Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Salvador”

Page 1 de 1

LE BLUES DU DENTISTE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , ,

Amis de l’orthodontie et du clou de girofle réunis, bonjour !

Nous voici dimanche, sous le soleil de juin, et je suis cloué hors du lit par une rage de dents à vous cogner la tête contre les murs. Je n’envisage même pas de sortir, c’est une vraie rage dedans… Inutile de vous dire que je hais les dentistes et tous leurs instruments de torture.
A chaque fois que l’occasion m’a été donnée d’en rencontrer un, je croyais reconnaître en lui la réincarnation de Mengelé. Déjà tout jeune, je m’étais enfui d’un cabinet après avoir salement savaté le tortionnaire. De retour à la maison, je portais encore la bavette autour du cou. Depuis ce traumatisme primal, je les fuis comme la peste et le choléra réunis. Résultat des courses, mon système masticatoire crie grâce et une petite voix intérieure me rappelle qu’en la matière, la procrastination est forcément la mauvaise solution.
L‘overdose de paracétamol n’étant sûrement pas plus recommandable, je me tourne vers le pur malt, si possible 18 ans d’âge. Bon, évidemment c’est un peu hors de prix pour un petit retraité mais, il y a des choix douloureux qu’il faut assumer, n’est-il pas ? C’est donc dans la douleur que j’accouche de ce 292è billet alors que hier soir, dans l’indifférence générale, le 5 000è visiteur a franchi les portes des « cénobites tranquilles » me laissant gros-jean comme devant et groggy comme johnny. Pas même une petite boite de chocolat à lui offrir, un souvenir, un petit rien, une médaille, un certificat que sais-je…


Mes pensées vont vers toi, visiteur (teuse) inconnu(e) qui a bravé les multiples obstacles de la navigation sur internet pour échouer in fine sur cet ilot de résistance, d’humeur et d’humour qu’est votre blog favori.

Tout à fait autre chose.

Le mystère de la fleur exotique dont je vous parlais hier est désormais résolu. En vérité, il s’agit d’un Phormium, ça ne s’invente pas, et voici la bête telle qu’elle se présente à nos yeux ébahis.

Ah que la nature est belle, comment peut-on laisser une bande de pétroliers, semenciers et autres bachibouzouks la mettre en péril pour quelques dollars de plus… En tous cas, si je garde une dent, ce sera contre ces gens là.

Allez, avec votre permission, je vais m’arrêter là. Portez vous vous mieux que moi et à demain peut-être.



JE VOUDRAI PAS CREVER…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , ,

Amis de la trompette acoustique et de la chaussette à clous, bonjour !


Rendons hommage à un des grands bonhomme du début du XXè siècle: Boris Vian est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, aujourd’hui Hauts-de-Seine), mort le 23 juin 1959 à Paris. Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre.
 

À douze ans, Boris est victime d’un rhumatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fait ses études primaires et de collège au lycée de Sèvres (1927-1932), puis entre au lycée Hoche de Versailles, de la troisième à la classe de Philosophie (1932-1936). S’il passe avec facilité la première partie du baccalauréat en 1935, il est contraint de suivre une seconde terminale au lycée Condorcet, à Paris, où il obtient le baccalauréat final A-philosophie, avec option mathématiques. Il suit les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques au lycée Condorcet et entre à l’École centrale Paris en 1939. À la fin de ses études, il travaille comme ingénieur à l’Association française de normalisation (AFNOR) de 1942 à 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz. Le 5 juillet 1941, il épouse Michelle Léglise à Paris. Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S’ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, Et on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». 1951 et 1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne, au 8 boulevard de Clichy. Il n’a plus un sou mais le fisc s’acharne à lui soutirer des impôts anciens qu’il ne peut payer. Son esprit fécond l’amène cependant à collaborer au Collège de ‘Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis satrape en mai 1953. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler.

Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de ‘Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».

Chacun se souvient de « l’herbe rouge », de « l’arrache coeur », de « j’irai cracher sur vos tombes », de « l’écume des jours »; et ses célèbres chansons écrites pour Salvador, Gréco, Mouloudji, Reggiani…La plus fameuse est sans doute « le déserteur », longtemps interdite à cause du dernier couplet litigieux: « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je possède une arme et que je sais tirer ». Couplet qui fut tardivement transformé par Vian à la demande de Mouloudji: « …Prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’armes et qu’ils pourront tirer ».

Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…En hiver 1970, alors que j’avais la chance de réveillonner en compagnie de Bernard Lavilliers (pas encore célèbre) il nous avait interprété « je voudrai pas crever » (je voudrai pas crever avant d’avoir connu les singes à culs nus dévoreurs de tropiques…)  un des poèmes de Vian. J’en garde un souvenir impérissable et ému. Voici, à droite, une photo de l’époque.

Allez, surtout n’hésitez pas à repasser, les « cénobites tranquilles » c’est un peu comme le bistro (avec ou sans T, c’est comme on veut) du coin, c’est ouvert tous les jours. Tiens, à propos de bistro, il faut que je vous parle de « La muse vin », c’est à Brest même et ça vaut le détour mais, la place me manque. Portez vous bien et à demain peut-être.

Post-scriptum: Message perso pour Salomé » happy birthday ».