretagne.

Son père mourut en pleine lutte contre Charles de Blois lors de la guerre de succession alors qu’il n’avait que six ans. Ce fut sa mère Jeanne la Flamme qui poursuivit la guerre, remportant des succès alliée à l’Angleterre où il avait passé de nombreuses années en exil lors de la guerre de Succession qu’il n’avait pu gagner qu’avec l’assistance de troupes anglaises. Il avait épousé une sœur puis une belle-fille du Prince Noir et avait dû confier, ou confirmer à plusieurs capitaines et seigneurs anglais le contrôle de places fortes et de leurs environs, notamment Brest. En butte à la défiance de sa noblesse, il se vit attaquer par le roi de France Charles V sans que la noblesse bretonne ne le défende (les ingrats). Il dut alors s’embarquer pour un nouvel exil en Angleterre.


Charles V confisqua le duché et tenta de le réunir à la couronne au mépris des droits de Jean IV comme de ceux de la précédente duchesse Jeanne de Penthièvre et de ses fils. La noblesse bretonne révoltée (mais à la mémoire courte) rappela Jean IV qui débarqua à Dinard et reprit le contrôle du duché. Ce retour triomphal du duc de Bretagne en ses terres est le thème de la chanson traditionnelle An Alarc’h (« Le cygne » en breton). Dans son fameux recueil de chants populaires, Le Barzaz Breiz (1839), Hersart de La Villemarqué en fait une présentation très romantique. Ce chant de guerre, dit-il, lui aurait été transmis par un habitant du village de Kerc’hoant dans les monts d’Arrée et il ne fait aucun doute qu’il ait été composé à l’occasion du retour triomphal de Jean IV sur ses terres bretonnes… Cinq siècles plus tôt ! J’ai encore en mémoire le jour où j’ai entendu Stivell entonner An Alarc’h pour la première fois, c’était dans une petite salle de MJC finistérienne, quelques jours plus tard il la chantait à l’Olympia, nous étions en 1972. En vidéo, la version de Gilles Servat.

Mais, poursuivons : Réconcilié avec Charles VI , notre Duc gouverna en paix mais dut faire face à la rébellion d’ Olivier de Clisson. Il parvint avec difficulté à racheter aux Anglais la place de Brest. Il épousa en troisième noce, à Guérande, Jeanne de Navarre et eurent de nombreux enfants parmi lesquels les futurs Ducs, Jean V et Arthur III.

Et voila pour la petite histoire. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

DIEU ME DAMNE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , ,

 

Amis de ma vieille Bretagne et du lait ribot réunis, bonjour !

En ce 25 juin je voulais vous inviter à vous souvenir de cet éveilleur de conscience que fut Emile le Skanv dit Milig et plus connu sous son nom de scène : GLENMOR.

« Plaise à tous les saints de noble compagnie, noter que l’ivresse, chez lui, engendrait la bonté et qu’en somme tous les ferments conjugués le délivraient de ses tendresses. »

C‘est extrait d’une plaquette tirée à quelques exemplaires par Martial Pézennec – Retraites paysannes- et que Milig avait eu la gentillesse de me dédicacer à la fin des années 70 au cours d’une soirée en son manoir du Poul en Mellionnec. La demeure aujourd’hui est devenue chambre d’hôtes tenue par des sujets de sa très gracieuse majesté. Magnifique plaquette dotée d’une typographie et bois gravés de Claude Huart. La dédicace est à l’adresse de mes garçons dont l’un se prénomme Glenn en hommage à ce rebelle né un 25 juin 1931 à Mael-Carhaix.

Et c’est encore au mois de juin, il y a quinze ans, qu’il nous a quitté.

Je l’ai connu et fréquenté à une époque où la « bretonnitude » n’était pas encore au goût du jour et il n’était guère de bon ton d’afficher son penchant pour la désuète culture bretonne. A gauche on nous traitait de « Breiz atao » en nous assimilant tout en vrac à l’Abbé Perrot et les milices du même nom, à Debeauvais et son parti nationaliste, tandis que les Gaullistes nous présentaient comme les indignes héritiers de l’infime minorité qui avait choisi la voie de la collaboration durant l’occupation.

Glenmor c’est levé, solide comme un menhir sous les rafales, voix de stentor, et son chant a fait trembler la République une et indivisible et ses petits hussards centralisateurs. Derrière lui sont venus Styvell, Servat, Kirjuel, Ducos, Dan ar Bras…On a redécouvert les sœurs Goadec et les frères Morvan, le Plinn et le khost ar c’hoat et les festou-noz qui avaient cédé la place aux bals popu ont repris force et vigueur.

Il était très croyant (il a fait le petit séminaire et poursuivit ses études chez les pères blancs) mais bouffait du curé à tous les repas, une soirée en sa compagnie était souvent aussi arrosée que la pointe St Mathieu par gros temps de Sud-Ouest et il fallait quelquefois le coucher à l’arrière de son « tube » Citroën qui lui tenait lieu de carrosse. En 1965, il donne son premier grand concert public, c’était à Paris, salle de la Mutualité et, lorsqu’il entonne « Kan Bale Nevenoe », nous étions nombreux à frissonner…

Glenmor, « glen » comme la douce terre du Kreiz-Breizh , « mor » comme l’indomptable mer d’Iroise . « Suis né barde de petite Bretagne / de moindre pays / Personne ne me tint conseil / Seuls les chemins / et les vents me furent maîtres. » Ainsi allait Milig, croyant et libertaire, attaché à une Nation disparue, conservateur mais visionnaire, pétri de contradiction comme cette terre bretonne qu’il n’a jamais renié lui, le fils de paysan. Adieu l’émile, je t’aimais bien comme disait Jacques Brel qui composa pour lui cette chanson « Le moribond ». A droite, le manoir du Poul en Mellionnec où il vécut avec Katell.

Allez, merci encore pour votre fidélité à ce petit blog sans prétention, portez vous bien et à demain peut-être.