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A lire et à relire…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 16 octobre 2015, 25è jour de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf. C’est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE.

Mais, à vrai dire, aujourd’hui je voulais évoquer un écrivain qui a eu la bonne idée de naître un 16 octobre en 1906 en Italie, à San Pellegrino (ça ne s’invente pas) et, ipso facto, de se retrouver dans les colonnes des « cénobites tranquilles » – j’ai nommé Dino BUZZATI. Que vous lisiez le désert des Tartares ou une nouvelle fantastique comme le K ou les sept messagers, vous êtes frappés par l’influence de Kafka mais aussi celle des surréalistes et des existentialistes comme Sartre ou Camus. Par ailleurs, le désert des tartares, œuvre majeure de Buzzati n’est pas sans rapport avec Les choses de Georges Perec. Buzzati y traite de la fuite du temps, de l’attente et de l’échec, dans le cadre d’un vieux fort isolé à la frontière où le lieutenant Drogo attend la gloire. Et les jours buzzati dessin s’écoulent au rythme lent de la routine. Lorsque l’ennemi est enfin là, il est trop tard, le lieutenant ne peut participer au combat et se trouve rendu, au seuil de sa mort, à la vacuité pathétique de sa vie. Buzzati entre en 1928 à Il Corriere della sera, il a 22 ans. Pendant plus de dix ans, il s’y ennuie à mourir, d’abord à collecter de maigres faits divers, puis à classer le courrier des lecteurs en fonction de leur intérêt, supposé proportionnel à leur éloge du fascisme. De cet ennui mortel il tirera son chef-d’œuvre, Le désert des tartares, qui paraît le 9 juin 1940, roman de la lenteur du temps, de l’apathie de la routine, de l’entêtement à espérer, à espérer la guerre, et de la faillite de cette espérance. Trois jours avant la parution du roman, l’Italie est entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne. Et l’immense Jacques Brel en a fait cette merveilleuse chanson, ici dans une version surréaliste de Dick Annegarn.

Sommes nous tous des lieutenants Drogo dans cette vie qui ressemble de plus en plus au désert des Tartares ? En attendant de devenir héros, continuez de fréquenter ce blogue, portez vous bien et à demain peut-être

Les singes à cul nu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la trompette acoustique et de la chaussette à clous réunies, bonjour !

Nous sommes le dimanche 10 mars 2013, 20è jour de ventôse dédié au cordeau.

Rendons hommage à un des grands bonhomme du début du XXè siècle qui aurait 93 ans aujourd’hui: Boris Vian est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, aujourd’hui Hauts-de-Seine), mort le 23 juin 1959 à Paris. Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre.

À douze ans, Boris est victime d’un rhumatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en 54461608_pfera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fait ses études primaires et de collège au lycée de Sèvres (1927-1932), puis entre au lycée Hoche de Versailles, de la troisième à la classe de Philosophie (1932-1936). S’il passe avec facilité la première partie du baccalauréat en 1935, il est contraint de suivre une seconde terminale au lycée Condorcet, à Paris, où il obtient le baccalauréat final A-philosophie, avec option mathématiques. Il suit les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques au lycée Condorcet et entre à l’École centrale Paris en 1939. À la fin de ses études, il travaille comme ingénieur à l’Association française de normalisation (AFNOR) de 1942 à 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz. Le 5 juillet 1941, il épouse Michelle Léglise à Paris. Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S’ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur 54461631_partistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». 1951 et 1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne, au 8 boulevard de Clichy. Il n’a plus un sou mais le fisc s’acharne à lui soutirer des impôts anciens qu’il ne peut payer. Son esprit fécond l’amène cependant à collaborer au Collège de Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis Satrape en mai 1953. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler.

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Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».

Chacun se souvient de « l’herbe rouge », de « l’arrache coeur », de « j’irai cracher sur vos tombes », de « l’écume des jours »; et ses célèbres chansons écrites pour Salvador, Gréco, Mouloudji, Reggiani…La plus fameuse est sans doute « le déserteur », longtemps interdite à cause du dernier couplet litigieux: « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je possède une arme et que je sais tirer ». Couplet qui fut tardivement transformé par Vian à la demande de Mouloudji: « …Prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’armes et qu’ils pourront tirer ».

Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…En hiver 1970, alors que 54462395_pj’avais la chance de réveillonner en compagnie de Bernard Lavilliers (pas encore célèbre) il nous avait interprété « je voudrai pas crever » (je voudrai pas crever avant d’avoir connu les chiens noirs du Mexique, les singes à cul nu dévoreurs de tropiques…)  un des poèmes de Vian. J’en garde un souvenir impérissable et ému. Voici, à droite, une photo de l’époque.

 

Allez, surtout n’hésitez pas à repasser, les « cénobites tranquilles » c’est un peu comme le bistro (avec ou sans T, c’est comme on veut) du coin, c’est ouvert tous les jours.

ANGELA DAVIS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’idéologie Black panther et de la raboteuse Black & Decker réunies, bonjour !

Maintenant que nous sommes intimes, je peux bien vous faire une confidence, ma fiancée est fan de Yannick Noah. Résultat, Keramoal résonne de son dernier opus et même les lapins ont l’air d’apprécier. Pour ma part, je vous avoue que c’est pas trop mon trip mais bon…

Or donc, notre chouchou de la France qui se lève tôt s’est mis en tête de nous rappeler la figure, oh combien emblématique, de Angela DAVIS. Ah Angela, et sa coiffure afro ! A cette époque là on passait beaucoup de temps dans les rues, contre la guerre au Viet-Nam, contre la ségrégation, contre l’apartheid, pour l’émancipation féminine…Les murs de nos chambres étaient davantage tapissés de posters du Ché, d’Angela, ou de Sacco et Vanzetti que du p’tit dernier de la star’ac. Je me souviens encore de ce petit macaron que l’on accrochait à notre besace « Free Angela ».


Angela
Yvonne Davis
est né le 26 janvier 1944 à Birmingham, Alabama, dans
une famille afro-américaine alors que la ségrégation raciale était
toujours de mise dans cette partie des Etats-Unis (loi Jim Crow).


En
1962, elle obtient une bourse pour étudier à l’université de 
Brandeis.
Elle est l’une des trois étudiantes noires de première année.

Lors
de sa deuxième année à Brandeis, elle étudie la littérature et
la philosophie française contemporaine ; Sartre en particulier
continue de susciter son intérêt. Elle voit Malcolm X haranguer un
amphithéâtre composé quasi exclusivement d’étudiants blancs, en
leur annonçant la prochaine punition divine de leurs pêchés envers
les Noirs.


 

Pendant
son séjour en Allemagne, le mouvement de libération des Noirs
connaît de profondes évolutions et tend à se radicaliser dans le
sillage du slogan Black power.


Frustrée
de ne pouvoir participer à l’effervescence militante qui semble
régner dans son pays, elle décide de rentrer aux États-Unis à
l’issue de sa deuxième année en Allemagne. Marcuse, désormais en
poste à l’université de San Diego, accepte de reprendre la
direction de sa thèse.

Elle
finit par adhérer en 1968 au Che-Lumumba Club, une section du parti
communiste américain réservée aux Noirs. Elle rejoindra aussi le
Black Panthers Party dont la position révolutionnaire se caractérise
par un égal refus de l’intégrationnisme et du séparatisme. Une
autre composante de son identité militante est son féminisme,
nourri par son parcours militant au cours duquel elle se heurte au
sexisme d’une partie du mouvement nationaliste noir voire d’une
partie des organisations auxquelles elle appartient.


Elle
enseigne en 1969 à l’UCLA mais en est renvoyée à cause de son
activisme politique. Elle s’investit dans le comité de soutien aux
Frères de Soledad, trois prisonniers noirs américains accusés
d’avoir assassiné un gardien en représailles de l’assassinat d’un
de leur codétenu. Elle est accusée d’avoir organisé une prise
d’otages dans un tribunal dont l’issue a été meurtrière : Jonathan
Jackson, le juge et deux autres prisonniers sont tués après que la
police a ouvert le feu sur leur véhicule. Commence alors une cavale
à travers les États-Unis. Après deux semaines de cavale, elle est
arrêtée dans un hôtel, puis emprisonnée pendant seize mois avant
d’être jugée et acquittée. Cette affaire connaît un
retentissement international, des milliers de manifestants la
soutiennent avec la campagne « Free Angela Davis » !


Son
dernier ouvrage en date est un pamphlet sur le système
carcéral
et
militaire :
Les
Goulags de la démocratie.
(2006)

Sacré Yannick, il faut reconnaître que c’est un joli coup de revers. Allez, merci de votre fidélité, portez vous bien et à demain peut-être.